Midola's blog

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lundi 7 novembre 2011

Galadio / Didier Daeninckx

galadio

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu de roman de Didier Daeninckx et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ses histoires passionnantes qui nous entraînent dans les méandres de l’Histoire et nous en révèlent des pans peu connus (en tout cas de moi !).

Galadio nous entraîne au cœur de l’Allemagne des années 1930, lorsque le nazisme commence à s’étendre et à persécuter les juifs mais aussi les métis. Ulrich est un enfant métis, né d’une mère allemande et d’un père africain engagé dans l’armée française venue occuper l’Allemagne au début des années vingt. Alors qu’il est arrêté pour subir un examen médical par les forces allemandes, il va être repéré par un cinéaste qui a besoin d’acteurs et de figurants noirs pour ses films. Ces tournages vont être pour lui l’occasion de partir sur les traces de son père au cœur de l’Afrique.

Ce roman est passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur cette Allemagne des années trente dont on ne parle pas beaucoup. La difficulté pour les femmes blanches qui ont fréquenté des soldats noirs d’assumer leur grossesse aux yeux de tous quitte à se mettre à dos toute sa propre famille, les rafles d’animaux domestiques appartenant aux juifs, la stérilisation des noirs et des métis… Et comme toujours Didier Daeninckx nous ouvre les yeux sur l’Histoire sans en avoir l’air. Pas une seule fois il ne se permet de couper le récit pour y introduire de longues digressions sur l’Histoire. Il nous donne des clés, à nous de poursuivre notre lecture en ouvrant des livres d’Histoire.

A lire absolument !!!

mercredi 2 novembre 2011

Nic Oumouk / Manu Larcenet

nic oumouk 1 nic oumouk 2

J’avais lu le premier tome de cette bd destinée aux enfants à sa sortie il y a quelques années et je me rappelais avoir bien aimé. Mais c’est en lisant le billet de Lasardine que j’ai eu envie de me rafraîchir la mémoire et de découvrir le second tome. J’avais donc emprunté les deux tomes la veille de la naissance de mon fils et lu le début du premier tome. Est-ce les secousses de mes éclats de rire ou la curiosité de découvrir ce qui me faisait tant rire qui lui ont donné envie de venir sur terre plus tôt que prévu ? Mystère ! En tout cas, ce qui est sûr, c’est que j’ai du attendre que la cicatrice de ma césarienne soit moins douloureuse pour me permettre de me replonger dans cette série et pouvoir rire tout mon soûle ! Excellente thérapie !

Manu Larcenet se joue des clichés que l’on entend à longueur d’année sur les banlieues. Il les détourne et les amplifie pour mieux en montrer l’absurdité. A lire et à relire !

vendredi 28 octobre 2011

Léodine l’Africaine / Albert Russo aux éditions Ginkgo

Léodine

Ce livre, proposé par Babélio lors de son opération Masse Critique, avait attisé ma curiosité. Sa quatrième de couverture nous le présentait de cette manière :

"Ce livre raconte l’enfance et l’adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend à son adolescence que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde et l’entraîner dans une traversée des apparences au terme de laquelle elle devra changer de vie. Mais peut-on changer « qui l’on est »" ?

Mon avis un peu mitigé après cette lecture. Deux choses m’ont gêné dans cette lecture. La première est peut-être due à mon manque de connaissance de l’Afrique… L’auteur profite de ce roman pour faire de longs développements sur l’Afrique, ce qui a alourdi ma lecture. Je manquais de références pour me représenter tous les paysages, les ambiances ou pour intégrer toutes les références historiques ou géopolitiques. Mais certainement qu’un lecteur qui connaît mieux l’Afrique que moi appréciera plus ces passages.

