Midola's blog

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samedi 6 mars 2010

Yanvalou pour Charlie / Lyonel Trouillot

Yanvalou pour charlie

Je suis contente de pouvoir mettre à l'honneur un auteur Haïtien aujourd'hui en présentant ce roman de Lyonel Trouillot.

Le roman s’ouvre sur Mathurin, un jeune homme devenu avocat et menant une vie tranquille à port-au-Prince jusqu’au jour où un jeune garçon nommé Charlie entre dans son bureau en l’appelant « Dieutor ». Surgit alors toute son enfance passée au village qu’il a voulu oublier le jour où il a quitté le village. Même à la mort de ses parents, il n’a pas pris le peine de revenir, faisant une croix sur son passé et sur ses sentiments pour la jeune Anne.

Seulement, l’évocation de son premier prénom va libérer tous ses souvenirs. Et les problèmes de ce jeune garçon qui vient le solliciter l’oblige à renouer avec celui qu’il était il y a quelques années. A partir de cette rencontre, nous allons découvrir la vie dans les villages d’Haïti ; la pauvreté, la violence, la tristesse et la sensation d’abandon que ressentent ses habitants.

Yanvalou pour Charlie est un très beau roman servit par l’écriture poétique de Lyonel Trouillot.

Yanvalou pour Charlie / Lyonel Trouillot aux éditions Actes Sud

mardi 2 mars 2010

Zola Jackson / Gilles Leroy

Zola Jackson

Ce roman se passe à la Nouvelle-Orléans au moment où le terrible ouragan, le Katrina, sévit.

Zola Jackson est une femme de forte nature qui a perdu son mari et son fils. Si bien que lorsqu’on lui propose d’être évacuée au début de l’ouragan, elle refuse d’abandonner sa chienne. Zola Jackson va alors rester toute seule avec sa chienne dans sa maison inondée. Cette solitude va faire remonter de nombreux souvenirs à la mémoire de Zola, nous permettant de découvrir sa vie et sa famille.

A travers ce roman, on suit l’évolution du terrible ouragan (et dire que je le lisais pendant que la terrible tempête sévissait dimanche !) et la détresse des personnes isolées. Mais Zola Jackson est avant tout un roman sur une femme et sur une mère aimant son fils au point de ne pouvoir accepter la personne qui partage sa vie.

Vient le moment où je dois donner mon avis… Ce roman est bien écrit, le sujet très bien traité mais il ne m’a pas touché plus que ça. Dommage.

Zola Jackson / Gilles Leroy au Mercure de France

samedi 27 février 2010

La double vie d’Anna Song / Minh Tran Huy

Double vie d'Anna Song

Ca faisait un moment que je voulais lire ce roman, on en avait pas mal entendu parler à sa sortie il y a quelques mois car il s’inspire d’un fait réel. En 2007, un scandale avait éclaté dans le monde de la musique lorsque la musicienne Joyce Hatto a été accusée d’avoir utilisé les enregistrements d’autres musiciens pour créer ses propres disques.

La double vie d’Anna Song alterne d’une part entre des extraits de journaux révélant « l’affaire Anna Song » au fur et à mesure que l’on découvre que les disques d’Anna Song ne sont pas ses propres enregistrements mais des versions piratées de grands musiciens. Et d’autre part, avec le récit fait par Paul Desroches de sa rencontre avec Anna lorsqu’ils étaient enfants et qu’il épousera quelques années plus tard.

Mais ce roman n’est pas seulement l’histoire de cette supercherie, c’est surtout une histoire d’amour. Paul Desroches est tombé fou amoureux d’Anna dès le premier jour où il a fait sa connaissance lorsqu’ils n’avaient qu’une dizaine d’années.

Enfin, à travers ce roman, Minh Tran Huy nous fait voyager au Viêtnam, son pays d'origine et celui d'Anna Song.

La double vie d'Anna Song était donc un très joli roman d’amour et de musique à lire sans modération.

La double vie d’Anna Song / Minh Tran Huy aux éditions Actes Sud

dimanche 21 février 2010

Lily et Braine / Christian Gailly

Lily et Braine

Ne sachant pas tellement résister aux romans des éditions de Minuit et encore moins lorsqu’il s’agit de Christian Gailly, je me suis plongé dans son dernier roman : Lily et Braine. Comme le disait Stéphanie dans un de ses derniers billets, ce roman est déroutant car il laisse le lecteur avec de nombreuses questions.

Lily et Braine est l’histoire de Braine, un homme revenu chez lui après deux ans d’absence passés dans l’armée et où il a été très gravement blessé. Il doit alors réapprendre à vivre avec sa femme, Lily, son fils, Louis et la chienne, Lucie. Mais un jour, une femme contact Braine pour lui proposer de remonter son ancien groupe de jazz et de jouer dans la boîte de nuit qu’elle compte ouvrir en ville. La vie de Braine va alors être chambouler pour « le meilleur et pour le pire » (citation empruntée à notre chère Stéphanie ;-)

Ce roman est remarquablement bien écrit, le rythme des phrases parvient à épouser le fil des pensées des personnages, leurs doutes, leurs énervements, leurs incompréhensions.

