Midola's blog

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mardi 10 novembre 2009

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne

je suis ta nuit

Le jour où l’une des camarades de classe de Tristan met fin à ses jours, son père décide de coucher sur le papier les terribles épreuves qu’il a vécu étant enfant, dans l’espoir de l’aider à accepter le décès de son amie.

Commence alors l’angoissant récit du père de Tristan qui vers l’âge de douze ans a du être confronté à un monstre effrayant : le Bonhomme nuit. Ce monstre, nourri des peurs de Pierre et de ses camarades, s’attaquera à eux de manière violente, tuant certains d’entre eux dans de terribles conditions. Armé de tout son courage, Pierre va tout tenter pour tuer ce dangereux monstre.

Ce roman est palpitant ; les épreuves s’enchaînent, on se demande si Pierre et les quelques survivants s’en sortiront et s’ils parviendront à bout de ce Bonhomme Nuit. Mais derrière cette aventure se cache une bien triste réalité. Le Bonhomme Nuit est en quelque sorte la personnification d’une terrible souffrance que porte l’un de ces enfants.

Je suis ta nuit est paru aux éditions Intervista dans une nouvelle collection « 15-20 ».Or ce titre fait partie de la sélection du Prix Ados d’Ille et Vilaine qui, lui, s’adresse aux jeunes de 13 à 16 ans. Et je dois avouer que je ne suis pas certaine que ce titre s’adresse aux plus jeunes de ces participants. Certaines scènes sont extrêmement violentes et certains sujets sont assez délicats. Par contre, à lire sans hésitations par les plus grands et même les adultes qui retrouveront toute leur jeunesse à l’évocation des années 1980, du Club des cinq et des héros de Star Wars …

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne aux éditions Intervista, coll. 15-20

samedi 24 octobre 2009

Lune indienne / Antje Babendererde

lune indienne

Il y a quelques temps, Lael avait publié un billet élogieux sur Lune indienne. Ce roman avait donc rejoint la petite pile de droite sur mon bureau et sommeillait tranquillement, jusqu’à ce que la semaine dernière je plonge mon nez dedans. Et bien, j’ai eu du mal à le ressortir avant de l’avoir terminé ! Lune indienne fait partie de ces romans intelligents, où le lecteur, qu’il soit ado ou adulte, se laisse complètement emporter par l’histoire.

Olli menait une vie paisible en Allemagne jusqu’au jour où sa mère lui apprend qu’il vont bientôt déménager dans une Réserve indienne, dans l’Ouest américain. Là-bas, ils retrouveront Rodney Bad Hand, l’homme qu’elle aime et qu’elle doit épouser prochainement. Olli n’a d’autres solutions que de suivre sa mère en laissant dernière lui Nina, sa petite amie.

Lune indienne est donc le récite d’un adolescent de quinze ans qui se retrouve contraint de vivre à des milliers de kilomètres de chez lui au milieu d’un peuple dont il ne connaît rien. Olli va avoir beaucoup de mal à supporter cette nouvelle vie très loin de celle qu’il avait en Europe. Mais malgré toute sa tristesse, Olli va réussir à se montrer objectif. Certes, il voudrait être ailleurs et retournera en Allemagne dès qu’il aura atteint la majorité, mais il reconnaît tout de même que la Réserve Lakota recèle des merveilles tant dans ses paysages que dans la force de ce peuple qui se bat pour préserver son identité.

Ce roman aborde de nombreux thèmes comme la différence, le racisme, la pauvreté, l’identité, le handicap, la solidarité… On y apprend beaucoup de choses sans que le ton ne soit aucun moment didactique. Olli fait même preuve de beaucoup d’humour.

Bref, Lune indienne est un roman intelligent où tout sonne juste. Rien n’est ni tout blanc, ni tout noir, mais les personnages essaient de s’adapter du mieux qu’ils peuvent. Et du coup, lorsque le roman s’est achevé, je suis resté encore un bon moment avec l’esprit très loin, dans cette Réserve indienne !

Lune indienne / Antje Babendererde aux éditions Bayard jeunesse

mardi 20 octobre 2009

Le dernier dragon / Sherryl Jordan

dernier dragon

Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas totalement plongé dans l’univers d’un roman ! En lisant Le dernier dragon, je me suis totalement laissée emporter par les aventures de Jude et Lizzy ! Devenus orphelins ces deux adolescents se sont rencontrés lorsqu’ils vivaient avec une troupe de forains. Jude s’occupait des animaux et de cette pauvre Lizzy, jeune chinois que l’on montrait en spectacle à cause de ses pieds déformés. Ne supportant plus cette vie, les deux amis s’enfuient et trouvent refuge chez une vieille femme qui les convaincra de partir tuer le dragon qui ravage les villages alentours.

Jude nous transmet le récit de ses aventures par l’intermédiaire d’un moine qui a fait vœux de silence dans un monastère où ils ont trouvé refuge. Ce décalage et les réactions du moine copiste ajoute une petite touche d’humour entre les différentes étapes du récit du jeune garçon.

Un roman initiatique très agréable à lire. Jude est un jeune garçon attachant. Tandis qu’il narre ses aventures, il prend du recul par rapport à ses réactions et ses appréhensions, n’hésitant pas à avouer ses paroles injustes vis à vis de la vieille femme qui les recueille. Un court roman plein d’aventure et d’humour.

Le dernier dragon / Sherryl Jordan, éditions Casterman, traduit de l’anglais par Antoine Pinchot

dimanche 4 octobre 2009

La fin du monde / Fabrice Colin

Fin du monde colin

La collection « Autres Mondes » a pour principe de proposer des romans de SF ou d’anticipation. Dans ce roman de Fabrice Colin, le lecteur est confronté à un récit pré-apocalyptique : une guerre nucléaire est déclarée, des bombes explosent aux quatre coins du monde, détruisant de grandes villes (Pékin, New-York, Paris, Le Caire…)

Le lecteur vit cette fin du monde à travers les destins de quatre adolescents vivants sur quatre continents différents. Leur seul espoir pour survivre est de parvenir jusqu’à une base secrète au Groenland.

Ce roman est dur. Les adolescents sont confrontés à la mort, la terreur. Ils vivent des instants extrêmement difficiles sans l’aide d’aucun adulte et sans être certains de pouvoir survivre. Certains passages m’ont presque fait penser à ''La Route'' de Cormac McCarthy lorsque tout espoir a quitté l’être humain, lorsqu’il voit sa mort de très près.

Mais si le thème est intéressant, je dois avouer que j’ai été déçue par ce livre. Première fois que Fabrice Colin me déçoit ! Le fait de découvrir la situation dans chaque pays par le biais de quatre ados est bonne, mais on a tout de même tendance à se perdre dans l’histoire. On a quatre destins décrits rapidement, ce qui empêche le lecteur de s’identifier complètement à eux. De plus, certains personnages disparaissent du récit au moment où une bombe explose. On en déduit qu’ils meurent, mais le texte ne le dit pas explicitement, et pour cause… Un dernier paragraphe, plus proche de l’encart publicitaire que de l’épilogue nous apprend que certains personnages ne sont peut-être pas morts et qu’on les retrouvera peut-être dans le second tome ! Eh oui ! Et pour prouver la maladresse de ce texte, je vous livre ce fameux paragraphe :

« Qu’est sur le point de découvrir Xian Phang ? Qu’est-il advenu de Hafsa Abdelazim ? François Verdier est-il bien mort ? Qui est le mystérieux personnage que Jim Thompson a rencontré à l’aéroport ? Toutes les réponses à ces questions – et bien d’autres – dans la suite de La Fin du monde. »

Eh bien moi, ça ne me donne vraiment pas envie de poursuivre. Si l’auteur a besoin de racoler, c’est que son roman est mal construit… Dommage.

La fin du monde / Fabrice Colin aux éditions Mango, coll. Autres Mondes

mercredi 16 septembre 2009

Journal d’un garçon / Colas Gutman

Journal d'un garçon

Malgré une quatrième de couverture un peu racoleuse, Journal d’un garçon se révèle être un roman très amusant.

Paul, élève de seconde, nous fait part de sa vie d’ado à travers son journal intime. Il vit dans une famille recomposée avec son père, sa grande sœur, sa belle-mère et son demi-frère, pendant que sa mère l’appelle de temps en temps des quatre coins du monde.

On suit pas à pas ses tentatives pour séduire la belle Lisa, une Terminale ! Notre narrateur ne manque pas d’humour pour nous parler de ses échecs et n’hésite pas à se tourner en ridicule.

