Midola's blog

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lundi 11 janvier 2010

L'Adolecteur et le censeur

Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais il y a quelques semaines il y a eu une polémique autour de deux romans sélectionnés pour le Prix Ados d'Ille et Vilaine : Je suis ta nuit et les Orphelins de Naja. Le site de Ricochet a mis en ligne un article très intéressant d'Annie Rolland traitant des romans ados et de la Censure. Je vous renvoie directement au site de Ricochet : L'Adolecteur et le censeur.

qui a peut de la litt ado Et pour compléter cet article, je vous conseille également son livre Qui a peur de la littérature ado ?. Je suis en train de le lire et je le trouve passionnant. Elle y explique notamment ce que les adolescents font de ce qu'ils lisent et en quoi ces romans aux sujets difficiles peuvent avoir un effet très bénéfique sur ces ados. J'espère trouver les temps de lui consacrer un billet prochainement...

Qui a peur de la littérature ado ? / Annie Rolland aux éditions Thierry Magnier

mercredi 6 janvier 2010

Le Club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia

Club des incorrigibles

Début décembre, Jean-Michel Guenassia a été invité aux Champs Libres à Rennes lors de la rencontre annuel du Goncourt et Goncourt des lycéens. C’est donc en compagnie de Marie N’Diaye, de plusieurs membre de l’Académie Goncourt et de deux lycéennes que l’auteur du Club des incorrigibles optimistes nous a parlé de ce roman. Je vous renvoie au billet de Gambadou qui fait un très bon compte-rendu de cette soirée. Je dois avouer que la prestations de Marie N'Diaye a eu un effet très soporifique sur moi, me demandant beaucoup de concentration pour me réveiller pendant les interventions des autres intervenants... Dommage, car je gardais un excellent souvenir de la rencontre de l'année dernière avec Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

A l’issue de cette rencontre, c’est tout naturellement que je me suis plongée dans ce gros roman. Si l’écriture et le style de Jean-Michel Guenassia n’ont rien d’exceptionnels, l’histoire m’a vite passionnée. Ce roman mêle fiction et vérités historiques. Le personnage de Michel, jeune lycéen, est le fil conducteur du récit. Vers la fin des années 50 il se met à fréquenter un bar où se rassemblent bon nombre de réfugiés politiques. Petit à petit, Michel découvre leurs histoires, toutes aussi dures les unes que les autres. La vie de Michel permettent de donner du souffle au récit et d’éviter l’amoncellement de portraits de réfugiés. Elle permet également d'aborder d'autres thèmes non moins importants comme la guerre d'Algérie, les relations familiales ou amoureuses.

Le Club des incorrigibles optimistes est un roman qui se lit très facilement. J’aurais été tentée de parler de roman léger s’il ne mettait pas en lumière les horreurs du régime russe des années 50. A lire si vous avez l’occasion de l’avoir entre les mains.

mardi 8 décembre 2009

Le site Internet de l’Ecole des loisirs

Ce billet fait en partie suite aux Mercredis de l’album que nous avons consacré à Anthony Browne et Tomi Ungerer. L’Ecole des Loisirs publie gratuitement des livrets consacrés à des auteurs et des illustrateurs. Je connaissais déjà ceux consacrés à Marie Desplechin, Marie-Aude Murail, Brigitte Smadja… Et je suis tombée par hasard sur ceux consacrés à Anthony Browne et Tomi Ungerer. Celui consacré à Anthony Browne m’a vraiment fasciné, l’illustrateur, lui-même, nous décrit plusieurs de ses albums et nous montre plein de détails qui m’avaient totalement échappé.

Ces livrets sont téléchargeables en format PDF sur le site de l’Ecole des Loisirs, ou envoyé gratuitement par la poste. Je vous renvoie directement au site qui vous permettra de découvrir les autres merveilles qui nous y sont proposées : interviews d’auteurs, les rendez-vous, le catalogue…

Ecole des loisirs Dernière nouveauté : le livret de Xavier-Laurent Petit !

mardi 27 octobre 2009

Marc Cantin

Une petite info au passage pour ceux qui ont lu Une ado en prison (paru en 2008) ou Des barreaux plein les yeux (paru 2000) de Marc Cantin. Il s'agit de la même histoire que l'auteur a retravaillé et édité en faveur d'une association. Je vous renvoie au blog très instructif de Marc Cantin et plus particulièrement au billet qu'il consacre à ''Une ado en prison'' et à ses commentaires où il explique sa démarche.

jeudi 15 octobre 2009

Prix ados d’Ille et Vilaine 2009-2010

Le 17e prix Ados d’Ille et Vilaine vient d’être lancé. Dix romans ont été sélectionnés par les ados eux-même parmi une présélection comportant une soixantaines de titres. Les ados d’Ille et Vilaine âgés de 13 à 16 ans voulant participer à ce prix doivent s’inscrire auprès des établissements y participants (collèges, librairies, bibliothèque) avant le 31 décembre 2009.

