Midola's blog

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Tag - COUP DE COEUR

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mardi 7 septembre 2010

Le cœur des léopards / Wilfried N’Sondé

coeur des léopards

Il y a quelques semaines, je vous avais parlé déjà parlé de Wilfried N’Sondé en présentant son dernier roman Le silence des esprits que j’avais vraiment beaucoup aimé. Aujourd’hui, je reviens avec son précédent roman (qui est aussi son premier) que j’ai encore plus aimé même si le sujet est encore une fois dur, très dur.

Le roman s’ouvre sur un jeune homme noir, encore à moitié saoule et violemment interrogé par un policier hors de lui. On ne sait pas de quoi il est accusé, mais le jeune homme nie ce qu’on lui reproche. Encore sous l’effet de l’alcool, de la fatigue et de la situation, il laisse divaguer son esprit vers Mireille, cette jeune fille blanche qu’il aime profondément, vers sa vie pas toujours facile en banlieue parisienne et vers ses amis qui ont mal tourné. Et puis, d’un seul coup, la mémoire de ce qui s’est passé pendant la nuit lui revient…

Le cœur des léopards est un magnifique roman. Très noir. Très dur. Très beau. S’y mêlent un très beau discours d’amour où le jeune homme exprime tout son amour pour Mireille qu’il connaît depuis qu’il est tout petit, depuis qu’il est arrivé en France. Mais c’est aussi un discours sur la vie des jeunes de banlieues où la vie n’est pas simple, sur les coups durs, les blessures de l’immigration.

Un roman à lire, certes le cœur bien accroché, mais à lire sans hésitation, d’autant plus que l’écriture de Wilfried N’Sondé est magnifique, pleine de poésie malgré la lourdeur du sujet.

Le cœur des léopards / Wilfried N’Sondé aux éditions Actes Sud

samedi 4 septembre 2010

Ouragan / Laurent Gaudé

Ouragan

Voilà une première bonne surprise de cette rentrée littéraire ! Un roman que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminé. Plusieurs récits parallèles nous emmènent au cœur de la tempête Katrina qui a sévi en 2005 à la Nouvelle-Orléans. Les personnages sont très différents les uns des autres : une vieille femme noire presque centenaire qui a connu l’apartheid et qui est fière de sa couleur de peau et de tout ce qu’elle a vécu au cours du siècle ; un curé qui se sent investi de drôles de missions ; une bande de prisonniers qu’on abandonne dans leurs cellules ; une femme esseulée et son enfant, un homme qui a décidé de reprendre sa vie en main. Tous ces personnages vont se croiser plus ou moins longtemps au cours de ce récit, créant un lien entre toutes ces existences. J’avais adoré ''La mort du roi Tsongor'' et Sous le soleil des Scorta et il en va de même de celui-ci. J’ai retrouvé l’écriture majestueuse de Laurent Gaudé__ qui sait si bien maintenir une tension dramatique tout au long du livre.

Il y a quelques semaines, je vous avez parlé de ''Zola Jackson'' de Gilles Leroy qui avait aussi choisi la tempête Katrina pour toile de fond de son livre. Ces deux romans sont totalement différents même si cette épreuve est l’occasion pour certains personnages de faire le point sur leur existence. Mais entre les deux, aucune hésitation à avoir ! Ouragan est un roman riche, beau et prenant !

Ouragan / Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud

Au fait, Stéphanie aussi a aimé !

samedi 28 août 2010

Là-haut tout est calme / Gerbrand Bakker, traduit par Bertrand Abraham

la haut tout est calme

Là-haut tout est calme est mon deuxième coup de cœur estival. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été autant happée par une histoire au point d’ouvrir le livre à la moindre minute libre (entre le plat et le dessert par exemple, comme quand j’étais petite ;-)

