Midola's blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - COUP DE COEUR

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 24 janvier 2012

La légende de nos pères / Sorj Chalandon

legende de nos peres

La semaine dernière je découvrais (enfin !) l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman ''Mon traître'' et je tombais vraiment sous le charme de son écriture. C’est très rare que je lise plusieurs livres d’un même auteur à la suite mais cette fois-ci, j’ai couru à la médiathèque emprunter La légende de nos pères car notre auteur semble varier les sujets ! Eh bien, je ne regrette vraiment pas et je me suis empêchée de me plonger dans un troisième titre, m’obligeant à prendre le temps de savourer les autres textes.

Nous sommes très loin de l’Irlande et de son combat pour son indépendance. Nous voici en France, en plein pendant la canicule de 2003. Le narrateur, sorte d’écrivain public qui prête sa plume aux personnes souhaitant rédiger leurs mémoires, a pour cliente une jeune femme qui souhaite offrir à son père l’occasion de consigner par écrit les actes de résistance de son père pendant la Seconde guerre mondiale. Mais au fil des entretiens, le narrateur émet des doutes sur la véracité des paroles du vieil homme.

Sorj Chalandon nous offre un roman sur le devoir de mémoire, sur l’histoire de ces hommes de l’ombre qui lutté avec leurs propres moyens pour tenter de résister à l’ennemi. Mais c’est également un roman sur le travail d’écrivain. J’ai beaucoup aimé les passages où nous assistons à la rédaction de la biographie du vieil homme. Le narrateur cherche des ambiances, des couleurs, des senteurs, des sons. Opérant comme une mise en abyme du travail de l’auteur lui-même, Sorj Chalandon donne les clefs au lecteur des éléments auxquels il prête une attention toute particulière. Sorj Chalandon a une écriture efficace, épurée qui donne l’essentiel au lecteur sans le perdre dans une multitude de détails ou de digression.

Un roman que j’ai dévoré, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment !

jeudi 8 décembre 2011

Le bleu est une couleur chaude / Julie Maroh

Bleu est une couleur chaude

Ca faisait un moment que je voulais lire cette bande dessinée dont on a beaucoup entendu parler sur la blogosphère. Le sujet tout autant que son graphisme avaient attiré mon attention.

Le bleu est une couleur chaude est une belle et tragique histoire d’amour entre deux jeunes femmes. Clémentine est encore lycéenne lorsqu’elle fait la connaissance de Emma, une fascinante étudiante aux cheveux bleus qui l’aidera à comprendre et accepter son homosexualité.

Certes, le thème de l’homosexualité y est abordé sous de nombreux aspects, suivant les préjugés dont sont victimes les deux jeunes femmes. Mais cet album est avant tout l’histoire d’un amour entre deux personnes. Et comme le dit si bien Emma : « Si j’avais été un garçon, Clem serait tombée amoureuse de moi quand même. »

J’ai beaucoup aimé cette histoire mais j’ai aussi été fascinée par les dessins. Ces nuances de gris parsemées de touches de bleu. Beaucoup de grâce et d’énergie découlent de cette très belle bande-dessinée.

Et un coup de cœur de plus !

lundi 7 novembre 2011

Galadio / Didier Daeninckx

galadio

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu de roman de Didier Daeninckx et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ses histoires passionnantes qui nous entraînent dans les méandres de l’Histoire et nous en révèlent des pans peu connus (en tout cas de moi !).

Galadio nous entraîne au cœur de l’Allemagne des années 1930, lorsque le nazisme commence à s’étendre et à persécuter les juifs mais aussi les métis. Ulrich est un enfant métis, né d’une mère allemande et d’un père africain engagé dans l’armée française venue occuper l’Allemagne au début des années vingt. Alors qu’il est arrêté pour subir un examen médical par les forces allemandes, il va être repéré par un cinéaste qui a besoin d’acteurs et de figurants noirs pour ses films. Ces tournages vont être pour lui l’occasion de partir sur les traces de son père au cœur de l’Afrique.

Ce roman est passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur cette Allemagne des années trente dont on ne parle pas beaucoup. La difficulté pour les femmes blanches qui ont fréquenté des soldats noirs d’assumer leur grossesse aux yeux de tous quitte à se mettre à dos toute sa propre famille, les rafles d’animaux domestiques appartenant aux juifs, la stérilisation des noirs et des métis… Et comme toujours Didier Daeninckx nous ouvre les yeux sur l’Histoire sans en avoir l’air. Pas une seule fois il ne se permet de couper le récit pour y introduire de longues digressions sur l’Histoire. Il nous donne des clés, à nous de poursuivre notre lecture en ouvrant des livres d’Histoire.

