Midola's blog

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Mot-clé - littérature américaine

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samedi 15 décembre 2012

Jenna Fox, pour toujours / Mary E. Pearson ; traduit par Faustina Fiore aux éditions Les Grandes personnes

jenna_fox_pour_toujours.jpg Jenna Fox se réveille après avoir passé un an et demi dans le coma mais elle souffre d’une étrange amnésie. Elle ne se souvient de rien en ce qui concerne sa propre personne et sa famille mais a des connaissances très précises sur certains sujets d’histoire ou de littérature. Et puis, des souvenirs personnels vont refaire surface, mais des souvenirs qu’elle ne devrait pas être capable de se rappeler. Qui se souvient de ses dix-huit mois ? Jenna Fox va alors mener l’enquête pour comprendre ce qui lui est réellement arrivé et les secrets que lui cache ses parents.

Mon résumé est très réducteur car je ne veux pas trop en dévoiler. Mais Jenna Fox, pour toujours aborde de nombreux thèmes importants : l’identité, les progrès de la sciences et ses éventuels débordements, l’éducation, l’amitié, l’amour…

J’ai lu ce roman ados avec vraiment beaucoup de plaisir. Jenna Fox est un personnage attachant avec qui on partager tout ses doutes, ses inquiétudes, ses découvertes bonnes ou mauvaises. Voilà un roman passionnant, intelligent et bien écrit ! Que demander de plus ? Le catalogue des Grandes personnes est décidément excellent !

vendredi 16 novembre 2012

Home / Toni Morrison ; traduit par Christine Laferrière aux éditions Christian Bourgois

home.jpgUne fois n’est pas coutume, j’ai accepté de participer au match littéraire organisé par Price Minister. Et c’est avec Home de Toni Morrison que j’ai joué le double jeu : celui du Match Littéraire et celui de la Lecture commune avec Enna, Saxaoul, Mrs B, Valérie et Tiphanie.

J’ai vu fleurir depuis quelques semaines des billets élogieux, tous plus bien écrits les uns que les autres. Et depuis plusieurs jours, j’essaie en vain d’écrire mon billet sans y parvenir tant ce roman est dense.

Home, c’est l’histoire d’un frère et d’une sœur qui se retrouve après bien des années et des épreuves dans leur ville natale qu’ils s’étaient jurés de quitter pour toujours.

Home, c’est l’histoire d’un frère qui traverse les Etats-Unis pour retrouver sa sœur en grande difficulté et qui revit sa guerre de Corée en même temps.

Home, c’est l’histoire de la ségrégation vécue par ce frère et cette sœur depuis leur plus jeune âge. Ces horreurs auxquels ils ont assisté et qui les ont traumatisés.

Home, c’est encore beaucoup d’autres thèmes encore.

Homeest un roman très riche tant par le thèmes abordés que par sa construction. Sorte de roman choral où les points de vues se succèdent, et les souvenirs se mêlent au récit. J’avoue avoir eu un peu de mal pendant la lecture des premiers chapitre pour comprendre où l’auteur voulait nous emmener (mais peut-être est-ce dû à des conditions de lectures un peu mouvementées). Et puis, une fois que l’on a identifié les personnages et que les différents récits se rejoignent, on est totalement captivé par ce roman très fort.

Je n’ai jamais attribué de note à un roman, c’est bien la première fois que je le fais et je trouve que cela n’a aucun sens puisque je n’ai aucun élément de comparaison. Mais bon, c’est le jeu et je m’y plie. J’attribuerai donc la note de 17/20 : un très bon roman mais qui a failli me perdre au démarrage…

lecture_commune.jpg

Allons découvrir les billets de Enna, Mrs B, Valérie, Saxaoul et Tiphanie.

mardi 18 septembre 2012

Arrêtez-moi là / Iain Levison; traduit par Fanchita Gonzalez Batle aux éditions Liana Levi

arrêtez moi là

Je n’avais jamais encore lu cet auteur et je peux dors et déjà vous dire que ça ne sera pas le dernier. Je connaissais ce titre de vu depuis très longtemps et cet arrière de taxi m’a toujours attiré. Comme quoi, nos choix de lecture ne tiennent pas tous à grand chose !

Dès les premières pages j’ai été happée par le récit de ce chauffeur de taxi qui se retrouve accusé d’enlèvement d’enfant et de meurtre simplement parce qu’il a ouvert une fenêtre chez l’une de ses clientes. Et là, d’une action totalement anodine, Jeff Sutton voit sa vie totalement basculer... Un long séjour en prison, un avocat pitoyable, une police incompétente (et c’est un euphémisme) et surtout l’absence de doute dans les yeux des gens qu’il rencontre et qui le croit instantanément coupable de ces ignobles actes.

Iain Levison, non sans un grand sens de l’humour, pointe tous les travers de la société américaine : la police, le système juridique, la télévision qui manipule l’opinion publique… Et puis, il nous montre également à quel point une erreur de jugement peut détruire un homme. Car en dix mois de prison, la société a eu le temps d’effacer cet individu indésirable et se refaire une place dans le monde extérieur n’est pas une mince affaire.