Le roman nous emmène en Hollande, dans une ferme où l’on élève vaches et brebis. C’est Helmer qui a pris la responsabilité de la ferme à la mort tragique de son frère, trente-cinq ans plus tôt. C’est une vie qu’il n’avait pas du tout envisagée, lui qui étudiait les lettres à Amsterdam, et c’est à cinquante-cinq ans qu’il prend véritablement conscience que sa vie ne le satisfait absolument pas. Mais changer de vie lorsqu’on a été fermier toute sa vie et que l’on doit s’occuper de son vieux père n’est pas chose facile. D’autant plus que va surgir dans sa vie, Henk, un jeune adolescent un peu désœuvré que sa mère envoie travailler chez Helmer dans l’espoir de le responsabiliser un peu… '' Là-haut tout est calme'' est un magnifique roman sur l’insatisfaction humaine à ne pas mener la vie que l’on souhaiterait. C’est aussi un roman sur les difficultés à communiquer avec sa famille ou ses proches, un roman sur le tourbillon de la vie qui nous entraîne et nous empêche de prendre notre vie en main.

Gerbrand Bakker nous offre un premier roman d’une grande richesse. On vit avec Helmer tout au long de notre lecture, on partage ses joies, ses doutes et ses souffrances. Les relations qu’il entretient avec son vieux père sont particulièrement difficiles et touchantes, faites de non dits et de souffrances. L’auteur est parvenu à créer avec précision l’univers dans lequel évoluent les personnages. On a l’impression de connaître la ferme, les brebis, les ânes et les personnages qui évoluent autour d’Helmer. Bref, une lecture passionnante !

Je vous renvoie au billet d'Amanda qui a, elle aussi, eu un véritable coup de coeur pour ce roman.

mardi 24 août 2010

Questions à mon père / Eric Forttorino

homme qui m'aimait tout bas

J’ai de la chance, avant mon départ en vacances, j’ai eu la chance de lire de très très bons romans. Le premier est celui d’Eric Fottorino. J’avais lu il y deux ans Baisers de cinéma que j’avais beaucoup aimé. Le narrateur est un adolescent élevé par son père qui refuse de lui dévoiler le nom de sa mère. Tout ce qu’il sait c’est qu’elle devait être une actrice de cinéma. Du coup, il passe son temps libre dans les salles de cinéma en essayant de reconnaître sa mère sur le grand écran. De ce roman j’avais tout aimé, cette quête de la filiation, l’ambiance des cinémas que l’auteur parvient à retranscrire avec brio et puis, l’écriture d’Eric Fottorino ! Une écriture simple et pleine de poésie où les émotions apparaissent avec beaucoup de précision.

C’est cette écriture que j’ai retrouvée à la lecture de son dernier roman Questions à mon père. Enfin, je ne suis pas certaine que l’on puisse vraiment parler de roman dans la mesure où il s’agit d’un hymne à son père biologique. Eric Fottorino a été adopté par Michel Fottorino, l’époux de sa mère et ce n’est que plus tard qu’il a fait connaissance avec son père biologique. L’année dernière l’auteur avait publié L’homme qui m’aimait tout bas, un livre dans lequel il parlait de son père adoptif qui avait mis fin à ces jours quelques mois plus tôt. Je n’avais pas réussi à lire ce roman trop autobiographique qui m’a mise mal à l’aise, me donnant l’impression d’être indiscrète.

J’avais peur de ressentir ce même malaise à la lecture de Questions à mon père mais ça n’a pas été le cas. Eric Fottorino a entrepris d’écrire ce livre lorsqu’il se rend compte qu’il a encore beaucoup de choses à apprendre sur son père, sur ses origines mais que la santé de Maurice Maman se dégrade très sérieusement. Mêlant les époques, les récits et les conversations, Eric Fottorino découvre ses origines qu’il a si longtemps méconnus ; il découvre un père aimant qu’il a pourtant longtemps détesté et accusé de l’avoir abandonné. Ce livre est magnifique, plein d’émotions et de sensibilité. On y a découvre toute la souffrance qu’a pu éprouver l’auteur parce qu’on ne lui avait pas raconté l’histoire de ses parents, le rôle joué par ses grands-parents…

Eric Fottorino est un auteur que j’apprécie énormément pour son authenticité. On se laisse porter par la poésie de ses mots et la simplicité de son écriture.

jeudi 15 juillet 2010

Une chance pour un million / Cristina Duran & Miguel A. Giner Bou

une chance sur un million

Une chance sur un million est une magnifique BD autobiographique où les deux auteurs nous racontent les trois premières années de leur fille, Laïa, devenue handicapée suite à une hémorragie cérébrale survenue à sa naissance. Cette BD retrace alors les moments de désespoirs qui frappent les parents mais aussi leur combat pour sauver leur fille et faire en sorte qu’elle vive le mieux possible.