Notre ado ne manque donc pas d’esprit, quelques citations pour le plaisir :

« 1er mai. Fête nationale du travail. Evidemment, j’ai une interro de maths à préparer pour demain. »

« Mon père essaie de me réveiller alors qu’il n’est même pas encore midi. Il me cherche ou quoi ? »

Ah ! La dure vie d’ado ! Ca m’amuse aujourd’hui toutes ces situations, n’empêche qu’à son âge ça m’agaçait aussi drôlement !

dimanche 13 septembre 2009

Speedy Mata / Franca Maï

Speedy Mata

Un roman coup de poing, une véritable descente aux Enfers. Les choses ont mal commencées dans la vie de Mata. Issue d’un milieu défavorisé, son père a quitté le foyer lorsqu’elle avait cinq ans en se contentant de se manifester une fois par an par l’envoi d’une carte postale.

Bien qu’ayant un faible revenu, sa mère tente tout pour permettre à sa fille de s’élever dans la société. Elève dans un lycée des beaux quartiers, elle étudie sérieusement pour que sa mère soit fière d’elle.

Seulement les choses se gâtent lorsque sa mère ne parvient plus à payer les factures. De plus en plus dégoûtée par l’injustice de la société, Mata réagit violemment aux situations qu’elle rencontre. Les hommes tentent de profiter d’elle, les élèves du lycée lui mènent la vie dure à partir du moment où ils apprennent d’où elle vient.

« De toute façon, elle peut toujours courir avec ses brillants résultats, elle n’appartiendra jamais à notre monde. L’éducation, ça s’apprend à l’âge du biberon. Soit elle termine entourée de marmots, soit elle trotte sur le macadam. »

Mata participe des réunions où des jeunes cherchent à changer les mentalités. Mais Mata ne voit qu’une seule manière de réagir : la violence.

Franca Maï offre un caractère bien trempé et le verbe haut. Mais en même temps, elle se révèle une fille tendre et douce, inquiète pour sa mère qu’elle tant et qu’elle se plaît à regarder dormir la nuit.

Franca Maï a une plume acérée, presque brutale. Elle décrit la cruauté de la société de manière efficace.

Speedy Mata / Franca Maï aux éditions du Cherche Midi

dimanche 6 septembre 2009

Une ado en prison / Marc Cantin

Ado en prison

Un juge pour enfant rend visite à Bahia dans sa cellule, il cherche à comprendre ce qui s’est passé dans la vie de cette jeune fille pour qu’elle se retrouve enfermée en prison.

A tout juste 14 ans, Bahia vivait tranquillement avec sa mère et son jeune frère jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance d’Anthony. Après avoir volé de l’argent à sa mère, ils s’enfuient tous les deux. Par amour pour ce bel ado, Bahia est prête à tout, même à commettre les pires crimes.

A la fin du livre, un court dossier nous informe sur la situation carcérale des ces enfants et s’interroge sur le bien fondé de ces peines dans la mesure où un grand nombre d’entre eux récidivent peu de temps après leur sortie de prison…

Un roman sans prétention mais bien construit, il fait alterner les souvenirs de Bahia et les passages de l’interrogatoire.

jeudi 27 août 2009

Terre Noire / Michel Honaker

terre noire

Michel Honaker reprend sa trilogie parue dans les années 1994 sous le titre Chevalier de Terre Noire pour l’étoffer et reprendre toues les pistes que son éditeur lui avait demandé d’abandonner à l’époque. Eh oui ! La mode n’était pas encore aux gros livres ados et aux trilogies !

Je n’avais pas lu la précédente série, mais je dois avouer que ce premier tome est une véritable réussite ! Je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de découvrir Saint-Pétersbourg

Terre Noire se passe donc en Russie et plus précisément dans le Saint-Pétersbourg des années 1887. Stepan Tchakanov est un jeune compositeur reconnu en Russie mais qui se retrouve victime d’un terrible complot. Son demi-frère et le mari d’une de ses demi-sœurs s’arrangent pour le faire passer pour un terroriste, cherchant à nuire à la vie du Tsar. A cette nouvelle, le Tsar n’hésite pas à bannir ce compositeur talentueux et à rayer son nom des affiches des opéras et du conservatoire. Stepan est donc contraint de partir en Europe en gardant espoir de pouvoir rentrer bientôt chez lui, retrouver sa chère Natalia