  • L’Arche de Noa / Ange aux éditions Intervista, Cinémascope
  • Ceux qui sauront / Pierre Bordage aux éditions Flammarion, Ukronie (je suis en train de le lire d'ailleurs !)
  • Le cœur à l’Ouest / Camille Brissot aux éditions Rageot, Métis
  • Le rêve de Sam / Florence Cadier aux éditions Gallimard, Scripto
  • ''Une Ado en prison'' / Cantin Marc aux éditons Coyote Jeunesse, Visages du Monde
  • Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne aux éditions Intervista, 15-20
  • Les orphelins de Naja / Nathalie Le Gendre aux éditions Mango, Autres Mondes
  • Fleurs de dragon / Jérôme Noirez aux éditions Gulf Stream, Romans Ado
  • Le mystère Olphite / Carina Rozenfeld aux éditions Atalante, Le Maedre
  • Le sang des Nahdas / Patricia Torrente aux éditions Bayard, Mondes imaginaires

mardi 14 juillet 2009

Un blog à découvrir

Un petit coup de pub pour un nouveau blog ! Celui de la bibliothèque de Landivisiau ! Il faut absolument aller lire les billets plein d'énergie, d'humour, de pertinence et d'impertinence de Stéphanie. Vous y trouverez plein de bonnes idées de lectures, de films, d'expos, de musique... Ca sera aussi l'occasion de découvrir tout ce qui se passer dans une bibliothèque ! Je suis les conseils de Stéphanie depuis quelques années déjà et je lui dois de belles découvertes ! Alors, n'hésitez pas à aller y faire un tour en passant par ici.

dimanche 5 juillet 2009

La fin des éditions du Panama

Panama éditions logo

Il y a quelques mois, j’avais publié un article portant sur l’importance de d’acheter ses livres chez nos libraires indépendants. Et j’en avais profité pour vous signaler la menace de liquidation judiciaire qui planait sur les éditions du Panama, une petite maison d’édition qui nous proposait des livres d’une très grande qualité. Aujourd’hui cette menace est effective, les éditions du Panama n’ont pas réussi à sauver leur entreprise et doivent mettre la clef sous la porte. C’est une véritable perte pour le secteur des livres jeunesses (j’avoue que je ne connais pas bien leurs productions adultes). Un grand dommage pour cette triste nouvelle. Espérons que leurs auteurs et illustrateurs trouveront de nouveaux éditeurs qui accepteront de publier les travaux très originaux.

Depuis sa création en 2004, cette maison d’éditions a publié de nombreux albums. Je vous propose une petite sélection de mes préférés :

  • Axinamu

Axinamu

  • Tous les livres d’Hervé Tullet qui jouent avec les formes, les couleurs et invitent à la rêverie :

Tullet 1 Tullet 2 tullet 3

  • Les animaux de la ferme / Les animaux sauvages : Deux superbes albums à rabats pour les tout-petits. Les ombres des animaux sur le dessus du rabat et la photo de l’animal en-dessous.

Panama animaux de la ferme panama animaux sauvages

Si vous avez l’occasion de tomber sur ces livres, n’hésitez pas à prendre le temps de les découvrir !

jeudi 11 juin 2009

Prix Ados 2009

Prix ado

Depuis 1994 est organisé tous les ans en Ile-et-Vilaine le Prix Ados. Ce prix a pour particularité d'être représentatif de ce qu'aiment les 13-16 ans puisqu'ils sélectionnent eux-même les dix titres en lices. Cette année, les ados avaient à lire :

  • La malédiction d'old Haven / Fabrice Colin
  • Ados sous contrôle / Johan Heliot
  • La fille qui dort / Florence Hinckel
  • L'heure bleue / Nathalie Kuperman
  • A vos risques et périls / Pascale Maret
  • Océania (tome 1) : La prophétie des oiseaux / Hélène Montrarde
  • Be Safe / Xavier-Laurent Petit
  • Sors de ta chambre / Karine Reysset
  • Les Héritiers du Stirix / Elodie Tirel
  • Ne sois pas timide / Claire Ubac