A lire absolument !!!

jeudi 20 octobre 2011

Mississippi / Hillary Jordan ; traduit par Michèle Albaret-Maatsch

Mississippi

Coup de cœur ! Hillary Jordan nous emmène dans le Mississippi peu de temps après la Seconde guerre mondiale. Laura a déjà une trentaine d’années lorsque Henry se décide à l’épouser. Mais peu de temps après leur mariage, alors que Laura est une femme de la ville, professeur d’anglais, Henry achète des terres et une exploitation de coton et impose à sa femme un tout autre mode de vie. Elle doit faire un trait sur tout son confort et s’habituer aux dures tâches de la ferme, sous le regard désagréable de son beau-père.

Mais Mississippi n’est pas seulement l’histoire de Laura, cette femme qui est prête à beaucoup de sacrifices pourvu que son mari l’aime et qu’elle trouve un certain équilibre. Mais ce roman nous plonge également au cœur des mentalités des campagnes américaines où la ségrégation sévit encore amplement. Ronsel, le fils du métayer qu’emploie Henry, revient de la guerre où il a été considéré pendant quatre ans comme l’égal des blancs. Mais très vite, les habitants de la petite ville s’évertuent de le remettre à sa place…

Mississipi est un roman polyphonique, les différents personnages se relaient chapitres après chapitres pour nous raconter leur histoire et leur vision du monde. Cette multitude de voix enrichit le roman, permettant d’aborder de nombreux sujets propres aux blancs, aux noirs, aux femmes, aux hommes, aux soldats…

Mississippi est vraiment un roman passionnant. Une fois le livre terminé, j’ai gardé pendant plusieurs jours à l’esprit l’ambiance de la ferme du Mississippi.

jeudi 22 septembre 2011

Chroniques birmanes / Guy Delisle

chroniques birmanes

Après avoir découvert la BD de reportage avec Pyong Yang, j’ai très vite récidivé avec Chroniques birmanes du même auteur.

Sur 250 pages, Guy Delisle nous fait partager son expérience de partir vivre un an en Birmanie pour accompagner sa femme, membre de Médecin sans frontière. L’auteur consacre à chaque fois quelques planches pour nous décrire la vie d’expatrié dans ce pays soumis à une sévère dictature. Guy Deslile essaie de rester neutre tout au long de son album. Comme un reporter, il fait état de ce qu’il vit en évitant de porter de jugement. L’humour y est donc très présent ! Si je me suis beaucoup amusée à cette lecture, j’y ai aussi beaucoup appris à la fois sur la Birmanie mais aussi sur la vie d’expatrié. L’auteur nous montre les difficultés que peuvent avoir les occidentaux à s’acclimater à un pays aussi différent du sien. Cette lecture est une belle leçon de vie, d’autant plus que l’auteur est un homme curieux et qu’il fait l’effort de s’intéresser à ce qui se passe en dehors de son quartier ; il va même jusqu’à laisser femme et enfant pour passer trois jours dans un temps bouddhiste pour découvrir ce qu’est la méditation.

Bref, une bande dessinée passionnante et à la portée de n’importe quel lecteur.

lundi 25 juillet 2011

Le mec de la tombe d’à côté / Katarina Mazetti ; traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

mec de la tombe d'a cote

Voilà un grand classique que je voulais lire depuis longtemps, ce n’est pas tous les jours que l’on note le titre d’un livre promettant de nous faire rire ! A court de lecture pendant mes vacances à la montagne, je suis tombée sur ce roman à la petite librairie du coin. Je n’ai pas résisté et le mauvais temps m’a permis de le lire presque d’une traite. Bilan : J’ai oublié les nuages noirs et les trombes d’eau ; et je me suis détendu les zygomatiques.

L’histoire est très simple, une jeune veuve rencontre au cimetière son « voisin » de tombe qui vient régulièrement entretenir la tombe de ses parents. Si les premières impressions ne sont pas bonnes, ils vont d’un seul coup tomber dans les bras l’un de l’autre. Mais le hic dans cette histoire, c’est que Désirée est une femme de la ville, bibliothécaire de profession et assez indépendante ; tandis que Benny est éleveur de vaches laitières… Deux mondes bien différents !

Les deux personnages ne manquent ni d’humour ni de répartie, ce qui offre au lecteur des dialogues savoureux. Mais au-delà d’être amusante, l’histoire est également une réflexion sur le sens que l’on donne à sa vie, à l’amour, aux sacrifices que l’on est prêt (ou pas) à faire.

