Midola's blog

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samedi 4 février 2012

La Promesse de l’aube / Romain Gary

Promesse de l'aube

J’avais lu il y a une dizaine d’années La Vie devant soi de Romain Gary que j’avais vraiment beaucoup aimé et dont je garde encore des images très nettes. Et il y a quelques semaines, Audouchoc publiait un billet très élogieux sur la Promesse de l’aube. Le début d’année et les bonnes résolutions aidant, je me suis lancée dans cette lecture.

Je dois avouer que j’ai failli abandonner la lecture de ce roman mais que sa renommée m’a obligé à poursuivre. Et quelle chance ! Car plus j’avançais dans le roman et plus j’étais captivé par cette histoire d’inspiration autobiographique.

La Promesse de l’aube reprend de manière chronologique la vie de Romain Gary et de son attachement pour sa mère. D’origine russe, la mère et le fils vivent quelques années en Pologne avant de gagner la France, terre de rêve et d’espoir pour la mère de Romain Gary qui rêve d’un grand destin pour son fils.

C’est tout la période de l’enfance qui m’a passablement ennuyée. La mère de Romain Gary était à la fois totalement dévouée au bonheur et au bien-être de son fils tout en exigeant beaucoup de lui. Bien des scènes m’ont parues excessives comme les habillages et les exploits que le jeune narrateur essaie d’accomplir pour tenter de se conformer à ce que sa mère attend de lui.

Mais une fois arrivés en France et notre jeune héros un peu indépendant, les choses deviennent beaucoup plus intéressantes, d’autant plus que l’auteur nous offre un témoignage sur la vie pendant la seconde guerre mondiale. Plus on avance dans le récit et plus les anecdotes sonnent justes. J’ai trouvé que le ton changeait à partir du moment où l’on entre dans le monde adulte.

Au final, La Promesse de l’aube est un roman à la fois sur l’amour d’une mère pour son fils. Elle était prête à remuer ciel et terre pour son fils qu’elle voyait plus brillant que tous les autres enfants puis adultes de la Terre. C’est également un roman sur l’amour d’un enfant puis d’un homme pour sa mère et qui tentera le maximum pour atteindre pour s’attirer la fierté de sa mère. Et puis, c’est un témoignage sur la vie pendant la seconde guerre mondiale et toutes les atrocités que ces hommes ont vécues. Romain Gary en profite pour rendre hommage à tous les hommes qu’il a rencontré et qui sont mort pour la France.

Malgré un début difficile, je suis vraiment contente d’avoir découvert ce texte que je garderai longtemps en mémoire.

vendredi 27 janvier 2012

L’Amant / Marguerite Duras

Amant

Depuis le temps qu’il fallait que je le lise, ça y est, c’est fait. De ça, j’en suis très contente. Par contre, j’ai mauvaise conscience de devoir dire que je n’y ai pas vu le grand chef d’œuvre dont tout le monde parle… Autant j’avais été emportée par ma lecture de ''__Barrage contre le Pacifique__'', autant, là, je suis restée en dehors du texte. Ce n’était peut-être pas le bon moment ou j’aurais peut-être dû commencer par celui-ci avant de me lancer dans Barrage contre le Pacifique. On y retrouve pourtant l’étrange ambiance familiale où la communication est totalement absente, la solitude des individus face à leur vie, le besoin des héroïnes de trouver un homme qui leur apporteront un peu de réconfort charnel ou matériel. On retrouve également le personnage du frère qui ne se soucie pas de sa sœur ni de sa mère et place son propre intérêt au-dessus de tout.

Il y a beaucoup de similitudes entre ces deux romans mais L’Amant ne m’aura pas emporté comme Barrage contre le Pacifique.

mardi 24 janvier 2012

La légende de nos pères / Sorj Chalandon

legende de nos peres

La semaine dernière je découvrais (enfin !) l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman ''Mon traître'' et je tombais vraiment sous le charme de son écriture. C’est très rare que je lise plusieurs livres d’un même auteur à la suite mais cette fois-ci, j’ai couru à la médiathèque emprunter La légende de nos pères car notre auteur semble varier les sujets ! Eh bien, je ne regrette vraiment pas et je me suis empêchée de me plonger dans un troisième titre, m’obligeant à prendre le temps de savourer les autres textes.