Par contre, ma deuxième et véritable critique porte sur le décalage entre l’écriture et l’âge du narrateur. C’est Léodine, une jeune adolescente qui nous raconte son histoire mais les propos et la manière de s’exprimer ne colle pas du tout à son âge. Je ne suis pas certaine qu’à treize ans (l’âge n’est pas précisé), on est une vision aussi claire du pays dans lequel on vit. De plus, je ne suis pas du tout certaine qu’une ado, quelque soit le milieu dans lequel elle puisse vivre, s’exprime de la sorte :

"La métamorphose du jour était ponctuée par le chant des oiseaux. Ils s’en donnaient à cœur joie, dans un orphéon de roucoulades et de pépiements qui rassurait, car le volcan, lui, dont les colonnes de feu s’élevaient à la surface de la marmite, léchant les crêtes un eu trop goulûment comme pour rappeler à qui voudrait l’ignorer…"

C’est un exemple pris au hasard mais qui montre bien le décalage. Certes, on ne peut pas reprocher à l’auteur de bien écrire, mais je pense que le choix du narrateur n’était pas judicieux.

Autrement, en ce qui concerne l’histoire en elle-même je l’ai trouvé intéressante. On suit les états d’âme de cette jeune fille qui s’interroge sur son identité et qui ne sait comment se positionner face à la question du métissage.

mardi 25 octobre 2011

Polina / Batien Vivès

polina

Ca faisait longtemps que je voulais lire cette BD car les libraires avec lesquelles je travaille me l’avaient chaudement recommandé à sa sortie. J’ai eu de la chance de la trouver à la médiathèque hier après-midi. Aussitôt empruntée, aussitôt lue (ou plutôt dévorée) !

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Polina, cette enfant, puis cette jeune femme qui évolue dans le domaine de la danse. Bastien Vivès nous fait découvrir plus que le monde de la danse, il nous décrit un univers de passionnés qui ne ménagent pas leur peine pour servir cet art très exigeant. Le personnage de Polina est attachant. Tout au long de l’album on suit son parcours de danseuse mais aussi de jeune femme.

Et puis le dessin de Bastien Vivès est impressionnant. On attendrait un dessin très fin, très précis, plein de couleurs pour illustrer cette discipline. Or, Bastien Vivès nous offre des dessins en gris, noir et blanc, très flous. Les danseurs ne sont que des silhouettes, les traits des visages plutôt grossiers et pourtant ! Et pourtant, il parvient à traduire toute la beauté de la danse dans les lignes des corps. Peu importe que l’on voie un visage ou le détail d’un muscle, la silhouette suffit.

En résumé, un gros gros coup de cœur pour Polina !

jeudi 20 octobre 2011

Mississippi / Hillary Jordan ; traduit par Michèle Albaret-Maatsch

Mississippi

Coup de cœur ! Hillary Jordan nous emmène dans le Mississippi peu de temps après la Seconde guerre mondiale. Laura a déjà une trentaine d’années lorsque Henry se décide à l’épouser. Mais peu de temps après leur mariage, alors que Laura est une femme de la ville, professeur d’anglais, Henry achète des terres et une exploitation de coton et impose à sa femme un tout autre mode de vie. Elle doit faire un trait sur tout son confort et s’habituer aux dures tâches de la ferme, sous le regard désagréable de son beau-père.

Mais Mississippi n’est pas seulement l’histoire de Laura, cette femme qui est prête à beaucoup de sacrifices pourvu que son mari l’aime et qu’elle trouve un certain équilibre. Mais ce roman nous plonge également au cœur des mentalités des campagnes américaines où la ségrégation sévit encore amplement. Ronsel, le fils du métayer qu’emploie Henry, revient de la guerre où il a été considéré pendant quatre ans comme l’égal des blancs. Mais très vite, les habitants de la petite ville s’évertuent de le remettre à sa place…

Mississipi est un roman polyphonique, les différents personnages se relaient chapitres après chapitres pour nous raconter leur histoire et leur vision du monde. Cette multitude de voix enrichit le roman, permettant d’aborder de nombreux sujets propres aux blancs, aux noirs, aux femmes, aux hommes, aux soldats…

Mississippi est vraiment un roman passionnant. Une fois le livre terminé, j’ai gardé pendant plusieurs jours à l’esprit l’ambiance de la ferme du Mississippi.