J’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir et j’espère retrouver cet esprit grinçant (l’expression de Livre Hebdo) dans ses autres livres.

D'autres avis enthousiastes : Les hirondelles savent lire, Lettres exprès, la Bibliothèque du Dolmen, et plein d'autres...

samedi 1 septembre 2012

La malédiction des colombes / Louise Erdrich; traduit par Isabelle Reinharez

blogoclub.jpg

Nouvelle session du Blogoclub, cette fois-ci consacré aux romans polyphoniques et plus particulièrement à Louise Erdrich et La Malédiction des Colombes.

malediction des colombes Je suis bien embarrassée par cette lecture qui s’est révélée difficile et je dois avouer que si elle n’avait pas fait partie du Blogoclub, je l’aurais abandonnée avant même d’en avoir atteint la moitié. Mais j’aurais certainement eu tort car les choses s’éclairent dans la deuxième moitié du livre.

La Malédiction des colombes nous emmène en Dakota du Nord pour découvrir, sur plusieurs générations, les histoires d’une petite ville à la frontière de la Réserve. La première moitié du roman est une succession d’histoires, à des époques différentes et sans liens apparents entre elles. Arrivée là, je me demandais de quoi parlait exactement le roman… Et puis les chapitres suivants, tout en suivant le même principe d’alterner des narrateurs, finissent pour relier les histoires entre elles. Mais je dois avouer que je n’ai pas tout compris, sûrement parce que je n’ai pas prêté suffisamment d’attention à certains chapitres…

Il y a néanmoins beaucoup des choses intéressantes dans ce roman très dense. On y lit la rivalité entre les blancs et les indiens, la religions (ou les religions) poussée à l’extrême, une belle place est accordée à la musique et à son pouvoir salvateur… Et puis il y a une importante histoire de trahison et de culpabilité qui se répercute sur plusieurs générations.

Au fur et mesure que j’écris ce billet, je me rends compte que je ne peux pas rendre compte de toute sa richesse et que j’ai dû passer à côté de beaucoup de choses. Maintenant que je connais l’histoire et les relations entre les personnages, il faudrait presque que je le relise… Presque…

Rendez-vous sur les blogs de Sylire et Lisa pour lire d'autres avis.

Pour celles et ceux qui habitent dans la région rennaise, Louise Erdrich sera présente aux Champs Libres à Rennes le mercredi 19 septembre à 18h30. Plus d'infos ici.

Ce billet est programmé puisque je suis en vacances. Je répondrai à vos messages et vous rendrai visite dès mon retour.

dimanche 17 juin 2012

De sang et d’ébène / Donna Leon

de sans et d'ebene

Donna Leon figure parmi les plus célèbres auteurs de romans policier aujourd’hui. Ca faisait longtemps que je voulais découvrir les enquêtes de l’inspecteur Brunetti mais je dois avouer que je n’ai pas été subjuguée par cette lecture.

Tout commence avec l’assassinat « Vu compra » ou « vendeur à la sauvette ». L’inspecteur Brunetti ne dispose que de peu d’informations sur cet homme noir tué par bal au milieu d’un groupe d’américains qui n’a rien vu. Mais le temps de faire jouer quelques relations pour essayer d’en apprendre plus sur ces Vu compra et Brunetti se voit retiré l’enquête sous prétexte que le Ministère de l’intérieur doit s’en charger lui-même. Mais la curiosité de Brunetti l’emporte bien évidemment sur les ordres de son supérieur et il continue de mener discrètement l’enquête.

Ce qui m’a frappé à la lecture de ce roman, c’est la légèreté de l’emploi du temps de Brunetti ! Ca fait presque rêver de pouvoir passer une demi-journée à faire semblant de lire le journal sous prétexte d’attendre un coup de fil ou de rentrer chez soi au beau milieu de la journée (en utilisant les véhicules de fonctions) et de sortir manger des pâtisseries avec sa femme…

Le roman n’était pas désagréable à lire mais l’enquête, ou plutôt la manière de mener l’enquête, ne m’a pas passionné. Et j’ai également trouvé que les conversations entre Brunetti et sa femme étaient parfois pénibles car les discours de Paola Brunetti sont souvent un peu trop didactiques à mon goût.

Par contre, les Brunetti sont de bons vivants : entre tous les bons petits plats qu'ils dévorent et les grappa et autres alcools qu'ils boivent à chaque repas ;-)

Je suis contente d’avoir découvert Donna Leon mais je ne suis pas certaine de replonger dans une de ces enquêtes… Tout du moins, pas tout de suite vu tous les autres auteurs qui dois encore découvrir !

jeudi 9 février 2012

La face cachée de Luna / Julie Anne Peters

face cachee de luna

Voilà un auteur qui prend des risques et qui ose aborder un thème vraiment pas commun dans les romans ados: les transsexuels. Depuis sa plus jeune enfance, Liam ne se sent pas bien dans son corps de garçon et se plaît à s’habiller en fille dès qu’il est à l’abri des regards. Sa sœur, Reagan, est la seule personne au courant et elle l’aide autant qu’elle le peut à assumer ce mal être jusqu’au jour où Liam, ou plutôt Luna comme il a décidé de s’appeler, décide qu’il doit dévoiler à son entourage qui il est vraiment… En parallèle, on suit la vie de Reagan, dévorée par les problèmes de son frère et les tentions qui règnent chez eux entre une mère dopée aux calmants et aux excitants et un père macho qui n’admet pas que son fils n’ai pas toutes les passions qu’un garçon est censé avoir : faire du baseball, du foot, de la mécanique… Ce roman aborde de nombreux thèmes : l’acceptation de soi, l’épanouissement personnel, les stéréotypes véhiculés par la société qui exige que l’on entre tous dans un moule tout en offrant un roman bien construit. On vit les malaises des deux jeunes gens (en nous minant presque le moral) et les luttes qu’ils mènent pour accéder au bonheur.

Une chose m’a par contre énervé, c’est le mélange entre la culture américaine et française. Pour être plus compréhensible par les lecteurs français, le traducteur a utilisé le système scolaire français, des références à des émissions télévisées françaises, etc. tout en gardant un roman très ancré dans la civilisation américaine. Je pense qu’il aurait fallu faire un choix ; soit rester aux Etats-Unis (quitte à ajouter quelques notes de bas de page) ou tout transposer en France mais pas faire un mixte des deux qui n’a au final aucun sens. Mais ceci n'est qu'un détail au regard de ce roman à la thématique originale.

jeudi 20 octobre 2011

Mississippi / Hillary Jordan ; traduit par Michèle Albaret-Maatsch

Mississippi

Coup de cœur ! Hillary Jordan nous emmène dans le Mississippi peu de temps après la Seconde guerre mondiale. Laura a déjà une trentaine d’années lorsque Henry se décide à l’épouser. Mais peu de temps après leur mariage, alors que Laura est une femme de la ville, professeur d’anglais, Henry achète des terres et une exploitation de coton et impose à sa femme un tout autre mode de vie. Elle doit faire un trait sur tout son confort et s’habituer aux dures tâches de la ferme, sous le regard désagréable de son beau-père.

Mais Mississippi n’est pas seulement l’histoire de Laura, cette femme qui est prête à beaucoup de sacrifices pourvu que son mari l’aime et qu’elle trouve un certain équilibre. Mais ce roman nous plonge également au cœur des mentalités des campagnes américaines où la ségrégation sévit encore amplement. Ronsel, le fils du métayer qu’emploie Henry, revient de la guerre où il a été considéré pendant quatre ans comme l’égal des blancs. Mais très vite, les habitants de la petite ville s’évertuent de le remettre à sa place…

Mississipi est un roman polyphonique, les différents personnages se relaient chapitres après chapitres pour nous raconter leur histoire et leur vision du monde. Cette multitude de voix enrichit le roman, permettant d’aborder de nombreux sujets propres aux blancs, aux noirs, aux femmes, aux hommes, aux soldats…

Mississippi est vraiment un roman passionnant. Une fois le livre terminé, j’ai gardé pendant plusieurs jours à l’esprit l’ambiance de la ferme du Mississippi.

mercredi 29 juin 2011

Prodigieuses créatures / Tracy Chevalier, traduit par Anouk Neuhoff

prodigieuses creatures

Lors de ma dernière visite de librairie, je me suis laissée tenter par le dernier roman de Tracy Chevalier, l’auteur du célèbre roman La Jeune fille et la perle. Cette fois-ci, Tracy Chevalier délaisse le monde de la peinture pour se plonger dans celui des fossiles. Dans l’esprit d’un roman de Jane Austen, le lecteur suit le destin de trois sœurs destinées à finir vieilles filles et à s’exiler dans une petite commune de bord de mer pour permettre, comme leurs maigres rentes l’exigent. Lorsqu’elles s’installent dans la petite ville de Lyme Regis, chacune des sœurs essaie de trouver une occupation pour occuper ses journées. La plus jeune, pouvant encore envisager de trouver un mari, aime se rendre dans les salons et les bals de la villes, Louise, quant à elle, se passionne pour le jardinage et passe de longues heures à entretenir leur jardin. Enfin, Elisabeth, la plus âgée, se découvre une véritable passion pour la chasse aux fossiles. Et c’est cette passion qui va l’amener à rencontrer Mary Anning, une jeune fille qui contribua beaucoup dans la découverte de fossiles d’animaux non encore identifiés au XIXe siècle.

Tracy Chevalier mêle personnages fictifs et grands noms de la science pour rendre compte de l’importance du travail établit par Mary et Elisabeth dans l’étude des fossiles alors que les conventions de l’époque interdisaient toute liberté aux femmes et rechignaient à reconnaître leur mérite. Le lecteur suit toutes les étapes dans la découverte des fossiles et toutes les épreuves que doivent subir les deux femmes.

