Les Cavaliers / Joseph Kessel
Par Midola le lundi 28 septembre 2009, 05:29 - Romans - Lien permanent

Troisième roman du Blog-o-trésor et deuxième déception… Si j’avais hâte que Verlaine meure dans O Verlaine de Jean Teulé, ce n’est rien comparé aux Cavaliers. D’ailleurs, je dois avouer que je n’ai même pas eu le courage d’attendre la mort de l’insupportable héros du roman. Eh oui ! J’ai fini par déclarer forfait au bout de trois semaines de lecture laborieuse (363 pages sur… 587 quand même !!!)
Exceptionnellement, je vous livre une copie de la quatrième de couverture car je suis incapable de résumer objectivement ce roman :
« Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu'il nous ait contées: Les personnages atteignent une dimension épique: Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le grand Toursène fidèle à sa légende de Tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms: « Aïeul de tout le monde »... Enfin, Jehol "le Cheval Fou", dont la présence tutélaire et « humaine » plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime et nourrit le roman. »
Je crois que ce qui m’a vraiment insupporté c’est la fierté déplacé du personnage principal. Ouroz s’est cassé la jambe et préfère la laisser pourrir que de se soigner, que d’accepter l’aide des personnes qui l’entourent. Il est odieux, maltraite son cheval et son serviteur. Bref, il fait preuve de tous les sentiments que je déteste. C’est pourquoi, au bout de 360 pages, j’ai saturé.
Je reconnais toutefois qu’il y a de très beaux passages dans ce roman. Joseph Kessel nous fait voyager à travers l’Afghanistan et nous fait découvrir toutes sortes de peuples et de coutumes. Même ses descriptions de combats de béliers sont belles, elles expriment tout le caractère sauvage de ces animaux, leur courage.
C’est donc un étrange roman : avec de nombreuses qualités littéraires mais un héros exécrable !
Heureusement, le dernier titre qu’il me reste à découvrir pour le Blog-o-trésor devrait être plus prometteur : Les Cerfs volants de Kaboul. A suivre…
Commentaires
J'ai un très très bon souvenir de ce roman - lu il y a plusieurs années donc c'est un peu flou dans ma tête mais moi qui suis peu sensible à l'écriture et à la forme, ici le style de Kessel m'avait envoûtée. Je trouve qu'il a très bien dépeint le personnage d'Ouroz, son orgueil, sa fierté, le fait qu'il t'ait insupportée démontre d'ailleurs la réussité de ce portrait.:) Sinon j'ai beaucoup aimé ce voyage en Afghanistan. Les cerfs volants de Kaboul devrait te faire passer un meilleur moment.:)
@AGFE : Je reconnais sans difficulté le talent de Kessel et je regrette de ne pas avoir pu aller jusqu'au bout de ce roman... Sacré Ouroz !
Ma culture kesselienne c'est limitée pour l'instant aux amants du tage. Pourtant, ce livre figure dans la liste des 100 livres préférés des français me semble-t-il.
@Géraldine : Ce roman faisait aussi partie de la liste du blo-o-trésor. Je ne nie pas sa qualité littéraire, c'est vraiment que je ne supporte pas le personnage d'Ouroz, à tel point qu'il me gache tout le reste du livre !
J'avais écrit un commentaire mais j'ai eu un pépin informatique et je crois qu'il a disparu... Je disais donc que moi aussi j'ai de la difficulté avec les romans dont le personnage principal est antipathique. Et avant de lire la dernière phrase de ton billet, j'allais justement te proposer d'essayer plutôt Les Cerfs-volants de Kaboul, que j'ai beaucoup aimé!
@Grominou : Je n'avais pas fait attention que je ferai une cure d'Afghanistant cette année ! Encore un avantage des défis bloguesques ! Même si toutes mes lectures n'ont pas été concluantes pour ce défi, je ne les regrette absolument pas.
C'est justement ça, je trouve, l'un des points forts de ce roman : le fait que ce soit Ouroz le héros, un homme pétri d'un orgueil démesuré et dévastateur... Pour une fois, ce n'est pas un héros rempli de bonnes intentions chevaleresques et héroïques. Ouroz est égoïste, certes insupportable, mais c'est lui qui m'a la plus captivée dans ce roman !
Mais, comme l'a si justement relevé A_girl_from_earth, que tu ne supportes pas Ouroz est la preuve que Kessel a atteint son but... ;D
@Yagorla : En même temps, je ne vois pas comment Ouroz peut ne pas énerver le lecteur ! Hélas ! dans mon cas, il m'a énervé sans pouvoir me captiver... Mais au moins, ce roman me laisse un souvenir bien particulier.
Au moins ça =) Je vois ce que tu veux dire... Moi il m'a énervée tout en me fascinant xP