jeudi 13 octobre 2011

Soutien à Bibliosurf

Je ne suis pas forcément une adepte de l'achat en ligne mais il m'est arrivé de commander mes livres chez Bibliosurf, une librairie indépendante en ligne. Et contrairement aux grandes enseignes (vous connaissez tous leurs noms, pas besoin de leur faire de la pub), j'ai pu constater que je pouvais avoir un vrai échange avec le libraire via un système de messagerie et un véritable travail de la part du libraire pour personnaliser chaque commande. De plus, à titre professionnel, je me suis régulièrement servie de son site et de ses conseils judicieux pour alimenter le fonds de la bibliothèque où je travaille. Alors, pour toutes ces raisons et pour mon souci de défendre les librairies indépendantes (je vous renvoie à l'un des tout premiers billets de ce blog) je me permets de relayer le message que viens de nous envoyer le créateur de cette librairie indépendante en ligne.

Depuis 5 ans, je vous ai moyennement ennuyé avec les billets que je publie sur mon blog professionnel. Mais celui est important. J'aurais aussi pu l'intituler : demain Internet sera à l'image de nos pratiques. La librairie Bibliosurf était jusqu'à ce jour une exception sur le net. Non pour le volume de commandes générées mais par le niveau de son référencement sur Google lequel assurait un trafic quotidien de 4 à 6000 visiteurs. Aujourd'hui, les nouveautés Bibliosurf sont bien référencées sur Google mais disparaissent à une vitesse grand V des premières pages des résultats. C'est redoutable pour le chiffre d'affaire de la librairie qui accuse une baisse de 20% en septembre (par rapport au mois de l'année précédente), baisse qui va s'accélérer encore ce mois avec un CA divisé par 2. La semaine précédente, le CA Bibliosurf papier passe sous celui de la vente de livres numériques (qui représentait avant 15% du CA) avec moins de 800 euros de ventes. Si je peux écrire que Google panda (nouvelle version du moteur mis en place le 15 aout) est en train de tuer Bibliosurf, je peux aussi conclure que je n'ai pas su transformer les millions de visiteurs (adressés par ce moteur) en clients en presque que 5 ans. Même les 10% de trafics directs qui utilisent d'une manière soutenue consomment les outils proposés sur le site sans passer par la case commande. Le compteur des commandes est bloqué à un désespérant 7961 commandes et 11 967 exemplaires vendus. Depuis un mois, j'ai effectué en vain de nombreux changements sur le code pour satisfaire aux nouveaux critères de Google version Panda. En parallèle, je dépense une énergie folle en duo avec ePagine pour sortir une nouvelle version de la librairie numérique (l'annonce est imminente). Mais et c'est la première fois que je ressens cela, j'ai peur que ce soient des dernières cartouches. A l'heure de la mondialisation, des sociétés qui défiscalisent et ne paient même pas la TVA pour des produits dématérialisés vendus en France, il n'est plus possible à un artisan d'exister sur internet. Fait plus grave, Internet n'est plus un réseau de réseaux. Quelques multinationales dénommées Google, Facebook, Amazon ont mis la main dessus et verrouillent à présent toutes possibilités de développement à des sociétés qui se placent sur le même terrain qu'eux. Devenu parano, je vois le référencement massif des notices des librairies en ligne SAUF CELLE DE LA FNAC comme un billard à trois bandes de Google contre Amazon.

Bernard, t'es un pauvre utopiste de gauche. T'es un has-been Tu ne comprends rien au commerce. Le commerce, c'est le prix, le matraquage commercial démultiplié par les réseaux sociaux, et des pratiques de défiscalisation pour libérer des marges financières ! Aussi, je continue encore jusque la fin de l'année 2011 en lançant dans les prochains jours une nouvelle librairie numérique et en escomptant des commandes plus massives à l'approche des fêtes de fin d'année. Irraisonnable, j'ai demandé au père Noël de transformer mon désir en réalité et que le slogan "Je me renseigne et j'achète sur cette librairie" en ligne devienne une réalité. PS : Ma compagne est bibliothécaire catégorie A. Je suis assistant de conservation catégorie B en disponibilité. Si vous avez des propositions de poste en province, n'hésitez pas à envoyer vos offres de postes. A nous deux, nous revendiquons quelques compétences qui devraient dynamiser une bibliothèques !

