Autofictif

En week-end dans ma ville natale, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller flâner dans MA librairie, le Brouillon de culture. Eh oui, il y a des lieux comme ça, auxquels on est attachés ! J’aime beaucoup cette librairie où je fais souvent de belles découvertes (sans parler de l’envie irrrresistible d’acheter tous les romans qui sont sous mes yeux). Et là, je franchis le seuil de la boutique et surprise ! Mes yeux détectent le nom d’Eric Chevillard (jusque là tout est normal, je suis une adepte de cet auteur). Mais au lieu de la traditionnelle couverture blanche, frappée des étoiles bleues des éditions de Minuit, je découvre un roman tout noir ! Etrange ! Et quel est donc ce nouveau texte dont je n’ai pas du tout entendu parlé ?! La première phrase de la quatrième de couverture m’éclaire aussitôt, il s’agit de la version papier du blog de l’auteur (et dire que je ne savais pas non plus qu’il tenait un blog ! quelle mauvaise groupie je fais !). Bref, comme vous vous en doutez, je suis repartie avec le livre sous le bras !

Si le fait de tomber par hasard sur un nouveau Chevillard et que ce livre parle de blog alors que je viens de créer le mien il n’y a que trois mois étaient déjà de très bonnes surprises, j’ai éprouvé un plus grand bonheur encore en retrouvant le Eric Chevillard de La Nébuleuse du crabe ou de Palafox (pour n’en citer que deux ;-) Ces deux livres ne sont pas des romans à proprement parler. On pourrait presque parler de recueils de pensées si ces dernières n’étaient pas poussées à l’extrême en traitant de sujets à la limite de l’absurde. L’Autofictif est de ce genre-là. A travers de très courts textes (quelques lignes), l’auteur exprime des pensées à la fois folles et criantes de vérité. Mais le meilleur moyen de me faire comprendre, c’est de vous en donner quelques extraits :

Je voulais voir une fourmi. Mais impossible. Toutes les autres étaient là aussi.

Mais le plus triste c'est que l'on ne peut qualifier de précoce ma calvitie naissante.

Vous publiez un nouveau livre, c'est le moment qu'attendait impatiemment vos amis et plus fidèles lecteurs pour vous confier que le précédent vous est tombé des mains.

Il suffit de quelques minutes à un chimpanzé pour se reconnaître dans le singe du miroir, tandis que l'homme s'y refuse toute sa vie.

L’Autofictif regroupe donc les textes écrits en 2007-2008, on peut trouver la suite sur le blog d’Eric Chevillard. A dévorer ou à savourer lentement, sourires et rires garantis ! A consommer sans modération !

L’autofictif / Eric Chevillard aux éditions de l’Arbre vengeur