Le mec de la tombe d’à côté est un bon petit roman qui m’a permis de passer un excellent moment aux côtés de Désirée et Benny. Une suite existe à ce roman pour ceux qui voudront connaître la suite de leurs aventures : Le caveau de famille. Tout un programme !

mercredi 16 mars 2011

Le magasin général / Loisel & Tripp

magasin général 1 magasin général 2
magasin general 3 magasin general 4

J’avais lu le premier tome à sa sortie en 2006, à une époque où je ne lisais pas du tout de BD, et je n’avais pas du tout accroché, le dessin de Loisel, un peu particulier il faut l’avouer, m’avait gêné.

Et puis, en achetant le sixième tome pour la Médiathèque, je me suis rendue compte que cette BD se passait au Québec ! Maintenant que j’ai passé trois semaines à sillonner les routes du Québec, et que j’ai visité un magasin général transformé en musée, je me suis dit que ça valait la peine que je me replonge dedans. Et j’avais bien raison ! J’ai dévoré les quatre premiers tomes et attend avec impatience que le lecteur me ramène la cinquième !

Le magasin général nous fait découvrir un petit village au fin fond de la campagne québécoise dans les années 1920. Marie vient de perdre son mari et elle doit se débrouiller pour continuer à tenir son magasin, seul point de ravitaillement à plusieurs kilomètres à la ronde. Et puis, comme dans chaque village, il y a des personnages hauts en couleur : le maire, les trois veuves, l’institutrice, le curé, etc. Et puis il y a Serge, cet homme tombé en panne aux abords du village, qui est originaire de Montréal et qui parle comme un parisien. Son arrivé ne manquera pas de délier les langues !

A cours des quatre premiers albums, on découvre les habitants du village, leur mode de vie, leurs préjugés, leurs joies, leurs peines… Loisel et Tripp nous offrent vraiment une série de qualité !

mardi 8 février 2011

Un jour / Morris Gleitzman

Jour (un)

Un petit coup de folie en librairie l'autre jour et hop ! je suis repartie avec ce roman ado sous le bras sous les conseils de ma libraire ;-) et parce que j'aime particulièrement les romans des éditions des Grandes Personnes avec leurs angles arrondies. Et ce roman a été une belle surprise !

Nous partons en Pologne, en 1942, au moment où tous les juifs sont arrêtés, tués, maltraités... Morris Gleitzman fait découvrir cette terrible période à ses lecteurs travers le regard naïf de Félix, un jeune garçon juif d'une dizaine d'années que ses parents ont mis à l'abri dans un orphelinat dirigé par des religieuses. Mais Félix est un enfant qui vit dans les histoires que ses parents lui racontaient et celles qu'ils se racontent à longueur de journée, et il n'a absolument pas conscience de ce qui se passe à l'extérieur... Et c'est sa méconnaissance du climat extérieur qui le pousse à fuir l'orphelinat pour partir à la recherche de ses parents. Au fur et à mesure des épreuves qu'il va traverser, il va petit à petit ouvrir les yeux sur cet affreux monde et la folie du nazisme.

''Un jour'' est un roman réussi, l'auteur a su trouver l'équilibre entre l'évocation de l'Histoire et ses horreurs et la candeur des enfants que l'on croise dans le roman. Morris Gleitzman a su transmettre un message d'espoir à travers cette histoire : malgré tous les hommes qui ont commis des actes infâmes, il faut garder espoir dans l'être humain. Et puis le personnage de Félix et de la petit Zelda sont très attachants, ils nous montrent cette terrible période avec leurs yeux d'enfants et leurs difficultés à comprendre la situation, à accepter que les adultes peuvent être cruels.

Un excellent roman à lire sans limité d'âge.

Un jour / Morris Gleitzman traduit par Valérie Le Plouhinec aux éditions Les Grandes Personnes

jeudi 27 janvier 2011

Le Signal / Ron Carlson traduit par Sophie Aslanides

Le Signal

J’avais découvert les éditions Gallmeister avec le célèbre roman Sukkwan island. Cette lecture m’avait beaucoup plu. J’avais beaucoup aimé cette angoisse qui monte au fur et à mesure que les pages défilent et l’évocation de cette nature sauvage. Cette fois-ci, je me suis plongée avec le même plaisir dans le dernier titre paru chez cet éditeur, ''Le Signal'' de Ron Carlson.

