legende de nos peres

La semaine dernière je découvrais (enfin !) l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman ''Mon traître'' et je tombais vraiment sous le charme de son écriture. C’est très rare que je lise plusieurs livres d’un même auteur à la suite mais cette fois-ci, j’ai couru à la médiathèque emprunter La légende de nos pères car notre auteur semble varier les sujets ! Eh bien, je ne regrette vraiment pas et je me suis empêchée de me plonger dans un troisième titre, m’obligeant à prendre le temps de savourer les autres textes.

Nous sommes très loin de l’Irlande et de son combat pour son indépendance. Nous voici en France, en plein pendant la canicule de 2003. Le narrateur, sorte d’écrivain public qui prête sa plume aux personnes souhaitant rédiger leurs mémoires, a pour cliente une jeune femme qui souhaite offrir à son père l’occasion de consigner par écrit les actes de résistance de son père pendant la Seconde guerre mondiale. Mais au fil des entretiens, le narrateur émet des doutes sur la véracité des paroles du vieil homme.

Sorj Chalandon nous offre un roman sur le devoir de mémoire, sur l’histoire de ces hommes de l’ombre qui lutté avec leurs propres moyens pour tenter de résister à l’ennemi. Mais c’est également un roman sur le travail d’écrivain. J’ai beaucoup aimé les passages où nous assistons à la rédaction de la biographie du vieil homme. Le narrateur cherche des ambiances, des couleurs, des senteurs, des sons. Opérant comme une mise en abyme du travail de l’auteur lui-même, Sorj Chalandon donne les clefs au lecteur des éléments auxquels il prête une attention toute particulière. Sorj Chalandon a une écriture efficace, épurée qui donne l’essentiel au lecteur sans le perdre dans une multitude de détails ou de digression.

Un roman que j’ai dévoré, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment !