mardi 9 décembre 2014

Dans les glaces / Simon Schwartz aux éditions Sarbacane

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Cette bande dessinée aux couleurs noire, gris et bleu nous raconter l’histoire de Matthew Henson, cet homme noir qui participa aux expéditions vers le Pôle Nord au début du XXe siècle mais à qui on ne reconnu jamais le rôle fondamental qu’il y joua. Pourquoi ? Tout simplement à cause de la couleur de sa peau… Une histoire bien triste en somme, d’autant plus que cet homme mourra dans la pauvreté et la solitude.

Cette histoire nous permet de prendre la température de ces expéditions, avec la rivalité entre les membres de l’expédition voulant à tout prix recueillir les lauriers de la gloire, les conditions très précaires de ces voyages, les rencontres entre les américains et les autochtones, les croyances Inuits, le manque de respect des européens pour ces peuples qu’ils méprisent.

Dans les glaces nous offre un scénario vraiment bien construit qui aborde de nombreux thèmes et permet de réhabiliter la mémoire de Matthew Henson.

jeudi 4 décembre 2014

Ceux qui me restent / Damien Marie & Laurent Bonneau aux éditions Grand Angle

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Ceux qui me restent est une bande dessinée que j’ai lu d’une traite, en retenant ma respiration. Que d’émotions, que de regrets face à ces deux existences gâchées !

Florent est dans une maison de retraite, en proie à la terrible maladie d’Alzheimer. Cette maladie lui fait revivre une partie de sa vie, celle où il a perdu symboliquement sa fille. Sur un malentendu entre fille et père, cette dernière a coupé les ponts pendant plus de dix-neuf ans avec son père. Et maintenant qu’elle est auprès de son père, celui-ci ne la reconnaît pas.

Le scénario peut paraître un peu brouillon au commencement car il même l’histoire de Florent, celle de sa fille Aurélie, des flash-back et les rêves de Florent qui lutte avec sa mémoire. Mais tous ces épisodes finissent par donner sens à cette histoire faite de malheurs et d’amours ratés. On tremble que la rencontre entre ce père et sa fille ne puisse se faire avant qu’il ne soit trop tard.

En écrivant ces quelques mots, j’ai vraiment l’impression de dénaturer cette magnifique histoire. J’ai particulièrement aimé le dessin de Laurent Bonneau et la manière dont il a utilisé certaines touches de couleurs pour donner plus de forces encore au récit.

Une histoire belle et triste à découvrir absolument.

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jeudi 27 novembre 2014

Ouessantines / Weber & Nicoby

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Soizic commence une nouvelle vie en décidant d’acheter une maison sur l’île d’Ouessant et d’y ouvrir des chambres d’hôtes. Mais ses débuts ne sont pas aussi faciles qu’elle se l’était imaginés car les autochtones n’aiment pas tellement les nouveaux venus. Seule une vieille femme, Marie, se montre aimable avec elle mais cette dernière est retrouvée pendue à son domicile. Plus étrange encore, c’est à Soizic qu’elle lègue le devoir de vider sa maison. Si les amis de Marie étaient déjà hostiles à l’arrivée de Soizic, elles voient d’un très mauvais œil que ce soit elle qui trie les affaires de leur défunte amie. Et si Marie avait une idée derrière la tête en chargeant Soizic de mettre le nez dans sa vie ?

J’ai vraiment beaucoup aimé cet album aux effluves bretons. Elle s’ouvre comme un simple récit de vie et bifurque tout à coup vers l’enquête avec de quelques rebondissements qui nous permettent de mieux découvrir l'histoire de cette île. A noter les dernières pages qui suivent la bande dessinée et qui nous offre des photos de l'île ainsi que quelques textes qui nous permettent d'aller plus loin dans la découverte de l'île.

Tous les personnages de cette histoire, qu’ils soient bienveillants ou non, sont attachants. Et en tournant la dernière page, il ne nous manque que le numéro de la chambre d’hôte de Soizic pour réserver son week-end à Ouessant !

mercredi 5 novembre 2014

Choc, tome 1 : Les fantômes de Knightgrave / Maltaire & Colman

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Conseillé par ma bibliothécaire parmi les nouveautés qui étaient présentées, je me suis jetée dessus. Hélas ! Je n’ai pas été aussi emballée qu’elle, peut-être n’avons-nous pas le même nombre de neurones car j’ai trouvé le scénario difficile à suivre. L’intrigue principale met en scène un certain Choc, ou monsieur Choc, personnage énigmatique dont le visage est recouvert d’un masque de fer et qui fait allégrement couler le sang sur son passage. Mais en parallèle, nous découvrons le passé de cet homme à différents âges ainsi que des épisodes de la vie de ses parents. On passe d’une époque à une autre continuellement, avançant par petites touches dans l’intrigue générale.

En refermant ce premier tome, il me reste une impression un peu brouillonne. Je ne suis pas certaine d’avoir réussi à relier tous les épisodes entre eux, et je crains de beaucoup hésiter à lire la suite lorsqu’elle sortira (même si le personnage de Choc est intrigant).

