Midola's blog

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Tag - COUP DE COEUR

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mercredi 24 février 2010

Y a une pie dans l'poirier… / Martine Bourre

Je lis aussi des albums

Ya une pie J’inaugure aujourd’hui mon challenge « Je lis aussi des albums » avec une illustratrice, une collection et une maison d’édition que j’apprécie énormément : un album de Martine Bourre, publié dans la collection « A petits petons » aux éditions Didier Jeunesse. Cette collection remet au goût du jour les comptines de notre enfance en leur offrant de magnifiques illustrations et en inventant des suites à ces ritournelles. Après Ainsi font, Ah ! les crocodiles, Une poule sur un mur… c’est au tour de Y a une pie dans l'poirier d’être mis à l’honneur. Pour cela, Martine Bourre a abandonné sa technique de collage (je vous renvoie à son album Le Loup et la mésange pour découvrir cette technique) pour celle de la peinture. Comme pour le loup et la mésange, elle a choisit d’utiliser le livre dans toute sa hauteur pour représenter les arbres dans toute leur grandeur. Avec une palette très chaude, Martine Bourre nous donne à voir la nature sous ses plus belles couleurs !

A lire et à chanter à tue-tête toute la journée !

"Y a une pie dans l'poirier, j'entends la pie qui chante.
Y a une pie dans l'poirier, j'entends la pie chanter.
J'entends, j'entends, j'entends la pie qui chante,
J'entends, j'entends, l'entends la pie chanter."

Y a une pie dans l'poirier / Martine Bourre aux éditions Didier Jeunesse

mercredi 27 janvier 2010

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine

Tom petit homme

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à lire un roman, du coup, je vais le gratifier d’un tag « Coup de cœur ». Rien que ça !

A onze ans, Tom est un garçon très débrouillard. Il vit avec sa mère, Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que treize ans et qui l’élève comme elle peut en ayant du mal à faire la part des choses entre ses responsabilités de mère et ses envies de jeune fille. Très souvent livré à lui-même, Tom mène sa petite vie entre l’école et la maison de Madeleine. Madeleine est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans que Tom a sauvée alors qu’elle était tombée au fond de son jardin et chez qui il vient jardiner tous les jours. Petit à petit, tous les personnages que Tom rencontrent vont faire connaissance les uns avec les autres, apportant de la sérénité et du bonheur à chacun.

Tom petit Tom, tout petit homme Tom est un roman très agréable à lire, touchant car tous les personnages essaient de faire au mieux avec les moyens qu’ils ont. Certains lecteurs pourront reprocher à l’auteur un trop plein de bons sentiments ; peut-être mais ça a bien fonctionné avec moi. J’ai également aimé l’écriture de Barbara Constantine, simple et piquante. L’humour ne manque pas dans ce texte où Joss n’hésite pas à tourner en ridicule ce qui la blesse.

Bref, un roman que j’ai vraiment pris plaisir à lire !

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine aux éditions Calmann-lévy

jeudi 21 janvier 2010

Les Monts de l’Eléphant / Jean-François Chabas

Les Monts de l'éléphant

De manière générale, je n’accroche pas plus que ça aux romans de Jean-François Chabas, qui pourtant jouit d’une véritable notoriété dans le domaine de la littérature jeunesse. Mais cette fois-ci, j’ai eu un coup de cœur pour ce petit roman Le Mont de l’Eléphant.

En 150 pages, Henri de Lespagne nous fait le récit de sa vie. Né dans une famille noble extrêmement fortunée et élevée par une mère totalement rongée par le souci de l’apparence et l’égoïsme, Henri va assister à la destruction de sa famille. Petit à petit, il décidera alors de se détacher de ses origines et de sa mère pour mener une vie très médiocre qui s’éclairera enfin avec la rencontre de Promesse

Jean-François Chabas manie avec brio l’humour cinglant. Il n’épargne rien au portrait de la mère sans cœur qui n’a d’autre centre d’intérêt que sa fortune :

- Police ! Ouvrez ! Ouvrez ou on enfonce la porte !

- Ah, non ! Elle est d'époque !

Eh oui ; ainsi en allait-il du cerveau d'Anne de Lespagne née Castries. Elle n'a pas réfléchi plus loin que la sauvegarde de l'huisserie.

On rit beaucoup dans ce roman au ton mordant. Mais l’histoire de Henri, de ses frères et sœurs et de son père n’ont pourtant pas grand chose de drôle. Quatre êtres en souffrances qui subiront à des degrés divers la cruauté et l’indifférence de cette femme.

samedi 9 janvier 2010

Le Pompier de Lilliputia / Fred Bernard et François Roca

Pompier de Lilliputia

Comme tous les ans (ou presque), j’ai craqué pour le dernier album des deux compères Fred Bernard et François Roca. Impossible de résister aux magnifiques illustrations de Roca et à l’univers toujours magique des récits de Fred Bernard. Après nous avoir conté les histoires incroyables de Jésus Betz, un homme-tronc, de l’Homme Bonsaï qui se transforme en arbre ou de Uma, la petite déesse (et toutes les autres que je me retiens, tant bien que mal, de vous citer) Fred Bernard et François Roca nous dévoile l’histoire vraie de Henry MacQueen, un garçon lilliputien devenu le chef d’une brigade de Pompier à Lilliputia, sorte de Parc d’attraction où ne vivent que des nains.

Mais la vie de Henry n’a pas toujours été facile, surtout lorsqu’il lisait du mépris dans le regard de son père. Henry nous montre qu’il ne faut pas hésiter à prendre sa vie en main et que quelle que soit sa différence, on peut réussir dans la vie et trouver sa place.

L’écriture de Fred Bernard nous embarque aussitôt dans l’histoire et nous fait voyager au milieu des somptueuses illustrations de François Roca. Je crois qu’il est l’illustrateur qui me fascine le plus. Je suis toujours comme hypnotisée par ses peintures et je les reconnais toujours au premier coup d’œil. Bon j’arrête ici mon éloge. Vous aurez compris : achetez-le, lisez-le et offrez-le ! (l’album, pas Roca…)

Le Pompier de Lilliputia / Fred Bernard et François Roca aux éditions Albin Michel

Et ça vous étonne si je vous dis que j'ai le calendrier avec les illustrations des albums de Fred Bernard et François Roca dans le salon ?

lundi 28 décembre 2009

Le temps des miracles / Anne-Laure Bondoux

Temps des miracles

Voilà un roman dont on a déjà beaucoup entendu parler sur les blogs et dans les revues spécialisée. Et pour cause !

Impossible de faire un résumé clair de ce roman sans en dévoiler tout le suspens. De quoi ça parle ? D’un enfant mi-français, mi-russe trouvé dans un train accidenté au fin fond du Caucase. Il est alors recueilli par Gloria, une femme pleine de courage et d’amour. Du courage il en faut en Russie au début des années 80, lorsque la guerre les menace. C’est pourquoi, lorsque la vie devient trop difficile, elle décide d’emmener Koumaïl, maintenant âgé de 12 ans, en France avec l’espoir de retrouver sa mère.

Le voyage va être difficile, Koumaïl va apprendre beaucoup de choses de ce voyage, de ses rencontres et plus encore de ses premières années en France, qui ne se passent évidemment pas comme il le pensait.

Ce roman est une véritable merveille. Il est difficile mais plein d’espoir et d’amour.

lundi 12 octobre 2009

Jean & Jeanne / Yves Pinguilly, ill. par Aurélie Blanz

Jean et Jeanne

Ce conte est une adaptation d’un conte des frères Grimm paru sous le titre « Jorinde et Joringel ». Un récit qui rassemble tous les ingrédients pour faire un beau conte : une affreuse sorcière, des amoureux, des sortilèges. Une vieille et hideuse sorcière a l’habitude de transformer les belles jeunes filles en oiseaux et de les enfermer ensuite dans une petite cage qu’elle garde précieusement dans son château. Seulement, lorsque Jeanne est ainsi enlevée par la sorcière, Jean met tout en œuvre pour retrouver celle qu’il aime !

Un très beau conte accompagné des magnifiques illustrations d’Aurélie Blanz. Dans un style qui s’approche du travail de Rebecca Dautremer ou d’Eric Puybaret, Aurélie Blanz a choisi des couleurs chaudes et des dessins à la fois doux et vivants. Encore un coup de coeur pour ce conte que je ne connaissais pas et surtout pour ces illustrations qui nous invitent si bien à la rêverie.

