samedi 22 novembre 2014

Le contour de toutes les peurs / Guillaume Guéraud

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En ouvrant un roman de Guillaume Guéraud, on sait que cette lecture ne sera pas légère et qu’elle nous donnera un bon coup de poing dans l’estomac. Pas question de lire ce court roman avec désinvolture car dès les premières pages on est saisi par ce qui se produit sous nos yeux.

Clément a quatorze ans, il rentre tranquillement chez lui lorsqu’il se retrouve nez à nez avec un homme qui est en train de dévaster le bureau de sa mère. Cette dernière est avocate et cet homme veut se venger d’une affaire dont elle s’est occupée il y a quelques mois. A défaut de démolir cette femme, il va s'en prendre à son fils.

Le pauvre Clément va se prendre des coups d’une extrême violence sans avoir la certitude d’en sortir vivant. Et puis, lorsque sa vie reprend son court normal, le jeune homme est dépassé par son angoisse de retrouver son agresseur qui court toujours.

Le livre se referme à la fin du jugement et le lecteur ne peut s’empêcher de se demander comment le jeune homme pourra continuer à vivre après une telle épreuve, continuer à vivre quand cet homme sortira de derrière les barreaux.

Encore une fois Guillaume Guéraud signe un excellent roman, destiné aux grands ados qui n'ont pas peur du sang.

mardi 16 septembre 2014

La gueule du loup / Marion Brunet aux éditions Sarbacane

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Le bac en poche, Lou et Mathilde décident de partir à l’aventure à Madagascar avant de prendre le chemin de fac qui ne les inspirent guère, ni l’une ni l’autre. Des vacances voulues pour marquer leur entrée dans le monde adulte, mais cette entrée se fera de manière plus brutale qu’elles ne l’espéraient.

Si les premiers jours, Lou et Mathilde profitent du soleil, de la plage et de leurs soirées très festives, leurs vacances vont vite tourner à l’horreur lorsqu’elles vont contrarier « le tatoué » ; un homme effrayant qui aime faire souffrir moralement et physiquement les femmes. Et c’est en voulant sauver Fanja de ses griffes, qu’elles vont s’attirer de gros ennuis. Leurs aventures se poursuivront alors à travers la forêt de Madagascar où elles découvriront les populations locales et leurs rites particulièrement étranges pour de jeunes françaises. Ces vacances qui se voulaient paradisiaques, les marqueront à jamais.

J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de Lou et de Mathilde, ces deux jeunes femmes, gentiment inconscientes. Si Mathilde est la meneuse de cet étrange duo, moteur de toutes les aventures plus ou moins dangereuses, Lou est le côté un peu plus raisonné, celle qui posent les questions (souvent après coup, il fat l’avouer) et qui va devoir prendre des initiatives à plusieurs reprises.

Attention Spoilers : En revanche, je suis un peu déçue par le fil conducteur du roman. Chaque chapitre s’ouvre par le récit d’une jeune femme torturée par ce fameux « tatoué ». On tourne les pages en tremblant pour nos deux héroïnes, le cœur serré à l’idée des horreurs qui les attendent. Mais ce récit ne rejoint pas véritablement l’histoire de Lou et de Mathilde, affaiblissant d’un seul coup le roman. Certes, il s’agit d’un roman destiné aux grands ados, mais je m’attendais à une fin plus violente.

Cela dit, La gueule du loup reste une bonne lecture. Marion Brunet a su adapter son écriture à l’âge de ces deux jeunes filles oscillant entre le monde de l’enfance et celui des adultes. Et puis, ce roman est une belle histoire d’amitié où l’amitié est décrite de manière assez juste, avec ses points positifs mais aussi ses dangers et ses limites.

samedi 30 août 2014

Un été outremer / Anne Vantal aux éditions Actes Sud

ete_outremer.jpg Félicien vient de fêter ses dix-huit ans et comme beaucoup d’enfants adoptés, il souhaite en connaître plus sur ses origines. Mais le jeune homme ne s’attendait pas à la découverte qu’il va faire dans son dossier. Comment, lui qui a les yeux si verts peut-il avoir une mère d’origine algérienne ? Perturbé par cette nouvelle, il va décider de partir en Algérie, sans rien en dire à sa famille, sur les traces de sa mère. S’en suit un périple à travers la France et l’Algérie pendant lequel Félicien va mûrir et découvrir un peuple pour lequel il avait beaucoup d’a priori.