Nous sommes très loin de l’Irlande et de son combat pour son indépendance. Nous voici en France, en plein pendant la canicule de 2003. Le narrateur, sorte d’écrivain public qui prête sa plume aux personnes souhaitant rédiger leurs mémoires, a pour cliente une jeune femme qui souhaite offrir à son père l’occasion de consigner par écrit les actes de résistance de son père pendant la Seconde guerre mondiale. Mais au fil des entretiens, le narrateur émet des doutes sur la véracité des paroles du vieil homme.

Sorj Chalandon nous offre un roman sur le devoir de mémoire, sur l’histoire de ces hommes de l’ombre qui lutté avec leurs propres moyens pour tenter de résister à l’ennemi. Mais c’est également un roman sur le travail d’écrivain. J’ai beaucoup aimé les passages où nous assistons à la rédaction de la biographie du vieil homme. Le narrateur cherche des ambiances, des couleurs, des senteurs, des sons. Opérant comme une mise en abyme du travail de l’auteur lui-même, Sorj Chalandon donne les clefs au lecteur des éléments auxquels il prête une attention toute particulière. Sorj Chalandon a une écriture efficace, épurée qui donne l’essentiel au lecteur sans le perdre dans une multitude de détails ou de digression.

Un roman que j’ai dévoré, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment !

vendredi 20 janvier 2012

Des vies d’oiseaux / Véronique Ovaldé aux éditions de l'Olivier

des vies d'oiseaux

Voilà un roman que j’ai mis près de trois semaines à lire faute de temps ou faute d’intérêt pour l’histoire…

L’inspecteur Taïbo enquête sur une drôle d’affaire : des villas sont visitées par des malfaiteurs qui se contentent d’y vivre pendant leur absence sans jamais rien y voler. C’est ainsi que Taïbo va faire la connaissance de Vida, une femme qui a échappé à une vie miséreuse en épousant un homme fortuné mais qui s’ennuie profondément dans cette sphère qui n’es pas la sienne. Ensemble, ils vont tenter de retrouver Paloma, la fille de Vida qui a fugué il y a quelques années, et qu’ils soupçonnent de squatter les villas du quartier.

Je ne sais pas quoi dire au sujet de ce roman. Je n’ai pas détesté mais je n’ai pas aimé non plus. L’histoire ne m’a pas envoûtée mais elle s’est laissée lire. En revanche, je dois avouer que j’ai beaucoup aimé l’écriture de Véronique Ovaldé. Une écriture imagée et rythmée qui donne à voir de manière assez précise ce qui se passe dans ce livre. Alors, je laisserai certainement une autre chance à l’auteur en lisant Ce que je sais de Véra Candida dès que j’en aurai l’occasion.

Le billet de Géraldine qui m'a très gentiment prêté le livre.

mardi 10 janvier 2012

Mon traître / Sorj Chalandon aux éditions Grasset

mon traitre

Ca faisait longtemps que je voulais lire Sorj Chalandon et je regrette d’avoir mis aussi longtemps avant de découvrir ses romans car j’ai vraiment beaucoup aimé ce texte.

Mon traître, dont le titre est déjà très prometteur, met en scène un jeune luthier français qui tombe amoureux de l’Irlande un peu par hasard à une époque où l’Irlande du Nord se bat pour obtenir son indépendance. Se liant très vite d’amitié avec quelques habitant de Belfast, il vit la guerre comme s’il s’agissait de celle de son propre pays. C’est ainsi qu’il fera la connaissance de Tyrone Meehan, cet homme qu’il admire et qui défend activement son pays. Seulement, en 2006 le monde entier découvre que Tyrone Meehan est un traître qui renseigne les autorités britanniques depuis vingt-cinq longues années sans que personne autour de lui n’ait pu le soupçonner.

Mon traître est un roman passionnant qui nous parle à la fois de l’Histoire de l’Irlande à travers ce conflit (si proche de nous !) et de la vie de ce luthier le jour où il découvre que l’homme qu’il admirait tant n’était qu’un traître qui avait non seulement trahi son pays mais aussi cette amitié qui lui était si chère.

