De Grandes Espérances

Il m’aura fallu pas loin d’un mois pour arriver au bout des 606 pages des Grandes espérances de Dickens (il faut dire que j’ai eu trois autres romans à lire dans le cadre de mon travail entre temps…). Je regrette la lecture hachée que j’ai eu de ce roman, j’avais à chaque fois un peu de mal à me remettre dans l’ambiance de ce texte et à me rappeler les multiples personnages qui ont tous un rôle important dans l’histoire. Ce roman m’a beaucoup surpris, d’autant que je l’avais un peu acheté au hasard. Je voulais lire un roman de Dickens (autre que Oliver Twist) et c’était le seul en rayon. Au début, j’ai eu du mal à me replonger dans cette écriture du XIXe siècle (il serait d’ailleurs sage que j’intercale plus souvent des classiques dans mes lectures !). Les phrases sont longues, les tournures anciennes, le vocabulaire riche, je me suis revue à la fac avec mes chers amis Flaubert ou Balzac ;-) De grandes espérances, s’est tout d’abord présenté à moi comme un classique roman initiatique : un jeune garçon d’un milieu modeste est pris en charge par un mystérieux bienfaiteur qui veut en faire un gentleman. Mais petit à petit des fils de tendent dans le récit au fur et à mesure des épisodes et De grandes espérance se transforme presque en un roman policier ! J’aurais du mal à donner un avis clair sur cette lecture. J’ai lu trop distraitement la première moitié du roman pour en saisir tout l’intérêt et il était trop tard pour que j’en reprenne la lecture quand je me suis trouvée happée par le fil du récit et les multiples rebondissements. Peut-être que j’ai trop pris l’habitude des romans ou des films contemporains où les actions se succèdent sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Du coup, je me suis un peu ennuyée de cette lenteur et de ces multiples détails. Il est grand temps que je reprenne de bonnes habitudes ! Bref, j’ai conscience d’être passée à côté de beaucoup de choses dans ce roman et je le regrette. Peut-être aurais-je un jour le courage de le reprendre ?

Je tiens tout de même à terminer ce billet en vous donnant un exemple des talents de conteur de Charles Dickens.Parce qu’il y a de savoureux passages dans ce roman ! L’auteur est particulièrement doué pour dresser des portraits très éloquents de ses personnages :

Je découvris un homme sec, court de stature, ayant une figure de bois, carrée, dont les traits semblaient avoir été dégrossis au moyen d’un ciseau ébréché. Il y avait quelques endroits qui auraient formé des fossettes si l'instrument eût été plus fin et la manière plus délicate, mais qui, de fait n'étaient que des échancrures : le ciseau avait tenté trois ou quatre de ces embellissements sur son nez, mais il les avait abandonnés sans faire le moindre pour les aplanir.