J’ai par contre beaucoup aimé le dessin Maltaite qui parvient à changer légèrement de style pour différencier les époques.

En lisant les quelques critiques parues sur les sites spécialisés, j’ai l’impression de ne pas avoir su lire cet album car les avis sont excellents. J’espère que certains d’entre vous la liront car je suis curieuse de connaître vos avis. En tout cas, si vous aimés les récits faits de flashbacks et les puzzles, surtout n’hésitez pas !

jeudi 30 octobre 2014

Rouge Tagada / Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini aux éd. Gulf Stream

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Rouge Tagada est une bande dessinée remarquable qui nous plonge dans l’univers d’Alex, une jeune adolescente de quatorze ans qui nous fait part de sa rencontre avec Layla, une autre élève de sa classe et pour laquelle elle éprouve un véritable coup de foudre. Les deux jeunes filles vont se rapprocher et partager tous leurs secrets (ou presque) comme beaucoup d’adolescentes de cet âge-là. Entre amitié très forte et amour il n’y a qu’un pas que toutes les deux ne sont peut-être pas prêtes à franchir…

Rouge Tagada aborde le thème de l’homosexualité (ce qui est très rare lorsqu’il s’agit des jeunes) mais elle aborde surtout cette période de l’adolescence où l’amitié est plus forte et plus importante que tout le reste.

Cette BD est pleine de douceur et de finesse. Alex et Layla sont toutes les deux attachantes et pleines de vie. De plus les dessins s’accordent parfaitement à leur univers, à la frontière entre le monde enfantin et le monde adulte. Les couleurs sont vives et chaudes, et les fraises tagada ne sont jamais loin !

mercredi 1 octobre 2014

L’homme qui n’aimait pas les armes à feu / Lupano & Salomone

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C’est Violette qui m’a fortement donné envie de lire L’homme qui n’aimait pas les armes à feu et bien m’en a pris de suivre ses conseils car j’ai passé un très bon moment à la lecture de ces deux tomes et je maudis (rien que ça ;-) la bibliothèque de ne pas encore avoir acheté le troisième…

Le premier tome nous précipite en pleine action. Une jeune créature se lie avec le chef des bandits qui attaque son train pour dépouiller tous les passagers. Pendant ce temps, son mari, Maître Byron Peck, et son amant, Knut Hoggaard, la piste dans l’espoir de récupérer les précieux documents qu’elle leur a dérobés.

Dans le deuxième tome, on retourne quelques mois en arrière pour découvrir l’origine de ce drôle de trio et la nature des documents qui attirent tant de convoitises. Et c’est dans ce tome que l’on commence à comprendre le titre de cette série. La référence aux armes à feu a un lien direct avec la Constitution des Etats-Unis, mais je vous laisse creuser la question en lisant cette BD.

Quant au troisième tome… je ne peux que prendre mon mal en patience pour connaître la suite de ces aventures… Pourvu que l’attente ne soit pas trop longue !

Les personnages principaux et secondaires (je ne vous ai pas tout raconté !) ont tous des caractères bien trempés qui ne peuvent que nous les rendre attachants. Pas le temps de s’ennuyer à la lecture de cette série où les rebondissements s’enchaînent et où l’humour n’est pas en reste. Et puis le dessin s’adapte parfaitement à l’esprit de la BD, rendant les personnages tour à tour beaux ou hideux en fonction de l’état d’esprit dans lequel ils apparaissent.

Voilà, à vous de jouer !

samedi 20 septembre 2014

Ratafia / Pothier & Salsedo

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Un billet très rapide pour vous parler d'une série que j'aime beaucoup : Ratafia. C'est l'une des rares séries de bande dessinée que je suis régulièrement, tout simplement parce qu'on a amplement le droit d'oublier ce qui s'est passé dans les épisodes précédents mais où l'on retrouve toujours avec le même sourire les personnages tous plus loufoques les uns que les autres, les situations absurdes et surtout les jeux de mots et l'humour !

La série Ratafia tourne en dérision le monde de la piraterie et elle le fait très bien. Entre un équipage naïf et légèrement benêt et un capitaine un peu poète, la chasse aux trésors n'avance guère. Tout est propice à des scènes burlesques et à des jeux de mots. Et puis, le dessin et la trogne des pirates ajoutent une dose d'humour à ces histoires improbables.

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En rédigeant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas encore lu le dernier tome... Sacrilège !

samedi 6 septembre 2014

La guerre des lulus, t.1 & 2 / Régis hautière & Hardoc

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Découvertes sur tous les bons blogs de la blogo, j’ai enfin mis la main sur les deux premiers tomes ! Et le coup de cœur a bien évidemment été au rendez-vous. Comment ne pas s’attacher à cette bande d’enfants, livrés à eux-mêmes pendant que la première guerre mondiale bat son plein.

Le premier tome nous présente les lulus en 1914 : Lucien, Lucas, Luigui et Ludwig, tous les quatre échappés d’un orphelinat. Sortes de Robinson Crusoé, ils se construisent une cabanes dans les arbres et débordent d’imagination pour subvenir à leurs besoins. La jeune Luce, se joindra à eux un peu plus tard.

