Midola's blog

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vendredi 12 février 2010

La Saga Mendelson tome 1 : Les exilés / Fabrice Colin

Saga Mendelson 1

Si Fabrice Colin m’avait quelque peu avec son roman ''La fin du monde'' , il s’est très largement rattrapé avec La Saga Mendelson. Cette trilogie est à mi-chemin entre le roman et le documentaire puisqu’elle a pour objectif de retracer la vie de la famille Mendelson à travers cinq générations. Les livres sont donc constitués d’extraits de journaux intimes, d’interviews, de photos. Fabrice Colin n’intervient que pour tout ordonner et créer les liens entre les différents éléments. Et le résultat est vraiment passionnant.

Dans ce premier tome, nous suivons le parcours de la famille Mendelson, cette famille juive originaire de Russie, contrainte de fuir en Autriche puis aux Etats-Unis pour échapper aux menaces antisémites et à la guerre. Personnellement, j’ai appris beaucoup de choses grâce à cette lecture. Je me suis rende compte que je ne connaissais pas les événements antisémites qui ont eu lieu en Russie au début du XIXe siècle (notamment le pogrom de 1905), j’ai révisé les raisons exactes du déclenchement de la Première guerre mondiale, j’ai découvert la passion d’Adolf Hitler pour les arts et l’architecture et ses conditions de vie très précaires à la mort de sa mère. Et lorsque les Mendelson arrivent aux Etats Unis, c’est le monde du cinéma américain que l’on découvre.

Ce roman se lit très facilement, l’auteur parvient à garder son fil conducteur sans se perdre dans des digressions historiques. Il parvient à se restreindre aux éléments nécessaires pour comprendre l’histoire de cette famille dont les membres deviennent très vite attachants.

J’avais lu beaucoup de billets positifs sur la blogosphère et je ne suis vraiment pas déçue par cette lecture que je recommande chaudement à mon tour ! Vivement que je mette la main sur le second tome ! (le troisième devrait paraître d’ici peu).

Et j'allais oublier de souligner la très belle couverture de François Roca !

jeudi 21 janvier 2010

Les Monts de l’Eléphant / Jean-François Chabas

Les Monts de l'éléphant

De manière générale, je n’accroche pas plus que ça aux romans de Jean-François Chabas, qui pourtant jouit d’une véritable notoriété dans le domaine de la littérature jeunesse. Mais cette fois-ci, j’ai eu un coup de cœur pour ce petit roman Le Mont de l’Eléphant.

En 150 pages, Henri de Lespagne nous fait le récit de sa vie. Né dans une famille noble extrêmement fortunée et élevée par une mère totalement rongée par le souci de l’apparence et l’égoïsme, Henri va assister à la destruction de sa famille. Petit à petit, il décidera alors de se détacher de ses origines et de sa mère pour mener une vie très médiocre qui s’éclairera enfin avec la rencontre de Promesse

Jean-François Chabas manie avec brio l’humour cinglant. Il n’épargne rien au portrait de la mère sans cœur qui n’a d’autre centre d’intérêt que sa fortune :

- Police ! Ouvrez ! Ouvrez ou on enfonce la porte !

- Ah, non ! Elle est d'époque !

Eh oui ; ainsi en allait-il du cerveau d'Anne de Lespagne née Castries. Elle n'a pas réfléchi plus loin que la sauvegarde de l'huisserie.

On rit beaucoup dans ce roman au ton mordant. Mais l’histoire de Henri, de ses frères et sœurs et de son père n’ont pourtant pas grand chose de drôle. Quatre êtres en souffrances qui subiront à des degrés divers la cruauté et l’indifférence de cette femme.

lundi 28 décembre 2009

Le temps des miracles / Anne-Laure Bondoux

Temps des miracles

Voilà un roman dont on a déjà beaucoup entendu parler sur les blogs et dans les revues spécialisée. Et pour cause !

Impossible de faire un résumé clair de ce roman sans en dévoiler tout le suspens. De quoi ça parle ? D’un enfant mi-français, mi-russe trouvé dans un train accidenté au fin fond du Caucase. Il est alors recueilli par Gloria, une femme pleine de courage et d’amour. Du courage il en faut en Russie au début des années 80, lorsque la guerre les menace. C’est pourquoi, lorsque la vie devient trop difficile, elle décide d’emmener Koumaïl, maintenant âgé de 12 ans, en France avec l’espoir de retrouver sa mère.