On y découvre le milieu hospitalier sous un autre angle avec des médecins pas toujours faciles mais déterminés à aider parents et enfants. Et puis, il y a l’entourage proche, les amis, les grands-parents sur qui compter quand les forces les abandonnent.

Une chance sur un million est une BD très humaine où les auteurs sont parvenus à nous faire part de leur histoire de manière réaliste et sans jamais tomber dans l’excès. Le dessin est à l’image de l’histoire : sobre. Du noir et du bleu-vert qui traduisent les émotions des personnages. Et comment mieux exprimer le désespoir que par des tâches d’encre noire qui viennent tout recouvrir, tout engloutir. Et puis, une amélioration, une victoire et la lumière réapparaît en même temps que l’espoir.

Voici donc un véritable petit bijou qui nous aide à regarder la vie d’un autre œil.

mardi 6 juillet 2010

Grandville : Inspecteur Le Brock de Scotland Yard / Bryan Talbot

Grandville couv

Lorsque j’ai feuilleté cette BD, j’ai retrouvé aussitôt l’univers du dessin animé Sherlock Holmes qui passait quand j’étais petite. Du coup, je me suis plongée dedans dimanche matin, bien installée sur ma chaise longue en sirotant ma tasse de thé à l’ombre du parasol. Et quel bon moment j’ai passé à lire cette enquête de l’inspecteur Le Brock, un costaud blaireau très proche du personnage de Sherlock Holmes et de son acolyte Ratzi, un malin rat au monocle vissé sur l’œil gauche.

L’auteur nous donne dès le début ses sources d’inspirations : l’œuvre du caricaturiste Jean Ignace Isidore Gérard dont le nom de plume était Grandville (et je ne connais ni sous son vrai nom ni sous son pseudonyme…), par l’illustrateur de science fiction Albert Robida (que je connais pas plus…), par Conan Doyle, l’ours Rupert et Tarantino (là, on ne présente plus ;-). Rien que le mélange des trois derniers noms vous permet de vous donner une petite idée de ce que la BD peut donner : une enquête dont les personnages sont des animaux, où l’hémoglobine n’a pas peut de couler à flot, et où les clins d’œils sont très nombreux. L’auteur nous donne d’ailleurs quelques pistes à la fin car même Spirou et Bécassine ont laissé des marques de leur passage.

Pour ce qui est de l’histoire, l’inspecteur enquête sur la mort de Monsieur Leigh-Loutre qui le conduit très vite sur la piste d’une affaire politique. Je ne veux pas vous en dire plus de peur de gâcher votre lecture, mais sachez par exemple que Napoléon n’a pas perdu la bataille de Waterloo… Eh oui, ça ne simplifie par les rapports entre les Français et les Anglais…

Pour ce qui est du dessin, malgré pas mal d’effets Photoshop qui agaceront un peu ceux qui maîtrisent le logiciel, on est embarqué dans un univers très chouette où les animaux sont vraiment bien caricaturés.


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Bref, une BD à lire pour l’enquête et à relire pour tous les clins d’œil !

Grandville : Inspecteur Le Brock de Scotland Yard / Bryan Talbot aux éditions Milady

samedi 3 juillet 2010

Le roi des sables / Thierry Dedieu

Roi des sables

Il y a quelques temps, le Mercredi de l’album étaient consacré à Thierry Dedieu ; Je vous avais alors parlé de Yakouba et Kibwé. Dans le Roi des sables, Dedieu s’essaie à un tout autre exercice : celui de la photographie et des châteaux de sable ! Et là encore, c’est une totale réussite, tant au niveau de l’histoire que de l’illustration. On assiste en effet à une discussion entre le Roi des sables et le Roi des bois où le Roi des sables fait visiter son château au Roi des bois en soulignant la beauté du lieu mais aussi sa fragilité, notamment au moment de l’équinoxe où la mer détruit le château. Le Roi des bois s’offusque que le Roi des sables ne cherche pas à combattre la mer. Mais le Roi des sables montre toute sa sagesse : « J’ai appris que la mer se laissait admirer mais jamais dompter ». Si seulement nous pouvions en prend du grain de sable !!!