Mon avis au sujet de ce roman est partagé. J’ai été heureuse de retrouver cette atmosphère et cette écriture assez proche de Jane Austen, mais je dois avouer que le monde des fossiles ne m’a pas passionné plus que cela… Cela dit, la lecture n’a pas été désagréable du tout et j’y ai appris pas mal de choses, tant au niveau des mœurs de l’époque que du monde machiste des scientifiques ! Il ne me reste plus qu’à me plonger dans un « vrai » Jane Austen pour combler ma frustration ;-)

jeudi 27 janvier 2011

Le Signal / Ron Carlson traduit par Sophie Aslanides

Le Signal

J’avais découvert les éditions Gallmeister avec le célèbre roman Sukkwan island. Cette lecture m’avait beaucoup plu. J’avais beaucoup aimé cette angoisse qui monte au fur et à mesure que les pages défilent et l’évocation de cette nature sauvage. Cette fois-ci, je me suis plongée avec le même plaisir dans le dernier titre paru chez cet éditeur, ''Le Signal'' de Ron Carlson.

Ron Carlson nous emmène dans les montagnes du Wyoming en compagnie de Mack et de Vonnie, son ex-femme. Les derniers mois ont été fatals pour le couple ; Mack s’est laissé entraîné sur une mauvaise pente qui l’a tout droit conduit en prison. A sa remise en liberté, Vonnie accepte de faire une dernière randonnée pour clore leur histoire. Le lecteur part alors avec eux sur les sentiers montagneux et ressent leur apaisement une fois en contact avec la Nature. Mais le dernier jour, à quelques heures du retour, tout bascule et la randonnée se transforme en cauchemar…

J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a fait vivre au plus près des personnages. On se délecte du calme de la nature, on entend l’eau de la rivière qui gronde, on voit les poissons se débattre au bout des cannes à pêche ; et puis on tremble aux coups de feu, on retient sa respiration quand les personnages se cachent… Bref, on vit les 222 pages comme si on y était !

Bonne lecture !

Le Signal / Ron Carlson aux éditions Gallmeister

samedi 4 décembre 2010

La couleur des sentiments / Kathryn Stockett, traduit par Pierre Girard

couleur des sentiments

La couleur des sentiments ou comment rester scotchée sur le canapé au lieu de faire ses cartons… Au moment où ce billet sera publié, je serai en effet en train de déménager en espérant que j’arrive à rattraper mon retard car je n’ai rien pu faire avant d’avoir terminé les 525 pages de ce roman ! Et quel bonheur que s’immerger dans une lecture de cette manière, de penser toute la journée aux personnages que l’on retrouvera le soir (et puis le midi entre deux bouchées).

La couleur des sentiments nous emmène dans le Mississipi, dans les années 60 lorsque la ségrégation bat son plein. A cette époque, les familles bourgeoisie américaine avaient à leur service des bonnes noires qu’elles étaient très loin de traiter comme leurs égaux. Miss Skeeter qui appartient pourtant à cette bourgeoisie trouve de plus en plus choquant la manière dont ses amies traitent leurs bonnes. Et elle qui rêve de devenir écrivain décide de se lancer dans un grand projet risqué : recueillir le témoignage d’une douzaine de bonnes sur leurs conditions de travail et leurs relations avec leurs employeurs. Mais les noirs sont extrêmement méfiants vis à vis des blancs qui ne les respectent pas. Miss Skeeter va alors trouver de l’aide dans les personnes d’Aibileen et de Minny, deux bonnes au fort caractère. Toutes les trois se réuniront secrètement pour avancer dans ce vaste projet.

Le roman alterne justement entre les récits de ces trois femmes, nous permettant de nous faire une idée, presque au quotidien, de ce qui se passe à Jackson tant du côté des blancs que des noirs.

La couleur des sentiments est un roman intelligent qui montre la complexité des relations entre les noirs et les blancs car il y a heureusement des familles où tout se passe bien et où les blancs traitent avec respect leurs bonnes et où ces bonnes ont plaisir à travailler.

On y lit aussi surtout la peur de l’autre. Les blancs craignent ce que les autres blancs risquent de penser d’eux s’ils sont « trop » gentils avec leur bonne. Certaines personnes très influentes ont vite fait de réduire à néant la vie sociale d’une personne qui se montrerait trop conciliante avec une personne noire.

Le roman est fluide et l’alternance des récits empêche toute monotonie. Les trois femmes ont chacune un caractère différent, ce qui permet de passer par toute sorte de sentiments et de situations. L’auteur parvient à maintenir trois écritures distinctes tout au long du roman et à accrocher le lecteur de la première à la dernière ligne.

