Mangez-le si vous voulez

On a beaucoup entendu parler de ce dernier roman de Jean Teulé lors de sa parution il y a quelques mois. Comme à son habitude, l’auteur se fait le romancier de faits historiques méconnus. Cette fois-ci, il nous relate l’abominable journée de torture qu’a vécu un honnête français. Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend au village où il est très apprécié des habitants. Mais sur un malentendu, et surtout sur un véritable coup de folie générale, les villageois le confondent avec un prussien et rivalisent de cruauté pour le faire souffrir. Leur démence ira jusqu’à le brûler vif et le manger.

Si je n’avais pas vu l’émission La Grande librairie où il était invité et où il racontait que tout ce qu’il a écrit dans le roman est vrai, je n’aurais peut-être pas terminé le roman. J’aurais certainement trouvé que ce livre se complaisait dans de la violence gratuite. Maintenant, n’est-ce pas une sorte de curiosité malsaine qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout ? Ou alors de l’incrédulité. Comment a-t-on pu faire de telles horreurs ?

Ce court roman est très bien écrit, très vif : Jean Teulé excelle encore une fois dans l’art de raconter l’horreur d’une manière joyeuse. Mais si dans Le magasin des suicides, ça m’a beaucoup amusé, je dois avouer avoir été un peu mal à l’aise en lisant certaines pages… On s’amuse des tortures vécues par un homme qui a existé. Et pour qu’on n’oublie pas ce détail, Jean Teulé place une reproduction d’archives, citant les peines prononcées à l’encontre des tortionnaires…