Le voyage va être difficile, Koumaïl va apprendre beaucoup de choses de ce voyage, de ses rencontres et plus encore de ses premières années en France, qui ne se passent évidemment pas comme il le pensait.

Ce roman est une véritable merveille. Il est difficile mais plein d’espoir et d’amour.

samedi 12 décembre 2009

Le Prince des nuages / Christophe Galfard

Prince des nuages

J’avais découvert ce titre sur le blog d’Emmyne, il y a déjà quelques mois de ça. J’ai sauté sur l’occasion lorsqu’il est enfin arrivé à la Médiathèque ! Le billet d’Emmyne était élogieux,, et à juste titre !

Le Prince des nuages est un roman à la fois intelligent et passionnant ! Sous des airs de roman fantastique, ce livre met en scène les problèmes écologiques que nous connaissons aujourd’hui, plus particulièrement celui du réchauffement climatique.

L’histoire se passe dans les airs et sur les nuages qui sont devenus des lieux d’habitation depuis que la Terre a été dévastée par les Hommes. Tom et Tristam vivent sur le Blueberry, un nuage spécialement conçu pour protéger Myrtille, la fille du Roi des Nuages du Nord, des attaques du Tyran. Ce dernier cherche à prendre le contrôle de tous les nuages en utilisant le réchauffement climatique comme arme de guerre. Mais les sbires du Tyran parviennent à capturer Myrtille et tous les habitants du Blueberry. Seuls Tom et Trsitam parviennent à prendre la fuite à bord d’une moto des airs…

Si la trame du récit est assez classique, elle fonctionne tout de même à la perfection. On suit avec intérêt les aventures des jeunes héros qui circulent d’un nuage à l’autre, découvrant les mystères du ciel. Tout au long du livre ont été insérées des pages documentaires, fournissant des informations scientifiques en lien avec le récit.

Une second tome est prévu pour poursuivre les aventures de Tristam et Myrtille sur Terre. Vivement sa parution !

Pour plus de renseignement sur ce roman, je vous renvoie au billet d’Emmyne et surtout à l’interview de l’auteur qu’elle a mise en ligne.

Le Prince des nuages / Christophe Galfard ; ill. par Vincent Dutrait aux éditions Pocket Jeunesse

samedi 5 décembre 2009

Au Rebond / Jean-Philippe Blondel

Au rebond

Que feriez-vous si votre meilleur ami ne donnait plus signe de vie et ne se rendait plus au lycée ? C’est ce qui arrive à Alexandre. Un beau jour, plus aucune nouvelle de Christian. Après avoir envisagé un départ impromptu aux Bahamas avec son père (comme ça lui arrive de temps en temps), Alexandre commence à s’inquiéter sérieusement. Sur les conseils de sa mère, il va mener une enquête pour tenter de retrouver son meilleur ami.

Au Rebond est un roman social où sont mis en valeur les notions d’amitié et d’entraide. Ce roman met en scène deux adolescents et leurs mères qui tentent de refaire surface après le départ de leur mari. Les notions de volonté et d’estime de soi sont mises en avant de manière intelligente. Même si l’histoire est un peu loufoque, elle fonctionne bien et donne une belle leçon de vie.

Au Rebond / Jean-Philippe Blondel aux éiitions Actes Sud

jeudi 19 novembre 2009

Les Orphelins de Naja / Nathalie Legendre

orphelins de Naja

En 2204, la Terre met en place un projet « Terre saine de corps et d’esprit ». Le principe étant d’envoyer sur la planète Naja tous les orphelins et enfants des rues pour qu’ils puissent bénéficier d’un toit et d’une éducation au sein des orphelinats spécifiquement créés pour eux. Ces orphelinats sont gérés par l’Eglise et l’armée.

Mais bien vite, on découvre qu’il existe un réseau de pédophilie orchestré par des hommes d’Eglise. La jeune Kihsana, recrutée par l’armée à 14 ans (si mes souvenirs sont bons), est un agent secret chargé de démanteler ce réseau.