Il y aurait des milliers de choses à ajouter à ce billet. Je n’ai pas parlé de l’inscription du roman dans l’Histoire et pourtant, pendant les quelques années que dure la rédaction du livre, on peut voir évoluer les rapports entre les noirs et les blancs. On entend parler de Rosa Parks, de Martin Luther King…

Bon, je m’arrête là, j’ai des cartons à terminer ;-)

mercredi 1 septembre 2010

Sula / Toni Morrison

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C’est la rentrée de classes, la rentrée littéraire mais aussi la rentrée du Blog-o-club ! Pour cette rentrée, Sylire et Lisa nous avaient proposé de lire un roman d’un Prix Nobel de littérature. Autant vous dire que le choix n’a vraiment pas été facile puisque la liste des auteurs est très longue et que chaque auteur a écrit plus d’un livre !!! Du coup, je me suis obligée à ne pas trop me poser de questions et à emporter avec moi le premier livre qui me tenterait.

C’est Toni Morrison que je n’avais encore jamais lu qui a eu mes faveurs. Le choix du livre a été plus difficile, et je dois avouer que c’est surtout à l’épaisseur du roman que j’ai choisi de me plonger dans Sula (lorsqu’on part en avion, le moindre gramme dans la valise à son importance ;-)

Sula Sula nous embarque dans une petite communauté noire au fin fond de l’Amérique dans les années 1930 où nous allons découvrir la vie de deux fillettes très différentes mais inséparables. D’un côté, nous avons Sula, une fillette élevée par des femmes qui ont décidé de vivre comme bon leur semble, n’ayant que faire de l’opinion des voisins. Sula n’a donc pas froid aux yeux ni la langue dans sa poche, contrairement à Nel qui incarne plutôt la sagesse et la bonne éducation que tente de lui donner sa mère. Au cours du roman, Nel et Sula vont grandir et être confrontées à la vie, chacune réagira à sa manière. La vie les séparera mais à quarante ans, elles pourront faire le point sur leurs existences très différentes l’une de l’autre.

Le roman de Toni Morrison est très riche. On y lit les affres que subissent les noirs dans la société américaine de l’époque. Et on va rencontrer des personnages hauts en couleurs, notamment dans la famille de Sula. Sa mère Hannah qui prend et jette les hommes au gré de ses envies. Eva, sa grand-mère, un véritable phénomène qui a dû se battre pour subvenir aux besoins de ses enfants…

Sula est donc un roman de femmes qui se battent pour survivre dans cette société où les noirs ont une vie difficile et où les hommes n’assument pas leurs responsabilités.

Encore une belle découverte grâce au Blog-o-club !

Sula / Toni Morrison aux éditions Christian Bourgois

vendredi 25 juin 2010

Hunger Games / Suzanne Collins

Hunger games

Ca y est ! Après avoir bavé d’envie devant tous vos billets, j’ai enfin lu Hunger Games ! Hélas !, je ne sais pas si c’est parce que j’attendais beaucoup de ce roman ou parce que je perds l’habitude de la littérature ados mais j’ai été un peu déçue.

Pour ceux qui viennent qui sortent de leur longue hibernation, je vous retrace en quelques mots l’intrigue du livre : tous les ans vingt-quatre ados sont tirés aux sorts pour amuser la galerie. Ils sont enfermés dans une sorte d’arène et le but du « jeu » et de tuer ses adversaires et d’être le seul survivant.

Certes, le scénario est original mais cette idée de faire s’entre-tuer des ados en les tirant au sort et d’imposer à leur famille de suivre ces horreurs à la télé… eh bien, ça me gène. Pourtant, je ne suis assez bon public d’histoires un peu glauques ; mais c’est peut-être l’entière gratuité de ce jeu et de cette cruauté sans borne. Ce jeu est organisé pour les privilégiés et pourrait le comparer à un croisement entre un combat de chiens amélioré et Koh Lanta. Mais être privilégié impose-t-il d’être cruel et avide d’un tel spectacle ? Et quel intérêt d’imposer aux villages défavorisés un tel spectacle puisqu’il ne s’agit pas d’une punition ni d’un moyen de pression.

Pourtant, le roman comporte de bonnes choses. J’ai beaucoup aimé le début où l’on découvre l’univers de Katniss et l’histoire de sa société même si j’aurais bien aimé que l’auteur nous en dise plus. Et il faut avouer que le roman est prenant, on veut savoir ce qui va arriver aux différents participants ! Mais là encore, je n’ai pas réussi à trembler pour Katniss même dans les pires situations…

Bon, est-ce que j’ose une dernière critique ? J’ai des scrupules à critiquer ce roman que vous avez été si nombreuses à aimer… Mais tant puis, mon blog est là pour ça. Mon dernier énervement sera pour la fin du roman et la maladresse des transitions de l’auteur. Quel est l’intérêt de la colère du jury à la fin, à part celle de justifier une suite ?. Vous l’aurez compris, la fin m’a déçue et l’envie de poursuivre cette série me manque vraiment. Mais il y a tant d’autres livres à lire ;-)

dimanche 13 juin 2010

L’histoire d’un mariage / Andrew Saen Greer

l'histoire d'un mariage

Je ne sais pas si c’est parce que ce titre était une lecture imposée par le comité de lecture que j’ai repris en charge il y a peu, mais je n’ai pas accroché à la lecture de ce roman. Pourtant, la quatrième de couverture semblait assez alléchante et je me rappelais avoir lu de bons billets dessus : Clarabel, Cuné