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Michel Honaker nous livre ici un roman très bien construit, riches en intrigues et en aventures. Les personnages sont très variés et ceux de Stepan et de Natalia particulièrement attachants. Dans ce roman, il est aussi question de musique et de grands musiciens. Et quelle magie que de se dire que notre cher Stepan n’était rien moins qu’un élève de ce grand Tchaïkovski ! Et comme dans beaucoup de romans de Michel Honaker, on retrouve des données historiques. Ici, il est bien évidemment question du Tsar et notamment du comportement plutôt louche de l’Okhrana, la sécurité intérieure qui s’octroyait plus de pouvoir que le Tsar ne leur en donnait…

Pourvu que la suite paraisse rapidement !!!

jeudi 20 août 2009

Allers sans retour / Jean-Hugues Oppel

allers sans retour

Allers sans retour est un court roman policier. D’un côté le tueur qui commet tranquillement ses meurtres, de l’autre la police qui tente d’élucider ces mystérieux crimes. On est évidemment très loin des romans policiers « adultes » mais tout se tient. L’intérêt de ce roman, c’est la découverte du milieu carcéral, très bien décrit par l’auteur, j’y ai appris plein de choses ! Eh oui !

Bref un roman facile, à lire à la plage.

Allers sans retour / Jean-Hugues Oppel ; éditions Syros, collection Rat Noir

mardi 28 juillet 2009

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud

je mourrai pas gibier roman

Dans le billet précédent, je vous parlez de l’adaptation sous forme de BD de ce roman ado. Après les commentaires laissés par Stef, je n’ai pas pu aire autrement que me procurer le roman. Et il ne m’ a pas fallu bien longtemps pour arriver à bout des quelques 75 pages. Mais quelles 75 pages ! Je ne sais pas quelle est la version la plus forte entre la BD et le roman. La BD nous livrait des images où était suggérées l’horreur ; voir des vignettes noires où c’était au lecteur d’imaginer l’atrocité de la scène. Dans le roman, les mots remplacent ces vignettes noires, ces images parfois un peu floues. Le texte de Guillaume Guéraud est extrêmement fort, dur, bien écrit, obligeant le lecteur à comprendre l’horreur .

Ce romane est effectivement un roman plutôt violent, mais avec tout ce que j’avais entendu à son sujet, je m’attendais à bien pire. Certes, il y a des scènes très violentes, mais il ne s’agit pas de violence gratuite. C’est le désespoir, l’injustice, la révolte qui s’expriment à travers le geste du jeune garçon. Un roman de toute manière moins violente et plus intelligente que tout ce qui peut passer à la télé.

Bref, la BD et le roman sont pour moi deux belles découvertes cet été !

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud, éditions du Rouergue

mercredi 8 juillet 2009

La couleur de la haine / Malorie Blackman

Couleur de la haine

La couleur de la haine, fait suite au roman ''Entre chiens et loups'' que j’avais lu il y a quelques semaines. Si vous ne connaissez pas cette trilogie, allez plutôt lire le billet précédent car celui-ci risque de vous dévoiler une partie de l’intrigue.

Ce deuxième tome est consacré à la naissance et à la petite enfance de la fille de Sephy : Callie-Rose. De mère Prima et de père Nihil, Callie est un bébé métisse. Situation plus que compliquée dans cette société où l’on ne se mélange pas, où les noirs (Primas) sont au pouvoir et les blancs (Nihils) considérés comme des moins que rien. Sephy va devoir évoluer pratiquement seule au milieu de cette société malveillante. Comment va-t-elle pouvoir offrir à sa petite fille le moyen de grandir sereinement dans cet environnement rempli de haine ?

J’ai encore été séduite par le roman de Malorie Blackman même si je l’ai trouvé un peu moins fort que le premier (l’effet de surprise n’est plus là, c’est normal). Comme dans le premier tome, l’auteur traite de l’intolérance et du racisme. Mais cette fois-ci elle l’aborde par le biais d’un bébé métisse, rendant la situation d’autant plus intolérable. Malorie Blackman aborde aussi le thème de la maternité. Sephy écrit régulièrement tout ce qu’elle ressent dans un petit livre qu’elle donnera à sa fille quand elle sera plus grande, pour lui permettre de comprendre d’om elle vient et comment elle a grandi. Ces lettres sont pleines de la détresse que ressent Sephy à ne pas pouvoir offrir à sa fille un environnement stable et serein.