Mais ce roman n’explique pas tout ce qui se passe. Le lecteur prend en cours de route l’histoire de ses personnages sans expliquer véritablement ce qui a poussé Braine à s’engager dans l’armée et ce qui lui est arrivé là-bas ni pourquoi il avait abandonné la musique alors qu’il semblait particulièrement doué.

Ce qui m’a la plus dérouté c’est la place du chien. On lui a donné un véritable prénom et on la considère comme une enfant, comme la sœur de Louis. On ne peut même pas dire qu’il comble une envie d’un deuxième enfant puisque Lily est enceinte…

Dans l’ensemble j’ai aimé ce roman même si je suis un peu restée sur ma faim. Je voulais savoir comment tout cela allait se terminer, si Braine allait s’en sortir, j’espérais aussi comprendre son histoire. Et puis, je me suis laissée bercer par l’écriture atypique de Christian Gailly. Cet auteur n'a pas son pareil pour parler de musique et de jazz en particulier. Je vous renvoie à son roman Un soir au club. Une belle expérience !

Lily et Braine / Christian Gailly aux éditions de Minuit

jeudi 18 février 2010

Le Sommeil du caïman / Antonio Soler traduit de l'espagnol par Françoise Rosset

Sommeil du caiman

A quelques mois de la retraite, le réceptionniste d’un hôtel de Toronto voit sa vie chamboulée lorsqu’un vieux monsieur lui réserve une chambre. Ce client, il l’a connu il y a des années en Espagne lorsque le pays était encore soumis au franquisme et dont les événements l’ont conduit à l’exil. Suite à cette rencontre, tous les souvenirs enfouis au fin fond de la mémoire du narrateur vont refaire surface petit à petit. Le roman va alors osciller entre les moments présents et les moments passés sans toujours bien comprendre ce qui se passe. Au fil des souvenirs qui reviennent à la mémoire du narrateur, nous comprenons petit à petit ce qui s’est passé entre ces deux hommes et les efforts qu’il a dû faire des années durant pour tenter de tout oublier.

Le roman est remarquablement bien écrit et les flashs back bien utilisés, sauf que le lecteur peine à comprendre ce qui s’est réellement passé au départ… Il faut vraiment s’armer de patience et se concentrer sur l’écriture si on ne veut pas que le livre nous glisse des mains. Un roman peut-être pas passionnant mais intéressant dans sa construction et son écriture.

samedi 6 février 2010

Les Ames sœurs / Valérie Zénatti

Ames soeurs

Je connaissais déjà Valérie Zénatti en tant qu’excellent auteur de romans pour la jeunesse (Une bouteille dans la mer de Gaza et Quand j’étais soldate). Cette fois-ci, c’est l’auteur adulte que j’ai découvert. Et là encore, j’ai vraiment été séduite !

Tout commence de manière très simple ; une femme, mère de trois enfants et employée d’une entreprise où elle ne se sent pas bien, décide de s’offrir un peu de temps pour elle. Du temps rien que pour elle, du temps pour terminer le roman qu’elle vient d’acheter. L’histoire de ce dernier aussi semble simple : l’histoire d’amour entre une jeune photographe et un jeune homme. Mais au fil des pages, on en apprend plus sur la vie de ces deux femmes. On découvre les épreuves qu’elles ont traversées dans la vie et comment elles les ont dépassées. Ce roman est une belle réflexion sur la vie de femme, sur les lourdes responsabilités d’être mère de famille.

Ce roman m’a beaucoup touché et je pense que beaucoup de mères de famille s’y retrouveront. L’écriture de Valérie Zénatti est comme toujours efficace, belle et précise. J’ai particulièrement aimé les passages où elle parle de la photographie. Je vous en offre du coup un extrait en espérant que l’auteur me pardonnera la longueur de cette citation :

« Une vie se construit pas à pas, jour après jour, mais un portrait, c’est tout le contraire. Lorsque j’appuie sur le déclencheur de mon appareil, je raconte une histoire en commençant par la fin ; je saisis l’instant ultime, j’immobilise une microseconde du présent et ensuite seulement, en découvrant ce que je saisis, je peux deviner ce que racontent les traces fixées sur le papier et tenter de remonter le cours d’une vie. »

Les Ames sœurs / Valérie Zénatti aux éditions de L’Olivier

lundi 1 février 2010

Elle s’appelait Sarah / Tatiana de Rosnay, traduit par Agnès Michaux

Elle s'appelait Sarah

La lecture de Elle s’appelait Sarah nous plonge en plein cœur de la Seconde guerre mondiale et de toutes ses horreurs. Tatiana de Rosnay s’est particulièrement intéressée à la rafle du Vél d’Hiv qui a eu lieu le 16 juillet 1942. Des milliers de femmes et d’enfants ont été enfermés dans des conditions insalubres dans ce vélodrome avant d’être déportés à Drancy ou Beaune-la-Rolande puis Auschwitz.