« Holland Cook est un jeune homme d'une grande beauté, à la personnalité mystérieuse. Pearlie tombe amoureuse de lui au premier regard. Séparés par la guerre, ils se retrouvent en 1949 à San Francisco et se marient. Pearlie pense vivre un bonheur tranquille. Quatre ans plus tard, la belle histoire vole en éclats lorsqu'elle reçoit la visite de Charles Drumer, un homme d'affaires qui lui propose un étrange marché. Avec son intrigue flamboyante et ses décors à la Douglas Sirk, L'Histoire d'un mariage est d'abord un magnifique roman d'amour. Portrait de l'Amérique des années 50, celle de l'affaire Rosenberg, de la guerre de Corée et de la ségrégation raciale, c'est aussi une critique de cette société minée par les peurs et les préjugés. »

Ce qui m’a agacé dans ce roman, c’est la lenteur à laquelle on obtient des informations sur ce qui se passe vraiment. L’auteur n’hésite pas à faire des digression au moment où les personnages sont à deux doigts de nous révéler des choses capitales ! Si l’intrigue est originale et les descriptions de cette Amérique des années 50 intéressantes, le style ne pas du tout conquise. J’ai trouvé de nombreux passages trop longs m’empêchant de m’immerger dans l’histoire. Tant pis.

L’histoire d’un mariage / Andrew Saen Greer aux éditions de l'Olivier

vendredi 28 mai 2010

Sukkwan Island / David Vann, traduit de l'américain par Laura Derajinski

Sukkwand island

Voilà un roman que j’ai pratiquement lu d’une traite. Une fois que l’on est plongé dans l’angoisse de cette histoire, on ne peut plus faire autrement que de continuer et d’aller jusqu’au bout pour savoir où l’auteur va nous emmener. Et il nous emmène loin ! sur une petite île de l’Alaska où le personnage principal a décidé d’aller vivre pendant un an en emmenant son fils de treize ans. Le but pendant cette année sera d’apprendre à vivre par ses propres moyens en faisant le moins possible appel à l’extérieur. Le père et le fils vont alors apprendre à abattre des arbres, tailler des planches, fumer le poisson et la viande et surtout vivre avec ses doutes et ses angoisses. Et les angoisses du père sont immenses car il ne parvient pas à vivre avec son mal être. Ce que ce père, de plus en plus irresponsable, fait vivre au jeune adolescent devient très vite inadmissible, nous plongeant alors dans une angoisse grandissante.

Sukkwan Island est un roman très fort que je déconseillerai aux âmes sensibles. Il nous fait vivre pendant quelques heures aux côtés d’un personnage qui perd par moment la raison, entraînant le malheur de son fils. J’ai beaucoup aimé qu’un livre puisse me procurer de telles sensations ! Remarquable premier roman !

Sukkwan Island / David Vann, traduit de l'américain par Laura Derajinski aux éditions Gallmeister

mardi 3 novembre 2009

Fille noire, fille blanche / Joyce Carol Oates

Fille noire, fille blanche

Je pense avoir battu mon record pour le temps passé à la rédaction d’un billet… Par où commencer pour vous parler du dernier roman de Joyce Carole Oates ? J’avoue être passé à côté de certaines choses à la lecture de ce texte, ce qui rend les choses un peu plus complexe encore. Et puis, ce roman est étrange dans sa forme. Il s’agit du récit fait par Genna Meade, quinze ans après les faits. Elle a décidé de coucher par écrit tout ce qui s’est passé lors de sa première année universitaire mais sans nous donner véritablement de fil conducteur. A nous de reconstituer le puzzle.

Genna Meade est une jeune fille de la bourgeoisie dont le père est un brillant avocat militant pour les droites de l’homme et dont la mère a suffisamment abusé des substances illicites pour ne plus être une véritable mère responsable.

Lors de cette année universitaire (dans les années 1970), Genna va partager sa chambre avec la fille d’un pasteur afro-américain, Minette Swift. Mais les rapports entre elles ne sont pas évidents. Genna veut à tout prix se faire aimer de sa camarade de chambre alors que cette dernière est d’un naturel très hautain et refuse de se lier d’amitié avec qui que ce soit.

A travers ce récit, on va assister à une véritable descente aux Enfers de Minette. Victime de mystérieux actes racistes, elle va petit à petit se laisser aller et s’isoler jusqu’à sa mort accidentelle.

A la lecture de ce récit, on a du mal à imaginer comment Genna a pu faire preuve d’autant de patience et de dévouement envers Minette, cette étudiante hautaine et désagréable. Mais si elle persévère dans cette quête, c’est parce qu’elle se sent investie d’un devoir de protéger cette étudiante noire du climat raciste qui règne à cette époque.