Il ne vous reste plus qu'à vous rendre sur le site de Bibliosurf : www.bibliosurf.com

mercredi 12 octobre 2011

La petite marchande de prose / Daniel Pennac

petite marchande de prose

Ces dernières semaines, Christine, de Mes Passions, a publié plusieurs billets sur les romans de la tribu Malaussène ; ce qui m’a donné envie de me replonger dans cette ambiance bien particulière. J’avais lu il y a longtemps Au bonheur des ogres et la Fée carabine, je me suis donc tournée vers la troisième aventure de la tribu : La Petite marchande de prose. Eh bien, j’ai été déçue. Je ne sais pas si c’est le livre qui est à mon sens moins bon que les deux autres ou parce qu’il n’y avait plus l’effet de nouveauté mais je me suis ennuyée à cette lecture.

Pourtant il ne manque pas de rebondissements entre les préparatifs du mariage de Clara (la sœur de Benjamin Malaussène) et le nouveau travail de Benjamin qui consiste à passer pour l’auteur de romans à succès. Mais la tribu n’a pas su me charmée cette fois-ci. Tant pis.

samedi 8 octobre 2011

Lie-de-Vin / Corbeyran & Berlion

lie de vin

Attirée par le dessin, cette bande dessinée a été une belle découverte. Très vite, j’ai compris pourquoi le dessin m’avait attiré, Corbeyran et Berlion sont les auteurs de la BD pour enfants Le cadet des Soupetard. Encore une fois, je me sens incapable de parler du dessin… les mots me manquent pour décrire précisément la particularité de ces illustrations. Je tenterais tout de même de dire que les couleurs claires et les dessins légèrement fondus donnent un petit côté suranné qui colle parfaitement à l’histoire.

Lie-de-vin est un garçon, puis un jeune homme, qui nous raconte son enfance dans le petit village où il a été élevé par ses deux tantes après qu’il fut abandonné par sa mère biologique.

Ce qu’on prend au début comme un simple journal intime, se révèle en fait une enquête menée par Lie-de-Vin pour découvrir qui a tué son petit chien Lulu. De fil en aiguille, cette enquête va le mener sur une affaire beaucoup plus grave…

Lie-de-Vin est un garçon presque attachant. Bien qu’il soit cruel avec les animaux et peu soucieux de son avenir, il souffre de la tâche de naissance qui court sur toute la moitié de son visage et qui lui vaut de nombreuses moqueries. Comme beaucoup d’enfants adoptés, il s’interroge sur ses origines et ne parvient pas à admettre que ses tantes puissent l’aimer sincèrement. Et pourtant…

Une lecture vraiment intéressante que je n'ai pas pu interrompre en cours de route !

mardi 4 octobre 2011

Robe de marié / Pierre Lemaître

robe de mariée

Ah ! Quel délicieux roman machiavélique ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je n’arrivais pas à lâcher, et pourtant, au début j’ai eu peur de m’ennuyer. Sophie est une jeune veuve de trente ans qui semble avoir de sérieux problèmes psychiatriques. Elle oublie beaucoup de choses, mais surtout, elle tue sans même s’en rendre compte. Au début j’ai eu peur que tout le roman soit sur ce ton-là. Que l’on suive la fuite de cette femme, recherchée pour plusieurs meurtres. Et puis, vient la seconde partie où l’on comprend que Sophie n’est peut-être pas responsable de tout et qu’elle n’est peut-être pas vraiment folle… Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise.

Je me suis beaucoup amusée à la lecture de ce thriller et vous trouverez de nombreux autres billets sur la blogosphère allant dans ce sens. Mais où Pierre Lemaître est-il allé chercher tout ça ?!

vendredi 30 septembre 2011

Les larmes de l’assassin / Thierry Murat ; adapté du roman d’Anne-Laure Bondoux

larmes de l'assassin

Cette bande dessinée est librement adaptée du superbe roman d'Anne-Laure Bondoux, Les larmes de l’Assassin. C’est amusant car, en lisant cet album, je me suis rendue compte que je ne me souvenais plus vraiment de l’histoire, mais que j’en avais gardé en mémoire le principal, c’est-à-dire cette incroyable relation entre un petit garçon et l’assassin de ses parents dans un coin reculé du Chili.

L’album de Thierry Murat est une véritable réussite car il a su garder l’esprit du roman et sa simplicité. Anne-Laure Bondoux va à l’essentiel, ne se perd pas en détour ou effets de surprise. Elle s’est attachée à raconter cette étrange relation en donnant à sentir au lecteur l’univers rustre dans lequel vivent les personnages. Thierry Murat offre donc des dessins épurés avec le minimum de détails. Les planches sont en général en bichromie : bleu sombre et noir, jaune pâle et noir, marron et noir… Seule la couleur rouge lors des crimes viennent agresser le regard du lecteur.

Cette bande dessinée vient bien compléter la lecture du roman d’Anne-Laure Bondoux.

lundi 26 septembre 2011

François le Champi / George Sand

Francois le champi

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de George Sand et comme chaque fois, c’est avec plaisir que je retrouve cette atmosphère champêtre.

Ici, George Sand aborde le thème des enfants abandonnés, dit des Champi, du nom de l’organisme qui les recueillait. Les Champi étaient ensuite accueilli dans une famille qui touchait une faible rétribution en échange.

François est l’un de ces enfants, adopté par une femme qui voyait tout d’abord l’apport financier qu’allait lui apporter l’enfant puis recueilli par une autre femme qui devient une véritable mère pour lui et que François aimera profondément.

George Sand s’est beaucoup intéressée à la vie de la campagne et aux sentiments de ces personnes parfois un peu rustres qui voient le mal partout même chez dans le cœur des âmes les plus pures.

J’ai bien aimé ce roman mais je me suis plus d’une fois énervée après les annotations de l’édition du livre de poche. Certes, George Sand écrit ce texte en 1847, d’où certaines tournures peu habituelles pour un lecteur du XXIe siècle ou quelques mots de vocabulaires inconnus qui peuvent mériter une note de bas de page. Mais il y a des limites parfois !!! Cette édition semble prendre le lecteur pour un crétin fini. Et si ces notes sont destinées à nos chers ados, il y a de quoi les dégoûter de cette lecture avec toutes les interruptions que demandent la lecture de ces multiples notes. Juste un double exemple :

Madeleine n’aimait pas le voir tout guilleret (= De bonne humeur), parce qu’elle savait que le lendemain soir il rentrerait tout enflambé (Pour enflammé) de colère.

En deux lignes le lecteur aura interrompu sa lecture pour lire deux notes totalement inutiles…

Mais bon, il existe certainement d’autres éditions de ce roman ;-)

jeudi 22 septembre 2011

Chroniques birmanes / Guy Delisle

chroniques birmanes

Après avoir découvert la BD de reportage avec Pyong Yang, j’ai très vite récidivé avec Chroniques birmanes du même auteur.

Sur 250 pages, Guy Delisle nous fait partager son expérience de partir vivre un an en Birmanie pour accompagner sa femme, membre de Médecin sans frontière. L’auteur consacre à chaque fois quelques planches pour nous décrire la vie d’expatrié dans ce pays soumis à une sévère dictature. Guy Deslile essaie de rester neutre tout au long de son album. Comme un reporter, il fait état de ce qu’il vit en évitant de porter de jugement. L’humour y est donc très présent ! Si je me suis beaucoup amusée à cette lecture, j’y ai aussi beaucoup appris à la fois sur la Birmanie mais aussi sur la vie d’expatrié. L’auteur nous montre les difficultés que peuvent avoir les occidentaux à s’acclimater à un pays aussi différent du sien. Cette lecture est une belle leçon de vie, d’autant plus que l’auteur est un homme curieux et qu’il fait l’effort de s’intéresser à ce qui se passe en dehors de son quartier ; il va même jusqu’à laisser femme et enfant pour passer trois jours dans un temps bouddhiste pour découvrir ce qu’est la méditation.