Elle s’appelait Sarah commence par deux récits parallèles. Le premier est celui de Sarah, une petite fille d’une dizaine d’années qui a connu cette rafle du Vél d’Hiv mais qui est parvenue à s’échapper du camp de Beaune-la-Rolande et à survivre. Le second se passe au début des années 2000. Juila Jarmond, journaliste américaine vivant en France, est amenée à s’intéresser à cette rafle à l’occasion de la commémoration de ce triste événement. Ses recherches vont l’amener à découvrir que l’appartement qui appartient à la famille de son mari et dans lequel elle doit emménager dans quelques semaines appartenait à une famille juive. Julia Jarmond décide de mener son enquête, une enquête qui aura de lourdes conséquences sur sa vie.

La lecture de ce roman m’a permis de me rendre compte que je ne connaissais pas bien ce triste épisode de l’Histoire de France et à été une bonne piqûre de rappel. L’aspect historique de ce roman est vraiment intéressant, l’auteur maîtrise le sujet et nous fournit un récit très documenté. En revanche, je regrette que la partie purement fictionnelle (avec les difficultés que rencontre Julia dans sa propre vie) prenne autant de place jusqu’à éclipser par moment le sujet principal de ce roman.

Dans tous les cas, Elle s’appelait Sarah est un roman qui se lit facilement et qui nous amène à réfléchir sur le devoir de mémoire et sur les conséquences que ces événements ont pu avoir sur les générations suivantes.

Pour en savoir plus sur l'auteur, je vous renvoie au blog de Géraldine qui a eu la chance de l'interviewer !

mercredi 27 janvier 2010

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine

Tom petit homme

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à lire un roman, du coup, je vais le gratifier d’un tag « Coup de cœur ». Rien que ça !

A onze ans, Tom est un garçon très débrouillard. Il vit avec sa mère, Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que treize ans et qui l’élève comme elle peut en ayant du mal à faire la part des choses entre ses responsabilités de mère et ses envies de jeune fille. Très souvent livré à lui-même, Tom mène sa petite vie entre l’école et la maison de Madeleine. Madeleine est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans que Tom a sauvée alors qu’elle était tombée au fond de son jardin et chez qui il vient jardiner tous les jours. Petit à petit, tous les personnages que Tom rencontrent vont faire connaissance les uns avec les autres, apportant de la sérénité et du bonheur à chacun.

Tom petit Tom, tout petit homme Tom est un roman très agréable à lire, touchant car tous les personnages essaient de faire au mieux avec les moyens qu’ils ont. Certains lecteurs pourront reprocher à l’auteur un trop plein de bons sentiments ; peut-être mais ça a bien fonctionné avec moi. J’ai également aimé l’écriture de Barbara Constantine, simple et piquante. L’humour ne manque pas dans ce texte où Joss n’hésite pas à tourner en ridicule ce qui la blesse.

Bref, un roman que j’ai vraiment pris plaisir à lire !

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine aux éditions Calmann-lévy

samedi 16 janvier 2010

La maison Tudaure / Caroline Sers

maison Tudaure

La lecture de ce roman semblait prometteuse, je m’attendais à lire une histoire d’une mystérieuse maison abandonnée. Hélas ! j’ai été plutôt déçue. Certes, nous avons la maison abandonnée, mais elle ne joue pas de rôle crucial dans le roman. Pendant les soixante premières pages, nous découvrons le village et ses habitants tout en sachant qu’il se passe quelque chose d’anormal. Les gendarmes et journalistes enquêtent mais le lecteur reste dans le flou total quant aux faits, ce qui m’a fortement agacé ! Puis, l’énigme est dévoilée et a méfiance des habitants expliqués. Le suspens est si grand au début (il faut attendre la page 69 pour savoir pourquoi les gendarmes enquêtent dans le village !) qu’on ne peut qu’être déçu par la résolution de l’intrigue.

Il y a tout de même des choses intéressantes dans ce roman puisqu’il procède à une sorte de peinture de mœurs du village. On découvre petit à petit les habitants et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Mais je dois ajouter que c’est parfois fait avec maladresse, de manière un peu scolaire avec de longues digressions au moment où on voudrait comprendre ce qui se passe dans ce roman.

