samedi 22 novembre 2014

Le contour de toutes les peurs / Guillaume Guéraud

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En ouvrant un roman de Guillaume Guéraud, on sait que cette lecture ne sera pas légère et qu’elle nous donnera un bon coup de poing dans l’estomac. Pas question de lire ce court roman avec désinvolture car dès les premières pages on est saisi par ce qui se produit sous nos yeux.

Clément a quatorze ans, il rentre tranquillement chez lui lorsqu’il se retrouve nez à nez avec un homme qui est en train de dévaster le bureau de sa mère. Cette dernière est avocate et cet homme veut se venger d’une affaire dont elle s’est occupée il y a quelques mois. A défaut de démolir cette femme, il va s'en prendre à son fils.

Le pauvre Clément va se prendre des coups d’une extrême violence sans avoir la certitude d’en sortir vivant. Et puis, lorsque sa vie reprend son court normal, le jeune homme est dépassé par son angoisse de retrouver son agresseur qui court toujours.

Le livre se referme à la fin du jugement et le lecteur ne peut s’empêcher de se demander comment le jeune homme pourra continuer à vivre après une telle épreuve, continuer à vivre quand cet homme sortira de derrière les barreaux.

Encore une fois Guillaume Guéraud signe un excellent roman, destiné aux grands ados qui n'ont pas peur du sang.

jeudi 20 novembre 2014

6 ans !

Je dis ça tous les ans mais je trouve cela incroyable que mon blog vive depuis si longtemps ! 6 ans ! Hélas ! il ne se porte plus aussi bien qu'à ses débuts. Mes longues pauses et la diminution de mes lectures lui ont fait beaucoup de mal et il peine à retrouver ses lecteurs. Mais je remercie mes fidèles visiteurs qui me donnent envie de continuer car ces échanges sont particulièrement importants pour moi qui passe beaucoup de temps chez moi. Depuis quelques mois, j'ai retrouvé un rythme à peu près régulier dans mes lectures et dans la publication de mes billets mais je crains que cela ne dure pas avec l'arrivée d'une future petite lectrice prévue au mois mars... Mais peut-être sera-t-telle un peu moins chronophage que son frère (qui lui, ne me laisse pas une minute de répit depuis trois ans !).

Je me suis amusée à regarder la liste des coups de coeur que j'avais attribués cette année et je me rends compte que j'en ai donné 10 à des romans (dont deux ados), 3 à des BD et 1 à un album jeunesse (bien que je ne commente plus beaucoup les albums sur mon blog alors que j'en lis des piles tous les jours...). Et parmi tous ces coups de coeurs, j'en retiens particulièrement 5 qui m'ont vraiment beaucoup marquée :

  • Pour les romans :

Kinderzimmer

Le quatrième mur

La vie d'une autre

  • Pour les bandes dessinées :

La Guerre des Lulus

Mauvais genre

Et vous savez quoi ? Ce sont cinq titres repérés sur la blogosphère ! Alors merci à tous pour ces belles découvertes (bon, pour le roman de Sorj Chalandon, je l'aurais lu même sans vos billets mais c'est bien à cause d'Enna que je suis devenue une "sornette" ;-)

Lorsque j'ai arrêté de travailler, je m'étais dit que j'en profiterai pour me détacher de l'actualité littéraire et prendre enfin le temps de lire des classiques, des polars ; pour lire autrement. Et je me rends compte qu'il m'est très difficile d'accepter de ne plus pouvoir lire tous les livres qui me font envie quand j'en ai envie. Que c'est dur de ne plus aller deux fois par mois dans une librairie et acheter pour plusieurs centaines d'euros tous les livres prometteurs (bon, ok, je ne pouvais pas échapper quelques succès commerciaux...) Ne plus avoir l'occasion de découvrir de petite pépites et d'en parler me manque, surtout que l'offre de la bibliothèque que je fréquente ne me convient pas vraiment. Quand j'ai loupé mon concours des bibliothèques au printemps dernier, je m'étais dit que je changeais de voie. Seulement, je me rends compte que travailler au milieu des livres me manquent beaucoup. Alors, je nourris à nouveau l'espoir de remettre un pied dans ce passionnant monde du livre l'année prochaine... Croisons les doigts !

Pour cette septième année qui commence, je ne peux que souhaiter de trouver le temps de lire et le courage d'écrire mes billets. J'espère trouver un jour le temps de donner un petit coup de neuf à la présentation de mon blog (mais comme ce thème a été modifié et adapté à mes envies, il faut que mon administrateur technique préféré aie le temps de m'aider...). Je ne désespère pas que la newsletter fonctionne un jour de manière automatique... Et pour ceux qui ont un compte twitter, vous pouvez me suivre sur mon compte Midolasblog. J'y annonce mes billets ainsi que les articles que je trouve intéressants.

Et puis, j'espère également ne plus apprendre la fermeture de blogs que j'aimais suivre depuis des années. Il y en a eu plusieurs années et dans ces cas-là on se rend compte à quel point on s'est attaché aux personnes qui les tenaient, même si ce n'est que virtuellement parlant.

Alors, en route vers l'âge de raison et bonnes lectures à toutes et à tous.

lundi 17 novembre 2014

Le Turquetto / Metin Arditi

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Cela faisait plusieurs mois que je cherchais à emprunter ce roman sans parvenir à mettre la main dessus, si bien que je ne savais plus exactement de quoi il traité lorsque je l’ai commencé. Mais dès les premières pages, je me suis retrouvé auprès du personnage principal, appelé Elie pendant son enfance, puis Le Turquetto lorsqu’il devient peintre, au cœur de Constantinople puis de Venise.

J’ai commencé ce roman un soir avant de me coucher et le lendemain matin, me sont revenues des images qui m’ont demandé quelques secondes pour les identifier comme les premières pages de mon livre et non celles d’un film. Que j’aime cette sensation lorsque les descriptions d’un livre sont si nettes qu’on a l’impression d’avoir vu un film !

Le Turquetto retrace la vie d’un artiste peintre d’origine juive, né à Constantinople au début du XVIe siècle et qui a émigré à Venise à la mort de son père pour exercer sa passion : la peinture. Là-bas, il se fait passer pour chrétien (car la peinture est avant tout religieuse à cette époque et seul un chrétien ne peut peindre des scènes religieuses) et se fait appeler Le Turquetto. D’abord en apprentissage auprès d’un maître, il s’affranchit de sa tutelle et gagne en notoriété. Mais cacher son origine juive n’est pas toujours aisée…

L’histoire de ce « Turquetto » que nous livre Metin Arditi est vraie, ou tout du moins, elle colle au plus près de la réalité, en fonction des archives que l’auteur a pu consulter à ce sujet. Metin Arditi rend hommage à ce grand peintre dont il ne reste plus qu’une seule toile. Lire ce roman, c’est plonger au cœur de la Renaissance, auprès des plus grands noms de peintres de cette période. Et c’est aussi découvrir Constantinople et ses trafics d’esclaves et sa misère, Venise et son épanouissement artistique et surtout l’influence de la Religion dans ces deux sociétés.

Il y encore beaucoup de choses à dire sur ce roman mais je suis contre les billets-fleuve ! Alors, je conclurai en vous conseillant de vous plonger dans cette lecture passionnante et dépaysante. Et moi, je file découvrir les autres titres de cet auteur en espérant qu'ils soient à la hauteur de ce Turquetto !

dimanche 9 novembre 2014

Pause parisienne

Je vous abandonne quelques jours, le temps d'aller me promener dans les rues de Paris (à défaut de visiter l'expo Niki de Saint-Phalle pour laquelle il n'y a déjà plus de place depuis quelques jours...). Trois jours sans enfant (en espérant qu'il ne tombe pas malade comme la dernière fois et nous oblige à tout annuler le matin-même...). Pas de programme pour le moment, on avisera sur place !

vendredi 7 novembre 2014

Les demeurées / Jeanne Benameur

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Lorsque l’on parle de Jeanne Benameur, Les Demeurées est le titre qui revient le plus souvent et l’on comprend vite pourquoi. Ce livre a beau être très court, il n’en est pas moins très fort. Les demeurées met en scène La Varienne et sa fille, une mère et une fille pas comme les autres puisque La Varienne est une simple d’esprit. Ce petit roman va nous dévoiler toute l’importance du langage. Langage du corps puisque La Varenne ne parle pas mais parvient à apporter tout l’amour dont la petite Luce a besoin, se dévouant à sa manière entièrement au bien être de sa fille. Et langage verbalisé que la petite Luce va découvrir en faisant une incursion dans le monde de l’école, incursion dans un monde extérieur qui va justement ébranler l’équilibre de cette famille particulière.

Les demeurées est un petit bijou, rempli d’amour et d’émotions. On est à la fois attendri par cette relation très particulière entre mère et fille et à la fois catastrophé à l’idée que la petite Luce reste enfermée dans l’univers de sa mère, ne pouvant communiquer avec l’extérieur et se préparant à une vie bien difficile alors qu’elle possède toutes les capacités pour intégrer le Monde.

Les demeurées fait partie de ces rares, très rares livres qui me donnent envie de les relire un peu plus tard, pour me replonger dans cette poésie et dans cette réflexion.

mercredi 5 novembre 2014

Choc, tome 1 : Les fantômes de Knightgrave / Maltaire & Colman

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Conseillé par ma bibliothécaire parmi les nouveautés qui étaient présentées, je me suis jetée dessus. Hélas ! Je n’ai pas été aussi emballée qu’elle, peut-être n’avons-nous pas le même nombre de neurones car j’ai trouvé le scénario difficile à suivre. L’intrigue principale met en scène un certain Choc, ou monsieur Choc, personnage énigmatique dont le visage est recouvert d’un masque de fer et qui fait allégrement couler le sang sur son passage. Mais en parallèle, nous découvrons le passé de cet homme à différents âges ainsi que des épisodes de la vie de ses parents. On passe d’une époque à une autre continuellement, avançant par petites touches dans l’intrigue générale.

En refermant ce premier tome, il me reste une impression un peu brouillonne. Je ne suis pas certaine d’avoir réussi à relier tous les épisodes entre eux, et je crains de beaucoup hésiter à lire la suite lorsqu’elle sortira (même si le personnage de Choc est intrigant).

J’ai par contre beaucoup aimé le dessin Maltaite qui parvient à changer légèrement de style pour différencier les époques.

En lisant les quelques critiques parues sur les sites spécialisés, j’ai l’impression de ne pas avoir su lire cet album car les avis sont excellents. J’espère que certains d’entre vous la liront car je suis curieuse de connaître vos avis. En tout cas, si vous aimés les récits faits de flashbacks et les puzzles, surtout n’hésitez pas !

jeudi 30 octobre 2014

Rouge Tagada / Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini aux éd. Gulf Stream

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Rouge Tagada est une bande dessinée remarquable qui nous plonge dans l’univers d’Alex, une jeune adolescente de quatorze ans qui nous fait part de sa rencontre avec Layla, une autre élève de sa classe et pour laquelle elle éprouve un véritable coup de foudre. Les deux jeunes filles vont se rapprocher et partager tous leurs secrets (ou presque) comme beaucoup d’adolescentes de cet âge-là. Entre amitié très forte et amour il n’y a qu’un pas que toutes les deux ne sont peut-être pas prêtes à franchir…

Rouge Tagada aborde le thème de l’homosexualité (ce qui est très rare lorsqu’il s’agit des jeunes) mais elle aborde surtout cette période de l’adolescence où l’amitié est plus forte et plus importante que tout le reste.

Cette BD est pleine de douceur et de finesse. Alex et Layla sont toutes les deux attachantes et pleines de vie. De plus les dessins s’accordent parfaitement à leur univers, à la frontière entre le monde enfantin et le monde adulte. Les couleurs sont vives et chaudes, et les fraises tagada ne sont jamais loin !

samedi 25 octobre 2014

Comment j'ai craqué à la bibliothèque

Pire qu'une gamine, j'ai emprunté plus de livres que je n'aurais le temps d'en lire ces prochains jours (semaines). Certainement des frustrations de ne pouvoir tout lire du coup, mais tant pis, j'ai comme l'impression que le Père Noël est passé rien que pour moi. Un petit plaisir de la vie en fait.

La sélection BD (et ne me demandez pas pourquoi la photo apparaît en format paysage, je ne parviens pas à comprendre d'où vient cette transformation...): IMG_0685.JPG

La sélection romans avec un intrus : IMG_0684.jpg

Pour le week-end, je me suis lancée dans Turquetto de Metin Arditi et j'aime vraiment beaucoup.

mardi 21 octobre 2014

L’écrivain national / Serge Joncour

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L’écrivain national a été mon achat de la rentrée littéraire. Depuis que je ne travaille plus en bibliothèque et que je n’ai plus accès à toutes les nouveautés, j’essaie au maximum de me désintéresser de cette rentrée littéraire mais, bien évidemment, lorsque l’on blogue, il est difficile de ne pas repérer des dizaines de titres intéressants. Lorsque j’ai tenté ma visite à la librairie (une étape toujours difficile car je repars toujours avec plus de titres que prévu…) j’avais envie de légèreté, c’est pourquoi j’ai jeté mon dévolu sur le dernier titre de Joncour, pour lequel j’avais lu de nombreuses critiques élogieuses.

