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mardi 19 janvier 2016

Otages intimes / Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

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Comment parler de ce roman avec des mots justes ? Depuis la lecture des premières pages de ce magnifique roman, je sais qu’écrire ce billet sera laborieux. Otages intimes pourrait être l’histoire de la résilience d’Etienne, photographe de guerre, libéré après plusieurs mois de captivité. Obnubilé par certaines images, par ses peurs ressenties pendant ce long enfermement, il tente de se reconstruire auprès des gens qu’il aime. Mais Otages intimes va plus loin que cela puisque les mots de Jeanne Benameur résonnent en nous, comme si l’auteur nous chuchotait tous ces mots au creux de l’oreille, comme si toutes les interrogations d’Etienne étaient en réalité les nôtres. Des combats, des blessures, des peurs, chacun d’entre nous en a connus. Toutes ces souffrances ont des causes différentes et des conséquences variables mais elles nous permettent de ressentir tous les mots de Jeanne Benameur au plus profond de soi. Le texte de Jeanne Benameur a résonné au fond de moi tout au long de ma lecture et je sais que je n’oublierai pas un tel roman.

C’est rare que je laisse des citations sur ce blog. Mais aujourd’hui, je voulais partager ce passage qui m’a beaucoup marqué, une magnifique ode aux mamans :

« L’odeur du café chaud, le sourire de sa mère, sa main dans ses cheveux… Et soudain les larmes qu’il n’attendait pas coulent sans qu’il puisse rien retenir… je suis désolé… c’est tout ce qu’il peut dire… Irène le serre contre elle comme lorsqu’il était petit. Comment embrasser toute la désolation d’un homme. »

Je m’arrête là car il me faudrait recopier le livre dans son intégralité…

(Roman lu dans le cadre du Match de la rentrée littéraire 2015 organisé par Price Minister.)

lundi 19 octobre 2015

Imagier des jouets / François Delebecque aux éditions Les Grandes Personnes

IMG_1030.JPG Je recommence mes articles littéraires avec un coup de coeur ! Il fallait bien ça quand même. Un coup de coeur pour un album destiné aux tout-petits. Encore un coup de coeur pour le nouvel album de François Delebecque. Ce n'est pas la première fois que je vous présente ses albums (voir ici) et ce n'est même pas parce que François Delebecque est de ma famille (je n'ai même jamais eu l'occasion de la rencontrer). Les albums de François Delebecque sont particuliers car ils sont à la fois simples et magnifiques. Des silhouettes noires et blanches sur des rabats sous lesquelles se cachent de splendides photos. C'est simple, c'est pur, c'est beau.

Jusque-là, les albums étaient d'assez grands formats. Cette fois-ci, ils sont beaucoup plus petits et s'adaptent mieux aux petites mains qui les apprécient déjà beaucoup. François Delebecque nous propose ici un imagiers de jouets. Un de plus vous aller me dire. Mais non, un imagier de jouets en bois, un imagier de jouets très jolis et très simples.

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Que ce soit mon fils qui a quatre ans ou ma fille qui n'a que 7 mois, les deux adorent ce petit livre qui nous a été judicieusement offert ;-)

(ne me demandez pas pourquoi la première photo apparaît dans le mauvais sens... Mystère de l'informatique...)

lundi 5 janvier 2015

C’est moi qui éteins les lumières / Zoyâ Pirzâd aux éditions Zulma

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Cela faisait longtemps que je voulais lire cet auteur (et comme toujours les semaines, les mois, les années passent..) et il y a quelques temps, à la médiathèque, je suis tombée par hasard sur ce roman, C’est moi qui éteins les lumières, qui vient d’être réédité en version poche. Eh bien, je regrette de ne pas avoir pris le temps plus tôt de me plonger dans les romans de cet auteur iranien qui connaît un très grand succès dans son pays.

C’est moi qui éteins les lumières est une sorte de Desperate Housewives à l’iranienne (bon plus soft tout de même). Clarisse vit à Abadan, près de Téhéran. Elle est mère d’Armen, jeune garçon en pleine crise d’adolescence et de jumelles espiègles. Son quotidien, consacré entièrement au bien être de sa famille, est réglé au millimètre, entre les goûters des enfants, les sorties au Club, les cours de piano, et les visites régulières de sa sœur et de sa mère. Mais toute cette mécanique va se gripper avec l’arrivée de nouveaux voisins en face de chez eux. Emile débarque dans sa vie, accompagné de sa mère au comportement étrange et de sa fille, Emilie qui devient aussitôt amie avec ses enfants.

Dès les premières pages, je me suis sentie bien dans l’univers de Clarisse où tout semble sous contrôle. Et puis, avec la rencontre de ces nouveaux voisins et avec la multiplication des intrigues, Clarisse se révolte face à cette vie qu’elle consacre aux autres et où personnes ne s’intéresse réellement à elle.

Cette petite révolution, ce besoin d’émancipation, se développe tout doucement, par petites bribes. Et on ne peut que soutenir Clarisse dans cette envie de changement. Ce petit roman est plein de finesse, très lumineux et très vivant. Cette histoire universelle malgré la distance et les différences de culture qui séparent nos pays fût une lecture vraiment très agréable.

jeudi 4 décembre 2014

Ceux qui me restent / Damien Marie & Laurent Bonneau aux éditions Grand Angle

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Ceux qui me restent est une bande dessinée que j’ai lu d’une traite, en retenant ma respiration. Que d’émotions, que de regrets face à ces deux existences gâchées !

Florent est dans une maison de retraite, en proie à la terrible maladie d’Alzheimer. Cette maladie lui fait revivre une partie de sa vie, celle où il a perdu symboliquement sa fille. Sur un malentendu entre fille et père, cette dernière a coupé les ponts pendant plus de dix-neuf ans avec son père. Et maintenant qu’elle est auprès de son père, celui-ci ne la reconnaît pas.

Le scénario peut paraître un peu brouillon au commencement car il même l’histoire de Florent, celle de sa fille Aurélie, des flash-back et les rêves de Florent qui lutte avec sa mémoire. Mais tous ces épisodes finissent par donner sens à cette histoire faite de malheurs et d’amours ratés. On tremble que la rencontre entre ce père et sa fille ne puisse se faire avant qu’il ne soit trop tard.

En écrivant ces quelques mots, j’ai vraiment l’impression de dénaturer cette magnifique histoire. J’ai particulièrement aimé le dessin de Laurent Bonneau et la manière dont il a utilisé certaines touches de couleurs pour donner plus de forces encore au récit.

Une histoire belle et triste à découvrir absolument.

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lundi 17 novembre 2014

Le Turquetto / Metin Arditi

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Cela faisait plusieurs mois que je cherchais à emprunter ce roman sans parvenir à mettre la main dessus, si bien que je ne savais plus exactement de quoi il traité lorsque je l’ai commencé. Mais dès les premières pages, je me suis retrouvé auprès du personnage principal, appelé Elie pendant son enfance, puis Le Turquetto lorsqu’il devient peintre, au cœur de Constantinople puis de Venise.

J’ai commencé ce roman un soir avant de me coucher et le lendemain matin, me sont revenues des images qui m’ont demandé quelques secondes pour les identifier comme les premières pages de mon livre et non celles d’un film. Que j’aime cette sensation lorsque les descriptions d’un livre sont si nettes qu’on a l’impression d’avoir vu un film !

Le Turquetto retrace la vie d’un artiste peintre d’origine juive, né à Constantinople au début du XVIe siècle et qui a émigré à Venise à la mort de son père pour exercer sa passion : la peinture. Là-bas, il se fait passer pour chrétien (car la peinture est avant tout religieuse à cette époque et seul un chrétien ne peut peindre des scènes religieuses) et se fait appeler Le Turquetto. D’abord en apprentissage auprès d’un maître, il s’affranchit de sa tutelle et gagne en notoriété. Mais cacher son origine juive n’est pas toujours aisée…

L’histoire de ce « Turquetto » que nous livre Metin Arditi est vraie, ou tout du moins, elle colle au plus près de la réalité, en fonction des archives que l’auteur a pu consulter à ce sujet. Metin Arditi rend hommage à ce grand peintre dont il ne reste plus qu’une seule toile. Lire ce roman, c’est plonger au cœur de la Renaissance, auprès des plus grands noms de peintres de cette période. Et c’est aussi découvrir Constantinople et ses trafics d’esclaves et sa misère, Venise et son épanouissement artistique et surtout l’influence de la Religion dans ces deux sociétés.