J’ai hâte de lire le troisième et dernier tome, en espérant qu’il sera à la hauteur de mes espérances !

p.69 « Callie, je veux être honnête avec toi. Je veux toujours l’être. Mais ce n’est pas facile. Quand j’étais enceinte, que tu étais en moi, je te détestais. Tu étais en vie alors que ton père ne l’était plus. Je te détestais et je détestais le monde entier pour cette raison. Mais à présent que tu es près de moi, contre mon cœur, j’éprouve une espèce de paix. »

Ce titre fera également partie de ma bibliographie sur le thème mère-fille. Pour plus d'explication, allez faire un tour ici.

samedi 13 juin 2009

Méto tome 1 : La Maison / Yves Grevet

Méto 1

Méto se présente comme trilogie dont le deuxième tome vient tout juste de paraître. La Maison se passe dans un huis clos. Une soixantaine de garçons vivent dans un bâtiment où ils ne sont pratiquement jamais en contact avec les adultes. Leurs journées sont organisées selon un emploi du temps très précis et sont soumis à un règlement très strict. Aucun de ces enfants ne se souvient de son passé, leurs premiers souvenirs ne remontent qu’à leur arrivée dans cette maison. Mais petit à petit, certains enfants commencent à se poser des questions sur ce qui se passe à l’extérieur, sur leur passé, sur ce qu’ils deviennent après avoir quitté la Maison. Puis, petit à petit, une révolte s’organise. Méto parvient à avoir des contacts avec « l’extérieur » qui vont les aider à prendre le contrôle de la Maison jusqu’à ce qu’ils parviennent à s’échapper. Mais il faudra que je lise le tome 2 pour savoir si leur tentative de fuite réussit !

Ce roman est vraiment réussi, à de nombreuses reprises il m’a fait penser à Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Toute l’existence de ces enfants est extrêmement contrôlée. Et lorsque les enfants prennent le contrôle de la Maison, ils doivent mettre en place de nouvelles règles pour parvenir à vivre tous ensemble de manière intelligente et parvenir à se défendre en cas de besoin. Cet aspect m’a fait penser à L’œil des Dieux d’Ange dans la collection "Autre Monde".

Un petit extrait pour le plaisir et pour donner une idée du monde dans lequel ont grandi ces enfants. Un enfant parle d’un vague souvenir qui lui reste de sa vie d’avant :

« Il parle d’un objet qu’il appelle « Maman ». Il ne sait plus exactement à quoi il ressemble. Mais ce mot ne le quitte pas. Ce dont il est sûr, c’est qu’il y a une relation entre cet objet et le moment du coucher, et aussi qu’il est chaud et doux. Il pense que c’est peut-être une autre façon de désigner un oreiller ou une couverture. »

Méto (tome 1) : La Maison / Yves Grevet aux éditions Syros

mercredi 27 mai 2009

Entre chiens et loups / Malorie Blackman

Entre chiens et loups

Entre chiens et le loups et le premier roman d’un trilogie de Malorie Blackman, auteur à succès en Angleterre. Malgré toutes les bonnes critiques que j’avais lues à l’époque où ces romans sont sortis, j’avais gardé l’idée d’une trilogie gentillette pour ados. Une histoire d’amour entre une jeune fille noire et un jeune homme blanc dans une société raciste, avec comme originalité d’avoir inversé les rôles : les blancs sont dominés par les noirs.

Et là, surprise ! Je viens de terminer le premier tome qui me laisse estomaquée. Passées les premières pages qui peuvent donner une impression de déjà vu (mais il faut bien poser les personnages et le décor), on embarque très vite dans un cercle infernal. Malorie Blackman ne ménage pas la sensibilité des lecteurs en soumettant les personnages à des épreuves terribles. L’histoire d’amour impossible, proche de celle de Roméo et Juliette, permet de créer le lien entre les différents événements mais ne tombe pas dans la mièvrerie ; de toute manière on ne leur en laisse pas le temps.

La société dans laquelle vivent Sephy et Callum, n’a rien de moderne. A la tête de la société, les noirs, appelés les Primas. En bas de l’échelle, les blancs, nommé les Nihils ou les Néants… Les Primas méprisent totalement les Nihils, les prenants pour des être très inférieurs. Ce comportement n’a d’autre effet que de provoquer la haine et la violence chez ce peuple opprimé. Sephy et Callum vont être les victimes de cette lutte, ne parvenant ni l’un ni l’autre à convaincre ne serait-ce que leur entourage proche que blancs et noirs sont égaux.

