Midola's blog

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lundi 15 février 2010

Mon année tome 1 : Printemps / Taniguchi et Morvan

Mon année 1

Capucine est une enfant de huit ans, presque normale. Presque seulement, parce qu’elle est porteuse de trisomie 21… Mais ça ne se remarque à peine, d’autant plus que ses parents font tout pour la stimuler et l’aider à grandir comme tous les autres enfants. Seulement, les choses sont parfois compliquées pour cette petite fille qui pourtant fait preuve de beaucoup de bonne volonté. Mais cette bande dessinée est aussi l’histoire de ses parents qui doivent assumer le choix qu’ils ont fait de garder l’enfant alors qu’une IVG était encore possible ; l’histoire de ses parents qui parfois ne savent plus comment réagir face à cette petite fille pas comme les autres.

Cette bande dessinée nous fait donc évoluer dans deux mondes différents, celui des parents et celui un peu magique de Capucine. Les dessins de Taniguchi apportent beaucoup de douceur à cette histoire pleine d’émotions. C’est la première fois que je vois des dessins en couleurs de Taniguchi. A la place du traditionnel blanc et noir de ses mangas, nous avons ici des couleurs pâles et douces. Mon année est une très belle réussite qui comptera quatre tomes, quatre saisons de la vie de Capucine.

Un point important à noter au sujet de cette BD, c'est qu'elle est le fruit d'une collaboration inhabituelle : celle d'un scénariste français, Morvan, et d'un dessinateur japonais, Taniguchi. je vous renvoie à une interview de Jean David Morvan où il explique le déroulement de ce projet.

Mon année tome 1 : Printemps / Taniguchi et Morvan aux éditions Dargaud

mardi 9 février 2010

Le signe de la lune / Bonet & Munuera

signe de la lune

Le signe de la lune est véritable merveille graphique. Tout en noir et blanc et agrémenté de quelques touches de rouge (le manteau de la jeune Artémis), les auteurs nous plongent au cœur d’une forêt près d’un village espagnol dans les années 1920. Cette bande dessinée nous dévoile un conte bien étrange où la lune exerce une incroyable fascination sur la jeune Artémis au point de mettre en péril la vie de son jeune frère.

On y découvre également la vie de ces villages campagnards des bandes rivales se créent, où les plus forts n’hésitent pas à désigner des souffre-douleur… Le signe de la lune aborde de nombreuses questions sur la culpabilité, sur les peurs d’enfant, la vie.

Bref, une véritable réussite tant au niveau des somptueuses illustrations que du scénario.

Signe de la lune ill

Comme j’ai bien conscience de la pauvreté de mon analyse (j’ai beau m’entraîner, j’ai toujours beaucoup de mal à parler des bandes dessinées), je vous renvoie au site Le Comptoir de la BD qui parle beaucoup mieux que moi de cette merveille et qui a même interviewé Manuera ! C’est ici et  !

Le signe de la lune / Bonet & Munuera aux éditions Dargaud

samedi 30 janvier 2010

Rébétiko : la mauvaise herbe / David Prudhomme

Voici une bande dessinée que je regrette d’avoir lue trop vite. Trop vite, sans avoir pris le temps de lire le prologue que je n’avais pas remarqué. Du coup, j’ai loupé beaucoup de choses car je n’ai pas tout compris. Il ne me restera plus qu’à la relire !

Ce qu’il faut savoir avant de commencer, c’est que nous sommes en Grèce dans les années 1930, à un moment où une dictature se met en place et interdit aux musiciens, appréciateurs de haschisch, de jouer le rébétiko. Comme vous pouvez le voir sur le clip, cette musique, qui est née dans les années 1920, s’apparente au fado ou au tango.

Rébétiko

David Prudhomme nous permet de prendre la mesure de cet art en nous présentant quelques-uns de ces musiciens qui doivent se cacher pour laisser s’exprimer leurs émotions. Au fond des troquets, sur une barque au beau milieu de l’eau, en pleine nuit, imprégnés par la fumée, nous sommes dans un monde à part où tous les sentiments passent par cette musique. Les dessins sont magnifiques et nous transmettent très bien cette ambiance si particulière.

Et pour en savoir beaucoup plus sur le Rébétiko et sur la BD, je vous renvoie au blog mis en ligne par l'auteur.

