Léodine l’Africaine / Albert Russo aux éditions Ginkgo
Par Midola le vendredi 28 octobre 2011, 12:35 - Romans - Lien permanent

Ce livre, proposé par Babélio lors de son opération Masse Critique, avait attisé ma curiosité. Sa quatrième de couverture nous le présentait de cette manière :
"Ce livre raconte l’enfance et l’adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend à son adolescence que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde et l’entraîner dans une traversée des apparences au terme de laquelle elle devra changer de vie. Mais peut-on changer « qui l’on est »" ?
Mon avis un peu mitigé après cette lecture. Deux choses m’ont gêné dans cette lecture. La première est peut-être due à mon manque de connaissance de l’Afrique… L’auteur profite de ce roman pour faire de longs développements sur l’Afrique, ce qui a alourdi ma lecture. Je manquais de références pour me représenter tous les paysages, les ambiances ou pour intégrer toutes les références historiques ou géopolitiques. Mais certainement qu’un lecteur qui connaît mieux l’Afrique que moi appréciera plus ces passages.
Par contre, ma deuxième et véritable critique porte sur le décalage entre l’écriture et l’âge du narrateur. C’est Léodine, une jeune adolescente qui nous raconte son histoire mais les propos et la manière de s’exprimer ne colle pas du tout à son âge. Je ne suis pas certaine qu’à treize ans (l’âge n’est pas précisé), on est une vision aussi claire du pays dans lequel on vit. De plus, je ne suis pas du tout certaine qu’une ado, quelque soit le milieu dans lequel elle puisse vivre, s’exprime de la sorte :
"La métamorphose du jour était ponctuée par le chant des oiseaux. Ils s’en donnaient à cœur joie, dans un orphéon de roucoulades et de pépiements qui rassurait, car le volcan, lui, dont les colonnes de feu s’élevaient à la surface de la marmite, léchant les crêtes un eu trop goulûment comme pour rappeler à qui voudrait l’ignorer…"
C’est un exemple pris au hasard mais qui montre bien le décalage. Certes, on ne peut pas reprocher à l’auteur de bien écrire, mais je pense que le choix du narrateur n’était pas judicieux.
Autrement, en ce qui concerne l’histoire en elle-même je l’ai trouvé intéressante. On suit les états d’âme de cette jeune fille qui s’interroge sur son identité et qui ne sait comment se positionner face à la question du métissage.
Commentaires
C'est un des livres de Babelio qui m'avait intéressé, mais l'extrait donne un aperçu qui me fait penser que je serais comme toi un peu déçue. Je passe !
Le fond de l'histoire semble intéressant, les développements sur l'Afrique ne me dérangeraient pas, mais le décalage écriture/âge du narrateur me semble effectivement bien exagéré pour être crédible et donc agréable à lire.
@Gambadou : C'est le problème des présentation, on se fait souvent de fausses idées sur un livre et au final, on est déçu...
@Géraldine : Si tu changes d'avis, je peux te le prêter.