Ce roman a quelques imperfections mais il a le mérite de nous faire découvrir l’Algérie de manière intelligente, à travers le regard d’un jeune homme qui cherche ses racines dans ce pays qu’il ne connaît pas. Il y découvre un peuple plein de gentillesse et un pays magnifique. Les reproches que je pourrais lui faire porte sur l’absence de dialogue avec sa famille. Félicien part de chez lui sans prévenir qui que ce soit et ne donne que deux fois (me semble-t-il) des brèves nouvelles à sa sœur. J’ai du mal à concevoir un tel comportement alors que Félicien semble bien s’entendre avec ses parents… Mais je chipote car le message que l’auteur a voulu faire passer n’est pas là, elle nous montre surtout qu’il faut se méfier des idées toutes faites que l’on peut avoir sur un pays ou des personnes. Et qu’il n’y a rien de mieux que d’aller vérifier par soi-même ;-) Félicien fait un beau voyage et rentrera métamorphosé de ce périple, il lui aura permis de se forger son identité et d’être en paix avec lui-même.

samedi 23 août 2014

L’homme qui court / Mickaël Gerard Bauer ; traduit par David Camus et Dominique Haas

homme_qui_court.jpg Joseph est un ado très réservé, timide même. Il vit avec sa mère tandis que son père travaille sur de gros chantiers à l’étranger et ne rentre qu’à de rares occasions. Pour donner tort à la commère du quartier qui ne cesse de dire de Joseph qu’il est renfermé et qu’il vit dans les jupes de sa mère, il décide de choisir son voisin, Tom Leyton comme modèle pour son travail d’arts plastiques. Bien que Tom Leyton habite le quartier depuis de nombreuses années, personnes ne le connaît réellement. Il vit avec sa sœur Caroline depuis la mort de leurs parents et depuis vingt ans, il ne sort pas et d’affreuses rumeurs circulent à son sujet. Malgré de fortes appréhensions, Joseph va faire la connaissance de cet étrange homme et percer à jour les mystères qui l’entourent.

L’homme qui court est un roman très dense qui aborde de nombreuses questions sur le sens de la vie. On y lira à la fois le danger des rumeurs non vérifiées, les conséquences des guerres, le poids des souvenirs. En l’espace de quelques mois, Joseph va accéder au monde des adultes, peut-être plus vite qu’il ne le faudrait d’ailleurs. Il va être confronté certaines horreurs qui le marqueront certainement toute sa vie mais qui le rendront peut-être aussi plus fort et lui permettront de mieux apprécier la vie.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman destiné aux grands ados. Les personnages sont attachants, qu’il s’agisse de Joseph et de Tom mais aussi de la sœur de Tom et la mère de Joseph. Et même si certains passages sont difficiles et peuvent certainement impressionner certains lecteurs un peu sensibles, il se termine sur de belles notes d’espoirs.

Et pourquoi un tel tire me direz-vous ? Eh bien, c’est encore une autre histoire ! Une histoire dans l’histoire… que je vous laisse découvrir.

jeudi 19 juin 2014

Waterloo Necropolis / Mary Hooper ; traduit par Fanny Ladd & Patricia Duez

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Grâce à Waterloo Necropolis, Mary Hooper entraîne son lecteur en Angleterre à la fin du XIXe siècle en nous racontant l'étrange histoire de deux soeurs : Grace et Lily. Devenues orphelines sans aucune ressources financières, Grace et Lily tentent, tant bien que mal, de survivre en vendant tous les jours des bottes de cresson. Grace, la plus jeune des soeurs, a dix-sept ans mais doit veiller sur sa soeur aînée, Lily, un peu simple d'esprit. Mais lorsque les deux jeunes filles se retrouvent à la rue parce que leur immeuble est vouée à être démoli, Grace tente sa dernière chance en postulant comme pleureuse auprès d'une entreprise de pompes funèbres qui lui avait proposé quelques semaines auparavant de devenir pleureuse. Mais le comportement de la famille Unwin est étrange vis à vis des deux soeurs...

J'ai beaucoup aimé la lecture de ce roman et pour tout vous dire, je me suis plusieurs fois crue dans un épisode de Princess Sarah. Bah oui, j'avoue, j'étais une grande adepte de cette princesse au cheveux bleus quand j'étais plus jeune. Nous y retrouvons les mêmes éléments : des jeunes filles bien élevées qui se retrouvent du jour au lendemain sans argent et vouées au pire avenir mais sauvées in extremis par quelque personne bienveillante qui leur apprend qu'elles sont des héritières fortunées.