Rébétiko : la mauvaise herbe / David Prudhomme aux éditions Futuroplis

lundi 18 janvier 2010

La Malle Sanderson / Jean-Claude Götting

Malle sanderson

Un très beau roman graphique signé Jean-Claude Götting. En quelques vignettes, nous voilà projeté dans le milieu du spectacle et de l’illusionnisme en particulier. Le grand Sanderson impressionne son public en lisant dans les pensées des spectateurs et en faisant disparaître des personnes. Tous va très bien pour ce grand illusionniste jusqu’au jour où une femme mariée entre dans sa vie…

Encore une fois, c’est le dessin qui m’a donné envie de lire cette BD. Tout en noir et blanc, les dessins de ce roman graphique sont plein de douceur. Un très bel album dont l’histoire nous fait voyager dans un univers envoûtant.

Malle sanderson ill

La Malle Sanderson / Jean-Claude Götting aux éditions Delcourt

mardi 15 décembre 2009

Ma mère et moi / Marc Cantin & Isabelle Maroger

Ma mère et moi 1 Ma mère et moi 2

En ces temps gris et froids, j’ai décidé de vous parler d’une bande dessinée qui donnent le sourire. Destinée aux enfants, elle fera largement sourire les adultes. Cloé et sa mère vivent toutes les deux ; leurs relations oscillent entre l’autorité parentale et la complicité mère/fille et offrent aux lecteurs de nombreuses scènes cocasses. Cette bande dessinée est à prendre avec légèreté, certaines scènes sont poussées à l’extrême pour le plaisir du lecteur. Les auteurs ont cherché les scènes de la vie de tous les jours où mère et fille se font tourner en bourrique. Drôle, tendre ou satirique, on s’y reconnaît forcément à un moment où un autre (ou on y reconnaît ses sœurs, ses amies…).

Pour les amatrices des aventures de Cloé (un troisième tome devrait sortir prochainement), vous pouvez aller vous promener sur son blog.

Pour plus d’information sur Marc Cantin, auteur de romans pour enfants et adolescents, je vous conseille vivement d’aller vous promener sur son blog. Vous pourrez y découvrir en détail les différentes activités d’un auteur de littérature jeunesse.

Ma mère et moi / Marc Cantin & Isabelle Maroger aux éditions Clair de Lune

vendredi 25 septembre 2009

Humphrey Dumbar : le croquemitaine / Civiello

Humphrey Jimmy

J’ai eu un véritable « coup de cœur visuel » pour cette BD. Dès que je l’ai aperçue, j’ai été charmée par ce dessin qui m’a aussitôt fait pensé à l’univers de Tim Burton ou à cette atmosphère très british des ruelles de Londres au XIXe siècle (prenons comme exemple de Londres d'Olver Twist, au hasard ;-)

Mais l’histoire n’a pas du tout été à la hauteur de mes attentes. Certes, il s’agit d’un thème original, ce n’est pas tous les jours que l’on croise des croquemitaines ! Mais j’ai trouvé l’histoire un peu plate. Peut-être faudrait-il envisager une version pour très grands enfants alors ?! En tout cas, les illustrations de ces deux albums nous reposent des dessins très classiques que l’on retrouve trop souvent dans la BD jeunesse.

Pour en savoir plus sur le travail de Civiello, je vous renvoie à son site.

Vous trouverez le billet d'Emmyne ici.

Humphrey Dumbar : le croquemitaine (t.1) ; Jimmy : L’apprenti Croquemitaine (t.2) / Civiello aux éditions Delcourt Jeunesse

samedi 19 septembre 2009

Ikigami : préavis de mort / Motorô Mase

Ikigami

Me voici plongée dans un manga pour le moins bien étrange. Fujimoto vit dans une société où tous les adolescents reçoivent une piqûre le jour de leur entrée au lycée. Pour la très grande majorité, cette piqûre est un simple vaccin, mais pour d’autres, tirés au hasard, il s’agit d’une capsule chargée de déclencher la mort de l’individu à une date et une heure précises. Pendant des années, ces jeunes vivent sans savoir s’ils ont reçu le vaccin ou la capsule. Pour les malchanceux, ils recevront 24 heures avant leur mort, un préavis de mort : l’Ikigami. L’objectif de cette étrange politique est d’inciter les citoyens à vivre pleinement leur vie et donner conscience de sa préciosité.

Fujimoto est l’un des nouveaux fonctionnaires chargés de livrer l’Ikigami aux personnes condamnées. Ses nouvelles fonctions l’amène à suivre les dernières heures de la vie de ces individus condamnés, il nous livre ses réflexions sur cette pratique.