Une petite anecdote pour finir. Après avoir tourné la dernière page, je me suis précipitée pour allez chercher la suite (qui devrait entrer dans ma rubrique relation mère/fille d’ailleurs). Je le pose sur mon bureau et là une jeune lectrice me demande si elle peut l’emprunter ! Conclusion, je me suis fait piquer ma lecture ! Espérons qu’elle le lise rapidement !!!

Entre chiens et loups / Malorie Blackman aux éditions Milan, coll. Macadam

jeudi 23 avril 2009

Seul sur la mer immense / Michael Morpurgo

seul sur la mer immense

Voilà un roman que j’ai lu avec beaucoup de plaisir ! Edité dans une collection jeunesse, il s’adresse pourtant à tout lecteur, aussi bien jeunes ados qu’adultes. A la fois roman d’aventure et roman d’apprentissage, Seul sur la mer immense embarque le lecteur dès la première page pour une longue traversée.

On fera l’aller en compagnie de Arthur Hobhouse. A l’âge de six ans il est contraint de quitter l’Angleterre à bord d’un navire à destination de l’Australie où il est censé trouver une nouvelle famille. Il laisse en Angleterre Kitty, sa grande sœur, qui lui donnera avant qu’il parte une petite clef. Toute sa vie il l’a portera autour du cou avec l’espoir de retourner en Angleterre et de retrouver cette sœur dont il ne se souvient plus. Mais Arthur connaîtra une vie très difficile, l’empêchant de réaliser ce rêve. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il commence les préparatifs de ce grand voyage. Mais ce n’est pas lui qui partira en mer rejoindre l’Angleterre et trouver Kitty, c’est Allie, sa fille, qui partira seule, à bord Kitty IV, le voilier qu'il a construit. C’est elle qui essayera d’aller jusqu’au bout de ce rêve, pour honorer sa mémoire.

Cette histoire est donc racontée en deux temps, à deux voix. Mais dans les deux récits successifs, l’intérêt du lecteur reste le même. On suit les aventures du père puis de la fille avec beaucoup d’attention, espérant très fort que tout s’arrange et que l’on découvre l’utilité de la petite clef porte-bonheur. Un récit passionnant, émouvant, extrêmement bien écrit. Bref, des romans comme on aimerait en lire plus souvent !

Prix 2008 des libraires indépendants britanniques.

mardi 21 avril 2009

T'es pas ma mère / Prune Berge

t'es pas ma mère

Née sous X, Stéphanie a été adoptée dès sa naissance. Mais l’année de ses vingt ans, sa mère biologique cherche à reprendre contact avec elle. Pour Stéphanie qui n’a jamais réussi à accepter son abandon et l’amour envahissant de sa mère adoptive, cet événement va être l’occasion pour elle de mieux comprendre qui elle est. Des échanges de lettres entre les deux mères et Stéphanie vont permettre à ces femmes de faire connaissance et de s’expliquer. Abandonner son enfant dès la naissance n’est pas une chose facile, tout comme il est difficile pour l’enfant d’accepter cet abandon. Et entre ces deux femmes se trouve Collette, la mère adoptive, qui tente tout pour se faire aimer de sa fille.

T’es pas ma mère est un roman épistolaire très fort. Au fil des lettres, on découvre la détresse et l’amour de ces femmes. Les relations entre une mère et une fille ne sont pas toujours faciles et chaque histoire est très différente. Mais malgré toutes les difficultés qu’elles rencontrent, l’espoir que tout s’arrangera est présent dans chacune de ces lettres.

Un très beau livre sur l’amour maternel !

T'es pas ma mère / Prune Berge aux éditions Actes Sud

Ce roman fait partie de ma bibliographie sur le thème Mère-fille dont je parlais dans ce billet. Si vous avez d'autres idées, elles sont toujours les bienvenues !

lundi 13 avril 2009

La fille qui dort / Florence Hinckel

fille qui dort

La fille qui dort traite intelligemment d’un sujet peu courant : celui de la narcolepsie. Johanna a quinze ans lorsqu’elle découvre qu’elle souffre de cette maladie. Plusieurs fois par jour, elle s’endort donc brusquement sans pouvoir rien y faire. Et dès qu’elle ressent une vive émotion, se sont les muscles de tout son corps qui la quittent, ce sont des crises de catalepsie, crises qui accompagne la narcolepsie.