Pour finir, je dirai que c’était une lecture étrange. Beaucoup de choses m’ont agacée dans ce texte, mais en même temps, je voulais avancer dans ma lecture pour comprendre ! Quelque part, l’auteur a su susciter la curiosité du lecteur. Un peu trop peut-être car j’attendais beaucoup du dénouement. Il serait certainement bon de découvrir le premier roman de cet auteur, Tombent les avions, qui a obtenu le Prix du Premier roman en 2004...

En tout cas, un grand merci à Bob et son équipe et aux éditions du Livre de Poche.

La maison Tudaure / Caroline Sers aux éditions du Livre de poche

vendredi 18 décembre 2009

Le Pic du diable / Deon Meyer

Planisphère policiers

Après l’Amérique, l’Océanie et l’Asie, c’est à l’Afrique que je me suis attaquée avec Le Pic du diable. Comme Cocaïne et tralala, j’avais choisi Le Pic du diable tout à fait au hasard. Et une fois encore, le hasard a très bien fait les choses ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman de Deon Meyer.

Le Pic du diable

L’intrigue est assez complexe. Je devrais même parler des intrigues car pendant une partie du livre, on suit trois intrigues en parallèle, puis deux, jusqu’à ce que tout se recoupe.

La première intrigue porte sur un homme noir dont le fils est tué sous ses yeux. Il décide alors de devenir une sorte de justicier en tuant d’un coup de sagaie les parents qui maltraitent leurs enfants.

La seconde intrigue concerne une jeune femme, « travailleuse du sexe » comme elle se définit, elle est venue se confier à un Pasteur et lui raconter dans le détail toute sa vie.

Enfin, l’inspecteur Griessel est le personnage central du troisième récit. Alcoolique depuis plus de dix ans, sa femme vient de le mettre à la porte avec comme ultimatum de rester sobre pendant six mois s’il veut retrouver sa place au sein de la famille. Griessel va donc lutter contre son alcoolisme tout en tentant d’élucider l’affaire du « tueur à l’assegai »… Le rapport avec la jeune femme ? Il arrive très tard dans le roman pour le plus grand plaisir du lecteur !

L’attention du lecteur est captivée dès les premières pages car il est impossible de prévoir le lien entre les trois histoires. Et puis, le personnage de Griessel est touchant. Il est face à un dilemme : tout abandonner et replonger dans l’alcool ou alors se battre et découvrir qu’il est passé à côté de beaucoup de choses, notamment de ses enfants…

Deon Meyer nous offre donc à la fois un polar et un roman psychologique, car les personnages ne sont ni tout noir, ni tout blanc (sans mauvais de jeux mots ;-) Ils se battent pour les personnes qu’ils aiment, notamment leurs enfants, et contre leurs travers (alcool, prostitution…)

Bref, un excellent roman qui me donne vraiment envie de me plonger dans une nouvelle enquête de Deon Meyer !

samedi 28 novembre 2009

Cutter / Yves Ravey

cutter

Voilà, c’est plus fort que moi, je ne peux pas résister aux romans des éditions de Minuit. La semaine dernière, Cutter trônait avec fierté sur le présentoir des nouveautés de la Médiathèque depuis au moins trois minutes. Alors, ni vu ni connu, je l’attrape discrètement et le cache derrière ma tasse de thé que j’étais descendu chercher avant de reprendre mon poste en section jeunesse. Et le soir venu, j’ai enfin pu découvrir ce roman dont je n’avais pas du tout entendu parler. Mes premières minutes de lectures furent étranges. J’avais l’impression que ce qui se passait dans le livre était brouillon, je ne comprenais pas tout. Et pour cause !

Cutter, c’est l’histoire d’un jeune garçon, Lucky, qui est pensionnaire dans un Institut parce que sa mère n’est pas capable d’élever ses enfants. En même temps qu’il suit des cours à l’Institut, il travaille comme jardinier avec son oncle chez les Kaltenmuller. Mais un matin, Lucky retrouve monsieur Kaltenmuller mort dans sa voiture, asphyxié par les gaz d’échappements. L’inspecteur Saul, ancien pilote de rallye, arrive alors pour élucider cette mystérieuse mort. S’agit-il d’un suicide ou d’un meurtre déguisé ?

La lecture de ce court roman policier m’a laissé une drôle d’impression. L’intrigue en elle-même n’est pas particulièrement passionnante, elle n’est pas l’élément capital de ce texte. Ce qui importe, c’est l’atmosphère qui règne, le malaise ressenti par Lucky qui se fait manipuler par son oncle et par l’inspecteur. On ressent comme une sorte d’angoisse pour ce pauvre garçon, qui décidément n’a pas de chance dans la vie (ironie du sort lorsque l’on s’appelle Lucky !) C’est justement cette angoisse qui nous oblige à tourner les pages du livre… pour savoir comment ça va finir ! Pour savoir si Lucky va cette fois pouvoir échapper à l’environnement néfaste dans lequel il évolue depuis sa naissance.

Ce roman a été une étrange expérience qu’il faudra que je renouvelle avec un autre titre !

Cutter / Yves Ravey aux éditions de Minuit

lundi 16 novembre 2009

Fuir / Jean-Philippe Toussaint

Fuir

J’ai découvert Jean-Philippe Toussaint avec son roman La Salle de bain. Cette lecture achevée, je m’étais dit : plus jamais ! Pour moi, ce roman n’avait ni queue ni tête, aucun intérêt. Mais comme il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, je me suis fier à un commentaire enthousiaste de ma chère Stéphanie. C’est donc avec Fuir, paru en 2005 que j’ai tenté cette seconde expérience. Et là… pffff… je suis perplexe… Si le ton est très différent de La Salle de bain, ce roman n’a pas réussi à susciter mon intérêt.

Pendant les trois quarts du roman, le personnage principal se trouve parachuté en Chine, soit disant pour remplir une mission à la demande de son amie, Marie. A son arrivée, il est pris en charge par un type, Zhang Xiangzhi, qui le promène à droite et à gauche sans que le narrateur ait bien compris qui il était et ce qu’il faisait.

Apprenant la mort du père de Marie, il décide de rentrer pour assister aux obsèques. Mais avant cela, il passe une dernière journée à Shangaï qui se termine par une fuit incompréhensible à travers toute la ville, montés à trois sur une moto.

Puis, le dernier quart se passe sur l’île d’Elbe où est enterré le père de Marie. Ils se retrouvent tous les deux là-bas ) jouer au chat et à la souris. Il est question du chagrin de Marie, un peu de leur relation mais absolument pas de son voyage en Chine. Où est le lien ?

Ce roman est certes très bien écrit, mais je suis perplexe quant à son sens… Dommage.

Fuir / Jean-Philippe Toussaint aux éditions de Minuit

mardi 3 novembre 2009

Fille noire, fille blanche / Joyce Carol Oates

Fille noire, fille blanche

Je pense avoir battu mon record pour le temps passé à la rédaction d’un billet… Par où commencer pour vous parler du dernier roman de Joyce Carole Oates ? J’avoue être passé à côté de certaines choses à la lecture de ce texte, ce qui rend les choses un peu plus complexe encore. Et puis, ce roman est étrange dans sa forme. Il s’agit du récit fait par Genna Meade, quinze ans après les faits. Elle a décidé de coucher par écrit tout ce qui s’est passé lors de sa première année universitaire mais sans nous donner véritablement de fil conducteur. A nous de reconstituer le puzzle.

Genna Meade est une jeune fille de la bourgeoisie dont le père est un brillant avocat militant pour les droites de l’homme et dont la mère a suffisamment abusé des substances illicites pour ne plus être une véritable mère responsable.

Lors de cette année universitaire (dans les années 1970), Genna va partager sa chambre avec la fille d’un pasteur afro-américain, Minette Swift. Mais les rapports entre elles ne sont pas évidents. Genna veut à tout prix se faire aimer de sa camarade de chambre alors que cette dernière est d’un naturel très hautain et refuse de se lier d’amitié avec qui que ce soit.

A travers ce récit, on va assister à une véritable descente aux Enfers de Minette. Victime de mystérieux actes racistes, elle va petit à petit se laisser aller et s’isoler jusqu’à sa mort accidentelle.

A la lecture de ce récit, on a du mal à imaginer comment Genna a pu faire preuve d’autant de patience et de dévouement envers Minette, cette étudiante hautaine et désagréable. Mais si elle persévère dans cette quête, c’est parce qu’elle se sent investie d’un devoir de protéger cette étudiante noire du climat raciste qui règne à cette époque.

Ce qui m’a déstabilisé dans ce récit, c’est l’épilogue car il aborde un tout autre sujet : celui de la condamnation du père de Genna à trente ans de prison pour avoir joué un rôle dans la mort d’un veilleur de nuit. Le lien que l’on peut trouver, c’est la culpabilité de Genna. Dans le cas de Minette, Genna se sent responsable de sa mort, car elle aurait sûrement pu lui éviter ce terrible accident. En ce qui concerne son père, Genna est tout simplement à l’origine de sa dénonciation.

Vous l’aurez compris, Fille noire, fille blanche est un roman très riche et assez complexe, ne serait-ce que dans sa forme. C’était la première fois que je me plongeais dans un ouvrage de Joyce Carole Oates. J’ai beaucoup aimé son écriture, son style, même si j’ai été à plusieurs reprises décontenancée par cet aspect quelques fois décousu. Ce roman pourrait entrer dans la catégorie des livres qu’il faudrait que je relise pour en capter tout le sens (mais que je ne prendrai jamais le temps de rouvrir…)

Je vous renvoie au billet d’Amanda Meyer qui a su retranscrire de manière très claire toute l’étendue de ce texte.

Fille noire, fille blanche / Joyce Carol Oates, traduit par Claude Seban

Et un grand merci à Bob et son équipe et aux éditions Philippe Rey pour m’avoir fait découvrir cet auteur !

dimanche 1 novembre 2009

J’irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

Blogoclub

Ce mois-ci, le blogoclub s’intéresse à Boris Vian, auteur dont on a beaucoup entendu parler cette année puisqu’on a commémoré le cinquantième anniversaire de sa disparition.

J’avais déjà lu, il y a quelques années le célèbre roman L’écume des jours ; j’ai choisi un autre titre dont j’avais très souvent entendu parler mais sanas savoir exactement de quoi il en retournait : J’irai cracher sur vos tombes. Eh bien, je n’ai pas été déçue du voyage…

Tout d’abord, j’ai découvert à ma grande honte, que je ne connaissais pas grand chose de ce grand écrivain. Ma première découverte a porté sur ce fameux Vernon Sullivan dont Boris Vian se prétendait être le traducteur. Une petite recherche dans mon encyclopédie littéraire (ouf ! j’ai boycotté wikipedia pour une fois) m’a tout de suite révélé que Boris Vian a publié certains de ses romans sous des pseudonymes, dont le fameux Vernon Sullivan. Et pour cause ! J’irai craché sur vos tombes est loin d’être un texte anodin (rien que le titre…)

J'irai cracher sur vos tombes

Les premiers chapitres de ce roman, s’apparente presque à de la simple pornographie (bon, si ce texte a vraiment choqué à sa parution en 1946, il est plutôt soft comparé à du Houllebecq !). Un jeune homme reprend une librairie dans une ville des Etats-Unis et partage son temps libre entre l’alcool et le sexe. Mais plus on avance dans le livre et plus les relations de cet homme avec les femmes deviennent malsaines ; il ira jusqu’à torturer et tuer deux d’entre elles. Mais son comportement n’est pas tout à fait gratuit puisqu’il s’agit d’une vengeance, d'une vengeance à caractère racial. Par petites bribes, on apprend l’histoire de cet homme blanc, né de parents noirs et dont le frère a été tué par lynchage, simplement parce qu’il avait osé tomber amoureux d’une femme blanche.

J’irai cracher sur vos tombes est un roman très violent, tant par les scènes décrites que par les sujets abordés. Il faut bien entendu replacer ce texte dans le contexte américain des années 1940 pour l’appréhender correctement. Cette lecture m’a mise mal à l’aise (notamment une scène de pédophilie qui m’a donné l’impression d’être coupable de lire de telles choses) mais j’avoue ne pas avoir pu le lâcher avant de comprendre de quoi il en retournait. Et on y retrouve l’écriture fluide et propre à Boris Vian, en lisant ce texte ; on entend la voix de l’auteur.

jeudi 29 octobre 2009

Mort d’une héroïne rouge / Qiu Xiaolong

Planisphère policiers

Mort d’une héroïne rouge est le troisième titre que j’ai lu dans le cadre du Défi Littérature policière sur les cinq continent.

La lecture de ce roman n’a pas été une lecture trépidante comme pour beaucoup de romans policiers. Il ne s’agit pas ici d’un thriller plein de suspens mais plutôt d’une intrigue policière qui sert de prétexte pour décrire la Chine communiste.

Si je ne m’attendais pas à ce style de roman et que j’y ai parfois trouvé quelques longueurs, j’ai néanmoins beaucoup apprécié de me plonger ans cette civilisation que je connaissais à peine (et il me reste encore beaucoup de choses à découvrir !)

mort d'une héroîne rouge L’intrigue : le corps d’une femme est repêché dans un canal près de la ville de Shangaï. C’est l’inspecteur principal Chen qui va avoir pour mission d’élucider cette affaire. Et quelle affaire ! Le corps de cette femme n’est autre que celui d’une travailleuse modèle de la nation et ce crime semble impliquer de hautes personnalités. Dans la Chine communiste, une affaire politique de cette ampleur est délicate et peut être étouffée si elle dévoile des faits nuisibles pour le Parti. L’inspecteur Chen devra se battre pour que justice soit rendue.

Je suis vraiment contente de cette lecture. Ce roman figurait depuis quelques années dans ma PAL malgré toutes les bonnes critiques que j’avais pu entendre. Et ça été pour moi un premier pas vers la littérature asiatique qui ne m’attirait pas plus que cela.

Mort d’une héroïne rouge / Qiu Xiaolong, traduit de l’anglais par Franchita Gonzalez Batlle

samedi 17 octobre 2009

Les mains rouges / Jens Christian Grondahl

Mains rouges

Ca y est ! Mon premier roman de la rentrée littéraire ! Il était temps ! J’avais repéré ce titre depuis un moment. L’histoire avait piqué ma curiosité et la couverture me plaisait.