Bref, une bande dessinée passionnante et à la portée de n’importe quel lecteur.

De retour

Me voici de retour après deux semaines un peu particulières puisque mon bébé lecteur est arrivé plus tôt que prévu, sûrement appâté par les livres que je venais d'acheter pour garnir sa bibliothèque. Contrainte au repos pendant encore quelques jours, j'en profite pour me promener sur vos blogs et publier quelques billets que j'avais anticipés. Ensuite, j'espère que je trouverai toujours le temps et l'envie de lire et tenir ce blog à jour...

samedi 17 septembre 2011

Blog en pause

Vous avez dû remarquer une mise en pause du blog depuis quelques jours. Mais rassurez-vous, ce n'est que très temporaires. A très vite !

vendredi 9 septembre 2011

Le retour de Jim Lamar / Lionel Salaün

Retour de Jim Lamar

A l’âge de treize ans, Billy va faire une rencontre qui va très nettement influencer son avenir. Dans la petite ville du Mississipi où il habite, Billy va faire la connaissance de Jim Lamar, ce jeune homme parti faire la guerre du Vietnam mais qui ne donna plus aucun signe de vie à ses parents à son retour aux Etat-Unis jusqu’à ce qu’il refasse son apparition bien des années plus tard. Mal accueilli au village car il aura fait mourir ses parents de chagrin, seul Billy l’approche et lui permet d’expliquer ce qu’il a vécu pendant la guerre du Vietnam et toutes les années qui ont suivies.

J’ai beaucoup aimé ce roman et cette relation entre ces deux personnages. Billy se nourrit du récit de Jim et se passionne pour l’Histoire grâce à lui. Jim, quant à lui, profite de cette oreille attentive pour raconter l’amitié qui l’a lié à trois autres hommes pendant la guerre, leurs conversations, leurs peurs… Il nous explique la difficulté de reconstruire sa vie après avoir vécu certains traumatismes. Un très beau roman.

lundi 5 septembre 2011

Coups de coeur petite enfance

Voilà déjà plusieurs mois que j’avais préparé cette bibliographie pour les petits nés dans mon entourage… Ils ont déjà grandi mais tant pis, mieux vaut tard que jamais !


beaucoup de beaux bebes Pour commencer, un des plus grands classiques pour les tout-petits : Beaucoup de beaux bébés de David Ellwand, édité par L’Ecole des loisirs. Une série de photos en noir et blanc représentant des bébés rieurs ou grognons, des petits pieds ou de petites mains. Les touts petits aiment beaucoup les contrastes et c’est un livre qui les fascinera très longtemps.

suis-je un chat suis-je une grenouille ((/public/Jeunesse/.suis-je_une_souris_s.jpg
Une collection qui ne paie pas de mine mais qui est très visuelle et qui fonctionne très bien avec les petits « Suis-je ... une grenouille », « Suis-je… un escargot », une souris, un chat. Ces petits livres accordéons sont publiés chez Mila. Suis-je une grenouille est mon préféré, au fur et à mesure que l’on déplie ce petit livre, la grenouille se transforme en tortue puis en serpent… Les petits adorent observer cet animal qui se transforme sous leurs yeux.

((/public/Jeunesse/.petit_spectacle_s.jpg Une autre collection que j’aime bien utiliser avec les petits, c’est Capucine la souris aux éditions Milan. Edouard Manceau a inventé le personnage d’une petite souris que l’on retrouve dans plusieurs « aventures », qui ne sont pas forcément toutes intéressantes, je l’avoue mais moi, j’ai un faible pour la souris, le lapin, l’ours et le petit cochon ! Mes deux préférées sont Le petit spectacle et Pipi tranquille. Tout un programme !

qui que quoi Un livre, à la limite du documentaire (pour moins de trois ans !) : Qui ? Que ? Quoi ? aux éditions du Seuil. Anne-Laure propose un son et l’associe à une action. Avec un exemple, ça sera plus simple : Quand le téléphone sonne (dring), Papa dit « Allo ». Les petits aiment retrouver ces bruits qu’ils connaissent bien.

