Midola's blog

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Tag - Goncourt des lycéens

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vendredi 2 décembre 2011

Du domaine des Murmures / Caroles Martinez

Du domaine des murmures

Du domaine des Murmures a remporté le Goncourt des lycéens en novembre dernier. Moi qui suis de près ce prix littéraire, j’ai été déçu de ne pas être vraiment emballée par le roman. Mais ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause mais plutôt le thème qui ne me touche pas.

Nous sommes au Moyen Age où les jeunes filles sont victimes de mariages arrangés. Sauf qu’au domaine des Murmures, Esclarmonde refuse ce destin. Le jour de ces noces, elle préfère demander à que l’on dresse une Chapelle en l’honneur de Sainte-Agnès et qu’on l’emmure dans le bâtiment plutôt que de ce plier à ce mariage arrangé. Esclarmonde devient alors une sainte vivante, priant jour et nuit jusqu’à ce que sa foi soit mise à rude épreuve…

Il faut avouer que l’histoire est intéressante car l’on suit le destin de plusieurs personnages à travers le récit de notre recluse. Mais les visions d’Esclarmonde ont eu tendance à m’agacer même si je sais que c’est tout à fait en accord avec la littérature du Moyen Age. Et puis, il n’y a rien à faire, même si ça a existé, je n’arrive pas à supporter l’idée que des femmes aient gâché leur vie pour échapper au destin que des questions d’intérêt leur imposaient (je ne supporte pas non plus qu’on décide de l’avenir des personnes à leur place évidemment ;-)

Et il faut que je reconnaisse également que Carole Martinez sait raconter des histoires. On voit tout de suite qu’elle maîtrise son sujet et que le Moyen Age n’a pas de secrets pour elle. Le récit se déroule doucement et de manière très fluide et l’écriture est très agréable.

Bref, un roman plein de qualités qui ne m’a pas laissée indifférente et qui me rend impatiente de rencontrer l’auteur le 8 décembre à Rennes à l’occasion de la soirée consacrée comme chaque année aux Goncourt et Goncourt des lycéens.

mercredi 6 janvier 2010

Le Club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia

Club des incorrigibles

Début décembre, Jean-Michel Guenassia a été invité aux Champs Libres à Rennes lors de la rencontre annuel du Goncourt et Goncourt des lycéens. C’est donc en compagnie de Marie N’Diaye, de plusieurs membre de l’Académie Goncourt et de deux lycéennes que l’auteur du Club des incorrigibles optimistes nous a parlé de ce roman. Je vous renvoie au billet de Gambadou qui fait un très bon compte-rendu de cette soirée. Je dois avouer que la prestations de Marie N'Diaye a eu un effet très soporifique sur moi, me demandant beaucoup de concentration pour me réveiller pendant les interventions des autres intervenants... Dommage, car je gardais un excellent souvenir de la rencontre de l'année dernière avec Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

A l’issue de cette rencontre, c’est tout naturellement que je me suis plongée dans ce gros roman. Si l’écriture et le style de Jean-Michel Guenassia n’ont rien d’exceptionnels, l’histoire m’a vite passionnée. Ce roman mêle fiction et vérités historiques. Le personnage de Michel, jeune lycéen, est le fil conducteur du récit. Vers la fin des années 50 il se met à fréquenter un bar où se rassemblent bon nombre de réfugiés politiques. Petit à petit, Michel découvre leurs histoires, toutes aussi dures les unes que les autres. La vie de Michel permettent de donner du souffle au récit et d’éviter l’amoncellement de portraits de réfugiés. Elle permet également d'aborder d'autres thèmes non moins importants comme la guerre d'Algérie, les relations familiales ou amoureuses.

Le Club des incorrigibles optimistes est un roman qui se lit très facilement. J’aurais été tentée de parler de roman léger s’il ne mettait pas en lumière les horreurs du régime russe des années 50. A lire si vous avez l’occasion de l’avoir entre les mains.

samedi 20 décembre 2008

Un brillant avenir / Catherine Cusset

Un braillant avenir

Exercice difficile aujourd’hui. Non seulement il va me falloir écrire un billet teinté de reproches, mais il va surtout me falloir critiquer le roman d’un auteur que j’ai eu la chance de rencontrer et d’apprécier. Quelle déception de ne pas avoir aimé pleinement son texte ! Quelle déception de ne pas partager le choix des lycéens qui lui ont décerné le Goncourt des lycéens. Mais heureusement, ma critique ne sera pas non plus trop méchante car je me suis tout de même laissée emmener par l’histoire de ces deux femmes : Helen et Marie.

Helen a eu une vie très mouvementée. Née en Russie où ses parents sont morts peu temps après sa naissance, elle fut recueillie puis adoptée par son oncle et sa tante. De là, vont suivre de nombreux déménagements à travers la Roumanie. Après un mariage difficile avec Jacob - ses parents ne voulaient pas qu’elle épouse un juif - elle émigrera avec son mari en Israël avant de rejoindre les Etats-Unis où ils espèreront offrir un avenir brillant à leur fils.