Be safe Et cette année, le prix a été décerné à Xavier-Laurent Petit pour son roman Be Safe ! Je dois avouer que bien souvent je suis déçue par le vote des ados, ils ont parfois tendance à privilégier des romans très faciles, et dont l'histoire n'a pas beaucoup d'intérêt. Mais cette année, je suis vraiment contente de leur choix. Be Safe traite d'un sujet pas évident : celui de la guerre en Irak, ce qui montre bien que les ados sont capables de s'intéresser à ce type de sujet. Xavier-Laurent Petit est un auteur que j'affectionne particulièrement car il a la faculté d'aborder des sujets difficiles en les rendant passionnants. Il ne cède pas à la facilité et en est bien récompensé !

Pour plus d'infos sur le prix, je vous renvoie à ce site.

J'en profite pour vous donner quelques titres de sa bibliographie :

  • La route du nord 2008
  • Be Safe 2007
  • Charlemagne 2005
  • Maestro 2005
  • Marie Curie 2005
  • Fils de guerre 1999
  • L'autre côté du mur 2000
  • Colorbelle-ébène 1996
  • Le monde d'en haut 1998
  • Le col des Mille Larmes 2004
  • Les yeux de Rose Andersen 2003
  • 153 jours en hiver 2002
  • G la diahrée 2001
  • Miée 2001
  • Belle neigeuse 2000
  • L'Oasis 1997
  • Le jour où maman a disparu 1995
  • Piege dans les rocheuses 1999
  • Passage de la main d'or 1995

vendredi 8 mai 2009

Maison de Dickens

Et me voilà de retour parmi vous après quelques jours de vacances bloguesques et un court séjour à Londres. Je n’ai pas tellement eu le temps de lire bien évidemment mais je vous ai rapporté quelques photos de la maison de Dickens et de la British Library (que je vous présenterai un peu plus tard).

Commençons donc par mon cher ami Dickens ! Après lui avoir consacré pas mal de temps en lisant De grandes espérances, c’est sa petite maison londonienne, où il vécut de 1837 à 1839, que je viens de visiter. Une maison bien anglaise comme vous pouvez le constater :

Maison de Dickens

Au sous-sol de cette maison, une bibliothèque rassemblant des différentes éditions et traductions des romans de Dickens :

bibliothèque dickens

Et pour finir, le salon de Dickens où il aimait s’installer en compagnie de sa famille pour écrire Oliver Twist.

salon dickens

Un petit musée agréable à visiter pour découvrir la vie de ce célèbre auteur anglais du XIXe siècle.

mardi 3 mars 2009

Bécherel

Lundi (jour de repos des bibliothécaires), j'ai profité des premiers rayons de soleil pour aller me balader dans la "Bretagne romantique" au nord de Rennes. C'est à Chateaubriand que l'on doit cette appellation puisqu'il passa toute son enfance au château de Combourg, situé entre Rennes et Saint-Malo. Et à quelques kilomètre de là, se trouve la petite ville de Bécherel : "La première cité du livre" en France (et troisième en Europe !).

Si vous voulez connaître l'Histoire de cette petite ville fortifiée, je vous renvoie au site Bécherel. Ce qui m'intéresse ici, c'est de vous montrer quelques photos qui prouvent à quel point le livre a une place centrale dans ce petit village de 670 habitants. En faisant le tour de la place centrale, j'ai pu photographier quelques devantures de librairies anciennes :

librairie 1

librairie 3

librairie 4

librairie 5
Et la librairie du Donjon : librairie 2

Mais Bécherel ne se résume pas à ses nombreuses librairies, elle héberge également bon nombre d'artistes et d'artisans du livres : sculpteurs, calligraphes, relieurs, enlumineurs...

Voilà, si vous êtes de passage en Bretagne, ne manquez surtout pas cette jolie petite cité fortifiée. Vous pourrez même y déguster gâteaux et thé à la terrasse d'une librairie-café ! Sur le site de l'Office du Tourisme, vous trouverez toutes les dates des événements dédiés aux livres (Printemps de Poètes, Fête du livre...)

lundi 2 février 2009

Le métier de bibliothécaire

Sur son blog Les Coups de coeur de Géraldine, Géraldine a lancé une nouvelle rubrique "des livres et des métiers" où elle demande à des professionnels de présenter leur métier. C'est donc en tant que bibliothécaire qu'elle m'a demandé de rédiger un texte pour tenter de vous faire découvrir les multiples facettes de cette activité. Vous retrouverez donc ce billet sur le site de Géraldine. N'hésitez pas à aller y faire un tour pour y découvrir d'autres "maillons" de la chaîne du livre !