Ce roman aborde un certain nombre de thèmes durs : la pédophilie, le viol, l’enlèvement, l’enrôlement d’enfants dans l’armée… Ces dernières semaines, Les Orphelins de Naja a fait l’objet de nombreuses polémiques au sujet de sa place dans la sélection du Prix Ados d’Ille et Vilaine, prix qui s’adresse aux 13-16 ans. Pour résumer, on le considère comme trop dur, risquant de choquer certains adolescents. J’avoue que j’ai du mal à prendre position dans le débat. Je regrette sincèrement la censure dont ce roman a été frappé pendant une journée en début de semaine dernière. Néanmoins, conseiller ce titre à des adolescents de 13 ans me gêne. J’espère que les établissements scolaires et les bibliothèques qui participeront au prix prendront le temps d’accompagner ce titre.

J’ai également un autre regret à exprimer vis à vis de ce roman, c’est le manque de descriptions de la planète Naja. On sait qu’il y a des orphelinats mais quoi d’autres ? A quoi ressemble-t-elle ? On n’a pas d’éléments pour différencier la Terre de cette planète. Je crois que ce titre aurait gagné en subtilité et en force si l’univers avait été plus construit. Ce roman m’a donc donné l’impression que l’auteur a négligé l’aspect littéraire pour faire passer son message alors que les deux n’étaient évidemment pas incompatibles. Un roman plus long ne m'aurait donc pas gêné.

Les Orphelins de Naja / Nathalie Legendre aux éditions Mango, titre hors série de la coll. « Autres mondes »

mardi 10 novembre 2009

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne

je suis ta nuit

Le jour où l’une des camarades de classe de Tristan met fin à ses jours, son père décide de coucher sur le papier les terribles épreuves qu’il a vécu étant enfant, dans l’espoir de l’aider à accepter le décès de son amie.

Commence alors l’angoissant récit du père de Tristan qui vers l’âge de douze ans a du être confronté à un monstre effrayant : le Bonhomme nuit. Ce monstre, nourri des peurs de Pierre et de ses camarades, s’attaquera à eux de manière violente, tuant certains d’entre eux dans de terribles conditions. Armé de tout son courage, Pierre va tout tenter pour tuer ce dangereux monstre.

Ce roman est palpitant ; les épreuves s’enchaînent, on se demande si Pierre et les quelques survivants s’en sortiront et s’ils parviendront à bout de ce Bonhomme Nuit. Mais derrière cette aventure se cache une bien triste réalité. Le Bonhomme Nuit est en quelque sorte la personnification d’une terrible souffrance que porte l’un de ces enfants.

Je suis ta nuit est paru aux éditions Intervista dans une nouvelle collection « 15-20 ».Or ce titre fait partie de la sélection du Prix Ados d’Ille et Vilaine qui, lui, s’adresse aux jeunes de 13 à 16 ans. Et je dois avouer que je ne suis pas certaine que ce titre s’adresse aux plus jeunes de ces participants. Certaines scènes sont extrêmement violentes et certains sujets sont assez délicats. Par contre, à lire sans hésitations par les plus grands et même les adultes qui retrouveront toute leur jeunesse à l’évocation des années 1980, du Club des cinq et des héros de Star Wars …

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne aux éditions Intervista, coll. 15-20

samedi 24 octobre 2009

Lune indienne / Antje Babendererde

lune indienne

Il y a quelques temps, Lael avait publié un billet élogieux sur Lune indienne. Ce roman avait donc rejoint la petite pile de droite sur mon bureau et sommeillait tranquillement, jusqu’à ce que la semaine dernière je plonge mon nez dedans. Et bien, j’ai eu du mal à le ressortir avant de l’avoir terminé ! Lune indienne fait partie de ces romans intelligents, où le lecteur, qu’il soit ado ou adulte, se laisse complètement emporter par l’histoire.

Olli menait une vie paisible en Allemagne jusqu’au jour où sa mère lui apprend qu’il vont bientôt déménager dans une Réserve indienne, dans l’Ouest américain. Là-bas, ils retrouveront Rodney Bad Hand, l’homme qu’elle aime et qu’elle doit épouser prochainement. Olli n’a d’autres solutions que de suivre sa mère en laissant dernière lui Nina, sa petite amie.

