orages

Tamara a quitté la Serbie après la mort de sa mère mais doit y retourner quelques années plus tard pour des raisons administratives. Elle va donc devoir renouer avec cette ville et cette famille qu’elle voulait oublier. Mais ce retour prend rapidement des allures de descente aux Enfers. Depuis des années, Tamara joue avec sa vie en refusant de s’alimenter. Mais ce n’est plus suffisant, il faut qu’elle intègre un groupe de trafiquants (de drogue, de voiture, de prostituées, etc.) qui n’hésitent pas à faire usage de la violence.

Tamara est seule, refuse l’aide de son cousin ou de ses amis. Il lui faudra de nombreuses et douloureuses épreuves pour tâcher de faire la paix avec la vie et avec elle-même.

Tout au long de la lecture de ce roman, un mot est resté en permanence à mon esprit, celui de « souffrances ». On avance dans le récit avec une impression de malaise croissant. Beaucoup de thèmes très « joyeux » sont abordés (cancer, anorexie, divorce, mafia, guerre, réfugiés, massacres, le régime de Milosevic, etc) donnant un sentiment d’angoisse au lecteur. Ce texte m’a beaucoup fait penser à Junk de Melvil Burgess, mais ici, la jeune fille devra s’en sortir toute seule. Ce roman m’avait interpellé car il se passait en Serbie, pays peu abordé en littérature. Bien que son histoire soit loin d’être toute rose, je crois que j’ai été déçue d’y lire tant de noirceur. En dehors de la mafia et des problèmes familiaux de Tamara, on ne voit pas grand-chose de ce pays. Il ne me reste plus qu’à me pencher sur le sujet ;-)

Cette lecture m’amène à me poser une question au sujet de la réception de ce type de roman auprès des adolescents. Je veux bien que les ados aiment lire des « choses tristes » (comme ils disent). Mais des peintures si noires de la société ne vont-elles pas parfois un peu loin ?

Orages / Sonia Ristic aux éditions Actes Sud Junior, 2008