Vous l’aurez compris, ce manga n’est pas forcément très gai mais vraiment original. Il a le mérite de nous inciter à réfléchir sur le sens de la vie. Chaque personne qui reçoit l’Ikigami fait le bilan de sa vie et en tire un enseignement qu’il nous transmet. Et je vous rassure, ces personnes ne meurent pas dans d’affreuses souffrances ! Ouf !

Bon, le premier tome d’Ikigami m’a bien plu. Mais c’est possible que je m’en lasse assez vite. Si mes sources sont bonnes, ils en prévoient six…

Ikigami : pravis de mort / Motorô Mase aux éditions Asuka

dimanche 26 juillet 2009

Je mourrai pas gibier / Alfred et Henri Meunier

Je mourrai pas gibier

Il y quelques années, on a beaucoup entendu parler du roman de Guillaume Guéraud : Je mourrai pas gibier. On en avait beaucoup entendu parler parce que ce roman appartient à la catégorie des « roman violents ». Fallait-il l’acheter pour nos bibliothèques ? Fallait-il le laisser lire à nos ados ? Hélas ! J’en ai beaucoup entendu parler mais je n’ai jamais eu l’occasion de le lire, aucune des bibliothèques dans lesquelles j’ai travaillé ne l’ont acheté… Aujourd’hui, ce n’est donc pas du roman dont je vais parler, mais de son adaptation BD qui est sortie il y a peu. Cet album a été un véritable coup de cœur !

En quelque mot, il s’agit d’un adolescent, qui le jour du mariage de son frère, tire sur les invités et sur les mariés. Il y a évidemment des raisons à ce geste de folie et la BD va nous faire découvrir l’univers dans lequel a évolué ce jeune garçon. Un univers qui donne des frissons et que les dessin d'Alfred reproduit à la perfection :

je mourrai pas gibier ill

L’histoire est extrêmement violente, à un tel point que le dessinateur n’a même pas essayer de représenter ces scènes d’horreur, une vignette toute noire exprime l’inimaginable. Une BD extrêmement forte.

Je mourrai pas gibier / Alfred, d’après le roman de Guillaume Guéraud ; couleur Henri Meunier

vendredi 19 juin 2009

Tout seul / Christophe Chabouté

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Encore une belle découverte ! Ce roman graphique raconte l’histoire d’un homme qui est né et qui a toujours vécu dans un phare. Pas une seule fois il n’a mis le pied à terre, ni ne s’est adressé à d’autres personnes que ses parents, morts maintenant depuis plusieurs années déjà. Il passe ses journées à voyager à travers le dictionnaire, à essayer de se représenter les définitions. Il doit sa survit à un pêcheur qui vient toutes les semaines respecter la promesse qu’il avait faite au père de cet homme, il lui dépose une caisse avec tout ce dont il a besoin pour vivre.

Chabouté nous offre de magnifiques illustrations en noir et blanc qui se suffisent presque toujours à elles-mêmes. Les dessins épurés en noir et blanc donnent au phare une grandeur et un côté très mystérieux, à l’image du personnage que l’on découvre petit à petit.

tout seul ill

J’ai été totalement envoûtée par ce roman graphique, tournant les pages avec avidité pour connaître le mystère de ce phare. Les représentations des définitions du dictionnaires sont à la fois drôle et tristes car totalement décalée par rapport à la vérité. Une histoire originale, triste mais teintée d’optimisme. Je suis à chaque fois étonnée de voir que de « simples » dessins peuvent aborder de multiples sujets et susciter autant de réflexions qu’un texte. Décidément, j’y prends vraiment goût !

Tout seul / Christophe Chabouté aux éditions Vents d’Ouest

vendredi 5 juin 2009

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est une bande-dessinée très touchante sur l’enfance et sur l’absence d’une mère. La BD commence lorsque Jean entre en maternelle. Par de petite anecdotes assez drôles, on découvre la vie de ce enfants de six à qui on ne dit pas les choses tel qu’elles sont et qui va découvrir la vérité à ses dépends. Bercé par l’illusion que sa mère est en vacances à l’étranger, sa jeune voisine finira par se faire un malin plaisir de lui expliquer que sa mère n’est plus de ce monde.

Cette BD est tout en douceur, tant par ses anecdotes que par ses dessins qui dédramatisent les situations par leur humour et leur douceur. Les dessins d’Emile Bravo me dont un peu penser à ceux de Manu Larcenet, tant par les nuances de couleurs que par le trait. Un joli album sur l’enfance vu avec des yeux d’enfant.