Lune indienne est donc le récite d’un adolescent de quinze ans qui se retrouve contraint de vivre à des milliers de kilomètres de chez lui au milieu d’un peuple dont il ne connaît rien. Olli va avoir beaucoup de mal à supporter cette nouvelle vie très loin de celle qu’il avait en Europe. Mais malgré toute sa tristesse, Olli va réussir à se montrer objectif. Certes, il voudrait être ailleurs et retournera en Allemagne dès qu’il aura atteint la majorité, mais il reconnaît tout de même que la Réserve Lakota recèle des merveilles tant dans ses paysages que dans la force de ce peuple qui se bat pour préserver son identité.

Ce roman aborde de nombreux thèmes comme la différence, le racisme, la pauvreté, l’identité, le handicap, la solidarité… On y apprend beaucoup de choses sans que le ton ne soit aucun moment didactique. Olli fait même preuve de beaucoup d’humour.

Bref, Lune indienne est un roman intelligent où tout sonne juste. Rien n’est ni tout blanc, ni tout noir, mais les personnages essaient de s’adapter du mieux qu’ils peuvent. Et du coup, lorsque le roman s’est achevé, je suis resté encore un bon moment avec l’esprit très loin, dans cette Réserve indienne !

Lune indienne / Antje Babendererde aux éditions Bayard jeunesse

mardi 20 octobre 2009

Le dernier dragon / Sherryl Jordan

dernier dragon

Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas totalement plongé dans l’univers d’un roman ! En lisant Le dernier dragon, je me suis totalement laissée emporter par les aventures de Jude et Lizzy ! Devenus orphelins ces deux adolescents se sont rencontrés lorsqu’ils vivaient avec une troupe de forains. Jude s’occupait des animaux et de cette pauvre Lizzy, jeune chinois que l’on montrait en spectacle à cause de ses pieds déformés. Ne supportant plus cette vie, les deux amis s’enfuient et trouvent refuge chez une vieille femme qui les convaincra de partir tuer le dragon qui ravage les villages alentours.

Jude nous transmet le récit de ses aventures par l’intermédiaire d’un moine qui a fait vœux de silence dans un monastère où ils ont trouvé refuge. Ce décalage et les réactions du moine copiste ajoute une petite touche d’humour entre les différentes étapes du récit du jeune garçon.

Un roman initiatique très agréable à lire. Jude est un jeune garçon attachant. Tandis qu’il narre ses aventures, il prend du recul par rapport à ses réactions et ses appréhensions, n’hésitant pas à avouer ses paroles injustes vis à vis de la vieille femme qui les recueille. Un court roman plein d’aventure et d’humour.

Le dernier dragon / Sherryl Jordan, éditions Casterman, traduit de l’anglais par Antoine Pinchot

dimanche 4 octobre 2009

La fin du monde / Fabrice Colin

Fin du monde colin

La collection « Autres Mondes » a pour principe de proposer des romans de SF ou d’anticipation. Dans ce roman de Fabrice Colin, le lecteur est confronté à un récit pré-apocalyptique : une guerre nucléaire est déclarée, des bombes explosent aux quatre coins du monde, détruisant de grandes villes (Pékin, New-York, Paris, Le Caire…)

Le lecteur vit cette fin du monde à travers les destins de quatre adolescents vivants sur quatre continents différents. Leur seul espoir pour survivre est de parvenir jusqu’à une base secrète au Groenland.

Ce roman est dur. Les adolescents sont confrontés à la mort, la terreur. Ils vivent des instants extrêmement difficiles sans l’aide d’aucun adulte et sans être certains de pouvoir survivre. Certains passages m’ont presque fait penser à ''La Route'' de Cormac McCarthy lorsque tout espoir a quitté l’être humain, lorsqu’il voit sa mort de très près.

Mais si le thème est intéressant, je dois avouer que j’ai été déçue par ce livre. Première fois que Fabrice Colin me déçoit ! Le fait de découvrir la situation dans chaque pays par le biais de quatre ados est bonne, mais on a tout de même tendance à se perdre dans l’histoire. On a quatre destins décrits rapidement, ce qui empêche le lecteur de s’identifier complètement à eux. De plus, certains personnages disparaissent du récit au moment où une bombe explose. On en déduit qu’ils meurent, mais le texte ne le dit pas explicitement, et pour cause… Un dernier paragraphe, plus proche de l’encart publicitaire que de l’épilogue nous apprend que certains personnages ne sont peut-être pas morts et qu’on les retrouvera peut-être dans le second tome ! Eh oui ! Et pour prouver la maladresse de ce texte, je vous livre ce fameux paragraphe :

« Qu’est sur le point de découvrir Xian Phang ? Qu’est-il advenu de Hafsa Abdelazim ? François Verdier est-il bien mort ? Qui est le mystérieux personnage que Jim Thompson a rencontré à l’aéroport ? Toutes les réponses à ces questions – et bien d’autres – dans la suite de La Fin du monde. »

Eh bien moi, ça ne me donne vraiment pas envie de poursuivre. Si l’auteur a besoin de racoler, c’est que son roman est mal construit… Dommage.

La fin du monde / Fabrice Colin aux éditions Mango, coll. Autres Mondes

mercredi 16 septembre 2009

Journal d’un garçon / Colas Gutman

Journal d'un garçon

Malgré une quatrième de couverture un peu racoleuse, Journal d’un garçon se révèle être un roman très amusant.

Paul, élève de seconde, nous fait part de sa vie d’ado à travers son journal intime. Il vit dans une famille recomposée avec son père, sa grande sœur, sa belle-mère et son demi-frère, pendant que sa mère l’appelle de temps en temps des quatre coins du monde.

On suit pas à pas ses tentatives pour séduire la belle Lisa, une Terminale ! Notre narrateur ne manque pas d’humour pour nous parler de ses échecs et n’hésite pas à se tourner en ridicule.

Notre ado ne manque donc pas d’esprit, quelques citations pour le plaisir :

« 1er mai. Fête nationale du travail. Evidemment, j’ai une interro de maths à préparer pour demain. »

« Mon père essaie de me réveiller alors qu’il n’est même pas encore midi. Il me cherche ou quoi ? »

Ah ! La dure vie d’ado ! Ca m’amuse aujourd’hui toutes ces situations, n’empêche qu’à son âge ça m’agaçait aussi drôlement !

dimanche 13 septembre 2009

Speedy Mata / Franca Maï

Speedy Mata

Un roman coup de poing, une véritable descente aux Enfers. Les choses ont mal commencées dans la vie de Mata. Issue d’un milieu défavorisé, son père a quitté le foyer lorsqu’elle avait cinq ans en se contentant de se manifester une fois par an par l’envoi d’une carte postale.

Bien qu’ayant un faible revenu, sa mère tente tout pour permettre à sa fille de s’élever dans la société. Elève dans un lycée des beaux quartiers, elle étudie sérieusement pour que sa mère soit fière d’elle.

Seulement les choses se gâtent lorsque sa mère ne parvient plus à payer les factures. De plus en plus dégoûtée par l’injustice de la société, Mata réagit violemment aux situations qu’elle rencontre. Les hommes tentent de profiter d’elle, les élèves du lycée lui mènent la vie dure à partir du moment où ils apprennent d’où elle vient.

« De toute façon, elle peut toujours courir avec ses brillants résultats, elle n’appartiendra jamais à notre monde. L’éducation, ça s’apprend à l’âge du biberon. Soit elle termine entourée de marmots, soit elle trotte sur le macadam. »

Mata participe des réunions où des jeunes cherchent à changer les mentalités. Mais Mata ne voit qu’une seule manière de réagir : la violence.

Franca Maï offre un caractère bien trempé et le verbe haut. Mais en même temps, elle se révèle une fille tendre et douce, inquiète pour sa mère qu’elle tant et qu’elle se plaît à regarder dormir la nuit.

Franca Maï a une plume acérée, presque brutale. Elle décrit la cruauté de la société de manière efficace.

Speedy Mata / Franca Maï aux éditions du Cherche Midi

dimanche 6 septembre 2009

Une ado en prison / Marc Cantin

Ado en prison

Un juge pour enfant rend visite à Bahia dans sa cellule, il cherche à comprendre ce qui s’est passé dans la vie de cette jeune fille pour qu’elle se retrouve enfermée en prison.

A tout juste 14 ans, Bahia vivait tranquillement avec sa mère et son jeune frère jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance d’Anthony. Après avoir volé de l’argent à sa mère, ils s’enfuient tous les deux. Par amour pour ce bel ado, Bahia est prête à tout, même à commettre les pires crimes.

A la fin du livre, un court dossier nous informe sur la situation carcérale des ces enfants et s’interroge sur le bien fondé de ces peines dans la mesure où un grand nombre d’entre eux récidivent peu de temps après leur sortie de prison…

Un roman sans prétention mais bien construit, il fait alterner les souvenirs de Bahia et les passages de l’interrogatoire.

jeudi 27 août 2009

Terre Noire / Michel Honaker

terre noire

Michel Honaker reprend sa trilogie parue dans les années 1994 sous le titre Chevalier de Terre Noire pour l’étoffer et reprendre toues les pistes que son éditeur lui avait demandé d’abandonner à l’époque. Eh oui ! La mode n’était pas encore aux gros livres ados et aux trilogies !

Je n’avais pas lu la précédente série, mais je dois avouer que ce premier tome est une véritable réussite ! Je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de découvrir Saint-Pétersbourg

Terre Noire se passe donc en Russie et plus précisément dans le Saint-Pétersbourg des années 1887. Stepan Tchakanov est un jeune compositeur reconnu en Russie mais qui se retrouve victime d’un terrible complot. Son demi-frère et le mari d’une de ses demi-sœurs s’arrangent pour le faire passer pour un terroriste, cherchant à nuire à la vie du Tsar. A cette nouvelle, le Tsar n’hésite pas à bannir ce compositeur talentueux et à rayer son nom des affiches des opéras et du conservatoire. Stepan est donc contraint de partir en Europe en gardant espoir de pouvoir rentrer bientôt chez lui, retrouver sa chère Natalia

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Michel Honaker nous livre ici un roman très bien construit, riches en intrigues et en aventures. Les personnages sont très variés et ceux de Stepan et de Natalia particulièrement attachants. Dans ce roman, il est aussi question de musique et de grands musiciens. Et quelle magie que de se dire que notre cher Stepan n’était rien moins qu’un élève de ce grand Tchaïkovski ! Et comme dans beaucoup de romans de Michel Honaker, on retrouve des données historiques. Ici, il est bien évidemment question du Tsar et notamment du comportement plutôt louche de l’Okhrana, la sécurité intérieure qui s’octroyait plus de pouvoir que le Tsar ne leur en donnait…

Pourvu que la suite paraisse rapidement !!!

jeudi 20 août 2009

Allers sans retour / Jean-Hugues Oppel

allers sans retour

Allers sans retour est un court roman policier. D’un côté le tueur qui commet tranquillement ses meurtres, de l’autre la police qui tente d’élucider ces mystérieux crimes. On est évidemment très loin des romans policiers « adultes » mais tout se tient. L’intérêt de ce roman, c’est la découverte du milieu carcéral, très bien décrit par l’auteur, j’y ai appris plein de choses ! Eh oui !

Bref un roman facile, à lire à la plage.

Allers sans retour / Jean-Hugues Oppel ; éditions Syros, collection Rat Noir

mardi 28 juillet 2009

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud

je mourrai pas gibier roman

Dans le billet précédent, je vous parlez de l’adaptation sous forme de BD de ce roman ado. Après les commentaires laissés par Stef, je n’ai pas pu aire autrement que me procurer le roman. Et il ne m’ a pas fallu bien longtemps pour arriver à bout des quelques 75 pages. Mais quelles 75 pages ! Je ne sais pas quelle est la version la plus forte entre la BD et le roman. La BD nous livrait des images où était suggérées l’horreur ; voir des vignettes noires où c’était au lecteur d’imaginer l’atrocité de la scène. Dans le roman, les mots remplacent ces vignettes noires, ces images parfois un peu floues. Le texte de Guillaume Guéraud est extrêmement fort, dur, bien écrit, obligeant le lecteur à comprendre l’horreur .

Ce romane est effectivement un roman plutôt violent, mais avec tout ce que j’avais entendu à son sujet, je m’attendais à bien pire. Certes, il y a des scènes très violentes, mais il ne s’agit pas de violence gratuite. C’est le désespoir, l’injustice, la révolte qui s’expriment à travers le geste du jeune garçon. Un roman de toute manière moins violente et plus intelligente que tout ce qui peut passer à la télé.

Bref, la BD et le roman sont pour moi deux belles découvertes cet été !