Ron Carlson nous emmène dans les montagnes du Wyoming en compagnie de Mack et de Vonnie, son ex-femme. Les derniers mois ont été fatals pour le couple ; Mack s’est laissé entraîné sur une mauvaise pente qui l’a tout droit conduit en prison. A sa remise en liberté, Vonnie accepte de faire une dernière randonnée pour clore leur histoire. Le lecteur part alors avec eux sur les sentiers montagneux et ressent leur apaisement une fois en contact avec la Nature. Mais le dernier jour, à quelques heures du retour, tout bascule et la randonnée se transforme en cauchemar…

J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a fait vivre au plus près des personnages. On se délecte du calme de la nature, on entend l’eau de la rivière qui gronde, on voit les poissons se débattre au bout des cannes à pêche ; et puis on tremble aux coups de feu, on retient sa respiration quand les personnages se cachent… Bref, on vit les 222 pages comme si on y était !

Bonne lecture !

Le Signal / Ron Carlson aux éditions Gallmeister

lundi 24 janvier 2011

Tout bouge autour de moi / Dany Laferrière

tout bouge autour de moi

On a beaucoup entendu Dany Laferrière sur les ondes ces derniers jours à l’occasion de la sortie de son dernier livre « Tout bouge autour de moi » où il revient sur ce qu’il a vécu l’année dernière pendant le terrible séisme qui a touché Haïti.

Par de brefs chapitres, l’auteur nous emmène sur place, en Haïti, et nous peint ce pays où tout a été dévasté. Par des anecdotes, des détails, l’auteur nous peint son pays comme il était avant le 12 janvier 2010 et comme il est devenu après. Pour moi qui ne connaissais presque pas ce pays, ce livre est passionnant, il montre la force de caractère de ces habitants qui doivent continuer à vivre malgré cette terrible catastrophe, malgré l’impossibilité de retrouver le pays comme avant.

Dany Laferrière nous offre ici un magnifique témoignage qui tranche par rapport à ce que l’on a pu voir à la télévision car l’auteur s’est attaché à noter toutes les marques de vie, toutes les preuves d’espoir. Bien sûr qu’il y a eu des morts, des destructions, des blessés, des maladies, etc. Mais malgré tout, il faut continuer d’aller de l’avant.

Ce livre fait écho à une autre lecture que j’ai faite il y a quelques mois grâce au blog-o-book : le charme des après-midi sans fin. Dany Laferrière revient quelques semaines après le séisme à Petite-Goâve, cette petite ville dont il parle dans le charme des après-midi sans fin où il a passé son enfance. On imagine à quel point son regard est tout autre. On retrouve néanmoins le style particulier de l'auteur qui parvient à nous faire vivre à ses côtés les heures et les semaines qui ont suivi le séisme. Par ce livre, l'auteur a voulu nous livrer un témoignage de cette catastrophe et il y parvient parfaitement car il a su trouver le ton juste, le recul nécessaire pour placer cette épreuve dans l'Histoire d'Haïti.

lundi 17 janvier 2011

Le jeu du pendu / Aline Kiner aux éditions Liana Lévi

jeu du pendu

Voici un roman policier comme je les aime, c’est-à-dire un roman policier que je ne peux pas lâcher et qui m’apprend des choses ! Et celui-ci a même un petit plus, il se passe dans le pays d’enfance de Monsieur : la Lorraine ;-)

Tout commence par une adolescente retrouvée morte dans une ravine aux alentours de Metz, ravine causée par les effondrements des mines qui ne sont plus entretenues depuis leurs fermetures. Si cette fois-ci l’hypothèse de l’accident est aussitôt écartée puisque le corps de la jeune fille est entourée d’une corde savamment nouée, il n’est pas sans rappeler un cas très ressemblant survenu il y a un peu plus de dix ans… La police, représentée par Simon Dreemer et Jeanne Modover, va alors mener l’enquête…

La lecture du Jeu du pendu m’a permis d’apprendre des choses sur la Lorraine et notamment les problèmes géologiques causés par la fermeture et le manque d’entretien des mines au Nord de Metz. Des parcelles entières s’effondrent lorsque l’eau s’infiltre dans les galeries, et fragilise les sous-sols. Et puis, le roman nous plonge dans l’Histoire de la Lorraine au moment de la Seconde guerre mondiale et de son annexion par les allemands. Période pas si éloignée de nous…

''Le jeu du pendu'' a vraiment été une lecture agréable mêlant intrigue policière, Histoire, personnages captivants et complexes ; le tout servi par une très belle écriture.

