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Comment parler de ce roman avec des mots justes ? Depuis la lecture des premières pages de ce magnifique roman, je sais qu’écrire ce billet sera laborieux. Otages intimes pourrait être l’histoire de la résilience d’Etienne, photographe de guerre, libéré après plusieurs mois de captivité. Obnubilé par certaines images, par ses peurs ressenties pendant ce long enfermement, il tente de se reconstruire auprès des gens qu’il aime. Mais Otages intimes va plus loin que cela puisque les mots de Jeanne Benameur résonnent en nous, comme si l’auteur nous chuchotait tous ces mots au creux de l’oreille, comme si toutes les interrogations d’Etienne étaient en réalité les nôtres. Des combats, des blessures, des peurs, chacun d’entre nous en a connus. Toutes ces souffrances ont des causes différentes et des conséquences variables mais elles nous permettent de ressentir tous les mots de Jeanne Benameur au plus profond de soi. Le texte de Jeanne Benameur a résonné au fond de moi tout au long de ma lecture et je sais que je n’oublierai pas un tel roman.

C’est rare que je laisse des citations sur ce blog. Mais aujourd’hui, je voulais partager ce passage qui m’a beaucoup marqué, une magnifique ode aux mamans :

« L’odeur du café chaud, le sourire de sa mère, sa main dans ses cheveux… Et soudain les larmes qu’il n’attendait pas coulent sans qu’il puisse rien retenir… je suis désolé… c’est tout ce qu’il peut dire… Irène le serre contre elle comme lorsqu’il était petit. Comment embrasser toute la désolation d’un homme. »

Je m’arrête là car il me faudrait recopier le livre dans son intégralité…

(Roman lu dans le cadre du Match de la rentrée littéraire 2015 organisé par Price Minister.)