Et l’album en lui-même est aussi un petit bijou. Les sculptures de bois et les châteaux de sable sont magnifiques. En l’ouvrant j’ai été surprise de constater un décalage entre la forme et le fond. L’album est cartonné mais ne s’adresse pas aux tout petits. Et en le refermant, je constate que j’aime bien ce grand format cartonné qui donne de l’épaisseur et du maintien à ces belles photos.

Bref, un grand coup de cœur !

Lu dans le cadre du défi Je lis aussi des albums

Je lis aussi des albums

mardi 29 juin 2010

Lulu femme nue / Etienne Davodeau

Lulu femme nue 1 Lulu femme nue 2

En voulant rédiger mon billet sur le second tome de Lulu femme nue, je me suis rendue compte que je n’avais pas publié de billet sur le premier. Du coup, et ce n’est pas plus mal, je vais pouvoir vous parler de l’histoire complète de cette fameuse Lulu.

L’histoire de Lulu nous est racontée par des amis de cette femme et par sa fille aînée. Ils sont tous rassemblés autour de la table du jardin et tente de reconstituer les derniers jours de Lulu. On ne sait pas au départ ce qui est arrivée à Lulu. Est-elle morte, malade ou toujours en vie ? Ce que l’on sait, c’est qu’elle a fait une fugue. A quarante ans, elle a décidé de prendre des vacances, loin de ses enfants et de son mari alcoolique. Tout au long des deux tomes, on va suivre la vie de cette femme qui a besoin de prendre du recul sur sa vie monotone. Elle va connaître de nombreuses « premières fois », rencontrer des personnes qui vont l’écouter, l’aider à y voir plus clair.

J’ai énormément aimé cette bande dessinée qui nous parler tout simplement de la vie de beaucoup de personnes autour de nous. Les dessins aux couleurs chaudes sont pleins de douceurs. Le personnage de Lulu est attachant et on arrive pas à lui en vouloir d’avoir quitté son foyer sans vraiment donner de nouvelles à qui que ce soit.

Voilà une BD à offrir autour de soi !

Lulu femme nue / Etienne Davodeau aux éditions Futuropolis

lundi 28 juin 2010

Gros pipi / Emile Jadoul

Gros pipi

Aujourd'hui, je suis tombée sur le dernier album de Jadoul (maintenant que je travaille en section adulte j'ai pris du retard dans le suivi de la production jeunesse...). Et comme toujours j'ai beaucoup aimé !

Au premier coup d'oeil, je n'avais pas reconnu le dessin de Jadoul avec ce petit pingouin dessiné au crayon noir. Par contre, on reconnaît très vite son humour ! Toutes les nuit le petit pingouin réveille ses parents pour aller faire pipi. Et lorsqu'il fait l'effort d'y aller seul pour laisser dormir ses parents... Non, je ne peux pas vous en dire plus car ça enlèverait une partie de la magie de l'histoire.

Gros pipi est un album drôle avec un dessin tout en douceur comme Emile Jadoul sait si bien les faire !

Lu dans le cadre du défi Je lis aussi des albums

Je lis aussi des albums

dimanche 6 juin 2010

Les petits ruisseaux / Rabaté

Petits ruisseaux

Lorsque cette Bd est sortie en 2006, j’en avais lu les première pages et malgré tous les avis dithyrambiques je n’avais pas accroché du tout. Et aujourd’hui, en l’ouvrant une nouvelle fois, je l’ai lu d’une traite et j’ai adoré. Au départ, deux petits vieux qui partagent leur vie entre la pêche et les copains au bar du village. Puis, on avance et on découvre la solitude de ces personnes âgées, qui on perdu leur femme il y a quelques années et qui vivottent comme ils peuvent entourés de leurs copains. Et puis, il y a un élément déclencheur qui transforment leur vie.

Les petits ruisseaux, c’est une très belle bande dessinée sur le temps qui passe, sur les sentiments humains, sur la vieillesse. Elle nous montre que les personnes âgées s’enferment dans une petite vie alors qu’elles peuvent vivre autrement, qu’elles peuvent vivre pleinement et non attendre patiemment leur mort. Et non seulement, elles peuvent vivre et tomber amoureuse !