Jean & Jeanne / Yves Pinguilly, ill. par Aurélie Blanz aux éditions Vilo Jeunesse

jeudi 27 août 2009

Terre Noire / Michel Honaker

terre noire

Michel Honaker reprend sa trilogie parue dans les années 1994 sous le titre Chevalier de Terre Noire pour l’étoffer et reprendre toues les pistes que son éditeur lui avait demandé d’abandonner à l’époque. Eh oui ! La mode n’était pas encore aux gros livres ados et aux trilogies !

Je n’avais pas lu la précédente série, mais je dois avouer que ce premier tome est une véritable réussite ! Je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de découvrir Saint-Pétersbourg

Terre Noire se passe donc en Russie et plus précisément dans le Saint-Pétersbourg des années 1887. Stepan Tchakanov est un jeune compositeur reconnu en Russie mais qui se retrouve victime d’un terrible complot. Son demi-frère et le mari d’une de ses demi-sœurs s’arrangent pour le faire passer pour un terroriste, cherchant à nuire à la vie du Tsar. A cette nouvelle, le Tsar n’hésite pas à bannir ce compositeur talentueux et à rayer son nom des affiches des opéras et du conservatoire. Stepan est donc contraint de partir en Europe en gardant espoir de pouvoir rentrer bientôt chez lui, retrouver sa chère Natalia

Ce roman est un véritable coup de cœur ! Michel Honaker nous livre ici un roman très bien construit, riches en intrigues et en aventures. Les personnages sont très variés et ceux de Stepan et de Natalia particulièrement attachants. Dans ce roman, il est aussi question de musique et de grands musiciens. Et quelle magie que de se dire que notre cher Stepan n’était rien moins qu’un élève de ce grand Tchaïkovski ! Et comme dans beaucoup de romans de Michel Honaker, on retrouve des données historiques. Ici, il est bien évidemment question du Tsar et notamment du comportement plutôt louche de l’Okhrana, la sécurité intérieure qui s’octroyait plus de pouvoir que le Tsar ne leur en donnait…

Pourvu que la suite paraisse rapidement !!!

dimanche 23 août 2009

La Grande fabrique de mots / Agnès de Lestrade et Valeria Docampo

Grande fabrique de mots couv

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce magnifique albums. Tout est splendide : l’illustration, l’histoire, l’écriture. Dans le petit monde présenté par cet album, on ne peut se parler que si on achète des mots ! Les mots sont donc précieux car on ne peut les utiliser qu’une seule fois et tous n’ont pas la même valeur.

Philéas a un problème : il aime Cybelle, mais il est trop pauvre pour acheter des mots d’amour. Alors comment faire le poids face à Oscar qui a les moyens de faire de longues déclarations à l’élue de son cœur ? Philéas va alors découvrir que la manière de prononcer les mots peuvent être plus importants que le sens des mots eux-mêmes…

Un magnifique conte sur la valeur des mots ! N’oublions pas la magie et la poésie de tous les mots que l’on prononce à longueur de journée !

Et puis, l’illustration de Valeria Docampo est absolument magique. Deux gammes de couleurs : des bruns et des rouges ; des petites lettres qui volent ici et là, de la douceur, de la poésie. Une véritable réussite !


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La Grande fabrique de mots / Agnès de Lestrade et Valeria Docampo aux éditions Alice Jeunesse

mardi 28 juillet 2009

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud

je mourrai pas gibier roman

Dans le billet précédent, je vous parlez de l’adaptation sous forme de BD de ce roman ado. Après les commentaires laissés par Stef, je n’ai pas pu aire autrement que me procurer le roman. Et il ne m’ a pas fallu bien longtemps pour arriver à bout des quelques 75 pages. Mais quelles 75 pages ! Je ne sais pas quelle est la version la plus forte entre la BD et le roman. La BD nous livrait des images où était suggérées l’horreur ; voir des vignettes noires où c’était au lecteur d’imaginer l’atrocité de la scène. Dans le roman, les mots remplacent ces vignettes noires, ces images parfois un peu floues. Le texte de Guillaume Guéraud est extrêmement fort, dur, bien écrit, obligeant le lecteur à comprendre l’horreur .

Ce romane est effectivement un roman plutôt violent, mais avec tout ce que j’avais entendu à son sujet, je m’attendais à bien pire. Certes, il y a des scènes très violentes, mais il ne s’agit pas de violence gratuite. C’est le désespoir, l’injustice, la révolte qui s’expriment à travers le geste du jeune garçon. Un roman de toute manière moins violente et plus intelligente que tout ce qui peut passer à la télé.