Les mains rouges commence de manière à captiver aussitôt l’attention du lecteur : le narrateur tient un guichet de réservations d’hôtel à la gare de Copenhague lorsqu’une jeune fille lui demande de garder sa clef de consigne qu’elle viendra récupérer le lendemain. Mais les jours passent sans qu’elle réapparaisse… Le narrateur ne recroisera cette femme que quinze ans plus tard, elle lui racontera alors toute son histoire et surtout l’origine des liasses de billets de banque placées dans la consigne de la gare.

Ce roman est l’histoire d’une culpabilité dévorante : comment un acte commis avec inconscience dans sa jeunesse peut ronger un être humain. Des années plus tard, cette femme est rattrapée par son passé et comprend enfin à quel abominable acte elle participé. Mais doit-elle se sentir coupable puisqu’elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait à l’époque ?

J’ai beaucoup de mal à établir un jugement sur ce roman. Il y a un grand décalage entre le début très rythmé et plein de mystère et le déroulement du procès. Les personnages ont fini par m’agacer. Elle par son côté versatile, lui par sa passivité.

Dans l’ensemble, les critiques sont élogieuses. Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose.

Les mains rouges / Jens Christian Grondahl, traduit par Alain Gnaedig aux éditions Gallimard

lundi 28 septembre 2009

Les Cavaliers / Joseph Kessel

Blog o trésor

Les Cavaliers

Troisième roman du Blog-o-trésor et deuxième déception… Si j’avais hâte que Verlaine meure dans O Verlaine de Jean Teulé, ce n’est rien comparé aux Cavaliers. D’ailleurs, je dois avouer que je n’ai même pas eu le courage d’attendre la mort de l’insupportable héros du roman. Eh oui ! J’ai fini par déclarer forfait au bout de trois semaines de lecture laborieuse (363 pages sur… 587 quand même !!!)

Exceptionnellement, je vous livre une copie de la quatrième de couverture car je suis incapable de résumer objectivement ce roman :

« Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu'il nous ait contées: Les personnages atteignent une dimension épique: Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le grand Toursène fidèle à sa légende de Tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms: « Aïeul de tout le monde »... Enfin, Jehol "le Cheval Fou", dont la présence tutélaire et « humaine » plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime et nourrit le roman. »

Je crois que ce qui m’a vraiment insupporté c’est la fierté déplacé du personnage principal. Ouroz s’est cassé la jambe et préfère la laisser pourrir que de se soigner, que d’accepter l’aide des personnes qui l’entourent. Il est odieux, maltraite son cheval et son serviteur. Bref, il fait preuve de tous les sentiments que je déteste. C’est pourquoi, au bout de 360 pages, j’ai saturé.

Je reconnais toutefois qu’il y a de très beaux passages dans ce roman. Joseph Kessel nous fait voyager à travers l’Afghanistan et nous fait découvrir toutes sortes de peuples et de coutumes. Même ses descriptions de combats de béliers sont belles, elles expriment tout le caractère sauvage de ces animaux, leur courage.

C’est donc un étrange roman : avec de nombreuses qualités littéraires mais un héros exécrable !

Heureusement, le dernier titre qu’il me reste à découvrir pour le Blog-o-trésor devrait être plus prometteur : Les Cerfs volants de Kaboul. A suivre…

mardi 22 septembre 2009

Mangez-le si vous voulez / Jean Teulé

Mangez-le si vous voulez

On a beaucoup entendu parler de ce dernier roman de Jean Teulé lors de sa parution il y a quelques mois. Comme à son habitude, l’auteur se fait le romancier de faits historiques méconnus. Cette fois-ci, il nous relate l’abominable journée de torture qu’a vécu un honnête français. Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend au village où il est très apprécié des habitants. Mais sur un malentendu, et surtout sur un véritable coup de folie générale, les villageois le confondent avec un prussien et rivalisent de cruauté pour le faire souffrir. Leur démence ira jusqu’à le brûler vif et le manger.

Si je n’avais pas vu l’émission La Grande librairie où il était invité et où il racontait que tout ce qu’il a écrit dans le roman est vrai, je n’aurais peut-être pas terminé le roman. J’aurais certainement trouvé que ce livre se complaisait dans de la violence gratuite. Maintenant, n’est-ce pas une sorte de curiosité malsaine qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout ? Ou alors de l’incrédulité. Comment a-t-on pu faire de telles horreurs ?