jeudi 13 janvier 2011

Rosa Candida / Audur Ava Olafsdottir, traduit par Catherine Eyjolfsson

Rosa candida

Voilà trois fois que j’essaie de rédiger ce billet sans y parvenir. En même temps, vu le nombre de blogueurs à l’avoir lu et commenté, je pourrais me passer de l’exercice du résumé ! Dans Rosa Candida, il est question de roses, de vie, de mort, d’amour, de candeur, d’apprentissage de la vie, de cuisine, d’enfants, de pères, de mères, de frères… de la vie en somme. Arnlojotur décide de partir sur le continent pour restaurer une roseraie abandonnée dans un petit village isolé. C’est une aventure pour lui qui n’a jamais quitté sa famille mais c’en est une aussi pour son père, soucieux d’aider son fils à mener au mieux sa vie. Ce voyage et cet isolement sont l’occasion pour Arnljotur de faire le point après quelques épisodes marquants dans sa vie. Puis un jour, sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’on lui demande d’assurer pendant un mois ses responsabilités et son rôle de père…

''Rosa candida'' est vraiment un très joli livre, à la fois simple et complexe, comme peut l’être la vie. On s’attache aux personnages qui débordent d’humanité, on se laisse porter par l’écriture très fluide de l’auteur. C’est une lecture qui offre une bonne bouffée d’oxygène au lecteur.

Je vous renvoie au Blog-o-book qui a répertorié tous nos billets ici.

Rosa Candida / Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson aux éditions Zulma

samedi 4 décembre 2010

La couleur des sentiments / Kathryn Stockett, traduit par Pierre Girard

couleur des sentiments

La couleur des sentiments ou comment rester scotchée sur le canapé au lieu de faire ses cartons… Au moment où ce billet sera publié, je serai en effet en train de déménager en espérant que j’arrive à rattraper mon retard car je n’ai rien pu faire avant d’avoir terminé les 525 pages de ce roman ! Et quel bonheur que s’immerger dans une lecture de cette manière, de penser toute la journée aux personnages que l’on retrouvera le soir (et puis le midi entre deux bouchées).

La couleur des sentiments nous emmène dans le Mississipi, dans les années 60 lorsque la ségrégation bat son plein. A cette époque, les familles bourgeoisie américaine avaient à leur service des bonnes noires qu’elles étaient très loin de traiter comme leurs égaux. Miss Skeeter qui appartient pourtant à cette bourgeoisie trouve de plus en plus choquant la manière dont ses amies traitent leurs bonnes. Et elle qui rêve de devenir écrivain décide de se lancer dans un grand projet risqué : recueillir le témoignage d’une douzaine de bonnes sur leurs conditions de travail et leurs relations avec leurs employeurs. Mais les noirs sont extrêmement méfiants vis à vis des blancs qui ne les respectent pas. Miss Skeeter va alors trouver de l’aide dans les personnes d’Aibileen et de Minny, deux bonnes au fort caractère. Toutes les trois se réuniront secrètement pour avancer dans ce vaste projet.

Le roman alterne justement entre les récits de ces trois femmes, nous permettant de nous faire une idée, presque au quotidien, de ce qui se passe à Jackson tant du côté des blancs que des noirs.

La couleur des sentiments est un roman intelligent qui montre la complexité des relations entre les noirs et les blancs car il y a heureusement des familles où tout se passe bien et où les blancs traitent avec respect leurs bonnes et où ces bonnes ont plaisir à travailler.

On y lit aussi surtout la peur de l’autre. Les blancs craignent ce que les autres blancs risquent de penser d’eux s’ils sont « trop » gentils avec leur bonne. Certaines personnes très influentes ont vite fait de réduire à néant la vie sociale d’une personne qui se montrerait trop conciliante avec une personne noire.

Le roman est fluide et l’alternance des récits empêche toute monotonie. Les trois femmes ont chacune un caractère différent, ce qui permet de passer par toute sorte de sentiments et de situations. L’auteur parvient à maintenir trois écritures distinctes tout au long du roman et à accrocher le lecteur de la première à la dernière ligne.

Il y aurait des milliers de choses à ajouter à ce billet. Je n’ai pas parlé de l’inscription du roman dans l’Histoire et pourtant, pendant les quelques années que dure la rédaction du livre, on peut voir évoluer les rapports entre les noirs et les blancs. On entend parler de Rosa Parks, de Martin Luther King…

Bon, je m’arrête là, j’ai des cartons à terminer ;-)

mercredi 1 décembre 2010

La petite poule rousse / Pierre Dely et Cécile Hudrisier

petite poule rousse

Voici une nouvelle édition des Mercredis de l’album organisé par Fleur consacrée cette fois-ci à Cécile Hudrisier et Claude Ponti. Deux très grandes pointures de la littérature jeunesse. Si leur travail est très différent l’un de l’autre, ces deux illustrateurs ont pourtant un point commun l’humour qui se cache dans tous les détails de leurs illustrations et qui amuse tout autant les enfants que les parents !

Je n’ai pas choisi Claude Ponti car Ponti est déjà une véritable institution et ses petits poussins connus de tout le monde ou presque. Tellement connus, que je n’en peux plus de ranger ses albums avec ses formats improbables que les enfants empruntent par paquets ! Bon, plus sérieusement, j’ai choisi de vous parler de Cécile Hudrisier car j’aime énormément son travail et ses illustrations qu’elle crée à partir de petits bouts de tissus, de papier, de carton qu’elle agence et colle entre eux pour créer des personnages et des décors sympas.

Mon exemplaire de La petite poule rousse étant au fond d’un carton (déménagement imminent oblige…), je croise les doigts pour que ma mémoire me permette de vous faire part fidèlement de toutes les inventions de cette artiste.

La version du conte que nous offre Pierre Dely m’amuse déjà beaucoup puisque notre petite poule ne se laisse pas faire et ne cède pas face à la gourmandise de ses amis fainéants, elle n’hésite donc pas à se garder une belle part du gâteau, qu’elle mérite amplement ! Et puis, Cécile Hudrisier apporte sa touche à toutes les pages en les truffant de clins de d’œil. Les animaux de la ferme qui se prélassent lisent la revue « Ferme actuelle » par exemple ! C’est un plaisir d’observer attentivement toutes les illustrations pour repérer ces clins d’œil mais aussi pour découvrir tous les matériaux que l’illustratrice à utilisés. On trouve de vrais épis de blé, des morceaux de tissus, de carton ou de laine. Je voudrais aussi parler des couleurs de l’album mais je me rends compte que je ne sais pas le faire. Je peux juste vous dire qu’elles m’inspirent de la douceur, de la sérénité. Et si vous voulez en savoir plus, il vous suffit de vous plonger dedans !

samedi 13 novembre 2010

Elles vivaient d’espoir / Claudie Hunzinger

elles vivaient d'espoir

Claudie Hunzinger a retrouvé le journal que tenait sa mère dans sa jeunesse et c’est à partir de ces écrits qu’elle nous livre ce beau roman. Elles vivaient d’espoir retrace le destin de deux femmes : Emma, la mère de l’auteur et Thérèse, une amie/amante d’Emma. Ces deux femmes ont été très proches dans les années 30 lorsqu’elles préparaient les concours de l’enseignement jusqu’à ce qu’un homme les sépare et que l’Histoire les rattrape. Emma vivra la seconde guerre mondiale en Alsace, mariée à un allemand lié au parti nazi, tandis que Thérèse rejoindra le parti communiste en Bretagne où elle s’investira dans la Résistance.

Lorsque j’ai commencé ce roman la première fois, il m’est tombé des mains au bout de quelques pages. Mais lorsque je l’ai repris quelques jours plus tard et que j’ai avancé dans le livre, je ne l’ai plus lâché. L’auteur garde une certaine distance tout au long du livre, une distance nécessaire pour nous transmettre le plus objectivement possible le destin de ces deux femmes. Emma a beau être sa mère, elle restera Emma tout au long du roman.

Elles vivaient d’espoir est un impressionnant témoignage de ce qu’à pu être la seconde guerre mondiale, comment deux femmes extrêmement proches ont pu vivre cette période de manière extrêmement différente. Ce roman trace également le portrait de deux femmes qui assument pleinement leurs choix même si elles connaissent des moments difficiles. La vie de Thérèse m’a d’autant plus marqué qu’elle compte parmi les membres les plus actifs de la Résistance en Ile et Vilaine et qu’elle a tristement finit ses jours à la Prison Jacques Cartier de Rennes… Je vous renvoie à deux articles parlant d'elle, Thérèse Pierre, ici et .

Claudie Hunzinger signe ici un premier d'une très grande qualité.

Clara a elle aussi beaucoup aimé ce roman.

Elles vivaient d’espoir / Claudie Hunzinger aux éditions Grasset

mercredi 10 novembre 2010

Henri Désiré Landru / Chabouté

Landru

Encore un coup de coeur pour Chabouté. Tout ce que je lis de lui, me charme complètement. Pourtant ces illustrations très sombres en noir et blanc n'avaient rien pour me charmer au départ. Et à chaque fois, la magie opère et je me laisse complètement emporter par l'histoire.

En 1921, Henri Désiré Landru se retrouve au tribunal. Il est accusé d'avoir séduit onze femmes et de les avoir attirées dans sa maison de campagne pour les voler, les tuer et les brûler dans le poêle de sa cuisine. Mais l'histoire est beaucoup plus complexe que ça et ce monsieur Landru peut-être pas si monstrueux que ça...