Bref, la BD et le roman sont pour moi deux belles découvertes cet été !

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud, éditions du Rouergue

dimanche 26 juillet 2009

Je mourrai pas gibier / Alfred et Henri Meunier

Je mourrai pas gibier

Il y quelques années, on a beaucoup entendu parler du roman de Guillaume Guéraud : Je mourrai pas gibier. On en avait beaucoup entendu parler parce que ce roman appartient à la catégorie des « roman violents ». Fallait-il l’acheter pour nos bibliothèques ? Fallait-il le laisser lire à nos ados ? Hélas ! J’en ai beaucoup entendu parler mais je n’ai jamais eu l’occasion de le lire, aucune des bibliothèques dans lesquelles j’ai travaillé ne l’ont acheté… Aujourd’hui, ce n’est donc pas du roman dont je vais parler, mais de son adaptation BD qui est sortie il y a peu. Cet album a été un véritable coup de cœur !

En quelque mot, il s’agit d’un adolescent, qui le jour du mariage de son frère, tire sur les invités et sur les mariés. Il y a évidemment des raisons à ce geste de folie et la BD va nous faire découvrir l’univers dans lequel a évolué ce jeune garçon. Un univers qui donne des frissons et que les dessin d'Alfred reproduit à la perfection :

je mourrai pas gibier ill

L’histoire est extrêmement violente, à un tel point que le dessinateur n’a même pas essayer de représenter ces scènes d’horreur, une vignette toute noire exprime l’inimaginable. Une BD extrêmement forte.

Je mourrai pas gibier / Alfred, d’après le roman de Guillaume Guéraud ; couleur Henri Meunier

dimanche 28 juin 2009

Fleur de Neige / Régine Joséphine, ill. par Arnaud Hug

fleur de neige couv

Ce qui m’a tout d’abord attiré dans cet album, ce sont les illustrations bleues. Tout est bleu dans ce livre ou presque ; du bleu clair au bleu foncé, du bleu-violet au bleu-vert. Et pour moi qui aime cette couleur, quel bonheur ! Arnaud Hug nous livre des illustrations incroyablement douces, malgré le sujet délicat. Neige vit dans un pays où tous les habitants sculptent la neige. Seulement le jeune garçon est différent des autres, sous ses doigts, la neige fond. Son frère sait que Neige est différent et qu’il devra partir vivre ailleurs, là où la chaleur de ses mains n’abîmera pas tout. Une nuit, ce dernier rêve du lieu où Neige pourra vivre heureux, un endroit où ses mains feront pousser de magnifiques fleurs. Au réveil, il décide de partir avec son frère à la recherche de ce pays.

fleur_de_neige_ill.jpg

De manière très subtile, cet album traite d’un sujet grave : l’avenir des adultes handicapés lorsque les parents ne sont plus là pour s’en occuper. « Fleur de Neige » a été édité en partenariat avec l’association « Perce Neige », créée par Lino Ventura en 1996. Cette association construit et gère des établissements qui accueillent des personnes handicapées mentales et polyhandicapées. Vous trouverez plus d’information sur leur site.

En conclusion, un album magnifique, une très belle histoire et une bonne cause. Trois bonnes raisons de se le procurer au plus vite !

Fleur de Neige / Régine Joséphine, ill. par Arnaud Hug aux éditons Grecko

lundi 22 juin 2009

La dame des livres / Heather Henson et David Small

Dame des livres

Un album coup de cœur, un album qui met à l’honneur « les « Pack Horse Librarians », ces bibliothécaires itinérantes qui parcouraient à cheval les monts Appalaches du Kentucky, aux Etats-Unis, que l’on appelait « les dames des livres ». Créé en 1935 dans le cadre du New Deal (…) le programme avait pour but de faire venir des livres dans les régions les plus reculées du pays, où les écoles étaient rares et les bibliothèques inexistantes. »

L’histoire nous est racontée par un jeune garçon qui ne sait pas lire et qui ne s’intéresse pas aux livres. Mais à force de voir « la dame des livres » venir par tous les temps apporter de nouveaux livres à sa sœur, passionnée de lecture, il finit par demander à cette dernière de lui expliquer ce qu’il y a dans les livres. Et aussitôt, le goût des histoires l’envahit ! Une belle victoire pour la bibliothécaire !

