lune captive dans un oeil mort

Voici un auteur que j’ai découvert entre autre grâce à la blogosphère. Une belle découverte qui m’a permis de faire un excellent voyage en train !

Deux couples et une femme seule viennent emménager dans une résidence pour personnes âgées. Il s’agit d’une résidence « new generation » qui ressemble à un petit village hautement sécurisé. Chacun à sa propre maison (identique à celle de son voisin) et partage la piscine et le club house où sont censés être proposé de nombreuses activités (macramé, cuisine, informatique…) Le tout placé sous une haute surveillance informatique, car c’est bien connu, les personnes âgées sont particulièrement sujettes aux agressions et cambriolages. Tout est prévu pour passer une retraite heureuse sans être gêné par quiconque. Les visites sont limités, les enfants n’ont pas le droit de passer plus de quinze jours chez leurs parents ou grands-parents, les animaux sont interdits et on peut compter sur l’efficacité du gardien pour transformer tout chat errant en chair à pâté.

Au fur et à mesure de l’arrivée des deux couples et de la femme, les relations très polies de nouent. Tout le monde essaie de se montrer sous son meilleur jour. Mais comme dans toute communauté, arrive le moment où les reproches commencent à fuser, les querelles se multiplient et s’intensifient. Pascal Garnier manie un humour grinçant qui me plaît beaucoup, mettant le doigt sur la bêtise humaine. Un petit exemple pour le plaisir… Maxime se remémore un accident qu’il a eu :

« un grave, enfin pour celui qu’il avait heurté de plein fouet. Sur une route qu’il connaissait par cœur, à quinze kilomètres de chez lui !… Qu’est-ce qu’il foutait là ce con ?... D’accord il allait un peu vite, d’accord il avait un peu bu… Mais merde ! D’habitude il n’y avait jamais personne à cet endroit… Il avait fallu découper la R5 au chalumeau pour dégager le corps. Paraît que c’était pas beau à voir… un jeune type… C’est dans ces moments-là qu’on est content d’avoir des relations. »

Lune captive dans un œil mort / Pascal Garnier aux éditions Zulma