Pour être plus exact, il faudrait parler DES métiers de bibliothécaire, car le fonctionnement d’une bibliothèque demande des profils de postes très variés suivant que l’on travail dans la section adultes ou dans la section jeunesse ; que l’on gère le fonds multimédia, les revues ou les livres ; que l’on fasse des animations ou que l’on s’occupe de l’équipement des documents.

En ce qui me concerne, je suis rattachée à la section jeunesse, et j’ai plus particulièrement en charge le secteur de la petite enfance (les 0-6 ans)

Pour donner une petite idée de l’organisation de mon emploi du temps, je consacre un peu plus de la moitié de mon temps à accueillir les lecteurs (c’est ce que l’on appelle le « service public ») lorsque la bibliothèque est ouverte au public. Le reste de mon temps de travail (parce qu’on travaille lorsque la bibliothèque est fermée !) est consacré à nombreuses tâches : le rangement (ce qui n’est la passion d’aucun bibliothécaire, je tiens à le préciser ;-) achats des livres, catalogage (on rentre les livres dans l’ordinateur), préparation des animations, séances d’animations avec les classes ou d’autres groupes, réunions, préparation de fliers et d’affiches, réunion avec des partenaires extérieurs ou avec la mairie (notre tutelle). Bref, pas de quoi s’ennuyer !

En tant que responsable de la petite enfance, j’accueille les classes de petites, moyennes et grandes sections de maternelles pour des animations (c’est-à-dire des lectures et découvertes d’albums sur un thème particulier). Je reçois également les assistantes maternelles (les fameuses nounous) pour des séances d’éveil (et de papotages…) aux livres pour les enfants de moins de 3 ans. Je vais également toutes les deux semaines à la crèche, avec ma caisse de livres sous le bras et mes marionnettes. Toutes ces animations se passent pendant les heures de fermetures de la médiathèque (une de mes collègues est en charge des animations pour les primaires).

Lorsque la médiathèque est ouverte, je propose aussi des animations pour les lecteurs : une fois par mois, c’est moi qui assure la fameuse « Heure du conte » du mercredi après-midi et un samedi matin par mois je propose une séance d’éveil aux livres aux 0-3 ans.

Enfin, plusieurs fois dans l’année, la médiathèque où je travaille propose des temps forts pendant lesquels on reçoit une exposition, un auteur, un illustrateur, un spectacle, etc. Ces temps forts demande beaucoup de travail en amont (mais quel bonheur !)

Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est le contact avec les personnes, que ce soit les (gentils) lecteurs que l’on conseille ou avec lesquels on discute (ils nous apprennent beaucoup de choses eux aussi !) ou les rencontres avec les auteurs et illustrateurs. Et quel bonheur de voir le regard émerveillé des enfants lorsqu’on leur raconte des histoires. Notre mission est d’aider les lecteurs à trouver leur bonheur, mais aussi de leur faire découvrir des textes, des auteurs dont on n’entend peu parler.

Et être bibliothécaire a aussi un gros avantage : être aux premières loges pour découvrir les merveilles du monde du livre ou du cinéma ! Parce que ne vous leurrez pas, on intercepte les ouvrages et les DVD avant de les mettre en rayon, au nom de la soit disante « conscience professionnelle » bien évidemment ;-)

Et si vous avez des question sur ce métier, n'hésitez pas à me les poser dans les commentaires !

lundi 5 janvier 2009

La Bibliothèque Rose aujourd’hui

Bibliothèque rose

La création de ce blog est pour moi l'occasion de faire partager les notes que j'avais prises à l'occasion d'une conférence en 2007 aux Champs Libres (Rennes) que j'avais trouvé particulièrement intéressante. Même si les propos datent d'il y a presque deux ans, ils restent tout de même d'actualité... __ Charotte Ruffault__ est directrice de la collection La Bibliothèque rose aux éditions Hachette Conférence organisée à l’occasion des 150 de La Bibliothèque rose.