Ce court roman est très bien écrit, très vif : Jean Teulé excelle encore une fois dans l’art de raconter l’horreur d’une manière joyeuse. Mais si dans Le magasin des suicides, ça m’a beaucoup amusé, je dois avouer avoir été un peu mal à l’aise en lisant certaines pages… On s’amuse des tortures vécues par un homme qui a existé. Et pour qu’on n’oublie pas ce détail, Jean Teulé place une reproduction d’archives, citant les peines prononcées à l’encontre des tortionnaires…

mercredi 9 septembre 2009

Entre les bruits / Belinda Cannone

Entre les bruits

J’ai lu ce livre cet été mais la rédaction de ce billet s’est avéré plutôt laborieuse. J’ai acheté ce roman pour la simple raison que Belinda Cannone a été l’un de mes professeur de Lettres à la l’université il y a quelques années. Ma curiosité a été piquée au vif, si bien que je suis ressortie de la librairie le livre sous le bras ! Juger le travail de l’un de ses professeurs est une opération bien délicate… Allons-y !

Entre les bruits traite d’un sujet original : l’hyperaccoustie. Jodel a en effet pour particularité de percevoir bien plus de sons que le commun des mortels. C’est vrai que ce don lui est utile dans son métier : il travaille dans la police en écoutant des bandes sons liées à des affaires criminelles pour tenter de trouver LE détail qui parviendra à faire avancer l’enquête. Ce don lui permet également d’apprécier les moindres détails d’une œuvre musicale ou les micros bruits de la nature. Mais cette ultra sensibilité peut très vite se transformer en cauchemar lorsque Jodel se promène en ville ou lorsqu’il cherche le sommeil : la notion de silence n’existe pas pour lui.

Jodel va faire une rencontre inattendue : celle de Jeanne, une fillette de dix ans, hyperacoustique, elle aussi. Il va alors lui apprendre à écouter, l’aider à utiliser ce don. Ces leçons nous sont également utiles : le monde moderne dans lequel nous vivons est un monde bruyant, nous sommes entourés de bruits auxquels nous ne prêtons même plus attention (entendez-vous encore votre frigo ronronner ?)

J’ai beaucoup aimé ces aspects du roman ; on vit avec Jodel et on écoute avec lui tous les sons qu’il perçoit. L’écriture de Belinda Cannone est à la fois poétique et efficace, exprimant ainsi la sensibilité du monde dans lequel évolue Jodel.

Ce qui m’a un peu ennuyé dans ce livre, c’est toute l’histoire parallèle qui mêle Jodel à un groupe de marginaux, d’exilés, de criminels de guerre. Même si ces passages servent au récit pour montrer les transformations de la vie de Jodel, beaucoup de passages m’ont empêché de me plonger de manière constante dans l’univers de ce personnage atypique.

Et pour terminer, une petite citation qui m’a beaucoup plu :

Dans son bureau, il faut avaler rien moins qu’une très grand théière pour se laver de la fatigue, et il met un temps infini à allumer son ordinateur.

Ah ! la magie du thé !

mardi 1 septembre 2009

La tournée d’automne / Jacques Poulin

Blogoclub

Cette fois-ci je m’y suis mieux prise et je suis dans les temps pour publier mon billet pour le blog-o-club. Ce mois-ci, les auteurs canadiens étaient à l’honneur, et en particulier Jacques Poulin.

Je ne connaissais pas cet auteur et n’avait pas voté pour lui (il n’était pas à la bibliothèque où je travaille ;-) : j’avais donc tout à découvrir. La première bonne surprise, c’est que La Tournée d’automne est publié dans la collection Babel aux éditions Actes Sud, collection que j’aime beaucoup. Et le seconde bonne surprise, c’est le thème. Nous suivons la tournée d’automne d’un bibliobus canadien !!! Quoi de plus fantastique pour la bibliothécaire que je suis ?!

Tournée d'automne

Le Chauffeur (c’est ainsi qu’il se fait appeler) s’apprête à effectuer son ultime tournée lorsqu’il fait la connaissance de Marie. Cette française est venue passer l’été au Canada avec tout un groupe d’amis artistes. Tandis qu’elle s’occupe de l’organisation et de l’intendance, eux donnent des spectacles mêlant jonglerie, chant, funambulisme…

Le courant passe si bien entre eux que Marie persuade ses amis de suivre Le Chauffeur dans sa tournée. Le Chauffeur et Marie peuvent ainsi continuer à faire connaissance et partager de longues discussions. La Tournée d’Automne est un roman tout en douceur sur le sens de la vie, le temps qui passe, la solitude, les relations humaines. Si le bibliobus n’est qu’un élément du contexte, j’aimerai drôlement le visiter ! Et j’adorerais entendre plus souvent les bibliothécaires tenir le même discours de notre héros, c’est-à-dire que les livres sont faits pour être lus, empruntés, prêtés par un maximum de lecteurs !

J'ai également beaucoup apprécié l'écriture de Jacques Poulain, simple et emprunte de poésie. Cela dit, il y a de fortes chances pour que j’oublie très rapidement ce roman, mais j’aurai passé un excellent moment de lecture.

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