Je ne peux m’empêcher de comparer cette histoire à mon travail, car il n’y a pas de plus belle récompense que de réussir à donner le goût des livres à des enfants ou des adolescents qui ne s’intéressaient pas aux livres. Lorsqu’une maman désespérée me demande « mon fils n’aime pas lire, qu’est-ce que vous pouvez me conseiller » et que je la vois revenir avec son fils peu de temps après pour emprunter un autre titre de la série que je lui ai recommandée, ça me fait chaud au cœur !

Pour en revenir à cet album, mis à part le thème qui me touche particulièrement, j’ai beaucoup aimé le style de l’auteur. Il a décidé de faire parler le jeune garçon d’une manière un peu rustre, ce qui rend le récit très vivant :
« Un matin, le monde devient aussi blanc que la barbe de Grand-P’pa. Le vent, il pousse des hurlements de lynx tout au fond de la nuit. On se blottit, sans broncher, autour du feu. »

Par contre, je ne sais pas quoi penser de l’illustration. Elles correspondent bien à l’histoire, mais elles manquent peut-être un peu de vie. Les traits sont assez grossiers, les personnages peu expressifs et les couleurs un peu trop pâles à mon goût. Mais il s’agit là d’un avis très subjectif et je pense que beaucoup de lecteurs les apprécieront.

La dame des livres / Heather Henson et David Small aux éditions Syros

mardi 16 juin 2009

Lune captive dans un œil mort / Pascal Garnier

lune captive dans un oeil mort

Voici un auteur que j’ai découvert entre autre grâce à la blogosphère. Une belle découverte qui m’a permis de faire un excellent voyage en train !

Deux couples et une femme seule viennent emménager dans une résidence pour personnes âgées. Il s’agit d’une résidence « new generation » qui ressemble à un petit village hautement sécurisé. Chacun à sa propre maison (identique à celle de son voisin) et partage la piscine et le club house où sont censés être proposé de nombreuses activités (macramé, cuisine, informatique…) Le tout placé sous une haute surveillance informatique, car c’est bien connu, les personnes âgées sont particulièrement sujettes aux agressions et cambriolages. Tout est prévu pour passer une retraite heureuse sans être gêné par quiconque. Les visites sont limités, les enfants n’ont pas le droit de passer plus de quinze jours chez leurs parents ou grands-parents, les animaux sont interdits et on peut compter sur l’efficacité du gardien pour transformer tout chat errant en chair à pâté.

Au fur et à mesure de l’arrivée des deux couples et de la femme, les relations très polies de nouent. Tout le monde essaie de se montrer sous son meilleur jour. Mais comme dans toute communauté, arrive le moment où les reproches commencent à fuser, les querelles se multiplient et s’intensifient. Pascal Garnier manie un humour grinçant qui me plaît beaucoup, mettant le doigt sur la bêtise humaine. Un petit exemple pour le plaisir… Maxime se remémore un accident qu’il a eu :

« un grave, enfin pour celui qu’il avait heurté de plein fouet. Sur une route qu’il connaissait par cœur, à quinze kilomètres de chez lui !… Qu’est-ce qu’il foutait là ce con ?... D’accord il allait un peu vite, d’accord il avait un peu bu… Mais merde ! D’habitude il n’y avait jamais personne à cet endroit… Il avait fallu découper la R5 au chalumeau pour dégager le corps. Paraît que c’était pas beau à voir… un jeune type… C’est dans ces moments-là qu’on est content d’avoir des relations. »

Lune captive dans un œil mort / Pascal Garnier aux éditions Zulma

jeudi 11 juin 2009

Prix Ados 2009

Prix ado

Depuis 1994 est organisé tous les ans en Ile-et-Vilaine le Prix Ados. Ce prix a pour particularité d'être représentatif de ce qu'aiment les 13-16 ans puisqu'ils sélectionnent eux-même les dix titres en lices. Cette année, les ados avaient à lire :

  • La malédiction d'old Haven / Fabrice Colin
  • Ados sous contrôle / Johan Heliot
  • La fille qui dort / Florence Hinckel
  • L'heure bleue / Nathalie Kuperman
  • A vos risques et périls / Pascale Maret
  • Océania (tome 1) : La prophétie des oiseaux / Hélène Montrarde
  • Be Safe / Xavier-Laurent Petit
  • Sors de ta chambre / Karine Reysset
  • Les Héritiers du Stirix / Elodie Tirel
  • Ne sois pas timide / Claire Ubac