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud, éditions du Rouergue

mercredi 8 juillet 2009

La couleur de la haine / Malorie Blackman

Couleur de la haine

La couleur de la haine, fait suite au roman ''Entre chiens et loups'' que j’avais lu il y a quelques semaines. Si vous ne connaissez pas cette trilogie, allez plutôt lire le billet précédent car celui-ci risque de vous dévoiler une partie de l’intrigue.

Ce deuxième tome est consacré à la naissance et à la petite enfance de la fille de Sephy : Callie-Rose. De mère Prima et de père Nihil, Callie est un bébé métisse. Situation plus que compliquée dans cette société où l’on ne se mélange pas, où les noirs (Primas) sont au pouvoir et les blancs (Nihils) considérés comme des moins que rien. Sephy va devoir évoluer pratiquement seule au milieu de cette société malveillante. Comment va-t-elle pouvoir offrir à sa petite fille le moyen de grandir sereinement dans cet environnement rempli de haine ?

J’ai encore été séduite par le roman de Malorie Blackman même si je l’ai trouvé un peu moins fort que le premier (l’effet de surprise n’est plus là, c’est normal). Comme dans le premier tome, l’auteur traite de l’intolérance et du racisme. Mais cette fois-ci elle l’aborde par le biais d’un bébé métisse, rendant la situation d’autant plus intolérable. Malorie Blackman aborde aussi le thème de la maternité. Sephy écrit régulièrement tout ce qu’elle ressent dans un petit livre qu’elle donnera à sa fille quand elle sera plus grande, pour lui permettre de comprendre d’om elle vient et comment elle a grandi. Ces lettres sont pleines de la détresse que ressent Sephy à ne pas pouvoir offrir à sa fille un environnement stable et serein.

J’ai hâte de lire le troisième et dernier tome, en espérant qu’il sera à la hauteur de mes espérances !

p.69 « Callie, je veux être honnête avec toi. Je veux toujours l’être. Mais ce n’est pas facile. Quand j’étais enceinte, que tu étais en moi, je te détestais. Tu étais en vie alors que ton père ne l’était plus. Je te détestais et je détestais le monde entier pour cette raison. Mais à présent que tu es près de moi, contre mon cœur, j’éprouve une espèce de paix. »

Ce titre fera également partie de ma bibliographie sur le thème mère-fille. Pour plus d'explication, allez faire un tour ici.

samedi 13 juin 2009

Méto tome 1 : La Maison / Yves Grevet

Méto 1

Méto se présente comme trilogie dont le deuxième tome vient tout juste de paraître. La Maison se passe dans un huis clos. Une soixantaine de garçons vivent dans un bâtiment où ils ne sont pratiquement jamais en contact avec les adultes. Leurs journées sont organisées selon un emploi du temps très précis et sont soumis à un règlement très strict. Aucun de ces enfants ne se souvient de son passé, leurs premiers souvenirs ne remontent qu’à leur arrivée dans cette maison. Mais petit à petit, certains enfants commencent à se poser des questions sur ce qui se passe à l’extérieur, sur leur passé, sur ce qu’ils deviennent après avoir quitté la Maison. Puis, petit à petit, une révolte s’organise. Méto parvient à avoir des contacts avec « l’extérieur » qui vont les aider à prendre le contrôle de la Maison jusqu’à ce qu’ils parviennent à s’échapper. Mais il faudra que je lise le tome 2 pour savoir si leur tentative de fuite réussit !

Ce roman est vraiment réussi, à de nombreuses reprises il m’a fait penser à Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Toute l’existence de ces enfants est extrêmement contrôlée. Et lorsque les enfants prennent le contrôle de la Maison, ils doivent mettre en place de nouvelles règles pour parvenir à vivre tous ensemble de manière intelligente et parvenir à se défendre en cas de besoin. Cet aspect m’a fait penser à L’œil des Dieux d’Ange dans la collection "Autre Monde".