Le deuxième tome est consacrée à l’année 1915, année pendant laquelle ils se lient d’amitié avec, Hans, un soldat allemand qui a déserté le front, horrifié par les combats. Tout au long de l’année, il va veiller sur eux et va les aider à se préparer à passer un second hiver dans la forêt.

Raconté comme cela, on pourrait penser que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ce n’est bien évidemment pas le cas. Les enfants ont forcément besoin d’adultes pour comprendre le monde qui les entoure et faire face à certaines situations comme la maladie. Et puis, nous sommes en tant de guerre. Les enfants connaissent peu de choses du conflit, mais savent qu’ils doivent se méfier de tout le monde. Et si vous lisez cette bande dessinée, vous verrez que les situations risquées ne sont pas absentes du scenario.

Je n’ai pas parlé du dessin (parce que je ne sais toujours pas le faire….) Ce que je peux en dire, c’est que j’ai beaucoup aimé à la fois les couleurs et le cadrage des illustrations. Il est facile à lire et permettra aux plus jeunes de rentrer facilement dans l’histoire.

Pas besoin de vous dire que j’attends la suite avec impatience et appréhension. Les enfants connaîtront-ils une sortie de guerre heureuse ? On se doute qu’ils resteront marqués à vie par cette épreuve mais on espère très fort qu’ils garderont encore un peu d’insouciance au fond d’eux.

mardi 2 septembre 2014

Les ignorants : Récit d’une initiation croisée / Etienne Davodeau

ignorants.jpg Cette Bande dessinée m’attendais depuis… un an et demi, bien sagement sur ma table de nuit. Je ne sais pas pourquoi j’ai tant tarder à la lire. Peut-être parce que je savais que je l’aimerai et qu’une fois elle serait lu… eh bien elle serait lu ! Fini la promesse d’une belle découverte. Et cet album a tenu toutes ses promesses : elle m’a passionnée ! D’ailleurs, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas écrit un billet à chaud, sitôt la dernière page tournée. (En ce moment c’est plutôt j’écris dans le meilleur des cas un billet quelques semaines plus tard, voir j’abandonne toute idée de billet par manque de motivation et surtout de temps)

Bref, Les ignorants est une formidable initiation à la fois à la viticulture et au monde de la bande dessinée. Pendant plusieurs mois, Etienne Davodeau a accompagné le vigneron Richard Leroy dans ses vignes pour suivre toutes les étapes nécessaires entre la plantation d’une vigne et la mise en bouteille de la récolte. En échange, Etienne Davodeau fait découvrir à Richard Leroy le monde de la bande-dessinée en lui prêtant des BD, en en discutant et surtout, en l’emmenant rencontrer d’autres auteurs de BD.

Et le pari de livrer une BD passionnante est tenu. Etienne Davodeau parvient à nous expliquer toutes les étapes de l’entretien d’une vigne et de la fabrication du vin, même les plus techniques, sans nous ennuyer une seconde. L’humour est toujours présent au bon moment, dynamisant le récit.

Lire Les Ignorants, c’est passer un bon moment en compagnie de deux hommes passionnés par leur métier. Deux métiers très éloignés l’un de l’autre et en même temps très proches :

La dégustation d’un livre est peut-être plus solitaire que celle d’un vin. Mais ils ont ceci de commun que leur goût se déploie et s’affine à la discussion.

Plutôt qu’un long billet, je ne peux que vous inciter à vous plonger dans cette double aventure, que vous soyez amateur ou non de vin et de bande-dessinée. Mais un conseil, prévoyez l’achat d’une bonne bouteille à déguster pendant une soirée de lecture, ainsi qu’une visite à la bibliothèque la plus proche le lendemain ;-)

mercredi 20 août 2014

Un petit goût de noisette / Vanyda

petit_gout_de_noisette.jpg Repérée en même temps dans le catalogue de la bibliothèque et sur la blogosphère, j’ai enfin réussi à mettre la main dessus (quelle frustration de ne pas pouvoir réserver les nouveautés !) et il ne m’aura pas fallu bien longtemps pour n’en faire qu’une bouchée. Eh oui, c’est un titre qu’il faut lire d’une traite puisque nous croisons et recroisons certains personnages au fil des historiettes que nous traversons.

Le principe est simple, quelques pages retraçant des rencontres entre deux personnes. Des rencontres presque éphémères et des rencontres qui, elles, dureront. Mais le principe est de savoir profiter de ces petits instants de bonheur, simples, parfois très furtifs. Parmi ces personnages, certains sont attachants, d’autres antipathiques… Il y a des histoires que l’on aurait aimé continuer à suivre, mais seule notre imagination pourra nous fournir la suite des aventures.

Et puis j’ai beaucoup aimé le jeu des couleurs dans cet album. A chaque histoire est attribuée une couleur : jaune, rouge, vert, orange… Ce principe aide à passer d’une histoire à l’autre, il aide parfois à faire le lien entre un personnage présent à la fois dans une des premières histoires puis à la fin.

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Un petit goût de noisette est tout simplement une petite bouffée d’oxygène, une lecture qui ne peut faire que du bien. Alors, à vous de prendre le temps de savourer quelques noisettes.

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