Et en plus d'avoir passé un bon moment en compagnie de Grace et Lily, j'ai aussi appris beaucoup de choses sur le deuil et ses convenances à cette époque, et je peux vous dire que ça vaut le coup de les découvrir !

Challenge Petit Bac 2014, organisé par Enna Catégorie Lieu de ma ligne romans & Cie petit_bac_2014.jpg

mardi 29 avril 2014

Innocents / Anne Cassidy, traduit par Nathalie Laverroux

innocents.jpg Pour surmonter ma panne de lecture, rien de tel qu’un roman ado. Et pour être à peu près certaine de tomber sur un bon roman qui m’embarque dès les premières pages, j’ai jeté mon dévolu sur Anne Cassidy, auteur du fameux L’Affaire de Jennifer Jones, que j’avais tant aimer. Cette fois encore, Anne Cassidy frappe fort.

Charlie, jeune lycéenne, vit avec son père et Brad, son frère. Si elle est aux yeux de son père un exemple d’intelligence, Brad, lui prend souvent les mauvais chemins. Si bien qu’un matin, deux agents de Police se présentent à la porte pour embarquer Brad, l’accusant d’avoir jeté des pierres du haut d’un pont et provoqué un accident mortel sur l’autoroute. Charlie qui est présente ce matin-là, ne peut croire à la culpabilité de son frère et, aidée de sa meilleure amie, elle va tenter de comprendre ce qui pousse son frère à ne pas nier les faits et surtout, à ne pas dénoncer les véritables coupables. Et ce qu’elles vont découvrir est bien pire que tout ce qu’elles avaient pu imaginer…

Anne Cassidy n’a pas son pareil pour nous peindre le portrait d’adolescents à mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte ni pour montrer la complexité de l’âme humaine. Ces adolescents (ou jeunes adultes car Brad doit avoir 19 ans) n’ont pas encore toutes les armes pour comprendre le monde qui les entoure et pour douter de la bienveillance des « amis » qui les entourent. L’auteur aborde des thèmes courants dans cette littérature : séparation des parents, relations entre frères et sœurs, la fameuse première fois, les limites de l’amitié… Mais elle parvient toujours à nuancer ses propos de manière à ne jamais enjoliver les choses et à ne jamais noircir le tableau plus qu’il ne faut.

Innocents est un roman difficile car il traite de deux accidents très graves impliquant de jeunes adultes à peine sortis de l’adolescence. Mais l’auteur le fait avec brio, passionnant son lecteur dès les premières lignes.

samedi 9 novembre 2013

Double Jeu / Philippe Blondel aux éditions Actes Sud junior

double_jeu.jpg A chaque nouveau titre de Jean-Philippe Blondel, j’hésite un instant avant de l’ouvrir, sera-t-il aussi bon que ses précédents ? Eh bien oui ! Encore une fois, l’auteur relève le défi haut la main. Il parvient à nous livrer une histoire passionnante, sur un nouveau thème, tout en sachant coller à l’univers des ados. Bravo monsieur Blondel.

Dans Double jeu, Philippe Blondel nous entraîne dans un lycée de centre ville, un peu bourgeois où Quentin fait sa rentrée, après avoir été plus ou moins renvoyé de son lycée de quartier. Issu d’un quartier beaucoup moins favorisé et d’une famille peu épanouie, Quentin a dans l’idée de tout faire pour ne pas se faire remarquer. Sauf qu’une de ses réparties faites à la prof de français va… lui ouvrir les voies du théâtre ! Même si de nombreuses épreuves attendent Quentin, cette année sera très riche d’enseignements pour lui.

Ce que j’aime dans les romans de Blondel, c’est qu’il essaie au maximum de tomber dans les clichés. Que ce soit les élèves du centre ville ou ceux de la « cité », les professeurs ou les parents, tous présentent des qualités et des défauts qu’ils tentent de faire évoluer. Ce que l’auteur nous montre, c’est qu’il est toujours possible d’évoluer, quelque soit notre situation.

jeudi 31 octobre 2013

Swing à Berlin / Christophe Lambert

swing_a_berlin.jpg Voilà un roman que j’avais repéré chez Enna et qui était mis en avant à la bibliothèque, à juste titre ! Swing à Berlin fait parti de ces romans ados que je considère intelligents, c’est-à-dire un livre qui nous apprend des choses, qui nous fait réfléchir mais dont l’histoire est passionnante.