L'illustration en noir et blanc renforce le côté sordide de l'histoire, les ombres y sont très présentes dès que l'on arrive dans la maison de campagne de Landu alors qu'elles s'éclaircissent à Paris lorsque notre "gentleman" séduit ces pauvres femmes.

Je suis fascinée par le travail de Chabouté qui parvient à adapter son dessin aux différents thèmes qu'il aborde dans ses bandes-dessinées : la mer (Tout seul), la forêt (La Bête), la ville... Vivement une nouvelle découverte de cet auteur !

L'avis de Joelle qui semble aimer Chabouté autant que moi !

dimanche 7 novembre 2010

Marzi t.1 : Petite carpe / Sylvain Savoia & Marzena Sowa

Marzi

Je viens de faire une belle découverte ce week-end. Jusqu'à très récemment, je pensais que la BD Marzi était une BD fille, dans le même style que Malika secousse. Eh bien, pas du tout ! Quelle erreur j'ai pu faire depuis quatre ans que je range quotidiennement ces BD dans les bacs de la bibliothèque.

Marzi est une bande dessinée autobiographique où l'auteur nous raconte son enfance en Pologne. Ce sont des histoires courte qui nous rappelle inévitablement notre propre enfance avec des peurs infondées ou des jeux... de gamins. Mais elle nous permet de partager le quotidien d'une famille polonaise dans les années 80, dans ce pays en proie au communisme où les magasins ne sont ravitaillés qu'au compte goutte.

Une bande dessinée très agréable à lire qui elle mêle humour, naïveté et éclairage historique.

dimanche 31 octobre 2010

L’Effet Larsen / Delphine Bertholon

effet larsen

J’ai terminé ce roman il y a quelques jours mais je peine à écrire ce billet. Toutes mes tentatives ne me semblent pas rendre compte de la densité de ce roman que j’ai particulièrement aimé.

Au départ, Nola. Une jeune fille qui l’année de ses dix-huit ans voit sa vie basculer. Six mois plus tôt, elle habitait dans une jolie maison de Montreuil avec ses parents jusqu’au jour où son père est victime d’un fou armé. En attendant la vente du salon de coiffure, Nola et sa mère sont contrainte de déménager dans un affreux immeuble parisien particulièrement bruyant. Même si c’était dur de faire face au décès du père de Nola, les deux femmes avaient affronté la situation avec courage. Et puis, pendant l’été, la mère de Nola a commencé à basculer dans une forte dépression qui se manifeste surtout par une hyperacousie. Nola doit alors tenter de se reconstruire, de retrouver un sens à sa vie tout en veillant sur sa mère comme elle peut et en travaillant comme serveuse dans un bar du quartier.

Malgré les sujets difficiles abordés et les épreuves que traversent ces deux femmes, ce roman est plein d’espoir et plein de vie. Certes, il y a des passages durs, très durs. On traverse les épreuves avec Nola, on retient notre respiration quand les choses encore plus mal, mais Nola est quelqu’un de particulièrement forte qui ne se laisse pas abattre ; et jamais l’auteur ne tombe dans le pathos. L’écriture de Delphine Bertholon est, elle aussi, très vive. Grâce au rythme des phrases et aux onomatopées, elle parvient à transcrire l’ambiance de cet affreux appartement et le tourment de la maman. Mais elle traduit aussi la vivacité de Nola et son envie de s’en sortir.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je n’arrivais pas à lâcher, totalement engloutie dans l’histoire. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Delphine Bertholon, une écriture jeune, une façon de parler plutôt actuelle et mille petits sujets transversaux abordés : l’art, la peinture, la lecture, les sciences, Sant-Malo, les secrets de famille. Ah oui ! les secrets de famille ! Je ne vous en ai pas parlé… Mais c’est pour vous en laisser la surprise à la lecture !

Les avis enthousiastes de Géraldine, Keisha, Aifelle et Clara.

L’Effet Larsen – Delphine Bertholon aux éditions JC Lattès

jeudi 21 octobre 2010

Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet / Antoine Bello

Enquete sur la disparition d'E. B.

Ah ! Quelle agréable lecture ! Une lecture qui ne cesse d’étonner son lecteur, de susciter sa curiosité au point de ne pouvoir s’empêcher d’en parler autour de soi et d’exprimer sa curiosité pour la suite du livre. Un roman ORIGINAL !

Je sens que la rédaction de ce roman va être compliquée tant il y a de choses à dire dessus. Tout d’abord l’intrigue. Non, tout d’abord l’enquêteur ! Achille Dunot, ancien inspecteur qui souffre d’une certaine forme d’amnésie : « Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu’il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. » Mais malgré son amnésie, Achille Dunot va être missionné par l’un de ses amis pour l’aider à démêler l’affaire sur laquelle il travaille, à savoir la disparition d’Emilie Brunet et de son amant. La seule solution pour Achille va être de consigner par écrit tous les soirs les avancées de son enquête pour pouvoir la reprendre le lendemain matin. Et c’est ce journal que nous avons entre les mains.