Il y encore beaucoup de choses à dire sur ce roman mais je suis contre les billets-fleuve ! Alors, je conclurai en vous conseillant de vous plonger dans cette lecture passionnante et dépaysante. Et moi, je file découvrir les autres titres de cet auteur en espérant qu'ils soient à la hauteur de ce Turquetto !

vendredi 7 novembre 2014

Les demeurées / Jeanne Benameur

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Lorsque l’on parle de Jeanne Benameur, Les Demeurées est le titre qui revient le plus souvent et l’on comprend vite pourquoi. Ce livre a beau être très court, il n’en est pas moins très fort. Les demeurées met en scène La Varienne et sa fille, une mère et une fille pas comme les autres puisque La Varienne est une simple d’esprit. Ce petit roman va nous dévoiler toute l’importance du langage. Langage du corps puisque La Varenne ne parle pas mais parvient à apporter tout l’amour dont la petite Luce a besoin, se dévouant à sa manière entièrement au bien être de sa fille. Et langage verbalisé que la petite Luce va découvrir en faisant une incursion dans le monde de l’école, incursion dans un monde extérieur qui va justement ébranler l’équilibre de cette famille particulière.

Les demeurées est un petit bijou, rempli d’amour et d’émotions. On est à la fois attendri par cette relation très particulière entre mère et fille et à la fois catastrophé à l’idée que la petite Luce reste enfermée dans l’univers de sa mère, ne pouvant communiquer avec l’extérieur et se préparant à une vie bien difficile alors qu’elle possède toutes les capacités pour intégrer le Monde.

Les demeurées fait partie de ces rares, très rares livres qui me donnent envie de les relire un peu plus tard, pour me replonger dans cette poésie et dans cette réflexion.

dimanche 5 octobre 2014

Fruits, fleurs, légumes et petites bêtes / François Delebecque aux éditions Les Grandes Personnes

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Achat compulsif ce matin. Je connaissais déjà les deux premiers titres parus dans cette collection : Les Animaux de la ferme et Les Animaux sauvages. Je suis passée à côté du troisième Vroum ! Vroum ! et je viens de me jeter sur le petit dernier Fruits, fleurs, légumes et petites bêtes.

Ces albums sont géniaux et magnifiques. Le principe est vraiment tout bête : des silhouettes noires représentant des animaux, des fruits, des objets et sous ces rabats les photos en couleurs. Le principe est tout bête, on le retrouve dans de nombreux albums pour les enfants mais la qualité des photos n’est pas toujours là… Et c’est justement ce que j’aime dans ces albums de François Delebecque, ses photos sont toujours splendides.

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Mon fils avaient passé beaucoup de temps à parcourir Les animaux sauvages vers l’âge de dix-huit mois, aujourd’hui, à trois ans, il est heureux de citer et de reconnaître tous les fruits, les légumes et autres petites bêtes du jardin.

Et chose importante, bien qu’il s’agisse d’un livre cartonné avec de nombreux rabats, c’est du solide ! Ce sont des livres que j’aime offrir car ils sont beaux, instructifs et originaux.

vendredi 26 septembre 2014

Pays retrouvé / Jeff Sourdin ; ill. par Pierre Jourde aux éditions de la Part Commune

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Auteur de ''Ripeur'' et du Clan des poissards dont je vous ai déjà parlé ici, Jeff Sourdin vient de publier son troisième roman aux éditions de La Part commune. Pays retrouvé nous emmène cette fois-ci au sein du monde agricole. A la mort de son père, le narrateur retourne dans la ferme familiale où il a passé toute son enfance. Au fil de ces séjours pendant lesquels il remet de l’ordre dans cette habitation, de nombreux souvenirs remontent à son esprit : la culture des pommes de terre, les réunions de famille, le vêlage en pleine nuit, la sortie annuelle à la braderie, etc. Jeff Sourdin dresse également le portrait d’un homme et d’une femme qui n’ont pas ménagé leur peine tout au long de leur vie pour faire vivre cette ferme, mus par leur passion pour la terre.

Mais plus qu’une plongée dans ses souvenirs, le narrateur va faire le point sur sa vie et réfléchir au lien qu’il entretient réellement avec sa terre natale qu’il a pourtant quitté depuis ses dix-huit ans, au profit d’une vie citadine.