Ce roman est donc l’occasion d’expliquer cette maladie et de montrer qu’il est possible de vivre avec. Johanna va donc devoir se battre pour apprivoiser ses sentiments et ses crises de sommeil tout en faisant face aux traditionnelles problèmes de l’adolescence : difficultés de communication avec sa mère, peur du regard des autres, découverte des premiers amours et des véritables amitiés…

Un sujet intéressant sur une base de roman ado assez traditionnel, un peu trop traditionnel parfois puisqu’on retrouve de nombreux clichés. Mais on les pardonne assez facilement face à une héroïne attachante et pleine de volonté pour dompter son « handicap ». C’est le théâtre qui va l’aider à maîtriser ses émotions. On trouve d’ailleurs tout au long du roman un véritable éloge à l’Antigone D’Anouilh. Espérons qu’il incite les ados à se plonger dans cette très belle tragédie grecque !

Comme dans chaque roman de la collection « connexion » quelques notes à la fin du roman nous donne quelques explications sur la narcolepsie et les coordonnées d’associations ou de blogs s’intéressant au sujet.

Ce roman fait partie de la sélection 2009 du Prix ados de Rennes (sélection faites par les ados eux-mêmes)

La fille qui dort / Florence Hinckel aux éditions Les 400 coups, collection « Connexion »

dimanche 5 avril 2009

Juliette de la Flibuste / Bertrand Solet

Juliette de la flibuste

Juliette de la Flibuste m'a été offert par Gaëllou lors du swap adologie organisé par Emmyne le mois dernier. Voici donc mes impression sur ce roman que je voulais lire depuis très longtemps.

Juliette, jeune fille de bonne famille de La Rochelle, nous embarque dans des aventures trépidantes au milieu des pirates et des corsaires ! Enlevée quelques jours avant son mariage avec l’un des flibustiers du roi, Juliette parvient à échapper aux mains de ses ravisseurs. Mais la malchance fait que les soldats la trouvent dans une quartier mal famé et la prenne pour une prostituée. C’est sur l’île de la Tortue qu’elle débarque et où elle se retrouve peu de temps après nez à nez avec l’homme qu’elle devait épouser mais qui s’est vite consolé de sa disparition en épousant une autre femme… Quoiqu’il en soit, Juliette décide de se lancer dans l’aventure et de participer à l’attaques des bateaux espagnols. Un sabre à la main, arrivera-t-elle à reconquérir l’homme qu’elle aime ?

Juliette est un personnage étonnant ! Une jeune fille de bonne famille qui n’hésite pas une seconde à prendre les armes (qu’elle a appris à maîtriser depuis sa plus jeune enfance) et à se couper court les cheveux pour se faire passer pour un marin. N’ayant jamais froid aux yeux, elle prend le commandement avec assurance quand la situation l’exige.

Juliette de la Flibuste est vraiment un roman plein d’énergie et de rebondissements. Peut-être peut-on espérer une suite…

Juliette de la Flibuste / Bertrand Solet aux éditions Connexion Les 400 coups

NB : Emmyne organise un nouveau swap consacré à l'Afrique cette fois-ci. Vous trouverez toutes les infos ici.

jeudi 26 mars 2009

Lettres à une disparue / Véronique Massenot

Lettres à une disparue

J’ai lu ce court roman épistolaire dans le cadre de la bibliographie que je prépare sur le thème « Mère-fille ». Lettres à une disparue entre dans cette rubrique puisqu’il s’agit de lettres écrites par Melina à sa fille qui a disparu il y a quelques années, enlevée avec son mari et sa fille par des membres du régime dictatorial du pays dans lequel ils vivent. L’écriture permet à Melina d’accepter petit à petit la mort de Paloma en y exprimant tout son amour et tout son chagrin. Ces lettres permettent de sentir tout l’amour et toute la détresse de cette femme à qui on a enlevé l’être qu’elle chérissait le plus. Mais un espoir naît un jour. Pas celui de revoir sa fille vivante, mais celui de retrouver sa petite-fille en vie !

Lettres à une disparue n’est pas seulement un roman sur l’amour d’une mère, c’est également un rappel sur ce qui se passe dans certains pays où règnent des dictatures. Une note de l’auteur à la fin du recueil nous explique ses intentions en écrivant ces lettres ; je vous la livre pour terminer ce billet :




« J’ai choisi, en écrivant ce roman, de ne pas faire mention, ni de l’époque, ni du pays, dans lesquels l’action se situe. Souci d’universalité.

Melina, Paloma, Nina, et tous les autres, sont des personnages de fiction, nés de mon imagination.