mes petits tresors Ensuite, pour le plaisir des petits, je vous propose un petit coffret rassemblant de tout petits livres adaptés aux mains de vos petites têtes blondes : Mes petits trésors. Ne vous attendez pas à un contenu passionnant et à une illustration sensationnelle. Le but vraiment de ce coffret, c’est de permettre à l’enfant de jouer avec le livre, de la manipuler, de découvrir comment tourner les pages, que les images apparaissent et disparaissent. Et quel bonheur de les mettre à la bouche ! Il faut croire que le carton a un goût délicieux…

Ya une pie Assez parlé d’histoires, passons aux comptines. Et là, vous allez avoir de quoi vous amuser. Il y a deux collections que j’affectionne tout particulièrement. La première, c’est « Pirouette » aux éditions Didier jeunesse (un éditeur vraiment génial et qui va vous suivre très longtemps). Les albums reprennent les comptines les plus célèbres et les développent. Tous les titres sont excellents, j’ai un petit faible en ce moment pour Y a une pie dans l’poirier : « Y a une pie dans l’poirier, j’entends la pie qui chante… Y a une vache dans le pré, j’entends la vache qui broute… » Et le tout accompagner de magnifiques illustrations.

Ah les crocodiles Pour continuer en chanson, procurez-vous les albums de la collection « A la queue leu leu » chez Casterman. Là, les auteurs ont pris quelques libertés par rapport aux comptines en en changeant quelques paroles et les rendant accessibles pour les petits. Ils mêlent très souvent chant et histoire (à moins que vous ayez plus de talents musicaux que moi, ce qui n’est pas très difficile…). Mon préféré ? Ah les crocodiles ! Hein Jules ? Hein Emmy ? il est super bien ce livre ?!

imagier sonore Et pour terminer (parce que je pourrais continuer très longtemps comme ça, en quatre ans d’animations pour les moins de trois ans, j’ai testé des dizaines d’albums en tous genres), un peu de musique avec la collection d’imagiers sonores que nous proposent les éditions Gallimard. J’aime bien cette collection où les enregistrements sont faits par des adultes et non par des enfants et où les accompagnements musicaux restent classiques. Et parmi tous les titres, vous avez L’imagier sonore qui proposent des bruitages connus des tout petits : la vache, la poule, le téléphone, l’orage… A tous les coups, l’enfant est fasciné par ces sons qui viennent de la chaîne hifi !

Bonnes lectures !

jeudi 1 septembre 2011

Le roman de monsieur de Molière / Mikhaïl Boulgakov ; traduit du russe par Michel Pétris

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J’avais laissé passé plusieurs sessions du Blog-o-club et en réactivant ce blog il y a quelques semaines, je ne pensais plus participer à ce club de lecture, qui est pourtant l’occasion de faire de belles découvertes mais qui était synonyme de contrainte… Et pourtant je n’ai pas pu résister d’y participer à ma manière. (Rien de tel que la liberté pour avoir envie de faire plein de choses !)


roman de monsieur de Molière

Ce mois-ci, la Russie était à l’honneur avec le roman de Boulgakov : Le maître et Marguerite. Mais ni la médiathèque, ni la librairie ne l’avait... Alors que je me demandais si j’allais le commander, je suis tombé sur Le roman de monsieur de Molière qui ma fort intéressé. Mikhaïl Boulgakov qui était passionné de théâtre, a consacré ce livre à nous raconter la vie de Molière de façon plutôt vivante.

Je connaissais déjà assez bien les grandes lignes de la vie de Molière pour avoir étudié plusieurs de ses pièces au cours de mes études ; mais j’y ai appris (et révisé) beaucoup de choses tant sur sa vie personnelle que sur la genèse de son œuvre. En choisissant d’écrire un roman et non une biographie, Boulgakov prend la liberté de s’adresser directement aux personnages du livre, de retranscrire des dialogues entre Molière et ses acteurs, amis ou avec Louis XIV. Alors, certes, on peut se poser la question de la fiabilité des sources de Boulgakov. On peut. Mais j’y ai renoncé et j’ai dévoré la vie de Molière avec beaucoup de plaisir ! Et dans la mesure où j’ai envie de relire certaines pièces de ce grand homme de théâtre, je pense que Boulgakov a réussi sa mission !