Outre l’histoire, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Sorj Chalandon, très efficace. Il ne se perd pas dans de longues descriptions et parvient à peindre très simplement les deux univers dans lesquels vit le luthier : son atelier parisien dont on finit par connaître tous les recoins et les odeurs de bois et de vernis ; et Belfast, cette ville où il se rend plusieurs fois par ans pour retrouver ses amis et boire des guinness dans les pubs de la ville.

Une très belle découverte qui me donne vraiment envie de découvrir d’autres romans de cet auteur passionnant qui devrait nous faire l’honneur de sa visite lors du Festival Rue des livres à Rennes en mars prochain. Rencontre à ne pas manquer !

lundi 12 décembre 2011

Rien ne s’oppose à la nuit / Delphine de Vigan

rien ne s'oppose à la nuit

Grâce à Géraldine qui m’avait donné envie de lire ce roman et qui me l’a très gentiment prêté, j’ai pu me plonger dans l’histoire de famille de Delphine de Vigan. Et quelle histoire…

Les premiers chapitres sont consacrés à l’enfance de la mère de l’auteur. Elle nous présente donc une grande famille où Lucile, la mère de Delphine de Vigan, avait huit frères et sœurs aux personnalités toutes aussi différentes les unes que les autres. La présentation de cette grande fratrie où il est impossible de s’ennuyer un instant ne semble pas présager des tragiques destins que vont connaître bon nombre de ses membres. Delphine de Vigan consacre son livre à l’existence de sa mère, Lucile, qui sombrera petit à petit dans une forme de démence, mettant en danger ses deux filles.

A travers ce récit, Delphine de Vigan utilise l’écriture comme une sorte de thérapie. Elle a mené son enquête pour éclaircir certains événements restés un peu obscurs dans sa mémoire d’enfant ou pour confronter les points de vue et tenter de connaître la vérité. J’espère que cette démarche l’aura aidé à se libérer de ces périodes traumatisantes.

Il m’est très difficile de parler d’un livre dont les protagonistes ne sont pas des héros littéraires mais des êtres de chair et de sang. Ce texte (que je ne peux me résoudre à appeler roman) est remarquablement écrit et très bien construit. On avance petit à petit dans cette terrible descente aux Enfers, on retient son souffle dans les épisodes les plus tragiques et on s’autorise à respirer lorsque les choses semblent aller mieux.

J’évite très souvent ces histoires vécues où j’ai toujours la sensation d’être indiscrète même si l’auteur l’expose sur la place public dans le but d’être justement lu. Mais Delphine de Vigan commente au fur et à mesure son travail. Elle y expose ses doutes, ses craintes, ses objectifs ; essayant de rester le plus neutre possible malgré sa position et ne faisant jamais dans le larmoyant. Bien au contraire.

Cette lecture, bien que pas toujours facile parce que renvoyant quelques fois à sa propre histoire, m’aura beaucoup apporté. Certains passages mettant en avant le courage et la pugnacité des protagonistes sont autant de leçons de vie pour le lecteur. A chacun son histoire et ses handicaps, le tout est d’essayer de s’élever.

vendredi 2 décembre 2011

Du domaine des Murmures / Caroles Martinez

Du domaine des murmures

Du domaine des Murmures a remporté le Goncourt des lycéens en novembre dernier. Moi qui suis de près ce prix littéraire, j’ai été déçu de ne pas être vraiment emballée par le roman. Mais ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause mais plutôt le thème qui ne me touche pas.

Nous sommes au Moyen Age où les jeunes filles sont victimes de mariages arrangés. Sauf qu’au domaine des Murmures, Esclarmonde refuse ce destin. Le jour de ces noces, elle préfère demander à que l’on dresse une Chapelle en l’honneur de Sainte-Agnès et qu’on l’emmure dans le bâtiment plutôt que de ce plier à ce mariage arrangé. Esclarmonde devient alors une sainte vivante, priant jour et nuit jusqu’à ce que sa foi soit mise à rude épreuve…

Il faut avouer que l’histoire est intéressante car l’on suit le destin de plusieurs personnages à travers le récit de notre recluse. Mais les visions d’Esclarmonde ont eu tendance à m’agacer même si je sais que c’est tout à fait en accord avec la littérature du Moyen Age. Et puis, il n’y a rien à faire, même si ça a existé, je n’arrive pas à supporter l’idée que des femmes aient gâché leur vie pour échapper au destin que des questions d’intérêt leur imposaient (je ne supporte pas non plus qu’on décide de l’avenir des personnes à leur place évidemment ;-)

Et il faut que je reconnaisse également que Carole Martinez sait raconter des histoires. On voit tout de suite qu’elle maîtrise son sujet et que le Moyen Age n’a pas de secrets pour elle. Le récit se déroule doucement et de manière très fluide et l’écriture est très agréable.