Tout n’est pas rose non plus dans cet album, elle montre les coups durs de la vie, mais elle offre une belle leçon de vie. A lire !

Les petits ruisseaux / Rabaté aux éditions Futuropolis

vendredi 28 mai 2010

Sukkwan Island / David Vann, traduit de l'américain par Laura Derajinski

Sukkwand island

Voilà un roman que j’ai pratiquement lu d’une traite. Une fois que l’on est plongé dans l’angoisse de cette histoire, on ne peut plus faire autrement que de continuer et d’aller jusqu’au bout pour savoir où l’auteur va nous emmener. Et il nous emmène loin ! sur une petite île de l’Alaska où le personnage principal a décidé d’aller vivre pendant un an en emmenant son fils de treize ans. Le but pendant cette année sera d’apprendre à vivre par ses propres moyens en faisant le moins possible appel à l’extérieur. Le père et le fils vont alors apprendre à abattre des arbres, tailler des planches, fumer le poisson et la viande et surtout vivre avec ses doutes et ses angoisses. Et les angoisses du père sont immenses car il ne parvient pas à vivre avec son mal être. Ce que ce père, de plus en plus irresponsable, fait vivre au jeune adolescent devient très vite inadmissible, nous plongeant alors dans une angoisse grandissante.

Sukkwan Island est un roman très fort que je déconseillerai aux âmes sensibles. Il nous fait vivre pendant quelques heures aux côtés d’un personnage qui perd par moment la raison, entraînant le malheur de son fils. J’ai beaucoup aimé qu’un livre puisse me procurer de telles sensations ! Remarquable premier roman !

Sukkwan Island / David Vann, traduit de l'américain par Laura Derajinski aux éditions Gallmeister

vendredi 14 mai 2010

Le paquet / Philippe Claudel

paquet

Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans une pièce de théâtre et j’ai bien tort de ne pas le faire plus souvent. Surtout, que Le Paquet, se lit vraiment facilement puisqu’il s’agit d’un monologue. D’ailleurs, vous en avez peut-être déjà entendu parler puisqu’elle a déjà était mise en scène et joué par Gérard Jugnot au Petit Théâtre de Paris.

La quatrième de couverture présente très bien ce texte :

Un homme tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Que renferme-t-il donc ? Le corps de sa femme qu'il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs, ses rêves, ses joies ? Les débris d'une vie ? Nos lâchetés, nos abandons, nos laideurs ? Tous nos maux et nos mots impuissants ? Lorsque le monde s'effondre, la question n'est pas de savoir ce que l'on sauve, mais ce dont on ne peut se débarrasser.

A la lecture, on ne peut s’empêcher de se demander où le personnage veut en venir. D’ailleurs, une fois la dernière page tournée, est-on sûr de savoir ce qui s’est passé ? Le personnage passe par tous les sentiments, nous fait rire, nous fait douter, nous interroge sur le sens de la vie, se moque de notre quotidien. Ce texte se lit très facilement et nous captive dès les premières lignes.

mercredi 12 mai 2010

Francesca de Rimini / Jacques Tournier

Francesca de rimini

Fransceca de Rimini nous plonge au cœur du Moyen Age. Les guerres de royaumes sont nombreuses à cette époque et les seigneurs utilisent parfois leurs propres enfants pour régler ces tensions. Francesca va être victime de ces guerres. Guido Polenta, gouverneur de Ravenne, va prendre la décision de marier sa fille Francesca au fils de Malatesta qui menace d’écraser Ravenne. Mais si Francesca accepte volontiers son sort pour satisfaire la volonté de son père et sauver son territoire, on lui cache le handicap de son futur mari. Ce dernier est né avec une jambe difforme.

Francesca de Rimini est un superbe roman. On y lit les querelles des hommes imbus de pouvoirs, prêts à sacrifier leur famille par de vils calculs. Mais c’est aussi une belle et terrible historie d’amour (entre qui ? je ne vous le dirai pas !) proche de ces histoires médiévales qu’on peut trouver dans les célèbres livres de Chrétien de Troyes, largement cité dans ce roman.