Ce qui m’a déstabilisé dans ce récit, c’est l’épilogue car il aborde un tout autre sujet : celui de la condamnation du père de Genna à trente ans de prison pour avoir joué un rôle dans la mort d’un veilleur de nuit. Le lien que l’on peut trouver, c’est la culpabilité de Genna. Dans le cas de Minette, Genna se sent responsable de sa mort, car elle aurait sûrement pu lui éviter ce terrible accident. En ce qui concerne son père, Genna est tout simplement à l’origine de sa dénonciation.

Vous l’aurez compris, Fille noire, fille blanche est un roman très riche et assez complexe, ne serait-ce que dans sa forme. C’était la première fois que je me plongeais dans un ouvrage de Joyce Carole Oates. J’ai beaucoup aimé son écriture, son style, même si j’ai été à plusieurs reprises décontenancée par cet aspect quelques fois décousu. Ce roman pourrait entrer dans la catégorie des livres qu’il faudrait que je relise pour en capter tout le sens (mais que je ne prendrai jamais le temps de rouvrir…)

Je vous renvoie au billet d’Amanda Meyer qui a su retranscrire de manière très claire toute l’étendue de ce texte.

Fille noire, fille blanche / Joyce Carol Oates, traduit par Claude Seban

Et un grand merci à Bob et son équipe et aux éditions Philippe Rey pour m’avoir fait découvrir cet auteur !

lundi 31 août 2009

Le Poète / Michael Connelly

Le Poète

Heureusement qu’il y a les vacances pour prendre le temps de lire des policiers ! Cet été, j’ai essayé de me « restreindre » aux titres que j’ai sélectionné pour le défi « Littérature policière sur les cinq continents ». Le temps file mine de rien ! Le Poète (n’) est donc (que) le deuxième roman que je lis pour ce défi. Après la très bonne découverte de Cocaïne et Tralala de Kerry Greenwood, je me suis lancée dans une lecture plus « classique » avec l’auteur américain Michael Connelly, que je n’avais encore jamais lu malgré son immense succès.

Pour en résumer très brièvement l’intrigue : le frère jumeau de Jack McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture, une balle dans la tête. Tout porte à croire que c’est un suicide. Seulement, Jack ne veut pas y croire et de file en aiguille, il découvre que non seulement son frère a été assassiné mais il découvre d’autres cas similaires. Un individu parvient à déguiser tous ses crimes en suicide. Dès que le FBI a vent de l’affaire de ces faux-suicides de policiers, il tente d’écarter Jack. Mais Jack refuse de lâcher l’affaire. Et si journaliste et FBI travaillaient main dans la main ?

Le Poète est un vrai thriller américain, on y retrouve tous les ingrédients indispensables : un serial killer, le FBI, le monde peu scrupuleux du journalisme. Je dois avouer que je me suis laissée embarquer par l’enquête de Jack McEvoy pour tenter de démasquer l’assassin de son frère. Michael Connelly joue avec le lecteur et le mène en bateau jusqu’au bout. Pour a ma part, je trouve qu’il est allé trop loin, la fin est tellement invraisemblable m’a déçu.

Michael Connelly est considéré comme un excellent auteur de romans policiers. Certes, il se débrouille bien, mais je pense avoir été plus surprise par d’autres auteurs comme Harlan Coben (même si on se lasse très vite du schéma qu’il a tendance à utiliser dans tous ses romans) ou encore Michael Koryta découvert récemment. Peut-être que je me lasse tout simplement de ce genre de policiers après tout. Il ne me reste plus qu’à lire un second titre de cet auteur pour me forger une opinion plus précise à son sujet !

samedi 18 juillet 2009

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates / Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Cercle litteraire des amateurs...

Tout d’abord, j’adresse un grand merci à la blogosphère pour m’avoir fait découvrir ce magnifique roman. C’est tout d’abord le titre qui avait éveillé ma curiosité, puis ce fut tous les billets enthousiastes (qui se multiplient ces jours-ci !) et enfin l’attrait pour Guernesey.

Ce roman épistolaire m’a tout de suite captivée. Sûrement parce que le personnage principal est une jeune femme anglaise, très moderne et indépendante, qui m’a beaucoup fait pensé aux héroïnes de Jane Austen.

Grâce aux lettres écrites ou reçues par Miss Juliet Ashton, on découvre ce que fut la vie des habitants de Guernesey pendant la seconde guerre mondiale. En 1946, Juliet découvre l’existence d’un cercle littéraire sur cette île et décide d’en apprendre plus afin de rédiger un article pour le Times. De fil en aiguille, elle va vouer une véritable passion pour l’île et ses habitants avec lesquels elle correspond. En partant visiter Guernesey et rencontrer ses correspondants, elle n’imagine une seconde à quel point sa vie va en être bouleversée.

J’ai eu la chance de pourvoir lire ce roman presque d’une traite, me permettant ainsi de me plonger dans l’univers de Juliet et de vivre ses aventures à ses côtés. Les personnages secondaires sont très attachants et Juliet est un personnage plein d’humour et de passion. Le lecteur voyage entre l’Angleterre, l’Ecosse, la France et Guernesey ; et prend consciences des atrocités de la guerre à travers le destin de personnages très forts.