Spécificités de la collection :

  • reprendre des titres qui ont très bien marché et les « relooker » pour relancer les ventes
  • avoir un auteur phare : la Comtesse de Ségur et aujourd’hui PEF
  • tous les titres sont au même prix
  • A pour objectif de divertir, pas d’éduquer. Visée commerciale.

Aujourd'hui, la collection compte 42 séries, dont une dizaine devraient finir par disparaître.

Début 2000, la directrice de collection (dont je n’ai pas retenu le nom) a voulu introduire au catalogue des auteurs français. Mais ils ne pouvaient pas rivaliser avec les novellisations.

Aujourd’hui, il n’y a plus que des novellisations. La première novellisation remonte au début des années trente avec Minnie et Mickey !

Aujourd’hui 50% de la production jeunesse sont des séries (y compris Harry Potter…), d’origine anglo-saxonne et avec comme but le divertissement, la distraction.

Les novellisations sont donc des œuvres dérivées, déclinées à partir d’une œuvre originale (dessin animé, BD, jeu vidéo). Par cette re-création, on perd évidemment des choses par rapport à l’œuvre originale. Mais d’après Charlotte Ruffaut on en gagne aussi : pour un enfant, c’est un effort d’entrer dans l’univers d’un auteur, c’est l’inconnu, ça fait peur. Ils aiment revenir aux mêmes histoires (C. Ruffault reprenait l’exemple de l’histoire demandée tous les soirs par l’enfant bien qu’il (ou parce qu’il) la connaisse par cœur). La novellisation leur offre des histoires rassurantes car ils les connaissent déjà. Mais l’avantage de ces novellisations est de permettre à l’enfant de les vivre de l’intérieur. C. Ruffault soulignait une question très intéressante : pourquoi les enfants ont peur de s’aventurer dans des livres qu’ils ne connaissent pas ? Lire est une Aventure, pourquoi a-t-on peur de cette Aventure ? Elle-même n’a commencé à lire que très tard, après la lecture des Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir, parce que cette lecture a fait écho en elle. Ce roman lui a révélé ce qu’était la lecture.

La novellisation peut faire de très bon lecteur au sens technique du terme ! Elle peut être considérée comme un bon moyen de s’entraîner à lire facilement et rapidement.

C. Ruffault soulignait également le manque de partage entre les parents et les enfants. Beaucoup ne tiennent pas leur rôle de passeur, ils ne font pas découvrir les lectures qu’ils ont aimé enfant.

Lorsque des titres anciens sont réédités, ils peuvent subir certains changements (autres que la présentation). Ils sont retraduits à partir de la version originale (ce qui n’avait pas été le cas depuis bien longtemps) et de manière à parler à des enfants du XXIe siècle (le vocabulaire peut alors surprendre). Certains textes ont pu subir des coupes (ex de Fifi Brin d’Acier) ou l’ajout de notes (le club des cinq comporte des propos racistes).

La notion d’auteur n’avait pas d’importance pour Hachette, ce qu’il l’intéressait c’était le titre, l’histoire. Lui-même corrigeait, réécrivait certains textes. Il a été l’un des premiers éditeurs à commander des romans à des auteurs (méthode anglo-saxonne). Il avait une logique de « marketing » avant l’heure, il visait la grande distribution.

On peut remarquer que les titres de la Bibliothèque rose sont présents jusque dans les petites supérettes. On les remarque aussitôt grâce à leur dos rose. Même en bibliothèque on les repère aussitôt car ils sont regroupés par séries alors que les autres livres sont classés par ordre alphabétique d’auteur.

Charlotte Ruffaut notait une invasion du livre de divertissement. Fin 1970, début 1980, il y a eu une explosion de la littérature de jeunesse de création (avec l’école des loisirs entre autre). Mise en avant d’auteurs français (via les différentes collections de poche). Ces auteurs ont beaucoup été relayés par l’école mais on leur a reproché de toujours écrire la même chose : des romans réalistes, des choses du quotidien. Or l’enfant vit maintenant d’autres choses avec l’apparition de la télé, des jeux vidéo, d’Internet. Les enfants ont maintenant une __culture de l’image. __ En ce qui concerne l’écriture d’une novellisation. Un épisode d’une vingtaine de minutes doit donner un livre de 96 (dont plusieurs captures d’écrans). Les auteurs du dessin animé ou de la BD sont très exigeants et suivent de très près la novellisation de leur œuvre. Le cas de Franklin est particulier puisque se sont les auteurs du dessin animé qui ont écrit la novellisation.