Hélas ! Je devais en attendre peut-être un peu trop de cette lecture car elle m’a un peu déçue. Un écrivain arrive dans une petite ville de Province pour une résidence d’auteur d’un mois. Des rencontres sont prévues dans les bibliothèques, des ateliers d’écritures sont organisés ainsi que des dîners avec les élus du coin. Mais ce qui passionne surtout notre auteur, c’est un fait divers. Un vieil homme a mystérieusement disparu et on accuse une couples d’originaux d’être à l’origine de cette disparition. L’un d’eux est en prison, en attendant que l’affaire soit éclaircie et sa compagne, la jeune Dora, reste seule dans sa maison au bord de la rivière, en limite de forêt. Et c’est plus fort que lui, on a beau le prévenir, l’auteur ne peut faire autrement que de s’intéresser à cette affaire et à Dora en particulier, d’aller se promener aux alentours… Mais dans une petite ville comme celle-ci, tout se sait, tout est interprété et tout peut vite dégénérer…

En fait, je crois savoir ce qui m’a gêné, c’est le personnage principal. L’écrivain en question n’est pas Serge Joncour mais il s’en inspire beaucoup puisqu’il lui attribue des anecdotes qui lui sont réellement arrivées. Mais j’avais beau le savoir, je n’ai pas réussi à le considérer comme un pur personnage de fiction. Et comme cet écrivain est tout de même insupportable puisqu’il accumule les erreurs, les incidents, les disputes… j’ai pris en grippe ce pauvre Serge Joncour…

Cela dit, hier soir, je n’ai pas réussi à me plonger dans une autre lecture car je me trouvais encore aux côtés de cet écrivain national dans sa petite ville du centre de la France…

L’écrivain national a tout de même été un bon moment de lecture mais j’en attendais autre chose, peut-être la peinture d’un écrivain idéalisé et non pas celle un auteur pataud.

lundi 13 octobre 2014

L’écorchée / Donato Carrisi ; traduit par Anaïs Bokobza

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L’écorchée de Donato Carrisi est en quelque sorte la suite du thriller ''Le Chuchoteur'' que j’avais lu l’année dernière et que j’avais beaucoup aimé. Nous nous retrouvons l’une des héroïnes du Chuchoteur, Mila, sept ans plus tard. Enquêtrice aux Limbes, c’est-à-dire dans le service consacré à retrouver les personnes disparues, Mila possède une certaine intuition et une attirance avérée pour ce qui est obscure. Au commencement de L’écorchée, Mila est appelé sur une enquête qui au premier abord ne semble pas concerner Les Limbes. Mais très vite, l’enquête rappelle à tout le monde l’affaire du Chuchoteur où le meurtrier laissait de subtiles indices aux enquêteurs pour les orienter vers le prochain cadavre… Il en va de même ici, les cadavres et les meurtriers se multiplient, essayant de mener la Police en bateau. Mais c’est sans compter sur Mila qui a la faculté de réfléchir autrement et de prendre des chemins souvent dangereux mais qui lui permettent d’approcher de la vérité.

Le roman va très vite, les rebondissements s’enchaînent et les réflexions des enquêteurs fusent. J’ai quelques fois eu l’impression de courir avec les enquêteurs sans avoir eu la certitude de tout comprendre (mais j’avais eu la même impression avec le précédent titre). Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

Un mot sur le personnage de Mila car c’est un personnage tout de même particulier puisqu’elle a pour particularité d’être incapable d’éprouver de l’empathie pour qui que ce soit, même pour sa propre fille, âgée de six ans. Pour tenter de compenser cette absence de sensations, elle pratique la scarification à haute dose… Entre le Chuchoteur et L’écorchée, on apprend de petites choses sur ce personnage mais pas suffisamment pour comprendre ce qui a pu la rendre comme ça. Et puis, je dois avouer que j’ai tendance à superposer le personnage de Mila et celui de Lisbeth dans Millenium : deux femmes en souffrance qui ne seraient pas loin de retrouver un peu de sérénité si elles parvenaient à faire à nouveau confiance, ne serait-ce qu’à une personne.

Et une bonne nouvelle : la fin annonce une suite !

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