Dans ces trois romans, nous avons à faire à des personnages qui se cherchent à un moment (plus ou moins long) de leur vie. Ils remettent en question la vie qu’ils mènent, une vie dictée par l’habitude mais qui n’est pas satisfaisante au final. Jeff Sourdin aime décrire ces moments de remise en cause et il le fait très bien.

Tout comme il parle remarquablement bien du monde rural. Le ton est différent de ses deux précédents romans, plus posé, mais le style toujours aussi riche. Dès les premières pages, on est happé par le récit de cet homme et on suit avec grand plaisir sa remontée vers l’enfance.

Le seul bémol que je ferais à ce roman (et ça me coûte ;-) c’est que j’aurais aimé en savoir un peu plus sur la vie citadine de cet homme et sur la manière dont il envisage son rapport à la ville par la suite. On ne sait rien de lui lorsqu’il repart en ville et cela m’a manqué, peut-être pour mieux comprendre ce que représentait ce retour dans sa maison natale.

Et puis pour terminer cet article, il ne faut pas oublier de mentionner le travail de Pierre Jourde qui a illustré la couverture et chaque chapitre de ce livre par une gravure en lien avec le roman. Cette alliance entre les mots et les images fait de ce livre un très bel objet que j’ai eu plaisir à feuilleter à nouveau, une fois ma lecture achevée.

samedi 20 septembre 2014

Ratafia / Pothier & Salsedo

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Un billet très rapide pour vous parler d'une série que j'aime beaucoup : Ratafia. C'est l'une des rares séries de bande dessinée que je suis régulièrement, tout simplement parce qu'on a amplement le droit d'oublier ce qui s'est passé dans les épisodes précédents mais où l'on retrouve toujours avec le même sourire les personnages tous plus loufoques les uns que les autres, les situations absurdes et surtout les jeux de mots et l'humour !

La série Ratafia tourne en dérision le monde de la piraterie et elle le fait très bien. Entre un équipage naïf et légèrement benêt et un capitaine un peu poète, la chasse aux trésors n'avance guère. Tout est propice à des scènes burlesques et à des jeux de mots. Et puis, le dessin et la trogne des pirates ajoutent une dose d'humour à ces histoires improbables.

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En rédigeant ce billet, je me rends compte que je n'ai pas encore lu le dernier tome... Sacrilège !

samedi 6 septembre 2014

La guerre des lulus, t.1 & 2 / Régis hautière & Hardoc

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Découvertes sur tous les bons blogs de la blogo, j’ai enfin mis la main sur les deux premiers tomes ! Et le coup de cœur a bien évidemment été au rendez-vous. Comment ne pas s’attacher à cette bande d’enfants, livrés à eux-mêmes pendant que la première guerre mondiale bat son plein.

Le premier tome nous présente les lulus en 1914 : Lucien, Lucas, Luigui et Ludwig, tous les quatre échappés d’un orphelinat. Sortes de Robinson Crusoé, ils se construisent une cabanes dans les arbres et débordent d’imagination pour subvenir à leurs besoins. La jeune Luce, se joindra à eux un peu plus tard.

Le deuxième tome est consacrée à l’année 1915, année pendant laquelle ils se lient d’amitié avec, Hans, un soldat allemand qui a déserté le front, horrifié par les combats. Tout au long de l’année, il va veiller sur eux et va les aider à se préparer à passer un second hiver dans la forêt.

Raconté comme cela, on pourrait penser que tout va bien dans le meilleur des mondes. Ce n’est bien évidemment pas le cas. Les enfants ont forcément besoin d’adultes pour comprendre le monde qui les entoure et faire face à certaines situations comme la maladie. Et puis, nous sommes en tant de guerre. Les enfants connaissent peu de choses du conflit, mais savent qu’ils doivent se méfier de tout le monde. Et si vous lisez cette bande dessinée, vous verrez que les situations risquées ne sont pas absentes du scenario.

Je n’ai pas parlé du dessin (parce que je ne sais toujours pas le faire….) Ce que je peux en dire, c’est que j’ai beaucoup aimé à la fois les couleurs et le cadrage des illustrations. Il est facile à lire et permettra aux plus jeunes de rentrer facilement dans l’histoire.

Pas besoin de vous dire que j’attends la suite avec impatience et appréhension. Les enfants connaîtront-ils une sortie de guerre heureuse ? On se doute qu’ils resteront marqués à vie par cette épreuve mais on espère très fort qu’ils garderont encore un peu d’insouciance au fond d’eux.

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