Bref, un roman plein de qualités qui ne m’a pas laissée indifférente et qui me rend impatiente de rencontrer l’auteur le 8 décembre à Rennes à l’occasion de la soirée consacrée comme chaque année aux Goncourt et Goncourt des lycéens.

vendredi 18 novembre 2011

Le Dos crawlé / Eric Fottorino

dos crawlé Pffff… je viens de découvrir qu’une librairie indépendante s’était ouverte à quelques pas de chez moi. Je n’ai donc pas pu faire autrement que de les soutenir en leur achetant au moins un livre. C’est sur celui de Fottorino que j’ai craqué. En même temps, j’ai du mal à résister à ses livres depuis que j’ai découvert cet auteur.

Le dos crawlé est l’histoire de deux enfants qui passent leur été du côté de Royan. Le narrateur, Marin, est un jeune garçon de treize ans qui prend sous sa protection Lisa, une fillette de dix ans délaissée par ses parents. Chaque jour, ils vont à la piscine ou à la mer pour que Lisa apprenne à nager la brasse et le dos crawlé. Leur rêve est de rejoindre l’Afrique à la nage… et savoir nager le dos crawlé est utile pour regarder les étoiles !

Comme dans beaucoup de roman de Eric Fottorino, l’évocation de l’enfance a une place très importante. On sent toute la nostalgie de l’auteur pour cette période à travers ses mots. Et bien que ce ne soit pas ma génération qui soit décrite ici, je suis touchée par l’évocation de tous ces souvenirs.

Mais ce roman ne s’arrête à l’évocation de l’enfance, il incite à s’interroge sur la vie, à travers les portraits des différents personnages. La mère de Lisa qui passe ses journées et ses nuits à tromper son mari sans se soucier de ce que peut ressentir sa fille qu’elle abandonne à l’oncle de Marin. Abel, l’oncle de Marin, qui a perdu sa femme et qui affronte courageusement la vie. Et puis le personnage de Marin est attachant. Bien qu’il ait déjà treize ans, Marin est un garçon très naïf qui se pose énormément de question sur ce qu’il entend, sur ce qu’il vit, sur ce qu’il ressent, surtout quand il se retrouve face à une femme dévêtue… Et puis Lisa, qui est délaissée par une mère volage et méprisante et par un père absent. Plutôt taciturne, elle se pose de nombreuses questions sur ce qui l’entoure et a souvent un comportement en décalage avec son âge.

Encore une fois, Eric Fottorino nous offre un roman très riche et très agréable à lire.

lundi 7 novembre 2011

Galadio / Didier Daeninckx

galadio

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu de roman de Didier Daeninckx et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ses histoires passionnantes qui nous entraînent dans les méandres de l’Histoire et nous en révèlent des pans peu connus (en tout cas de moi !).

Galadio nous entraîne au cœur de l’Allemagne des années 1930, lorsque le nazisme commence à s’étendre et à persécuter les juifs mais aussi les métis. Ulrich est un enfant métis, né d’une mère allemande et d’un père africain engagé dans l’armée française venue occuper l’Allemagne au début des années vingt. Alors qu’il est arrêté pour subir un examen médical par les forces allemandes, il va être repéré par un cinéaste qui a besoin d’acteurs et de figurants noirs pour ses films. Ces tournages vont être pour lui l’occasion de partir sur les traces de son père au cœur de l’Afrique.

Ce roman est passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur cette Allemagne des années trente dont on ne parle pas beaucoup. La difficulté pour les femmes blanches qui ont fréquenté des soldats noirs d’assumer leur grossesse aux yeux de tous quitte à se mettre à dos toute sa propre famille, les rafles d’animaux domestiques appartenant aux juifs, la stérilisation des noirs et des métis… Et comme toujours Didier Daeninckx nous ouvre les yeux sur l’Histoire sans en avoir l’air. Pas une seule fois il ne se permet de couper le récit pour y introduire de longues digressions sur l’Histoire. Il nous donne des clés, à nous de poursuivre notre lecture en ouvrant des livres d’Histoire.

A lire absolument !!!

vendredi 28 octobre 2011

Léodine l’Africaine / Albert Russo aux éditions Ginkgo

Léodine

Ce livre, proposé par Babélio lors de son opération Masse Critique, avait attisé ma curiosité. Sa quatrième de couverture nous le présentait de cette manière :

"Ce livre raconte l’enfance et l’adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend à son adolescence que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde et l’entraîner dans une traversée des apparences au terme de laquelle elle devra changer de vie. Mais peut-on changer « qui l’on est »" ?

Mon avis un peu mitigé après cette lecture. Deux choses m’ont gêné dans cette lecture. La première est peut-être due à mon manque de connaissance de l’Afrique… L’auteur profite de ce roman pour faire de longs développements sur l’Afrique, ce qui a alourdi ma lecture. Je manquais de références pour me représenter tous les paysages, les ambiances ou pour intégrer toutes les références historiques ou géopolitiques. Mais certainement qu’un lecteur qui connaît mieux l’Afrique que moi appréciera plus ces passages.

Par contre, ma deuxième et véritable critique porte sur le décalage entre l’écriture et l’âge du narrateur. C’est Léodine, une jeune adolescente qui nous raconte son histoire mais les propos et la manière de s’exprimer ne colle pas du tout à son âge. Je ne suis pas certaine qu’à treize ans (l’âge n’est pas précisé), on est une vision aussi claire du pays dans lequel on vit. De plus, je ne suis pas du tout certaine qu’une ado, quelque soit le milieu dans lequel elle puisse vivre, s’exprime de la sorte :

"La métamorphose du jour était ponctuée par le chant des oiseaux. Ils s’en donnaient à cœur joie, dans un orphéon de roucoulades et de pépiements qui rassurait, car le volcan, lui, dont les colonnes de feu s’élevaient à la surface de la marmite, léchant les crêtes un eu trop goulûment comme pour rappeler à qui voudrait l’ignorer…"

C’est un exemple pris au hasard mais qui montre bien le décalage. Certes, on ne peut pas reprocher à l’auteur de bien écrire, mais je pense que le choix du narrateur n’était pas judicieux.

Autrement, en ce qui concerne l’histoire en elle-même je l’ai trouvé intéressante. On suit les états d’âme de cette jeune fille qui s’interroge sur son identité et qui ne sait comment se positionner face à la question du métissage.

jeudi 20 octobre 2011

Mississippi / Hillary Jordan ; traduit par Michèle Albaret-Maatsch

Mississippi

Coup de cœur ! Hillary Jordan nous emmène dans le Mississippi peu de temps après la Seconde guerre mondiale. Laura a déjà une trentaine d’années lorsque Henry se décide à l’épouser. Mais peu de temps après leur mariage, alors que Laura est une femme de la ville, professeur d’anglais, Henry achète des terres et une exploitation de coton et impose à sa femme un tout autre mode de vie. Elle doit faire un trait sur tout son confort et s’habituer aux dures tâches de la ferme, sous le regard désagréable de son beau-père.

Mais Mississippi n’est pas seulement l’histoire de Laura, cette femme qui est prête à beaucoup de sacrifices pourvu que son mari l’aime et qu’elle trouve un certain équilibre. Mais ce roman nous plonge également au cœur des mentalités des campagnes américaines où la ségrégation sévit encore amplement. Ronsel, le fils du métayer qu’emploie Henry, revient de la guerre où il a été considéré pendant quatre ans comme l’égal des blancs. Mais très vite, les habitants de la petite ville s’évertuent de le remettre à sa place…

Mississipi est un roman polyphonique, les différents personnages se relaient chapitres après chapitres pour nous raconter leur histoire et leur vision du monde. Cette multitude de voix enrichit le roman, permettant d’aborder de nombreux sujets propres aux blancs, aux noirs, aux femmes, aux hommes, aux soldats…