En alternance avec les chapitres consacrés à la vie d’Helen, ceux qui nous dévoilent les relations tendues entre Helen et sa belle-fille. Marie est une jeune française plutôt moderne, qui est s’est installée aux Etats-Unis après son mariage. Un conflit de génération et de mentalités font qu’Helen ne fait pas confiance à cette petite française qui finira par tromper son mari ou, pire, qui l’obligera à émigrer en France où il ne pourra jamais s’intégrer correctement.

Ce roman est très fort. Helen se démène pour construire sa vie et celle de sa famille dans des conditions extrêmement difficile. De son côté, Marie est soumise à rude épreuve tant par les attaques de ses beaux-parents que par les aléas de la vie.

Ce que j’ai à reprocher au roman de Catherine Cusset se rapporte aux personnages. J’ai eu du mal à m’attacher à eux tant leurs caractères changent entre les différentes périodes de leur vie. Cela vient très certainement du va-et-vient entre les différentes périodes de la vie d’Helen. Peut-être que ce choix narratif n’était pas si judicieux que ça. J’ai également à reprocher à l’auteur certains détails qui restent obscure ou invraisemblables.

Voilà un roman captivant mais qui laisse une impression d’imperfection. Dommage…

vendredi 12 décembre 2008

Rencontre Goncourt aux Champs Libres

Hier soir, en compagnie de Géraldine, j’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre fort intéressante consacrée aux lauréats du Goncourt et du Goncourt des lycéens : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

Le hasard (mais après tout, est-ce un hasard…) a bien fait les choses de récompenser deux écrivains capables d’écrire à la fois dans leur langue maternelle et dans une langue d’adoption. Atiq Rahimi est un auteur d’origine afghane qui avait jusqu’ici publié des textes écrits en persan (Terre et cendres, Les mille maisons du rêve et de la terreur, Le retour imaginaire). Syngué Sabour est son premier roman écrit en français, sa langue d’adoption.

Le cas de Catherine Cusset est pour le moins atypique ! Cette femme, agrégée de lettres classiques, vit depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, ce qui lui a permis d’acquérir la maîtrise de la langue anglaise. Ce qui est véritablement particulier chez cette romancière, c’est qu’elle utilise l’anglais ou le français suivant les choses qu’elle souhaite exprimer. Selon elle, elle ne peut écrire en français que des événements qui la touche de près ; l’anglais au contraire, est un moyen pour elle de se détacher de ses personnages et d’inventer des destins très loin de sa propre vie. Un brillant avenir a donc d’abord existé dans une version anglaise. Connaissant enfin les destins de ses personnages, Catherine Cusset a alors entrepris la réécriture (et non la traduction !) de son roman.

Ecouter ces auteurs parler de leurs romans, du rapport qu’ils entretiennent avec leurs propres langues, de leur amour pour les mots est vraiment passionnant et on regrette que la rencontre passe à un si grande vitesse !

Deux membres de l’Académie Goncourt étaient présents sur la scène des Champs Libres : Didier Decoin et Edmonde Charles-Roux. Hier soir, ils nous ont parlé de leur amour de la lecture, de la fascination qu’ils éprouvaient face à l’engouement des lycéens qui ont participé au Goncourt des lycéens. Edmonde Charles-Roux a fait preuve d’un immense sens de l’humour et a su nous communiquer sa passion pour la lecture, l’écriture, et sa reconnaissance envers tous les lecteurs du monde entier ! Une véritable bouffée d’oxygène !

Le moment des dédicaces a été évidemment un instant privilégié avec ces deux auteurs plein d’humour et de simplicité !

jeudi 4 décembre 2008

La mort du Roi Tsongor / Laurent Gaudé

La Mort du roi Tsongor

Au cœur de l’Afrique ancestral, nous assistons aux dernières heures du roi Tsongor. Il se donne la mort pensant qu’elle pourra éviter une guerre : celle des deux prétendants de sa fille. Il confie à son fils cadet le devoir de s’exiler et de construire sept tombeaux pour honorer sa mémoire. C’est grâce à cette tâche qu’il mettra des années à accomplir, que Sauba échappera au désastre de la guerre qui détruira toute la ville de Massaba. Sémilia, ne pouvant être conquise par aucun des deux prétendants, même après des années d’affrontements, elle décidera de partir seule pour une longue vie d’errance. Seuls Sauba et Sémilia échapperont à la mort, mais ils auront connu la honte, la honte d’être des Tsongor et d’être responsable de la mort d’être humains.

Laurent Gaudé a une plume admirable qui nous emmène sans effort à travers les rites africains. L’auteur nous livre une sorte de roman initiatique, un roman des origines où l’être humain est mis face à ses responsabilités.

La Mort du roi Tsongor / Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud