La Route

Si au début, on a un peu de mal à rentrer dans le récit, on a ensuite beaucoup de mal à en sortir, même lorsqu’on en a tourné la dernière page. L’écriture est assez sèche, à l’image de ce qui se passe dans le livre. On suit le périple d’un père et de son fils qui luttent à chaque instant pour trouver de quoi se nourrir, se protéger du froid et échapper aux derniers êtres humains encore en vie qui voudront les tuer. Ce roman me fait énormément penser à la pièce de Beckett, En attendant Godot. Tout comme dans la pièce, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Les deux personnages avancent dans un monde dévasté sans autre objectif que de se diriger dans le sud et avec peu d’espoir de survivre.

Mais ce qui est important, c’est justement tout ce que l’on ne sait pas, tout ce que l’auteur ne nous donne pas à voir. A nous d’essayer de comprendre ce qui a pu se passer pour réduire le pays à néant, décimer tous les animaux et presque tous les hommes – si on peut encore les appeler des hommes !

Comme chez Beckett, le plus important n’est pas dans les paroles des personnages mais dans tous les non-dits. Par leurs silences, on découvre leur courage, leur amour l’un pour l’autre, l’inquiétude du père pour son enfant et de l’enfant pour son père.

Ce roman ne peut laisser le lecteur indifférent, les mots résonnent longtemps dans notre mémoire. Nos émotions sont mises à rude épreuve d’autant plus qu’on n’a aucun moyen de savoir si les personnages pourront s’en sortir ou non. On vit au rythme de leur périple et notre espoir de les voir s’en sortir s’amenuise au fur et à mesure que se déroule le récit.

La Route / Cormac McCarthy aux éditions de l'Olivier