Mississippi est vraiment un roman passionnant. Une fois le livre terminé, j’ai gardé pendant plusieurs jours à l’esprit l’ambiance de la ferme du Mississippi.

mercredi 12 octobre 2011

La petite marchande de prose / Daniel Pennac

petite marchande de prose

Ces dernières semaines, Christine, de Mes Passions, a publié plusieurs billets sur les romans de la tribu Malaussène ; ce qui m’a donné envie de me replonger dans cette ambiance bien particulière. J’avais lu il y a longtemps Au bonheur des ogres et la Fée carabine, je me suis donc tournée vers la troisième aventure de la tribu : La Petite marchande de prose. Eh bien, j’ai été déçue. Je ne sais pas si c’est le livre qui est à mon sens moins bon que les deux autres ou parce qu’il n’y avait plus l’effet de nouveauté mais je me suis ennuyée à cette lecture.

Pourtant il ne manque pas de rebondissements entre les préparatifs du mariage de Clara (la sœur de Benjamin Malaussène) et le nouveau travail de Benjamin qui consiste à passer pour l’auteur de romans à succès. Mais la tribu n’a pas su me charmée cette fois-ci. Tant pis.

mardi 4 octobre 2011

Robe de marié / Pierre Lemaître

robe de mariée

Ah ! Quel délicieux roman machiavélique ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je n’arrivais pas à lâcher, et pourtant, au début j’ai eu peur de m’ennuyer. Sophie est une jeune veuve de trente ans qui semble avoir de sérieux problèmes psychiatriques. Elle oublie beaucoup de choses, mais surtout, elle tue sans même s’en rendre compte. Au début j’ai eu peur que tout le roman soit sur ce ton-là. Que l’on suive la fuite de cette femme, recherchée pour plusieurs meurtres. Et puis, vient la seconde partie où l’on comprend que Sophie n’est peut-être pas responsable de tout et qu’elle n’est peut-être pas vraiment folle… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise.

Je me suis beaucoup amusée à la lecture de ce thriller et vous trouverez de nombreux autres billets sur la blogosphère allant dans ce sens. Mais où Pierre Lemaître est-il allé chercher tout ça ?!

lundi 26 septembre 2011

François le Champi / George Sand

Francois le champi

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de George Sand et comme chaque fois, c’est avec plaisir que je retrouve cette atmosphère champêtre.

Ici, George Sand aborde le thème des enfants abandonnés, dit des Champi, du nom de l’organisme qui les recueillait. Les Champi étaient ensuite accueilli dans une famille qui touchait une faible rétribution en échange.

François est l’un de ces enfants, adopté par une femme qui voyait tout d’abord l’apport financier qu’allait lui apporter l’enfant puis recueilli par une autre femme qui devient une véritable mère pour lui et que François aimera profondément.

George Sand s’est beaucoup intéressée à la vie de la campagne et aux sentiments de ces personnes parfois un peu rustres qui voient le mal partout même chez dans le cœur des âmes les plus pures.

J’ai bien aimé ce roman mais je me suis plus d’une fois énervée après les annotations de l’édition du livre de poche. Certes, George Sand écrit ce texte en 1847, d’où certaines tournures peu habituelles pour un lecteur du XXIe siècle ou quelques mots de vocabulaires inconnus qui peuvent mériter une note de bas de page. Mais il y a des limites parfois !!! Cette édition semble prendre le lecteur pour un crétin fini. Et si ces notes sont destinées à nos chers ados, il y a de quoi les dégoûter de cette lecture avec toutes les interruptions que demandent la lecture de ces multiples notes. Juste un double exemple :

Madeleine n’aimait pas le voir tout guilleret (= De bonne humeur), parce qu’elle savait que le lendemain soir il rentrerait tout enflambé (Pour enflammé) de colère.

