Onitsha / Le Clézio
Par Midola le dimanche 1 mars 2009, 07:00 - Romans - Lien permanent

Ca faisait
longtemps que je voulais lire ce texte de Le Clézio et c’est grâce au
Blog-o-blog que je me suis enfin plongée dedans. J’ai vraiment
beaucoup aimé ce roman, en partie autobiographique, qui nous fait découvrir
l’Afrique de l’époque coloniale à travers trois
personnages.
Le début du récit commence avec le long voyage qu’entreprennent Fintan et sa
mère. Ils partent de Nice pour rejoindre le père de l’enfant qui travaille pour
la United Africa et que Fintan ne connaît pas encore. La longue traversée nous
est retranscrite à travers les yeux de ce garçon de douze ans, impatient de
faire connaissance avec son mystérieux père et de découvrir l’Afrique dont sa
mère lui parle tant.
Mais une fois arrivés sur le sol africain, le roman prend trois voix différentes. Toujours celle de Fintan qui est déçu par le père autoritaire qu’il découvre mais qui aime sa nouvelle vie pleine de liberté et son amitié avec Bony, un jeune africain qui lui fait découvrir son pays. Il y a également la voix de la mère qui découvre cette Afrique colonisée où les noirs sont exploités et mal traités, où elle est contrainte de surveiller ses manières et de ne pas prendre les noirs en affection, où elle doit supporter l’hypocrisie du colonialisme. Enfin, il y a la voix du père de Fintan. Il travaille pour l United Africa depuis plusieurs années mais ne supporte que difficilement le comportement de tout ces colonisateurs. Ce qui le pousse à rester là-bas, c’est la quête qu’il a entreprise à travers les mythes africains. Il ne peut quitter ce territoire sans avoir enfin découvert la « Reine noire ».
L’écriture de Le Clézio est fluide, elle traduit la langueur qui règne à bord du bateau puis sur le sol africain.
C’était les soirées que Maou préférait. Maintenant que le navire
approchait des côtes d’Afrique, il y avait une langueur dans l’air, au
crépuscule, un souffle tiède qui frôlait le pont et lissait la mer. Assis dans
des chiliennes côte à côte, Maou et Fintan se parlait doucement. C’était
l’heure de la promenade.
Onitsha est un très beau récit pendant lequel le lecteur vit au plus près des personnages et auxquels il s’attache. On suit leurs découvertes, leurs déceptions, leurs émerveillements dans ce pays dont ils attendaient tant.
Commentaires
Le Clézio, je ne connaissais que de nom... comme tout le monde, avant que notre amie Catherine ne me conseille la lecture du très beau texte "Ballaciner" ; un texte sur le cinéma ; que Le Clézio définit comme : "tomber du ciel de nuage en nuage au milieu des éclairs"
Une traversée en cinéma autobiographique. c'est juste superbe. les films dont il parle sont des chefs d'oeuvre que j'aime particulièrement : "Contes de la lune vague après la pluie" de Mizoguchi ou "L'Atalante" (magistral !) de Jean Vigo.
Je croyais Le Clézio trop difficile à lire, trop hermétique, et je me suis retrouvée avec un texte limpide, des images fortes et une prise de position "radicalement douce" sur le cinéma.
Un texte sur les émotions universelles.
je prends note de ce titre !
merci Chère Midola !
Commentaire envoyé ? j'ai un doute, je recommence.
Comme toi j'ai aussi choisi l'afrique, mais avec un livre plus autobiographique, et , je crois, plus facile à lire;
@Stef : J'ai vu ton billet sur Le Clézio et j'ai été surprise que tu n'aies encore jamais lu cet auteur. En même temps, je ne m'y suis mise que l'année dernière avec Ritournelle de la faim. J'aime beaucoup l'écriture de Le Clézio; de manière très simple il parvient à faire passer beaucoup d'émotions, de sensations.
Je note donc ce roman Ballaciner, doublement recommandé ;-)
@Keisha : J'avais hésité avec L'Afrique, je pense que je le lirai plus tard d'ailleurs. Onitsha comprend beaucoup d'éléments autobiographiques aussi, c'est amusant de repérer ces clins d'oeil.
Comme toi, j'ai lu Onitsha et j'ai beaucoup aimé également :c'est vrai que Le Clézio parvient vraiment bien à retranscrire les ambiances.
moi aussi j'ai découvert Le Clezio grâce au blogoclub, et je ne regrette pas
Toi aussi tu as trouvé bien ce roman c'est le 3ème commentaire positif que je lis, donc je vais l'acheter et le glisser dans ma PAL (un de plus !!)
Là, nous sommes d'accord :-) Même si les avis sont très mitigés sur cet auteur, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et il est incontestable que sa plume est d'une très grande qualité.
Je suis ravie de constater que cette lecture t'a emballée. Ce n'est pas le cas de tous les lecteurs qui ont choisi ce livre. C'est intéressant de découvrir les différents avis.
@Lapinoursinette : on vit vraiment l'impatience de Fintan durant toute la traversée !
@Gambadou : J'avais déjà lu "Ritournelle de la faim" mais le blog-o-blog a été pour moi l'occasion de découvrir ce texte dont j'avais souvent entendu parler !
@Nina : je crois que tu ne prends aucun risque en ajoutant Onitsha à ta PAL ;-) Bonne lecture !
@Fanyoun : nous sommes d'accord sur Le Clézio mais il y a beaucoup d'autres blogueurs qui n'ont pas du tout succombés à sa prose !
@Sylire : J'ai beaucoup aimé ce roman mais je comprends aussi ceux qui l'ont moins aimé. Il y a de longs passages consacrés à la légende africaine qui ne passionnent pas tout le monde. Moi, j'adore !
Très bon résumé d'Onitsha, avec les trois narrateurs sur la terre africaine, trois perceptions du continent par cette famille dont on suit un bout de destin avec "langueur" ;)
Ne connaissant pas cet auteur, j'ai préféré opter pour ses nouvelles, mais la prochaine fois, je tenterai ses romans ! ;-)
@Florinette : Ses romans sont effet à découvrir !
Je n'ai encore rien lu de lui. Mais suis en bonne voie : L'Africain dest dans ma PAL depuis novembre.... Donc, je pense que dans un an, pour le 1er anniversaire de son prix nobel, je serais normale, j'aurais lu un le clezio !
@Géraldine : Il y a beaucoup de personnes effrayées par Le Clézio, tu n'es donc pas la seule à remettre à plus tard sa lecture. L'Africain a aussi rejoint ma PAL depuis quelques jours.
J'ai lu l'Africain et je vois beaucoup de points communs entre les personnages des deux livres, on retrouve la rencontre tardive avec un père autoritaire, l'aversion pour le colonialisme etc ... normal puisque Onitsha est en partie autobiographique. Je compte le lire, je vais peut être "faire connaissance" avec le troisième personnage, la maman, car si elle évoquée à plusieurs reprises dans l'Africain, elle reste quand même beaucoup en retrait.
L'Africain a pris place sur mon bureau...
Un grand grand livre, magnifiquement écrit. La plume de Le Clézio est d'une grande délicatesse. J'ai seulement eu un peu plus de mal avec les passages un peu oniriques (racontés par le père, quand les paragraphes sont plus étroits). A lire absolument.
@Nicolas : C'est vrai que les passages du père sont un peu longs, mais on lui pardonne !