Be safe Et cette année, le prix a été décerné à Xavier-Laurent Petit pour son roman Be Safe ! Je dois avouer que bien souvent je suis déçue par le vote des ados, ils ont parfois tendance à privilégier des romans très faciles, et dont l'histoire n'a pas beaucoup d'intérêt. Mais cette année, je suis vraiment contente de leur choix. Be Safe traite d'un sujet pas évident : celui de la guerre en Irak, ce qui montre bien que les ados sont capables de s'intéresser à ce type de sujet. Xavier-Laurent Petit est un auteur que j'affectionne particulièrement car il a la faculté d'aborder des sujets difficiles en les rendant passionnants. Il ne cède pas à la facilité et en est bien récompensé !

Pour plus d'infos sur le prix, je vous renvoie à ce site.

J'en profite pour vous donner quelques titres de sa bibliographie :

  • La route du nord 2008
  • Be Safe 2007
  • Charlemagne 2005
  • Maestro 2005
  • Marie Curie 2005
  • Fils de guerre 1999
  • L'autre côté du mur 2000
  • Colorbelle-ébène 1996
  • Le monde d'en haut 1998
  • Le col des Mille Larmes 2004
  • Les yeux de Rose Andersen 2003
  • 153 jours en hiver 2002
  • G la diahrée 2001
  • Miée 2001
  • Belle neigeuse 2000
  • L'Oasis 1997
  • Le jour où maman a disparu 1995
  • Piege dans les rocheuses 1999
  • Passage de la main d'or 1995

vendredi 5 juin 2009

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo

ma maman couv

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est une bande-dessinée très touchante sur l’enfance et sur l’absence d’une mère. La BD commence lorsque Jean entre en maternelle. Par de petite anecdotes assez drôles, on découvre la vie de ce enfants de six à qui on ne dit pas les choses tel qu’elles sont et qui va découvrir la vérité à ses dépends. Bercé par l’illusion que sa mère est en vacances à l’étranger, sa jeune voisine finira par se faire un malin plaisir de lui expliquer que sa mère n’est plus de ce monde.

Cette BD est tout en douceur, tant par ses anecdotes que par ses dessins qui dédramatisent les situations par leur humour et leur douceur. Les dessins d’Emile Bravo me dont un peu penser à ceux de Manu Larcenet, tant par les nuances de couleurs que par le trait. Un joli album sur l’enfance vu avec des yeux d’enfant.

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Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo aux éditions Gallimard

samedi 28 mars 2009

La Reine des lectrices / Alan Bennett

Reine des lectrices

Un vrai régal ! Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant (à part avec L’Autofictif évidemment !) De nombreux blogs avaient écrit des billets élogieux sur ce livre, "Le Monde des livres" également et ils avaient entièrement raison ! Alan Bennett a une excellente idée en imaginant la reine d’Angleterre devenir addicted aux livres ! Avec beaucoup d’humour Alan Bennett nous brosse le portrait d’une reine attachante, tout en l’entourant de conseillers on ne peut plus méprisables et incultes.

Et surprise ! Ma laborieuse lecture des Grandes espérances de Dickens m’a servi puisque l’auteur se réfère aux personnages miss Havisham et Mr Pip ! Youpi !

Et plutôt que de vous donner un résumé du livre qui ne vous apportera pas grand chose, je préfère vous citer un passage très représentatif de l’humour de la Reine d’Alan Bennett et qui m’a particulièrement fait rire… même lorsqu’on apprécie beaucoup Proust.... Voici donc comment elle présente l’un de nos plus grands auteurs au ministre des affaires étrangères :

« Le pauvre homme souffrait le martyre, en raison de son asthme, et faisait partie de ces gens qui auraient parfois besoin de se secouer un peu. Mais la littérature n’est pas avare en individus de ce genre. Le plus curieux, en ce qui le concerne, c’est que lorsqu’il trempait un gâteau dans une tasse de thé (pratique par ailleurs répugnante), toute sa vie remontait à sa mémoire. Je dois avouer que j’ai testé sa méthode, sans l’ombre d’un résultat. »

Suit une anecdote sur les gâteaux qu’elle mangeait lorsqu’elle était enfant que je vous aurais volontiers livré si le droit d’auteur me l’autorisait… Vous n’avez plus qu’à vous procurer le livre pour découvrir ce roman très british !

