Pourquoi j'ai tué Pirre

Je n’ai pas l’habitude de commenter des Bandes dessinées. Je n’ai d’ailleurs pas l’habitude d’en lire beaucoup ! Mais lorsqu’il m’arrive de me plonger dans l’une d’entre elle (en suivant les précieux conseils de ma chère amie et bibliothécaire Stef ;-), c’est très souvent une révélation. Comment arrive-t-on par de "simples" dessins et de courts textes à faire passer tant de choses ?!

Pourquoi j’ai tué Pierre est justement l’une de ces bandes-dessinées qui m’ont marquées. Tous les chapitres commencent par « J’ai tué Pierre parce que j’ai 7 ans »… « parce que j’ai 8 ans » … « parce que j’ai 35 ans ». On met du temps à comprendre ces phrases. Parce que Pierre est un homme d’église. Parce qu’il est apprécié par les parents du jeune Oliver pourtant baba cool. Olivier passe donc une enfance heureuse jusqu’au moment où tout va basculer, jusqu’au moment où il va subir un traumatisme qui va le suivre toute sa vie... jusqu’à la parution de cette bande dessinée. En effet, cette bande dessinée n’est pas une fiction comme on le croit au départ ; il s’agit d’un témoignage. Le dessin laisse d’ailleurs place à quelques photos vers la fin du livre. Des photos de nos deux auteurs Alfred et Olivier Ka, des photos qui nous font prendre conscience de l’authenticité de l’histoire, des photos qui nous font re-basculer dans la réalité.

Le genre de la bande dessinée permet de faire passer beaucoup de choses très simplement. Lorsque Olivier vivait paisiblement, Pierre nous est représenté comme un bon vivant, souriant, joyeux. Mais il se transforme ensuite en une sorte de monstre à chaque fois que des cauchemars viennent perturber régulièrement la vie d'Olivier. La bande dessinée permet d’alterner planches de dessins colorées et sereines, et planches sombres et angoissantes.

La lecture d'ouvrages comme celui-ci permet de se rappeler que la bande dessinée est un genre noble, un véritable moyen d’expression que l’on a trop souvent tendance à considérer comme des « lectures non sérieuses »…

Le jour où j’ai tué Pierre / Alfred & olivier Ka aux éditions Delcourt