En deux lignes le lecteur aura interrompu sa lecture pour lire deux notes totalement inutiles…

Mais bon, il existe certainement d’autres éditions de ce roman ;-)

vendredi 9 septembre 2011

Le retour de Jim Lamar / Lionel Salaün

Retour de Jim Lamar

A l’âge de treize ans, Billy va faire une rencontre qui va très nettement influencer son avenir. Dans la petite ville du Mississipi où il habite, Billy va faire la connaissance de Jim Lamar, ce jeune homme parti faire la guerre du Vietnam mais qui ne donna plus aucun signe de vie à ses parents à son retour aux Etat-Unis jusqu’à ce qu’il refasse son apparition bien des années plus tard. Mal accueilli au village car il aura fait mourir ses parents de chagrin, seul Billy l’approche et lui permet d’expliquer ce qu’il a vécu pendant la guerre du Vietnam et toutes les années qui ont suivies.

J’ai beaucoup aimé ce roman et cette relation entre ces deux personnages. Billy se nourrit du récit de Jim et se passionne pour l’Histoire grâce à lui. Jim, quant à lui, profite de cette oreille attentive pour raconter l’amitié qui l’a lié à trois autres hommes pendant la guerre, leurs conversations, leurs peurs… Il nous explique la difficulté de reconstruire sa vie après avoir vécu certains traumatismes. Un très beau roman.

jeudi 1 septembre 2011

Le roman de monsieur de Molière / Mikhaïl Boulgakov ; traduit du russe par Michel Pétris

blogoclub.jpg

J’avais laissé passé plusieurs sessions du Blog-o-club et en réactivant ce blog il y a quelques semaines, je ne pensais plus participer à ce club de lecture, qui est pourtant l’occasion de faire de belles découvertes mais qui était synonyme de contrainte… Et pourtant je n’ai pas pu résister d’y participer à ma manière. (Rien de tel que la liberté pour avoir envie de faire plein de choses !)


roman de monsieur de Molière

Ce mois-ci, la Russie était à l’honneur avec le roman de Boulgakov : Le maître et Marguerite. Mais ni la médiathèque, ni la librairie ne l’avait... Alors que je me demandais si j’allais le commander, je suis tombé sur Le roman de monsieur de Molière qui ma fort intéressé. Mikhaïl Boulgakov qui était passionné de théâtre, a consacré ce livre à nous raconter la vie de Molière de façon plutôt vivante.

Je connaissais déjà assez bien les grandes lignes de la vie de Molière pour avoir étudié plusieurs de ses pièces au cours de mes études ; mais j’y ai appris (et révisé) beaucoup de choses tant sur sa vie personnelle que sur la genèse de son œuvre. En choisissant d’écrire un roman et non une biographie, Boulgakov prend la liberté de s’adresser directement aux personnages du livre, de retranscrire des dialogues entre Molière et ses acteurs, amis ou avec Louis XIV. Alors, certes, on peut se poser la question de la fiabilité des sources de Boulgakov. On peut. Mais j’y ai renoncé et j’ai dévoré la vie de Molière avec beaucoup de plaisir ! Et dans la mesure où j’ai envie de relire certaines pièces de ce grand homme de théâtre, je pense que Boulgakov a réussi sa mission !

Pour les autres billets du Blog-o-club, je vous renvoie aux billets de Sylire et Lisa.

vendredi 26 août 2011

Et que le vaste monde poursuive sa course folle / Colum McCann ; traduit par Jean-Luc Piningre

et que le vaste monde poursuive sa course folle Lorsque ce roman est sorti il y a un peu plus d’un an, le presse l’avait encensé. Résultat, ça faisait des mois que je voulais le lire et c’est peut-être pour ça que j’ai été un peu déçue par cette lecture. Peut-être que j’en attendais trop.

Colum McCann nous offre une fresque de la vie New-Yorkaise à travers l’histoire de nombreux personnages. Si au départ ces histoires ne semblent pas avoir de lien les uns avec les autres à part l’évocation de l’exploit mené par un funambule qui relie les Twin Towers en marchant sur son câble métallique, petit à petit l’auteur relie les personnages les uns aux autres.

