Sukkwan Island / David Vann, traduit de l'américain par Laura Derajinski
Par Midola le vendredi 28 mai 2010, 20:08 - Romans - Lien permanent

Voilà un roman que j’ai pratiquement lu d’une traite. Une fois que l’on est plongé dans l’angoisse de cette histoire, on ne peut plus faire autrement que de continuer et d’aller jusqu’au bout pour savoir où l’auteur va nous emmener. Et il nous emmène loin ! sur une petite île de l’Alaska où le personnage principal a décidé d’aller vivre pendant un an en emmenant son fils de treize ans. Le but pendant cette année sera d’apprendre à vivre par ses propres moyens en faisant le moins possible appel à l’extérieur. Le père et le fils vont alors apprendre à abattre des arbres, tailler des planches, fumer le poisson et la viande et surtout vivre avec ses doutes et ses angoisses. Et les angoisses du père sont immenses car il ne parvient pas à vivre avec son mal être. Ce que ce père, de plus en plus irresponsable, fait vivre au jeune adolescent devient très vite inadmissible, nous plongeant alors dans une angoisse grandissante.
Sukkwan Island est un roman très fort que je déconseillerai aux âmes sensibles. Il nous fait vivre pendant quelques heures aux côtés d’un personnage qui perd par moment la raison, entraînant le malheur de son fils. J’ai beaucoup aimé qu’un livre puisse me procurer de telles sensations ! Remarquable premier roman !

Commentaires
Ce roman va "faire" toute la blogosphère; oui, un premier roman exceptionnel!
Nous partageons la même impression sur ce livre. Et tu as raison, un livre à déconseiller aux âmes trop sensibles.
Mon gros et énorme coup de coeur de l'année 2010 ! ça va être dur de l'égaler ou de lui faire face cette année, il a mis la barre très haut, pour moi
j'ai lu beaucoup de critiques mitigées de ce roman surtout sur la deuxième partie Je le lirai à l'occasion Merci de ton article
@Keisha : pour un premier roman, il jouit de beaucoup de très bonnes critiques tant chez les professionnelles que chez les blogueurs.
@Sylire : J'ai tendance à prévenir certains lecteurs qui l'empruntent que le roman est génial mais dur...
@Fleur : C'est un auteur qu'il faudra surveiller de très près !
@Bénédicte : C'est amusant car moi je n'ai lu que de très bonnes critiques. Il va falloir que je fasse le tour de la bogosphère plus sérieusement ;-)
Ah ! voilà qui est intéressant ! Pour une fois, je ne partage pas cet enthousiasme. Ou plutôt oui, mais non...
Je l'ai presque lu d'une traite aussi. Posé quelques heures tout de même à une certaine page 113. Pour le reprendre ensuite.
C'est vrai que c'est un bon livre, que l'auteur sait nous surprendre, que le récit nous tient en haleine. Alors, quoi ? Alors, je me disais parfois - surtout dans la seconde partie - que ce que j'étais en train de lire n'était pas "nécessaire". Je ne remets pas en cause les réactions du père, qui sont celles d'un homme désespéré, absolument incapable d'attention aux autres.
Ce que je remets en cause c'est certaines descriptions qui m'ont soulevé le ventre ; c'est l'absence d'humanité - ou alors une humanité tellement abîmée, tellement morcelée - ; c'est le fait que cela aille trop loin.
On m'a dit que ce livre était "inspiré" de l'histoire de l'auteur, cela ne change rien !
J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi il y a un tel engouement autour de ce livre. Mais je ne suis pas si critique que j'en ai l'air ! je le conseille moi aussi aux lecteurs de la bibliothèque... en les mettant en garde.
Ce livre est pour moi l'antithèse de La Route... je ne sais pas ce que tu en penses. Peut-être que je fais des raccourcis rapides : un monde désolé, un père et un fils... mais ce qui se dégage finalement de La Route c'est ce besoin constant de réaffirmer l'appartenance à l'espèce humaine, de la revendiquer. Alors que là, il y a un tel abandon. C'est comme si le père lui même... pfff, je ne comprends pas en fait !!! c'était bien la peine d'écrire un commentaire si long pour finalement dire "je ne comprends pas". ;-)
@Stef : En effet, le roman va très loin dans l'abjecte, dans l'inhumanité. On peut, dans une certaine mesure, le comparer à La Route de Cormac McCarthy. MAIS, même si j'ai bien aimé Sukkwan Island, je dois reconnaître qu'il n'arrive pas à la cheville de La Route justement par ce que rien n'est décrit précisément, parce que tout est suggéré. Dans La Route, il y a la volonté de survivre après une terrible catastrophe et il y a surtout la relation père et fils où le père est soucieux de son enfant. Ils sont deux à avancer dans la même direction en espérant qu'ils s'en sortiront ensemble.
Dans Sukkwan Island, pour moi, il ne s'agit que de l'histoire d'un individu qui perd la raison au point de ne plus savoir être un père. Et c'est ce duo père/fils qui permet de montrer toute l'ampleur de la folie de l'homme.
Mais on est bien d'accord, rien ne peut égaler Cormac McCarthy ;-)
C'est certainement un livre très fort qui m'a beaucoup marquée. Cependant, j'ai de loin préféré la première partie, la seconde me semblant parfois un peu trop forcée!
C'est sûr que je ne le conseillerai pas à tout le monde ! Mais l'auteur sait entrainer son lecteur dans une atmosphère glauque !
@Mango : L'auteur va en effet très loin dans la seconde partie et en fin de compte, le roman aurait peut-être pu s'en passer sans pour autant perdre toute la force de l'histoire.
@Joelle : Une atmosphère bien glauque ! Et pour l'anecdote, j'ai lu le roman dans l'avion et quand on pense à l'angoisse que représente pour moi un vol et qu'on y ajoute celle du roman ! J'ai eu mon lot d'émotion pour la journée !
J'hésite à lire ce livre, même si le nombre de billets le rend vraiment intriguant, car je me considère comme une âme sensible. Tu n'es pas la première à évoquer la dureté de ce roman, je ne suis pas sûre de la suporter.
@Géraldine : Ce n'est peut-être pas indispensable que tu le lises pour le moment. Il sera toujours temps d'y revenir plus tard ;-)
Pas encore lu, mais c'est prévu ;-)
@Lilibook : je guette ton billet alors ! Bonne lecture !
J'ai hâte de lire le suivant !
@Stephie : Je pense, moi aussi, suivre de près sa production !
un coup de coeur pour nous aussi ! Gallmeister nous épate de livres en livres et nous fait découvrir de nombreux horizons ! un autre avis sur notre blog ! :)
@Les habitants de l'avenue : Je crois que c'est le premier titre de Gallmeister que je lis mais ça m'a donné envie d'en découvrir d'autres ! Je file sur votre blog !