Christophe Lambert a décidé de s’attaquer à un sujet peut traité de la Seconde Guerre mondiale : la création d’un groupe de musique de jazz (ou plutôt de danse accentuée rythmiquement) par les nazi pour redonner le moral au pays. Cette mission est imposée au pianiste Dussander qui appartenait à un célèbre groupe de jazz avant que la guerre n’arrête les musiciens d’origine juive…

Dussander va alors sillonner l’Allemagne pour tenter de trouver de bons musiciens, capables de dépasser la technique pour laisser libre court à leur ressenti et à faire « swinguer » la musique.

Mais les choses ne seront évidemment pas si simples, surtout que Dussander n’adhère absolument pas à l’idéologie nazie. Mais comment réagir ? Résister ? Au risque de se faire arrêter et d’être envoyé dans les fameux camps dont on commence à entendre parler. Ou se plier aux exigences des autorités et attendre que les autres réagissent ?

A travers ce roman, Christophe Lambert aborde de nombreux thèmes propres à la seconde guerre mondiale, à la résistance d’une partie du peuple allemand, aux camps de prisonniers et de concentrations, au pouvoir de la musique…

Swing à Berlin est vraiment une lecture intéressante et intelligente, où ados et adultes apprendront beaucoup de choses !

lundi 13 mai 2013

Moi, Ambrose, roi du Scrabble / Susin Nielsen ; traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec aux éditions Hélium

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Ambrose est un jeune garçon d’une douzaine d’années, allergique à l’arachide et un peu en marge de la société. Elevé par une mère ultra protectrice, Ambrose ne parvient jamais à se faire des amis ; pire, il devient le bouc émissaire de trois jeunes caïds. Mais depuis que Ambrose suit ses études par correspondance et que sa mère travaille en soirée, Ambrose va s’émanciper en fréquentant Osmo, le voisin du dessus, fraîchement sorti de prison, qui l’accompagnera au club de scrabble…

Moi qui était en panne de lecture depuis plusieurs semaines, j’ai lu avec beaucoup de plaisir de roman intelligent et bien écrit. Ambrose est un jeune garçon attachant bien qu’il n’ait jamais sa langue dans sa poche et accumule les maladresses. On ne peut que plaindre Ambrose et sa maman qui ne parviennent pas à trouver le bonheur. Plane toujours au-dessus d’eux la disparition trop précoce du père d’Ambrose, mort d’une attaque quelques semaines avant sa naissance. La maman d’Ambrose vit dans la crainte décuplée qu’il arrive quelque chose à son fils, et son allergie pour l’arachide n’arrange évidemment pas les choses !

Moi, Ambrose, roi du scrabble est un roman sur les personnes un peu en marge de la société qui essaient, comme elles peuvent, de s’épanouir. Et encore une fois, j’ai aimé que cet auteur pour ados ait une écriture riche qui permette à tout le monde de le lire avec beaucoup de plaisir.

Lu dans le cadre D'un livre à l'autre dunlivreautrebis.JPG

mercredi 1 mai 2013

La fois où je suis devenu écrivain / Vincent Cuvellier

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Vincent Cuvellier offre une belle leçon de vie à ses lecteurs. Lui qui était l’avant-dernier de la classe et qui n’intéressaient pas les professeurs a su trouver, seul, sa vocation : écrivain. Il lui faudra, certes, quinze ans pour devenir un écrivain à part entière mais dès l’adolescence, il ne cessera d’écrire. Entre deux petits boulots, il parviendra à écrire des articles, des nouvelles, des scénarii jusqu’à ce qu’il trouve sa voix : auteur de romans ados.

Mais le roman de Vincent Cuvellier est plus qu’un simple récit autobiographique qui nous raconterait la merveilleuse histoire d’un adolescent passionné par l’écriture. Non, Vincent Cuvellier nous parle d’abord d’un jeune adolescent abandonné par un système scolaire mal fait qui s’est totalement désintéressé de lui malgré sa passion visible pour l’écriture. C’est le roman d’un jeune qui a dû se débrouiller tout seul pour s’en sortir et faire de sa passion un métier.

Une belle leçon de vie qui nous montre qu'il faut aller au bout de ses rêves.

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