J’ai beaucoup aimé ce court roman. Francesca est une femme de caractère obligée de se soumettre de gré ou de force aux hommes qui l’entourent. C’est une victime qui accepte son sort sans véritablement chercher à se rebeller contre ce qui lui arrive. Jacques Tournier, par son écriture simple et efficace, parvient à exprimer très précisément les sentiments de ces personnages, qui sont victimes à un moment ou à un autre de ces querelles de pouvoir.

vendredi 23 avril 2010

Ripeur / Jeff Sourdin

Ripeur

Voici un roman sur lequel je suis tombée par hasard et j’ai lu d’une traite, totalement happée par les réflexions de ce jeune « ripeur ». Comment ?! vous ne connaissez par le mot « ripeur »alors que nous en croisons presque tous les jours et qu’ils nous rendent un immense service ? Remarquez, moi non plus jusqu’à samedi dernier ! Les ripeurs sont tout simplement nos gentils éboueurs !

Le roman commence ainsi :

« J'ai vingt-sept ans et je cours derrière un camion-poubelle. Je cours parce que j'ai sauté sans crier gare. J'ai sauté parce qu'une des nôtres était cachée. J'ai sauté pour la centième fois de la journée. J'ai sauté par acquis de conscience, je suis un professionnel de la poubelle. Mais j'ai aussi sauté pour retrouver ma liberté. Quelques instants d'éternité. Une fuite inversée. ... J'ai vingt-sept ans et je passe mon temps à sauter d'un camion-poubelle. Ma vie est pleine de surprises finalement. »

Jeff Sourdin signe ici un premier roman plein d’authenticité et de poésie. Pendant quelques mois, nous allons partager la vie de ce jeune homme de vingt-sept ans qui essaie de réfléchir sur le sens de sa vie et de son métier. Il a débuté par de petits contrats jusqu’à ce qu’il se retrouve embauché en CDI. Il sait qu’il ne fera pas ça toute sa vie mais il semble que ce jeune homme ait besoin d’un petit coup de pouce de la vie pour le faire changer d’orientation. En attendant, les années passent, la routine s’installe jusqu’à ce que…

Ripeur est plus qu’une histoire d’éboueurs, plus qu’une histoire de destin, plus qu’une réflexion sur le sens de la vie (la réflexion qu’il mène peut marcher avec presque n’importe quel autre métier je suis sûre), Ripeur, c’est aussi un magnifique texte ! Jeff Sourdin a le sens du rythme et des sonorités. Une phrase en emmène une autre qui en emmène une autre et qui finit par nous emmener jusqu’au bout de ce petit roman.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré ! Et pour couronner le tout, cet auteur est édité par un petit éditeur rennais (donc de chez moi, enfin de ma patrie d’adoption) : La Part commune.

Ripeur / Jeff Sourdin aux éditions de La Part Commune

samedi 17 avril 2010

La solitude des nombres premiers / Paolo Giordano traduit par Nathalie Bauer

Solitude des nombres premiers

A sa sortie j’avais beaucoup entendu parler de ce roman, notamment lors de l’émission « La Grande librairie », j’ai enfin eu l’occasion de le lire et ce à mon grand plaisir ! Les maths n’étant pas mon fort, je ne vais pas me lancer dans de grands développements sur les nombres premiers mais juste vous rappeler que ce sont les nombres uniquement divisibles par 1 et par eux-même.

La solitude des nombres premiers est l’histoire de deux écorchés. On découvre leur vie tour à tour ainsi que les traumatismes qu’ils ont vécus dans leur jeunesse. La vie va les rapprocher autant que deux « nombres premiers » peuvent l’être. C’est-à-dire jamais complètement mais en comprenant l’autre, ses souffrances et les maltraitances qu’ils infligent à leur propre corps pour évacuer leur mal être.

Ce roman est très fort, on souffre en même temps que les personnages tout en espérant que la vie adoucira leur peine et leur permettra de retrouver une vie normale. On attend que leur solitude prenne fin et qu'ils s'ouvrent sur le monde. Mais Alice et Mattia s’interdisent d’être heureux ou n’osent pas accepter le bonheur qui se présente à eux, considérant qu'ils n'y ont le droit. La solitude des nombres premiers est un magnifique roman qui ne peut pas laisser indifférent. On souffre, on s'indigne, on ne comprend pas toujours pourquoi ils s'interdisent de vivre alors que des personnes aimantes les entourent. Bref, un roman qui remue, un coup de coeur !