La Reine des lectrices / Alan Bennett aux éditions Denoël, 2009

dimanche 15 mars 2009

Quand j'étais soldate / Valérie Zenatti

Quand j'étaus soldate

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman autobiographique. Une fois encore, la couverture de L’Ecole des loisirs n’incitait pas tellement à se plonger dedans. Heureusement qu’on me l’avait vivement conseillé car je crois que je serais passé à côté.

Valérie Zenatti est originaire d’une famille juive. Jusqu’à l’âge de 13 ans elle a vécu à Nice, avant d’émigrer en Israël. Quand j’étais soldate retrace les deux années de service militaire que toutes les jeunes filles doivent effectuer après leur bac. Ce roman mêle à la fois les états d’âme d’une adolescente : les premiers amours, l’amitié… et la découverte de la vie adulte et indépendante via les épreuves endurées pendant ces deux années. Valérie Zenatti en profite pour expliquer aussi clairement que possible le conflit entre Israëliens et Palestiniens et inciter à la réflexion comme elle le faisait déjà dans Une bouteille dans la mer de Gaza.

"En Israël, tous les extrêmes de la société se côtoient, difficilement parfois. Il y a des gens trop riches et d'autres trop honteusement pauvres. Des ombres noires qui se balancent en priant Dieu et des silhouettes en minijupes qui dansent en croyant au plaisir et à l'instant présent. Des militants qui veulent la paix maintenant, et qui savent que, pour cela, il faudra donner aux Palestiniens le droit de vivre comme ils l'entendent. Et d'autres qui proclament leur attachement à la Terre, à la Bible, qui se bouchent les oreilles et se masquent les yeux pour ne pas savoir que trois millions de Palestiniens vivent -mal- à Gaza, dans les collines de Judée et de Samarie."

Ce roman est très agréable à lire, il alterne entre récit et extrait de journal intime. On s’attache très vite à la jeune fille dotée d’un caractère à la fois sensible, trempé et plein d'humour. On y apprend beaucoup de choses sur ce pays que Valérie Zenatti aime et sert de bon cœur et qu’elle fait découvrir à travers les romans qu’elle écrit pour la jeunesse.

Quand j’étais soldate / Valérie Zenatti aux éditions L'Ecole des loisirs, 2003



Loula a aussi eu un coup de coeur pour ce roman. Profitez-en pour visiter son nouveau blog ou mettre à jour votre lien ;-)

samedi 21 février 2009

L’autofictif / Eric Chevillard

Autofictif

En week-end dans ma ville natale, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller flâner dans MA librairie, le Brouillon de culture. Eh oui, il y a des lieux comme ça, auxquels on est attachés ! J’aime beaucoup cette librairie où je fais souvent de belles découvertes (sans parler de l’envie irrrresistible d’acheter tous les romans qui sont sous mes yeux). Et là, je franchis le seuil de la boutique et surprise ! Mes yeux détectent le nom d’Eric Chevillard (jusque là tout est normal, je suis une adepte de cet auteur). Mais au lieu de la traditionnelle couverture blanche, frappée des étoiles bleues des éditions de Minuit, je découvre un roman tout noir ! Etrange ! Et quel est donc ce nouveau texte dont je n’ai pas du tout entendu parlé ?! La première phrase de la quatrième de couverture m’éclaire aussitôt, il s’agit de la version papier du blog de l’auteur (et dire que je ne savais pas non plus qu’il tenait un blog ! quelle mauvaise groupie je fais !). Bref, comme vous vous en doutez, je suis repartie avec le livre sous le bras !

Si le fait de tomber par hasard sur un nouveau Chevillard et que ce livre parle de blog alors que je viens de créer le mien il n’y a que trois mois étaient déjà de très bonnes surprises, j’ai éprouvé un plus grand bonheur encore en retrouvant le Eric Chevillard de La Nébuleuse du crabe ou de Palafox (pour n’en citer que deux ;-) Ces deux livres ne sont pas des romans à proprement parler. On pourrait presque parler de recueils de pensées si ces dernières n’étaient pas poussées à l’extrême en traitant de sujets à la limite de l’absurde. L’Autofictif est de ce genre-là. A travers de très courts textes (quelques lignes), l’auteur exprime des pensées à la fois folles et criantes de vérité. Mais le meilleur moyen de me faire comprendre, c’est de vous en donner quelques extraits :

Je voulais voir une fourmi. Mais impossible. Toutes les autres étaient là aussi.