Un petit extrait pour le plaisir et pour donner une idée du monde dans lequel ont grandi ces enfants. Un enfant parle d’un vague souvenir qui lui reste de sa vie d’avant :

« Il parle d’un objet qu’il appelle « Maman ». Il ne sait plus exactement à quoi il ressemble. Mais ce mot ne le quitte pas. Ce dont il est sûr, c’est qu’il y a une relation entre cet objet et le moment du coucher, et aussi qu’il est chaud et doux. Il pense que c’est peut-être une autre façon de désigner un oreiller ou une couverture. »

Méto (tome 1) : La Maison / Yves Grevet aux éditions Syros

mercredi 27 mai 2009

Entre chiens et loups / Malorie Blackman

Entre chiens et loups

Entre chiens et le loups et le premier roman d’un trilogie de Malorie Blackman, auteur à succès en Angleterre. Malgré toutes les bonnes critiques que j’avais lues à l’époque où ces romans sont sortis, j’avais gardé l’idée d’une trilogie gentillette pour ados. Une histoire d’amour entre une jeune fille noire et un jeune homme blanc dans une société raciste, avec comme originalité d’avoir inversé les rôles : les blancs sont dominés par les noirs.

Et là, surprise ! Je viens de terminer le premier tome qui me laisse estomaquée. Passées les premières pages qui peuvent donner une impression de déjà vu (mais il faut bien poser les personnages et le décor), on embarque très vite dans un cercle infernal. Malorie Blackman ne ménage pas la sensibilité des lecteurs en soumettant les personnages à des épreuves terribles. L’histoire d’amour impossible, proche de celle de Roméo et Juliette, permet de créer le lien entre les différents événements mais ne tombe pas dans la mièvrerie ; de toute manière on ne leur en laisse pas le temps.

La société dans laquelle vivent Sephy et Callum, n’a rien de moderne. A la tête de la société, les noirs, appelés les Primas. En bas de l’échelle, les blancs, nommé les Nihils ou les Néants… Les Primas méprisent totalement les Nihils, les prenants pour des être très inférieurs. Ce comportement n’a d’autre effet que de provoquer la haine et la violence chez ce peuple opprimé. Sephy et Callum vont être les victimes de cette lutte, ne parvenant ni l’un ni l’autre à convaincre ne serait-ce que leur entourage proche que blancs et noirs sont égaux.

Une petite anecdote pour finir. Après avoir tourné la dernière page, je me suis précipitée pour allez chercher la suite (qui devrait entrer dans ma rubrique relation mère/fille d’ailleurs). Je le pose sur mon bureau et là une jeune lectrice me demande si elle peut l’emprunter ! Conclusion, je me suis fait piquer ma lecture ! Espérons qu’elle le lise rapidement !!!

Entre chiens et loups / Malorie Blackman aux éditions Milan, coll. Macadam

jeudi 23 avril 2009

Seul sur la mer immense / Michael Morpurgo

seul sur la mer immense

Voilà un roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir ! Edité dans une collection jeunesse, il s’adresse pourtant à tout lecteur, aussi bien jeunes ados qu’adultes. A la fois roman d’aventure et roman d’apprentissage, Seul sur la mer immense embarque le lecteur dès la première page pour une longue traversée.

On fera l’aller en compagnie de Arthur Hobhouse. A l’âge de six ans il est contraint de quitter l’Angleterre à bord d’un navire à destination de l’Australie où il est censé trouver une nouvelle famille. Il laisse en Angleterre Kitty, sa grande sœur, qui lui donnera avant qu’il parte une petite clef. Toute sa vie il l’a portera autour du cou avec l’espoir de retourner en Angleterre et de retrouver cette sœur dont il ne se souvient plus. Mais Arthur connaîtra une vie très difficile, l’empêchant de réaliser ce rêve. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il commence les préparatifs de ce grand voyage. Mais ce n’est pas lui qui partira en mer rejoindre l’Angleterre et trouver Kitty, c’est Allie, sa fille, qui partira seule, à bord Kitty IV, le voilier qu'il a construit. C’est elle qui essayera d’aller jusqu’au bout de ce rêve, pour honorer sa mémoire.

Cette histoire est donc racontée en deux temps, à deux voix. Mais dans les deux récits successifs, l’intérêt du lecteur reste le même. On suit les aventures du père puis de la fille avec beaucoup d’attention, espérant très fort que tout s’arrange et que l’on découvre l’utilité de la petite clef porte-bonheur. Un récit passionnant, émouvant, extrêmement bien écrit. Bref, des romans comme on aimerait en lire plus souvent !

Prix 2008 des libraires indépendants britanniques.

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