La solitude des nombres premiers / Paolo Giordano traduit par Nathalie Bauer

Il a remporté en Italie l’équivalent du Prix Goncourt.

vendredi 2 avril 2010

Blog / Philippe Blondel aux éditions Actes Sud

Blog Blondel

Eh bien voilà un très chouette roman ado que j’ai lu d’une traite. Un jeune lycéen se confie à nous pour nous expliquer un événement qui a marqué sa vie. Depuis près de quatre ans, il tient un blog sur lequel il raconte sa vie d’ado et ses états d’âme en pensant n’être lu que par quelques-uns uns de ses amis. Mais un jour, il découvre que son père a trouvé l’adresse de son « journal intime électronique ». Le jeune homme se trouve si blessé et trahit qu’il décide de ne plus jamais adresser la parole à son père. Le climat devient alors extrêmement difficile au sein de la maison jusqu’au jour où son père dépose devant la porte de sa chambre un vieux carton contenant des photos et le journal intime qu’il tenait pendant sa jeunesse. La lecture de ces cahiers va lui révéler un terrible secret de famille.

Ce roman traite particulièrement bien à la fois les états d’âme que peuvent connaître les ados mais aussi la difficulté des secrets de famille et les relations parents-enfants. Les adolescents ont des préjugés sur leurs parents, les parents veulent à tout prix protéger leurs enfants sans se rendre compte qu’ils ont besoin de connaître l’histoire de leur famille. Le roman est très bien écrit et Jean-Philippe Blondel a su tenir un style proche de ce que pourrait être un ado sans jamais tomber dans la caricature. Il en profite pour souligner de manière intelligente le problème d’Internet et de son absence de confidentialité.

Bref, un roman intelligent, sensible, bien écrit et très prenant.

Blog / Philippe Blondel aux éditions Actes Sud

mercredi 24 février 2010

Y a une pie dans l'poirier… / Martine Bourre

Je lis aussi des albums

Ya une pie J’inaugure aujourd’hui mon challenge « Je lis aussi des albums » avec une illustratrice, une collection et une maison d’édition que j’apprécie énormément : un album de Martine Bourre, publié dans la collection « A petits petons » aux éditions Didier Jeunesse. Cette collection remet au goût du jour les comptines de notre enfance en leur offrant de magnifiques illustrations et en inventant des suites à ces ritournelles. Après Ainsi font, Ah ! les crocodiles, Une poule sur un mur… c’est au tour de Y a une pie dans l'poirier d’être mis à l’honneur. Pour cela, Martine Bourre a abandonné sa technique de collage (je vous renvoie à son album Le Loup et la mésange pour découvrir cette technique) pour celle de la peinture. Comme pour le loup et la mésange, elle a choisit d’utiliser le livre dans toute sa hauteur pour représenter les arbres dans toute leur grandeur. Avec une palette très chaude, Martine Bourre nous donne à voir la nature sous ses plus belles couleurs !

A lire et à chanter à tue-tête toute la journée !

"Y a une pie dans l'poirier, j'entends la pie qui chante.
Y a une pie dans l'poirier, j'entends la pie chanter.
J'entends, j'entends, j'entends la pie qui chante,
J'entends, j'entends, l'entends la pie chanter."

Y a une pie dans l'poirier / Martine Bourre aux éditions Didier Jeunesse

mercredi 27 janvier 2010

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine

Tom petit homme

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à lire un roman, du coup, je vais le gratifier d’un tag « Coup de cœur ». Rien que ça !

A onze ans, Tom est un garçon très débrouillard. Il vit avec sa mère, Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que treize ans et qui l’élève comme elle peut en ayant du mal à faire la part des choses entre ses responsabilités de mère et ses envies de jeune fille. Très souvent livré à lui-même, Tom mène sa petite vie entre l’école et la maison de Madeleine. Madeleine est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans que Tom a sauvée alors qu’elle était tombée au fond de son jardin et chez qui il vient jardiner tous les jours. Petit à petit, tous les personnages que Tom rencontrent vont faire connaissance les uns avec les autres, apportant de la sérénité et du bonheur à chacun.