Il est également important de parler du principal suspect : Claude Brunet, le mari de la victime, éminent spécialiste en neurologie qui souffre lui aussi d’une sorte d’amnésie (réelle ou simulée) liée au traumatisme qu’il aurait subit lors d’un interrogatoire très musclé au poste de police.

Si ces éléments sont déjà savoureux – il faut imaginer le personnage reprendre son journal tous les jours en analysant ses commentaires et doutant parfois de sa capacité à retranscrire tous les événements et discussions de la journée – il faut ajouter que Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet est à la fois un roman policier détourné et une ode à Agatha Christie ! Achille Brunet est fasciné par Hercule Poirot et mène son enquête en se référant aux romans d’Agatha Christie. Et pour aller plus loin, Claude Brunet se passionne à son tour pour tous les romans de cette grande dame du roman policier et ose narguer notre pauvre Achille Dunot en discutant les conclusions des intrigues de l’inspecteur Poirot. (Résultat, j'ai drôlement envie de me replonger dans un roman d'Agatha Christie, ce qui ne m'est pas arrivée depuis le lycée !)

Bref, Antoine Bello nous offre un roman policier vraiment original qui intrigue le lecteur d’un bout à l’autre. Il faudra attendre presque la moitié du roman pour comprendre pourquoi des phrases entières sont barrées et d’autres totalement noircie, rendant la lecture des ces lignes totalement impossibles et qui donne un drôle d’aspect à ce roman. Mais ne comptez pas pour moi pour vous en révéler la raison ! Courrez l’acheter ou l’emprunter !

Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet / Antoine Bello aux éditions Gallimard

samedi 18 septembre 2010

Le Cœur régulier / Olivier Adam

Coeur régulier

Et voilà, encore un coup de cœur. Remarquez, je n’ai pas pris beaucoup de risque en me plongeant dans le dernier Olivier Adam. J’avais aimé Falaises et A l’abri de rien et son dernier roman a très très bonne presse.

Le cœur régulier nous plonge dans l’univers de Sarah. On la découvre au Japon où elle tente de comprendre les raisons de la mort de son frère jumeau, Nathan, lui qui était si instable. Si on a parlé d’un tragique accident de voiture, Sarah, elle, a aussitôt pensé à un suicide. Anéantie par la mort de ce frère avec qui elle avait partagé tant de choses mais qu’elle avait un peu perdu de vue, elle abandonne son mari et ses enfants sur un coup de tête et part au Japon, là où son frère avait passé quelques semaines avant de mourir.

Mais très vite, on comprend que ce voyage à l’autre bout du monde est l’occasion pour Sarah de faire le point sur sa vie. Son mode de vie, son travail, sa famille sont-ils conformes à ses aspirations ? Celles qu’elle partageait avec son frère Nathan.

Olivier Adam parvient une fois encore à nous livrer les doutes et le mal-être d’une femme qui pourtant semble mener une vie « normale ». A travers ce roman qui se lit d’une traite, on prend conscience de l’importance de prendre du recul par rapport à tout ce qui nous entoure, l’importance de prendre du temps pour soi, du temps pour manger, pour respirer, pour s’ouvrir au monde.

Le coup de maître de l’auteur est de réussir à nous raconter une histoire – la vie de Sarah – par petites touches, au gré de ses pensées et de ses rencontres, tout en nous faisant part de ses tourments, de ses états d’âmes, souvent contradictoires, difficiles à cerner avec précisions. Olivier Adam parvient à transcrire la complexité de la vie et les moments où l’individu se sent perdu dans le monde qui l’entoure. Dans les personnages d’Olivier Adam et dans ses histoires, on retrouve forcément un peu de nous.

Un petit bémol néanmoins. L'auteur a choisi le Japon comme cadre pour son roman mais sans parvenir à nous dépayser le moins du monde. Certes, ils dorment sur des tatamis et partagent des bols de thé mais ça s'arrête à peu près là. Dommage.

Je vous livre une petite leçon de vie lorsque rien ne va plus :

(…) la première chose c’est dormir. Ensuite il faut manger, le plus simplement possible. Puis marcher, s’asseoir et se laisser envahir. Par la lumière, les bruits, les parfums, sentir sa peau et tout ce qui la touche, l’effleure, la caresse. Respirer.

- page 1 de 3