vendredi 12 décembre 2008

Rencontre Goncourt aux Champs Libres

Hier soir, en compagnie de Géraldine, j’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre fort intéressante consacrée aux lauréats du Goncourt et du Goncourt des lycéens : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

Le hasard (mais après tout, est-ce un hasard…) a bien fait les choses de récompenser deux écrivains capables d’écrire à la fois dans leur langue maternelle et dans une langue d’adoption. Atiq Rahimi est un auteur d’origine afghane qui avait jusqu’ici publié des textes écrits en persan (Terre et cendres, Les mille maisons du rêve et de la terreur, Le retour imaginaire). Syngué Sabour est son premier roman écrit en français, sa langue d’adoption.

Le cas de Catherine Cusset est pour le moins atypique ! Cette femme, agrégée de lettres classiques, vit depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, ce qui lui a permis d’acquérir la maîtrise de la langue anglaise. Ce qui est véritablement particulier chez cette romancière, c’est qu’elle utilise l’anglais ou le français suivant les choses qu’elle souhaite exprimer. Selon elle, elle ne peut écrire en français que des événements qui la touche de près ; l’anglais au contraire, est un moyen pour elle de se détacher de ses personnages et d’inventer des destins très loin de sa propre vie. Un brillant avenir a donc d’abord existé dans une version anglaise. Connaissant enfin les destins de ses personnages, Catherine Cusset a alors entrepris la réécriture (et non la traduction !) de son roman.

Ecouter ces auteurs parler de leurs romans, du rapport qu’ils entretiennent avec leurs propres langues, de leur amour pour les mots est vraiment passionnant et on regrette que la rencontre passe à un si grande vitesse !

Deux membres de l’Académie Goncourt étaient présents sur la scène des Champs Libres : Didier Decoin et Edmonde Charles-Roux. Hier soir, ils nous ont parlé de leur amour de la lecture, de la fascination qu’ils éprouvaient face à l’engouement des lycéens qui ont participé au Goncourt des lycéens. Edmonde Charles-Roux a fait preuve d’un immense sens de l’humour et a su nous communiquer sa passion pour la lecture, l’écriture, et sa reconnaissance envers tous les lecteurs du monde entier ! Une véritable bouffée d’oxygène !

Le moment des dédicaces a été évidemment un instant privilégié avec ces deux auteurs plein d’humour et de simplicité !

mardi 25 novembre 2008

Où acheter ses livres ?

Ma passion pour les livres et pour les métiers du livre me pousse à écrire ce billet. De plus en plus, les lecteurs achètent leurs livres en ligne ou dans des grandes surfaces spécialisées du type FNAC ou Virgin. Pendant ce temps, nos petites librairies indépendantes (donc tenues par de vrais librairies) sont délaissées et mettent la clef sous la porte les unes après les autres. Je vais tenter de vous expliquer les enjeux de ces disparitions...

La grande différence entre une grande surface spécialisée et une petite librairie réside dans le fait que les petits libraires ne se contentent pas de proposer les livres à la mode, les livres dont on entend parler partout. Le vrai libraire va essayer de dénicher parmi les petites maisons d'édition des trésors. Il va ainsi permettre de faire vivre des maisons d'édition qui ont de petit moyens mais qui privilégient la qualité à la quantité. Le libraire de notre petite librairie n'est pas un simple vendeur, il est là pour nous conseiller, pour dialoguer avec nous (bon, je reconnais, tous ne sont, hélas !, pas forcément très abordables ;-) et nous guider à travers une production foisonnante !

L'autre point qui incite les lecteurs à acheter dans les grandes surfaces spécialisées c'est le prix des livres. Ces points de ventes pratiquent une réduction de 5%. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que les petits libraires pratiquent la même réduction mais sous une autre forme : la carte de fidélité !!! Presque toutes les libraires en proposent une, il ne faut pas hésiter à la demander à la caisse !

Ce billet fait suite à la rumeur de la disparition prochaine d'une maison d'édition pour la Jeunesse que j'affectionne particulièrement, elle produit des livres magnifiques et originaux. Les libraires ne cessent de les recommander à leurs clients, les bibliothécaires les conseille à leurs lecteurs mais ces superbes livres ne sont presque jamais proposés dans nos chères grandes surfaces... je vous laissent l'adresse de leur site pour que vous puissiez vous promener dans leur catalogue : http://www.editionsdupanama.com/