La Route / Cormac McCarthy
Par Midola le jeudi 20 novembre 2008, 23:13 - Romans - Lien permanent

Si au début, on a un peu de mal à rentrer dans le récit, on a ensuite beaucoup de mal à en sortir, même lorsqu’on en a tourné la dernière page. L’écriture est assez sèche, à l’image de ce qui se passe dans le livre. On suit le périple d’un père et de son fils qui luttent à chaque instant pour trouver de quoi se nourrir, se protéger du froid et échapper aux derniers êtres humains encore en vie qui voudront les tuer. Ce roman me fait énormément penser à la pièce de Beckett, En attendant Godot. Tout comme dans la pièce, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Les deux personnages avancent dans un monde dévasté sans autre objectif que de se diriger dans le sud et avec peu d’espoir de survivre.
Mais ce qui est important, c’est justement tout ce que l’on ne sait pas, tout ce que l’auteur ne nous donne pas à voir. A nous d’essayer de comprendre ce qui a pu se passer pour réduire le pays à néant, décimer tous les animaux et presque tous les hommes – si on peut encore les appeler des hommes !
Comme chez Beckett, le plus important n’est pas dans les paroles des personnages mais dans tous les non-dits. Par leurs silences, on découvre leur courage, leur amour l’un pour l’autre, l’inquiétude du père pour son enfant et de l’enfant pour son père.
Ce roman ne peut laisser le lecteur indifférent, les mots résonnent longtemps dans notre mémoire. Nos émotions sont mises à rude épreuve d’autant plus qu’on n’a aucun moyen de savoir si les personnages pourront s’en sortir ou non. On vit au rythme de leur périple et notre espoir de les voir s’en sortir s’amenuise au fur et à mesure que se déroule le récit.
Commentaires
Commentaire qui n'a rien a voir avec la route. C'est que sur ton blog, tout en bas, il est écrit :
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Trackback,
Propulsé par Gandi.... Je ne comprends rien à ces Truc là, j'en devine vaguement l'utilité mais alors pas du tout l'utilisation. Peut être serais tu en mesure de m'aider. Voire vous, si tu dis que Paddy es fan de toute ces technologies.. Pt''être qu'un soir vous pourriez venir boire un verre ou bouffer, ou un après midi si vous préférez, histoire de déméler en même temps tout ces fils, de me rendre plus intelligente, de parler bouquin quand même et de présenter Surcouf ???
Mon adresse perso : geraldinebusson@neuf.fr
Chère Midola,
tout à fait d'accord avec toi sur la référence à Becket, et sur l'importance du "hors-champ". C'est ce qui fait la force du livre, tout ce qui ne se dit pas, ne peut se dire. "Dire" est bien trop humain pour ce livre, où justement l'humanité se délite.
L'écriture aussi est incroyable. Le nombre de conjonctions de coordination : hallucinant. Dans un monde en perte de lien, McCarthy le fait renaître, ou le fait croire, en accumulant les "et" ; comme s'il y avait une logique.
Je ne me remets pas de la lecture de ce livre, si difficile, et si nécessaire. Une grande oeuvre, pour faire court !
En apparté : j'aime beaucoup ce blog !
Ce qui est dangereux avec La route, c'est que le livre que l'on prend à sa suite nous fait l'effet un encéphalogramme plat ;-)
Un vrai coup de cœur pour moi aussi ce livre. Le dernier remonte à fin 2007 avec La Horde du contrevent ! extraordinaire.
Je note ton autre coup de coeur alors ! Pour en revenir à La Route, moi non plus je n'arrivais pas à me détacher de son atmosphère. Donc j'avais opté pour Barrage contre le Pacifique, un roman assez pessimiste aussi et très fort.