Singué Sabour / Atiq Rahimi
Par Midola le mercredi 10 décembre 2008, 20:12 - Romans - Lien permanent

Hier soir, avant de sortir de la bibliothèque où je travaille, j’ai réussi à kidnapper le roman d’Atiq Rahimi qui attendait patiemment sur l’étagère des réservations (peu de chance que sa lectrice vienne le chercher pendant la nuit !). Une soirée pour découvrir cet auteur que j’aurai la chance de rencontrer demain ! Les Champs Libres organisent en effet une soirée consacrée aux Goncourt et Goncourt des lycéens, en présence de leurs lauréats : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.
Heureusement pour moi, Syngué Sabour n’est pas un pavé ! Ouf ! Moins de deux heures pour savourer l’écriture de cet auteur d’origine afghane qui nous offre, ici, son premier roman écrit en français.
Syngué Sabour est un magnifique roman même si l’histoire que nous livre l’héroïne est loin de nous faire rêver. Syngué Sabour est l’occasion pour l’auteur de nous faire partager les dures conditions de vie dans les pays tels que l’Afghanistan. Ici, il est donc question de la guerre et de la souffrance des hommes, mais surtout de la condition de la femme dans la société. Les premières pages s’ouvrent sur la souffrance de la femme qui veille son mari plongé dans une sorte de coma. L’écriture est alors très sèche, minimale, elle suit l’égrènement du chapelet et des prières de la femme. Puis, petit à petit, à force de passer du temps avec son mari inerte, la femme ose se confier à lui. Ses confessions prennent de l’ampleur à mesure que le temps passe, à mesure que les tensions des combats aiguisent ses nerfs. Au fil des pages, la femme explique à son mari les souffrances qu’elle a vécues depuis son mariage : l’attente de son mari parti au combat, les persécutions imposées par sa belle-famille, le manque d’attention de son mari, sa violence. De page en page, on découvre de nouvelles horreurs jusqu’à l’aveu final, jusqu’à ce qu’elle parvienne à se libérer de son lourd secret.
Syngué Sabour ne se contente pas de dénoncer la condition de la femme (en Afghanistan ? le roman ne le dit pas), il va beaucoup plus loin. Ce roman montre que les hommes, eux aussi, sont victimes de ces coutumes absurdes où la fierté et l’honneur prédominent les relations humaines. L’écriture d’Atiq Rahimi, par son rythme, sa richesse, sa poésie renforce les différentes phases de la confession de l’héroïne.

Commentaires
Ton commentaire me donne encore plus envie de lire ce livre, de découvrir et rencontrer l'auteur et son univers. A ce soir !!!
Au fait, il me sembble que ton blog change d'habillage tous les jours non ???
J'espère que la rencontre de ce soir sera intéressante. Je regrette de ne pas avoir pu lire le roman de Catherine Cusset. Tant pis. Mais toi, tu auras certainement l'occasion de lire Syngué Sabour dans un exemplaire dédicacé par l'auteur ;-) Ca n'en sera que meilleur !!!
Bonjour, c'est la première fois depuis longtemps que je lis un prix Goncourt (Les bienveillantes mises à part). C'est court mais intense. Dur. Quelle belle pièce de théâtre cela pourrait faire! Et je suis admirative qu'un non francophone choisisse le français pour écrire. Bonne après-midi.
>Dosola : Les Goncourt ne sont, hélas !, pas forcément gageur de qualité. Mais cette année, nous avons un roman d'une qualité rare ! Ca serait effectivement très intéressant que ce texte soit mis en scène !