De grandes espérance / Charles Dickens
Par Midola le vendredi 13 février 2009, 23:54 - Romans - Lien permanent

Il m’aura fallu pas loin d’un mois pour arriver au bout des 606 pages des Grandes espérances de Dickens (il faut dire que j’ai eu trois autres romans à lire dans le cadre de mon travail entre temps…). Je regrette la lecture hachée que j’ai eu de ce roman, j’avais à chaque fois un peu de mal à me remettre dans l’ambiance de ce texte et à me rappeler les multiples personnages qui ont tous un rôle important dans l’histoire. Ce roman m’a beaucoup surpris, d’autant que je l’avais un peu acheté au hasard. Je voulais lire un roman de Dickens (autre que Oliver Twist) et c’était le seul en rayon. Au début, j’ai eu du mal à me replonger dans cette écriture du XIXe siècle (il serait d’ailleurs sage que j’intercale plus souvent des classiques dans mes lectures !). Les phrases sont longues, les tournures anciennes, le vocabulaire riche, je me suis revue à la fac avec mes chers amis Flaubert ou Balzac ;-) De grandes espérances, s’est tout d’abord présenté à moi comme un classique roman initiatique : un jeune garçon d’un milieu modeste est pris en charge par un mystérieux bienfaiteur qui veut en faire un gentleman. Mais petit à petit des fils de tendent dans le récit au fur et à mesure des épisodes et De grandes espérance se transforme presque en un roman policier ! J’aurais du mal à donner un avis clair sur cette lecture. J’ai lu trop distraitement la première moitié du roman pour en saisir tout l’intérêt et il était trop tard pour que j’en reprenne la lecture quand je me suis trouvée happée par le fil du récit et les multiples rebondissements. Peut-être que j’ai trop pris l’habitude des romans ou des films contemporains où les actions se succèdent sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Du coup, je me suis un peu ennuyée de cette lenteur et de ces multiples détails. Il est grand temps que je reprenne de bonnes habitudes ! Bref, j’ai conscience d’être passée à côté de beaucoup de choses dans ce roman et je le regrette. Peut-être aurais-je un jour le courage de le reprendre ?
Je tiens tout de même à terminer ce billet en vous donnant un exemple des
talents de conteur de Charles Dickens.Parce qu’il y a de savoureux passages
dans ce roman ! L’auteur est particulièrement doué pour dresser des
portraits très éloquents de ses personnages :
Je découvris un homme sec, court de stature, ayant une figure de bois,
carrée, dont les traits semblaient avoir été dégrossis au moyen d’un ciseau
ébréché. Il y avait quelques endroits qui auraient formé des fossettes si
l'instrument eût été plus fin et la manière plus délicate, mais qui, de fait
n'étaient que des échancrures : le ciseau avait tenté trois ou quatre de
ces embellissements sur son nez, mais il les avait abandonnés sans faire le
moindre pour les aplanir.
Commentaires
Eh oui! Je suis justement en train de lire un autre roman de Dickens et il me faudra du temps ! (1000 pages dans la pleiade quand même) mais tu as raison, un classique de temps en temps, il faut garder cette habitude.
Ah, enfin ce billet tant attendu !
Franchement, perso, je ne me toturerais pas, même pour le but ultime de la culture, à lire des pavés de 600 pages de style classique à ce point. J'aurais trop peur que l'effet "père goriot" se reproduise sur moi et me redégoute de la lecture pour de longues années.
Plus de torture, mais un max de plaisir dans la mesure du possible !
Car il y a dans les auteurs contemporains des gens qui sont parfois plus "pénibles et longs" à lire que certains classiques... Enfin, c'est mon avis, il n'engage que moi.
En tout cas, bravo d'être parvenue au bout de ta lecture !
J'adore l'écriture de Dickens et ces mille petits détails! Mais bon, faut pas être pressée!!
@Géraldine : ça n'a pas été de la torture, je te rassure ! J'aime l'écriture des classiques, et j'ai adoré les étudier à la fac. J'ai une nostalgie de mes études même ! Et j'aurais adoré étudier De grandes espérances d'ailleurs !
@Karine : C'est vrai, il faut vraiment prendre le temps, chose que je n'ai pas vraiment faite, il faut l'avouer...