Midola's blog

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mercredi 6 janvier 2010

Le Club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia

Club des incorrigibles

Début décembre, Jean-Michel Guenassia a été invité aux Champs Libres à Rennes lors de la rencontre annuel du Goncourt et Goncourt des lycéens. C’est donc en compagnie de Marie N’Diaye, de plusieurs membre de l’Académie Goncourt et de deux lycéennes que l’auteur du Club des incorrigibles optimistes nous a parlé de ce roman. Je vous renvoie au billet de Gambadou qui fait un très bon compte-rendu de cette soirée. Je dois avouer que la prestations de Marie N'Diaye a eu un effet très soporifique sur moi, me demandant beaucoup de concentration pour me réveiller pendant les interventions des autres intervenants... Dommage, car je gardais un excellent souvenir de la rencontre de l'année dernière avec Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

A l’issue de cette rencontre, c’est tout naturellement que je me suis plongée dans ce gros roman. Si l’écriture et le style de Jean-Michel Guenassia n’ont rien d’exceptionnels, l’histoire m’a vite passionnée. Ce roman mêle fiction et vérités historiques. Le personnage de Michel, jeune lycéen, est le fil conducteur du récit. Vers la fin des années 50 il se met à fréquenter un bar où se rassemblent bon nombre de réfugiés politiques. Petit à petit, Michel découvre leurs histoires, toutes aussi dures les unes que les autres. La vie de Michel permettent de donner du souffle au récit et d’éviter l’amoncellement de portraits de réfugiés. Elle permet également d'aborder d'autres thèmes non moins importants comme la guerre d'Algérie, les relations familiales ou amoureuses.

Le Club des incorrigibles optimistes est un roman qui se lit très facilement. J’aurais été tentée de parler de roman léger s’il ne mettait pas en lumière les horreurs du régime russe des années 50. A lire si vous avez l’occasion de l’avoir entre les mains.

vendredi 12 décembre 2008

Rencontre Goncourt aux Champs Libres

Hier soir, en compagnie de Géraldine, j’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre fort intéressante consacrée aux lauréats du Goncourt et du Goncourt des lycéens : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

Le hasard (mais après tout, est-ce un hasard…) a bien fait les choses de récompenser deux écrivains capables d’écrire à la fois dans leur langue maternelle et dans une langue d’adoption. Atiq Rahimi est un auteur d’origine afghane qui avait jusqu’ici publié des textes écrits en persan (Terre et cendres, Les mille maisons du rêve et de la terreur, Le retour imaginaire). Syngué Sabour est son premier roman écrit en français, sa langue d’adoption.

Le cas de Catherine Cusset est pour le moins atypique ! Cette femme, agrégée de lettres classiques, vit depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, ce qui lui a permis d’acquérir la maîtrise de la langue anglaise. Ce qui est véritablement particulier chez cette romancière, c’est qu’elle utilise l’anglais ou le français suivant les choses qu’elle souhaite exprimer. Selon elle, elle ne peut écrire en français que des événements qui la touche de près ; l’anglais au contraire, est un moyen pour elle de se détacher de ses personnages et d’inventer des destins très loin de sa propre vie. Un brillant avenir a donc d’abord existé dans une version anglaise. Connaissant enfin les destins de ses personnages, Catherine Cusset a alors entrepris la réécriture (et non la traduction !) de son roman.

Ecouter ces auteurs parler de leurs romans, du rapport qu’ils entretiennent avec leurs propres langues, de leur amour pour les mots est vraiment passionnant et on regrette que la rencontre passe à un si grande vitesse !

Deux membres de l’Académie Goncourt étaient présents sur la scène des Champs Libres : Didier Decoin et Edmonde Charles-Roux. Hier soir, ils nous ont parlé de leur amour de la lecture, de la fascination qu’ils éprouvaient face à l’engouement des lycéens qui ont participé au Goncourt des lycéens. Edmonde Charles-Roux a fait preuve d’un immense sens de l’humour et a su nous communiquer sa passion pour la lecture, l’écriture, et sa reconnaissance envers tous les lecteurs du monde entier ! Une véritable bouffée d’oxygène !

Le moment des dédicaces a été évidemment un instant privilégié avec ces deux auteurs plein d’humour et de simplicité !

mercredi 10 décembre 2008

Singué Sabour / Atiq Rahimi

Syngué Sabour

Hier soir, avant de sortir de la bibliothèque où je travaille, j’ai réussi à kidnapper le roman d’Atiq Rahimi qui attendait patiemment sur l’étagère des réservations (peu de chance que sa lectrice vienne le chercher pendant la nuit !). Une soirée pour découvrir cet auteur que j’aurai la chance de rencontrer demain ! Les Champs Libres organisent en effet une soirée consacrée aux Goncourt et Goncourt des lycéens, en présence de leurs lauréats : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

Heureusement pour moi, Syngué Sabour n’est pas un pavé ! Ouf ! Moins de deux heures pour savourer l’écriture de cet auteur d’origine afghane qui nous offre, ici, son premier roman écrit en français.

Syngué Sabour est un magnifique roman même si l’histoire que nous livre l’héroïne est loin de nous faire rêver. Syngué Sabour est l’occasion pour l’auteur de nous faire partager les dures conditions de vie dans les pays tels que l’Afghanistan. Ici, il est donc question de la guerre et de la souffrance des hommes, mais surtout de la condition de la femme dans la société. Les premières pages s’ouvrent sur la souffrance de la femme qui veille son mari plongé dans une sorte de coma. L’écriture est alors très sèche, minimale, elle suit l’égrènement du chapelet et des prières de la femme. Puis, petit à petit, à force de passer du temps avec son mari inerte, la femme ose se confier à lui. Ses confessions prennent de l’ampleur à mesure que le temps passe, à mesure que les tensions des combats aiguisent ses nerfs. Au fil des pages, la femme explique à son mari les souffrances qu’elle a vécues depuis son mariage : l’attente de son mari parti au combat, les persécutions imposées par sa belle-famille, le manque d’attention de son mari, sa violence. De page en page, on découvre de nouvelles horreurs jusqu’à l’aveu final, jusqu’à ce qu’elle parvienne à se libérer de son lourd secret.

Syngué Sabour ne se contente pas de dénoncer la condition de la femme (en Afghanistan ? le roman ne le dit pas), il va beaucoup plus loin. Ce roman montre que les hommes, eux aussi, sont victimes de ces coutumes absurdes où la fierté et l’honneur prédominent les relations humaines. L’écriture d’Atiq Rahimi, par son rythme, sa richesse, sa poésie renforce les différentes phases de la confession de l’héroïne.

Syngué Sabour / Atiq Rahimi aux éditions P.O.L.