Tom petit Tom, tout petit homme Tom est un roman très agréable à lire, touchant car tous les personnages essaient de faire au mieux avec les moyens qu’ils ont. Certains lecteurs pourront reprocher à l’auteur un trop plein de bons sentiments ; peut-être mais ça a bien fonctionné avec moi. J’ai également aimé l’écriture de Barbara Constantine, simple et piquante. L’humour ne manque pas dans ce texte où Joss n’hésite pas à tourner en ridicule ce qui la blesse.

Bref, un roman que j’ai vraiment pris plaisir à lire !

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine aux éditions Calmann-lévy

jeudi 21 janvier 2010

Les Monts de l’Eléphant / Jean-François Chabas

Les Monts de l'éléphant

De manière générale, je n’accroche pas plus que ça aux romans de Jean-François Chabas, qui pourtant jouit d’une véritable notoriété dans le domaine de la littérature jeunesse. Mais cette fois-ci, j’ai eu un coup de cœur pour ce petit roman Le Mont de l’Eléphant.

En 150 pages, Henri de Lespagne nous fait le récit de sa vie. Né dans une famille noble extrêmement fortunée et élevée par une mère totalement rongée par le souci de l’apparence et l’égoïsme, Henri va assister à la destruction de sa famille. Petit à petit, il décidera alors de se détacher de ses origines et de sa mère pour mener une vie très médiocre qui s’éclairera enfin avec la rencontre de Promesse

Jean-François Chabas manie avec brio l’humour cinglant. Il n’épargne rien au portrait de la mère sans cœur qui n’a d’autre centre d’intérêt que sa fortune :

- Police ! Ouvrez ! Ouvrez ou on enfonce la porte !

- Ah, non ! Elle est d'époque !

Eh oui ; ainsi en allait-il du cerveau d'Anne de Lespagne née Castries. Elle n'a pas réfléchi plus loin que la sauvegarde de l'huisserie.

On rit beaucoup dans ce roman au ton mordant. Mais l’histoire de Henri, de ses frères et sœurs et de son père n’ont pourtant pas grand chose de drôle. Quatre êtres en souffrances qui subiront à des degrés divers la cruauté et l’indifférence de cette femme.

samedi 9 janvier 2010

Le Pompier de Lilliputia / Fred Bernard et François Roca

Pompier de Lilliputia

Comme tous les ans (ou presque), j’ai craqué pour le dernier album des deux compères Fred Bernard et François Roca. Impossible de résister aux magnifiques illustrations de Roca et à l’univers toujours magique des récits de Fred Bernard. Après nous avoir conté les histoires incroyables de Jésus Betz, un homme-tronc, de l’Homme Bonsaï qui se transforme en arbre ou de Uma, la petite déesse (et toutes les autres que je me retiens, tant bien que mal, de vous citer) Fred Bernard et François Roca nous dévoile l’histoire vraie de Henry MacQueen, un garçon lilliputien devenu le chef d’une brigade de Pompier à Lilliputia, sorte de Parc d’attraction où ne vivent que des nains.

Mais la vie de Henry n’a pas toujours été facile, surtout lorsqu’il lisait du mépris dans le regard de son père. Henry nous montre qu’il ne faut pas hésiter à prendre sa vie en main et que quelle que soit sa différence, on peut réussir dans la vie et trouver sa place.

L’écriture de Fred Bernard nous embarque aussitôt dans l’histoire et nous fait voyager au milieu des somptueuses illustrations de François Roca. Je crois qu’il est l’illustrateur qui me fascine le plus. Je suis toujours comme hypnotisée par ses peintures et je les reconnais toujours au premier coup d’œil. Bon j’arrête ici mon éloge. Vous aurez compris : achetez-le, lisez-le et offrez-le ! (l’album, pas Roca…)

Le Pompier de Lilliputia / Fred Bernard et François Roca aux éditions Albin Michel

Et ça vous étonne si je vous dis que j'ai le calendrier avec les illustrations des albums de Fred Bernard et François Roca dans le salon ?

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