couleur des sentiments

La couleur des sentiments ou comment rester scotchée sur le canapé au lieu de faire ses cartons… Au moment où ce billet sera publié, je serai en effet en train de déménager en espérant que j’arrive à rattraper mon retard car je n’ai rien pu faire avant d’avoir terminé les 525 pages de ce roman ! Et quel bonheur que s’immerger dans une lecture de cette manière, de penser toute la journée aux personnages que l’on retrouvera le soir (et puis le midi entre deux bouchées).

La couleur des sentiments nous emmène dans le Mississipi, dans les années 60 lorsque la ségrégation bat son plein. A cette époque, les familles bourgeoisie américaine avaient à leur service des bonnes noires qu’elles étaient très loin de traiter comme leurs égaux. Miss Skeeter qui appartient pourtant à cette bourgeoisie trouve de plus en plus choquant la manière dont ses amies traitent leurs bonnes. Et elle qui rêve de devenir écrivain décide de se lancer dans un grand projet risqué : recueillir le témoignage d’une douzaine de bonnes sur leurs conditions de travail et leurs relations avec leurs employeurs. Mais les noirs sont extrêmement méfiants vis à vis des blancs qui ne les respectent pas. Miss Skeeter va alors trouver de l’aide dans les personnes d’Aibileen et de Minny, deux bonnes au fort caractère. Toutes les trois se réuniront secrètement pour avancer dans ce vaste projet.

Le roman alterne justement entre les récits de ces trois femmes, nous permettant de nous faire une idée, presque au quotidien, de ce qui se passe à Jackson tant du côté des blancs que des noirs.

La couleur des sentiments est un roman intelligent qui montre la complexité des relations entre les noirs et les blancs car il y a heureusement des familles où tout se passe bien et où les blancs traitent avec respect leurs bonnes et où ces bonnes ont plaisir à travailler.

On y lit aussi surtout la peur de l’autre. Les blancs craignent ce que les autres blancs risquent de penser d’eux s’ils sont « trop » gentils avec leur bonne. Certaines personnes très influentes ont vite fait de réduire à néant la vie sociale d’une personne qui se montrerait trop conciliante avec une personne noire.

Le roman est fluide et l’alternance des récits empêche toute monotonie. Les trois femmes ont chacune un caractère différent, ce qui permet de passer par toute sorte de sentiments et de situations. L’auteur parvient à maintenir trois écritures distinctes tout au long du roman et à accrocher le lecteur de la première à la dernière ligne.

Il y aurait des milliers de choses à ajouter à ce billet. Je n’ai pas parlé de l’inscription du roman dans l’Histoire et pourtant, pendant les quelques années que dure la rédaction du livre, on peut voir évoluer les rapports entre les noirs et les blancs. On entend parler de Rosa Parks, de Martin Luther King…

Bon, je m’arrête là, j’ai des cartons à terminer ;-)