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo aux éditions Gallimard

mercredi 8 avril 2009

La fin du monde / Tirabosco et Wazem

Fin du monde

J’ai tout d’abord été attirée par les illustrations en bichromie bleutée de cette BD qui donnent aussitôt une drôle d’atmosphère sombre, triste mais douce.

Alors que dehors c’est le déluge et que tout le monde parle de la fin du monde, une jeune femme passe ses journées allongée sur le parquet, à la recherche d’une vérité sur elle-même qui lui échappe. Un appel de l’hôpital lui apprend que son père est dans le coma, après être passé le voir, elle décide de partir en pleine nuit et sous une pluie battante chez son père pour s’occuper du chat. Là-bas, elle fera la rencontre d’une vieille femme venue s’abriter de pluie et qui lui permettra de vivre une drôle d’épreuve. Elle va en effet partir à la rencontre de sa propre enfance et découvrir un lourd secret de famille que son père ne lui a jamais révélé.

La fin du monde est vraiment une bande dessinée étrange, il faut attendre la fin pour comprendre où l’auteur a voulu nous emmener. Il s’agit d’une quête de soi, amenée de manière originale, aussi bien dans son histoire puisqu’elle fait appel au fantastique, que dans son illustration en utilisant des couleurs peu habituelles. Un album vraiment fascinant !

La fin du monde / Tirabosco et Wazem aux éditions Futuropolis

vendredi 20 février 2009

Dieu n’a pas réponse à tout (mais Il sait où s’adresser) / Benacquita & Barral

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En rangeant la médiathèque ce matin, je suis tombée sur cette BD. Je connaissais Benacquista en tant qu’auteur de roman, je le découvre en auteur de BD. Il y a quelques jours, Géraldine s’étonnait que les BD ne soient pas toujours drôles. Eh bien celle-ci fait partie de ces BD divertissantes, que l’on lit avec le sourire aux lèvres.

Cette bande dessinée est constituée de plusieurs histoires mettant en scène des personnes vouées au malheur : couple qui bat de l’aile, artiste méconnu, escrimeuses mal dans leur peau… De là-haut, Dieu les observe et décide de leur venir en aide en faisant appel à des spécialistes. Sont donc convoqués pour mettre leurs talents au services de bonnes causes : Ginger Roger et Fred Astaire, Michel-Ange, Cyrano de Bergerac…

Un dessin assez classique mais des situations très drôles ! Pas toujours facile pour nos « héros » de s’adapter à la modernité !!!

Je n’ai lu que le premier tome, mais je crois que je ne vais pas résister au second très longtemps !

Dieu n’a pas réponse à tout (mais Il sait où s’adresser) / Benacquita & Barral, aux éditions Dargaud

mercredi 18 février 2009

Rides / Paco Roca

Rides

Après avoir entendu parler plusieurs fois de cette BD, je me suis empressée de satisfaire ma curiosité. Rides traite d’un sujet difficile : la vieillesse et la maladie d’Alzheimer. La bande dessinée commence lorsque le fils d’Ernest décide de le placer dans une maison de retraite, et s’achève lorsque les souvenir d’Ernest ont fui sa mémoire.

L’auteur a construit sa bande dessinée à partir d’anecdotes qu’il a collecté auprès de son entourages et lors de longues observation dans des maisons de retraite. Si au début les manies de ces petits vieux nous font sourire, c’est l’angoisse qui prend le pas ensuite. Une angoisse face au médecin inhumain, une angoisse face à cette terrible maladie. Un sujet difficile mais très bien traité, en toute simplicité. Paco Roca nous offre également l’histoire d’une belle amitié entre Ernest et Emile qui l’aidera à faire face aux avancées de la maladie.

jeudi 15 janvier 2009

Couleur de peau : miel, tome 2 / Jung

couleur de peau : miel 2

Je n’ai pas mis longtemps à me procurer et à lire ce second et dernier tome de Couleur de peau : miel.

A la fin du premier tome, nous avions laissé Jung, l’auteur et narrateur de la BD, à l’aube de son adolescence. Le second tome est entièrement consacré à cette période de la vie où les choses sont devenues de plus en plus difficiles pour lui. Comment se comporter avec les autres adolescents coréens ? Quelle place a-t-il vraiment dans la famille ? Ses parents l’aiment-ils ? Jung met du temps à obtenir les réponses à toutes ces questions, et certaines lui valent de traverser de très douloureuses épreuves.