Mais le plus triste c'est que l'on ne peut qualifier de précoce ma calvitie naissante.

Vous publiez un nouveau livre, c'est le moment qu'attendait impatiemment vos amis et plus fidèles lecteurs pour vous confier que le précédent vous est tombé des mains.

Il suffit de quelques minutes à un chimpanzé pour se reconnaître dans le singe du miroir, tandis que l'homme s'y refuse toute sa vie.

L’Autofictif regroupe donc les textes écrits en 2007-2008, on peut trouver la suite sur le blog d’Eric Chevillard. A dévorer ou à savourer lentement, sourires et rires garantis ! A consommer sans modération !

L’autofictif / Eric Chevillard aux éditions de l’Arbre vengeur

jeudi 5 février 2009

Coton blues / Régine Joséphine, ill. Oreli Gouel

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« Coton blues », je ne me lasse pas de prononcer ce titre à voix haute. J’aime la mélodie de ces deux mots, à la fois doux et mélancolique, à l’image du conte. Coton est une fillette africaine, achetée comme esclave par l’exploitant d’une plantation de coton. Lorsque la journée de travail est terminée, Coton se réfugie dans ses rêves. Elle de rêve de « Kunta, le vieil africain de l’autre plantation » et de Calao, « l’Oiseau Mère ». Elle rêve jusqu’à ce que le rêve et le réalité de rejoignent, jusqu’à ce que Coton disparaisse, peut-être emporté par Calao…

Le texte de Régine Joséphine est poétique, un mélange entre conte et poésie. En clôture de l’album, un poème retrace la vie de notre petite Coton. Les mots de l’auteur sont illustrés brillamment par Oreli Gouel. Coton est représentée comme une femme-enfant ; silencieuse et mélancolique, magnifique. Les illustrations, dans les tons ocres, expriment à la perfection l’univers de Coton. Des dessins, eux aussi, à la fois doux et mélancoliques. J’aime particulièrement les représentations des rêves, où le mouvement du dessin traduit le tourbillon des pensées de notre jeune héroïne.

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Coton blues est vraiment un album à part. Une thème peu courant, une écriture très poétique, une illustration très originale !

Coton blues / Régine Joséphine, ill. Oreli Gouel Editions Grecko, coll. Les contes imaginaires

Pour en savoir plus, je vous renvoie au blog de Régine Joséphine et au site d'Oreli Gouel.

lundi 26 janvier 2009

Le jardin de Tonio / Dorothé Piatek et Elodie Coudray

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Je viens de remettre la main sur un album que j’avais lu rapidement il y a quelques temps et que j’avais beaucoup aimé. Et en le regardant de plus près, surprises : plusieurs points communs avec le dernier album que je vous avais présenté, Le Vieux qui avait un grain dans la tête. Tout d’abord, il s’agit de la même maison d’édition « Petit à petit » qui, pourtant, n’a pas un catalogue très développé dans le domaine des albums. La seconde, c’est qu’il s’agit également du même auteur : Dorothé Piatek !

Dans Le Jardin de Tonio, l’auteur traite encore une fois d’un sujet pas facile mais important : les jardins ouvriers.

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ill. Elodie Coudray

Le jardin de Tonio est un véritable havre de paix au milieu de la ville. Tonio y jardine tranquillement, ramenant à sa femme des légumes et des fruits qu’elle aime partager avec les enfants du voisinage. Ce jardin est l’occasion pour tous les enfants du quartier de découvrir le jardinage, le partage et les histoires de Tonio. Seulement, ce jardin finira par être rasé pour laisser place à affreux supermarché… réduisant à néant l’existence de ce pauvre Tonio.

Encore une fois, Dorothé Piatek dresse le portrait de personnages attachants, plein d’amour et de sérénité qui marquent la vie des enfants qui grandissent autour d’eux.

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ill. Elodie Coudray

Cette fois-ci, l’illustration a été confiée à Elodie Coudray. La douceur de ses dessins inspirent une grande sérénité, donnant envie au lecteur de se retrouver auprès de Frida et de Tonio ! Elodie Coudray a eu la gentillesse de satisfaire ma curiosité en répondant à quelques questions; Vous trouverez son interview dans le billet suivant.

Le jardin de Tonio / Dorothé Piatek et Elodie Coudray; Editions Petit à Petit

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