Certes les descriptions de la société new-yorkaise sont intéressantes, surtout que l’auteur s’intéresse à toutes les couches de la population. Mais pendant un assez long moment, je me suis demandée où l’auteur voulait en venir et s’il n’allait pas se contenter de nous présenter une série d’histoires indépendantes les unes des autres. J’avais déjà ressenti ça en lisant Le Danseur. Ces histoires dans l’histoire finissent souvent par me lasser… même si à la fin tous les morceaux du puzzle finissent par s’assembler.

mardi 16 août 2011

Comment va la douleur ? / Pascal Garnier aux éditions Zulma

comment va la douleur

A la limite du roman policier, cette lecture a été un vrai régal ! Un vieux tueur à gage profite de la naïveté d’un jeune homme pour lui demander de lui servir de chauffeur pendant deux jours, le temps qu’il commette son dernier meurtre avant de prendre sa retraite. Mais on se doute bien que tout ne se passera pas aussi facilement que ça…

Pascal Garnier nous offre une palette de personnages tous aussi attachants qu’énervants les uns que les autres, des situation loufoques, de l’humour, de la noirceur, et en filigrane une réflexion sur le sens de la vie… Bref, tout ce qui fait le charme des romans de Pascal Garnier.

Malgré une histoire loufoque, Pascal Garnier parvient à dresser donner de l’épaisseur à tous les personnages, quelque soit l’importance du rôle qu’ils tiennent dans le roman. L’auteur parvient à mettre le doigt sur les faiblesses des hommes même lorsque ceux-ci semblent imperturbables et à l’inverse, les personnages les plus faibles et les plus naïfs peuvent faire preuve de grandes qualités.

Comment va la douleur est le deuxième roman que je lis de l’auteur. J’avais adoré Lune captive dans un œil mort, celui est différent mais m’a tout autant plu. Il y a de grandes chances que je me laisse à nouveau tenter par un autre titre de cet auteur qui nous a hélas quitté tragiquement cette année.

jeudi 11 août 2011

Le voisin / Tatiana de Rosnay

Voisin

Quelle déception ! J’ai lu ce roman il y a quelques mois en pensant tomber sur une histoire intéressante et je m’y suis ennuyée ferme. Une jeune mère de famille loue un appartement qu’elle pense être absolument parfait pour sa petite famille. Mais les semaines où son mari est en déplacement, son voisin du dessus lui mène une vie pas possible en mettant la musique très forte en plein milieu de la nuit. Mais elle a beau essayé de se renseigner sur ce bruyant voisin, tout le monde lui assure que c’est un homme charmant. Réalité ou délire de cette femme ?

Le roman commençait pourtant bien mais le délire de la jeune femme m’a complètement dépassé, notamment lorsqu’elle commence à visiter l’appartement de son voisin lorsqu’il n’est pas là pour essayer de lui faire payer ses nuits d’insomnies. Et là, je me suis crue dans un remake d’Amélie Poulain lorsqu’elle entre dans l’appartement du vendeur de légumes et qu’elle change l’intensité des ampoules, la taille de ses chaussons ou verse du sel dans son whisky.

Bref, moi qui avait vraiment beaucoup aimé Elle s’appelait Sarah, je n’ai absolument rien retrouvé de l’auteur… Dommage.

mardi 2 août 2011

Sur la plage de Chesil / Ian McEwan ; traduit par France Camus-Pichon

sur la plage de Chesil

Voilà une très agréable lecture bien que le sujet ne soit pas des plus joyeux si on y regarde de plus près. Presque tout le roman ne se déroule que sur quelques heures. Florence et Edward viennent de se marier et sont s’apprêtent à vivre leur nuit de noces. Nuit qui ne se révèlera pas idyllique, hélas ! mais plutôt cauchemardesque. Et tandis que les deux jeunes époux appréhendent cette étape de leur nouvelle vie conjugale, le narrateur nous retrace petit à petit l’histoire de leur rencontre. Le lecteur évolue alors dans la société anglaise, à Oxford et à Londres dans une famille très classique pour Florence, un peu plus bohème pour Edward. L’auteur nous raconte une histoire d’amour qui aurait pu être belle mais qui en quelques heures basculent complètement.

J’ai énormément aimé l’écriture de Ian McEwan et les thèmes qu’il aborde : l’histoire, la musique, la famille, le passage à la vie adulte… Et il nous donne ici un exemple très précis des conséquences irrémédiables que peuvent avoir une attitude ou rien que quelques mots. Ces quelques secondes qui font basculer la vie du tout au tout.

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