Il ne me reste plus qu’à programmer un week-end sur les pas de Juliet Ashton !

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates / Mary Ann Shaffer & Annie Barrows ; traduit de l'anglais par Aline Azoulay

dimanche 12 juillet 2009

Une tombe accueillante / Michael Koryta

Tombe accueillante

Après une panne de lecture de près de trois semaines (j’avoue avoir préféré le farniente sous notre beau soleil breton à la lecture), je me suis plongée dans ce roman policier qui l’a été proposé par Suzanne de Chez les filles. Le titre m’avait beaucoup plus et je me suis plongée dans ce polar pour n’en ressortir qu’à de très rares occasions. Donc pas besoin de vous dire que ce roman m’a bien plu ! J’adore être entraînée comme ça dans une intrigue !

Tout commence par la mort atroce d’un homme : le mari de l’ex fiancée du narrateur. A la suite de cette mort, Karen, la veuve, contacte le narrateur, Lincoln Perry, après des années de silence pour lui demander son aide. Elle fait appel à ses services de détective privé pour lui demander de retrouver le fils de son mari. Ni l’un ni l’autre n’imagine ce que cette simple recherche va entraîner. Le narrateur en arrivera même à être fortement soupçonné d’avoir tuer le mari de Karen !

Une tombe accueillante est un bon roman policier. On suit avec intérêt l’enquête de Lincoln Perry en se demandant s’il parviendra à prouver son innocence auprès de la police. L’intrigue est bien construite, riche et cohérente. Bref, un bon roman pour cet été pour les amateurs de polars !

Une tombe accueillante / Michael Koryta aux éditions du Seuil

mercredi 20 mai 2009

La traversée de l’été / Truman Capote

Traversée de l'été

La Traversée de l’été retrace les amours de Grady, jeune fille issue d’une riche famille New-yorkaise, et de Clyde, gardien d’un parking. Grady a dix-sept ans, elle est jeune, insouciante et passionnée. Elle se consacre donc à l’amour qu’elle éprouve pour Clyde sans penser aux conséquences de ses actes. Le thème n’a rien de novateur en soi, mais c’est la tournure que prend le récit qui donne tout l’intérêt à ce texte. L’écriture de Truman Capote contribue également à lui donner du rythme et de l’intensité.

Mais dans l’ensemble, je dois avouer que je n’ai pas beaucoup aimé cette lecture. L’insouciance de cette jeune-fille un peu trop gâtée et le côté un peu bourru et macho de Clyde ont fait que j’ai été contente de tourner la dernière page du livre, quittant cet univers malsain. Néanmoins, cela ne m’empêchera pas de découvrir d’autres textes de cet auteur dont j’apprécie l’écriture pleine de finesse et de piquant :

Grady ne connaissait personne qui lui déplût autant que ce garçon, ni aucune fille qui fût moins séduisante que Winifred ; mais ensemble ils dégageaient un doux halo de lumière. On eût dit que quelque chose émanait de la matière grossière dans laquelle ils étaient taillés, une onde de pureté musicale.

La traversée de l'été / Truman Capote aux éditions du Livre de Poche

jeudi 20 novembre 2008

La Route / Cormac McCarthy

La Route

Si au début, on a un peu de mal à rentrer dans le récit, on a ensuite beaucoup de mal à en sortir, même lorsqu’on en a tourné la dernière page. L’écriture est assez sèche, à l’image de ce qui se passe dans le livre. On suit le périple d’un père et de son fils qui luttent à chaque instant pour trouver de quoi se nourrir, se protéger du froid et échapper aux derniers êtres humains encore en vie qui voudront les tuer. Ce roman me fait énormément penser à la pièce de Beckett, En attendant Godot. Tout comme dans la pièce, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Les deux personnages avancent dans un monde dévasté sans autre objectif que de se diriger dans le sud et avec peu d’espoir de survivre.

Mais ce qui est important, c’est justement tout ce que l’on ne sait pas, tout ce que l’auteur ne nous donne pas à voir. A nous d’essayer de comprendre ce qui a pu se passer pour réduire le pays à néant, décimer tous les animaux et presque tous les hommes – si on peut encore les appeler des hommes !

Comme chez Beckett, le plus important n’est pas dans les paroles des personnages mais dans tous les non-dits. Par leurs silences, on découvre leur courage, leur amour l’un pour l’autre, l’inquiétude du père pour son enfant et de l’enfant pour son père.

Ce roman ne peut laisser le lecteur indifférent, les mots résonnent longtemps dans notre mémoire. Nos émotions sont mises à rude épreuve d’autant plus qu’on n’a aucun moyen de savoir si les personnages pourront s’en sortir ou non. On vit au rythme de leur périple et notre espoir de les voir s’en sortir s’amenuise au fur et à mesure que se déroule le récit.

La Route / Cormac McCarthy aux éditions de l'Olivier