Pour les autres billets du Blog-o-club, je vous renvoie aux billets de Sylire et Lisa.

vendredi 26 août 2011

Et que le vaste monde poursuive sa course folle / Colum McCann ; traduit par Jean-Luc Piningre

et que le vaste monde poursuive sa course folle Lorsque ce roman est sorti il y a un peu plus d’un an, le presse l’avait encensé. Résultat, ça faisait des mois que je voulais le lire et c’est peut-être pour ça que j’ai été un peu déçue par cette lecture. Peut-être que j’en attendais trop.

Colum McCann nous offre une fresque de la vie New-Yorkaise à travers l’histoire de nombreux personnages. Si au départ ces histoires ne semblent pas avoir de lien les uns avec les autres à part l’évocation de l’exploit mené par un funambule qui relie les Twin Towers en marchant sur son câble métallique, petit à petit l’auteur relie les personnages les uns aux autres.

Certes les descriptions de la société new-yorkaise sont intéressantes, surtout que l’auteur s’intéresse à toutes les couches de la population. Mais pendant un assez long moment, je me suis demandée où l’auteur voulait en venir et s’il n’allait pas se contenter de nous présenter une série d’histoires indépendantes les unes des autres. J’avais déjà ressenti ça en lisant Le Danseur. Ces histoires dans l’histoire finissent souvent par me lasser… même si à la fin tous les morceaux du puzzle finissent par s’assembler.

lundi 22 août 2011

Le dessinateur / Trolley, Erroc & Dimberton

dessinateur 1 Dessinateur tome 2

Petite « série » comme je les aime : deux tomes seulement !!! Mais deux albums particulièrement glauques (comme j’aime également). Un dessinateur judiciaire décide de rendre justice lui-même en tuant les meurtriers à leur sortie de prison. Ce pauvre homme dessine depuis trente ans le portrait des meurtriers au cours des procès tout en essayant de survivre au décès de sa fille Caroline. Combien de temps va-t-il pouvoir échapper à la police ?

Le scénario est très efficace et les dessins, sombres et assez épurés, rendent bien compte de l’esprit torturé du personnage. La fin est assez surprenante. Un bon moment de lecture pour les âmes pas trop sensibles ;-)

mardi 16 août 2011

Comment va la douleur ? / Pascal Garnier aux éditions Zulma

comment va la douleur

A la limite du roman policier, cette lecture a été un vrai régal ! Un vieux tueur à gage profite de la naïveté d’un jeune homme pour lui demander de lui servir de chauffeur pendant deux jours, le temps qu’il commette son dernier meurtre avant de prendre sa retraite. Mais on se doute bien que tout ne se passera pas aussi facilement que ça…

Pascal Garnier nous offre une palette de personnages tous aussi attachants qu’énervants les uns que les autres, des situation loufoques, de l’humour, de la noirceur, et en filigrane une réflexion sur le sens de la vie… Bref, tout ce qui fait le charme des romans de Pascal Garnier.

Malgré une histoire loufoque, Pascal Garnier parvient à dresser donner de l’épaisseur à tous les personnages, quelque soit l’importance du rôle qu’ils tiennent dans le roman. L’auteur parvient à mettre le doigt sur les faiblesses des hommes même lorsque ceux-ci semblent imperturbables et à l’inverse, les personnages les plus faibles et les plus naïfs peuvent faire preuve de grandes qualités.

Comment va la douleur est le deuxième roman que je lis de l’auteur. J’avais adoré Lune captive dans un œil mort, celui est différent mais m’a tout autant plu. Il y a de grandes chances que je me laisse à nouveau tenter par un autre titre de cet auteur qui nous a hélas quitté tragiquement cette année.

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