Et pourtant, ce qu’ils vivent, ce qu’ils subissent sur le papier – tortures, disparitions, enlèvements, procès – des êtres de chair et de sang, des hommes, des femmes et des enfants, en ont été les victimes bien réelles, historiques.

Ne les oublions pas. »

Lettres à une disparue / Véronique Massenot. Editions du livre de poche Jeunesse, 1998

dimanche 15 mars 2009

Quand j'étais soldate / Valérie Zenatti

Quand j'étaus soldate

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman autobiographique. Une fois encore, la couverture de L’Ecole des loisirs n’incitait pas tellement à se plonger dedans. Heureusement qu’on me l’avait vivement conseillé car je crois que je serais passé à côté.

Valérie Zenatti est originaire d’une famille juive. Jusqu’à l’âge de 13 ans elle a vécu à Nice, avant d’émigrer en Israël. Quand j’étais soldate retrace les deux années de service militaire que toutes les jeunes filles doivent effectuer après leur bac. Ce roman mêle à la fois les états d’âme d’une adolescente : les premiers amours, l’amitié… et la découverte de la vie adulte et indépendante via les épreuves endurées pendant ces deux années. Valérie Zenatti en profite pour expliquer aussi clairement que possible le conflit entre Israëliens et Palestiniens et inciter à la réflexion comme elle le faisait déjà dans Une bouteille dans la mer de Gaza.

"En Israël, tous les extrêmes de la société se côtoient, difficilement parfois. Il y a des gens trop riches et d'autres trop honteusement pauvres. Des ombres noires qui se balancent en priant Dieu et des silhouettes en minijupes qui dansent en croyant au plaisir et à l'instant présent. Des militants qui veulent la paix maintenant, et qui savent que, pour cela, il faudra donner aux Palestiniens le droit de vivre comme ils l'entendent. Et d'autres qui proclament leur attachement à la Terre, à la Bible, qui se bouchent les oreilles et se masquent les yeux pour ne pas savoir que trois millions de Palestiniens vivent -mal- à Gaza, dans les collines de Judée et de Samarie."

Ce roman est très agréable à lire, il alterne entre récit et extrait de journal intime. On s’attache très vite à la jeune fille dotée d’un caractère à la fois sensible, trempé et plein d'humour. On y apprend beaucoup de choses sur ce pays que Valérie Zenatti aime et sert de bon cœur et qu’elle fait découvrir à travers les romans qu’elle écrit pour la jeunesse.

Quand j’étais soldate / Valérie Zenatti aux éditions L'Ecole des loisirs, 2003



Loula a aussi eu un coup de coeur pour ce roman. Profitez-en pour visiter son nouveau blog ou mettre à jour votre lien ;-)

mercredi 11 mars 2009

Le Gardien des créatures / Franny Billingsley

gardien des créatures

Corinna est une adolescente qui se fait passer pour un garçon depuis quelques années pour pouvoir être le gardien des créatures et vivre tranquillement au fond de la cave de l’orphelinat et échapper à toutes les corvées réservées aux filles. Jusqu’au jour où un vieil homme la demande à ses côtés et lui révèle en partie ses origine et lui demande de garder les créatures chez lui-même après sa mort imminente.

Corinna accepte donc et intègre en quelque sorte une nouvelle famille. Tout aurait pu se passer tranquillement si Corinna n’avait pas découvert quelques secrets de famille. Dans un premier temps, ces découvertes la mettront en danger jusqu’à ce qu’elle découvre toute la vérité sur sa naissance et ses parents

Ce roman qui, sous la forme d’un journal intime, nous révèle au jour le jour les aventures de ce drôle de personnage nous donne l’impression de passer à côté de certaines choses (à moins que je ne l’aie lu un peu trop rapidement). A aucun moment du récit on ne comprend véritablement ce que sont ces créatures qui font tourner le lait et pourrir les récoltes, et l’intérêt de les garder chez soi. Peut-être qu’il s’agit tout simplement de superstitions incarnées dans des créatures plus ou moins imaginaires. Dès le commencement on se demande où l’on va et les choses ne s’éclairent que très tardivement sans nourrir véritablement de suspens. Il y a pourtant de bonnes choses : un personnage atypique, plein de personnalité et de courage, un thème original mais qui perd de son intensité en voulant respecter l’horizon d’attente d’un lecteur : un happy end…

Le Gardien des créatures / Franny Billingsley aux Editions du Seuil

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