Ce second tome est beaucoup plus difficile que le premier, tout simplement parce qu’il traite de l’adolescence, période jamais très facile à traverser, surtout lorsque l’on est un enfant adopté. Mais encore une fois, Jung parvient à ne pas sombrer dans le dramatique grâce à son humour et grâce à la beauté et la douceur de ses dessins.

Un entretien consacré à l’auteur a également été ajouté à ce livre. C’est le Jung, adulte, qui s’exprime et qui développe certains points de la BD. Il explique, entre autre, son envie et sa crainte de se rendre un jour en Corée. Mais le plus intéressant, c’est le compte-rendu de la réception du premier volume. Ces dessins en noir et blanc ont aidé des enfants adoptés et des parents d’adoptés à mieux comprendre leur situation ! Quelques extraits des lettres de remerciements reçues par Jung ont été reproduits. Comme quoi, la bande dessinée est bien plus qu’une lecture de distraction !

vendredi 9 janvier 2009

Couleur de peau : miel, tome 1 / Jung

Couleur de peau : miel 1

Encore une belle découverte dans le domaine de la BD à vous faire partager ! Il s’agit d’un roman graphique autobiographique. Par ses dessins très doux en noir et blanc, Jung nous dévoile son enfance et les tourments qui l’ont traversé. Né à Séoul en 1965, Jung se retrouva seul à l’âge de cinq ans, certainement abandonné par sa mère célibataire, incapable de subvenir à ses besoins dans une société où la femme est loin d’être considérée comme l’égale de l’homme. Recueilli à l’orphelinat, il sera adopté rapidement par une famille belge. Mais malgré une enfance heureuse, entouré de ses quatre frères et sœurs avec qui il est très complice, Jung aura souffert de sa différence et surtout de son abandon inexpliqué. C’est avec beaucoup d’humour et de douceur que Jung nous explique l’Histoire de son pays et les conséquences subies par des milliers de jeunes coréens comme lui.

Un entretien très intéressant à la fin de l’ouvrage explique au lecteur l’importance que les thèmes de l’abandon, du déracinement et de l’identité ont pris dans son travail. Un texte complémentaire, à lire absolument !

Le premier tome s’achève lorsque Jung n’a que 13 ans, j’attends avec impatience de pouvoir me procurer la suite !

mardi 16 décembre 2008

Pourquoi j’ai tué Pierre / Alfred & Olivier Ka

Pourquoi j'ai tué Pirre

Je n’ai pas l’habitude de commenter des Bandes dessinées. Je n’ai d’ailleurs pas l’habitude d’en lire beaucoup ! Mais lorsqu’il m’arrive de me plonger dans l’une d’entre elle (en suivant les précieux conseils de ma chère amie et bibliothécaire Stef ;-), c’est très souvent une révélation. Comment arrive-t-on par de "simples" dessins et de courts textes à faire passer tant de choses ?!

Pourquoi j’ai tué Pierre est justement l’une de ces bandes-dessinées qui m’ont marquées. Tous les chapitres commencent par « J’ai tué Pierre parce que j’ai 7 ans »… « parce que j’ai 8 ans » … « parce que j’ai 35 ans ». On met du temps à comprendre ces phrases. Parce que Pierre est un homme d’église. Parce qu’il est apprécié par les parents du jeune Oliver pourtant baba cool. Olivier passe donc une enfance heureuse jusqu’au moment où tout va basculer, jusqu’au moment où il va subir un traumatisme qui va le suivre toute sa vie... jusqu’à la parution de cette bande dessinée. En effet, cette bande dessinée n’est pas une fiction comme on le croit au départ ; il s’agit d’un témoignage. Le dessin laisse d’ailleurs place à quelques photos vers la fin du livre. Des photos de nos deux auteurs Alfred et Olivier Ka, des photos qui nous font prendre conscience de l’authenticité de l’histoire, des photos qui nous font re-basculer dans la réalité.

Le genre de la bande dessinée permet de faire passer beaucoup de choses très simplement. Lorsque Olivier vivait paisiblement, Pierre nous est représenté comme un bon vivant, souriant, joyeux. Mais il se transforme ensuite en une sorte de monstre à chaque fois que des cauchemars viennent perturber régulièrement la vie d'Olivier. La bande dessinée permet d’alterner planches de dessins colorées et sereines, et planches sombres et angoissantes.

La lecture d'ouvrages comme celui-ci permet de se rappeler que la bande dessinée est un genre noble, un véritable moyen d’expression que l’on a trop souvent tendance à considérer comme des « lectures non sérieuses »…

Le jour où j’ai tué Pierre / Alfred & olivier Ka aux éditions Delcourt