Midola's blog

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Tag - littérature française

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mardi 2 mars 2010

Zola Jackson / Gilles Leroy

Zola Jackson

Ce roman se passe à la Nouvelle-Orléans au moment où le terrible ouragan, le Katrina, sévit.

Zola Jackson est une femme de forte nature qui a perdu son mari et son fils. Si bien que lorsqu’on lui propose d’être évacuée au début de l’ouragan, elle refuse d’abandonner sa chienne. Zola Jackson va alors rester toute seule avec sa chienne dans sa maison inondée. Cette solitude va faire remonter de nombreux souvenirs à la mémoire de Zola, nous permettant de découvrir sa vie et sa famille.

A travers ce roman, on suit l’évolution du terrible ouragan (et dire que je le lisais pendant que la terrible tempête sévissait dimanche !) et la détresse des personnes isolées. Mais Zola Jackson est avant tout un roman sur une femme et sur une mère aimant son fils au point de ne pouvoir accepter la personne qui partage sa vie.

Vient le moment où je dois donner mon avis… Ce roman est bien écrit, le sujet très bien traité mais il ne m’a pas touché plus que ça. Dommage.

Zola Jackson / Gilles Leroy au Mercure de France

samedi 27 février 2010

La double vie d’Anna Song / Minh Tran Huy

Double vie d'Anna Song

Ca faisait un moment que je voulais lire ce roman, on en avait pas mal entendu parler à sa sortie il y a quelques mois car il s’inspire d’un fait réel. En 2007, un scandale avait éclaté dans le monde de la musique lorsque la musicienne Joyce Hatto a été accusée d’avoir utilisé les enregistrements d’autres musiciens pour créer ses propres disques.

La double vie d’Anna Song alterne d’une part entre des extraits de journaux révélant « l’affaire Anna Song » au fur et à mesure que l’on découvre que les disques d’Anna Song ne sont pas ses propres enregistrements mais des versions piratées de grands musiciens. Et d’autre part, avec le récit fait par Paul Desroches de sa rencontre avec Anna lorsqu’ils étaient enfants et qu’il épousera quelques années plus tard.

Mais ce roman n’est pas seulement l’histoire de cette supercherie, c’est surtout une histoire d’amour. Paul Desroches est tombé fou amoureux d’Anna dès le premier jour où il a fait sa connaissance lorsqu’ils n’avaient qu’une dizaine d’années.

Enfin, à travers ce roman, Minh Tran Huy nous fait voyager au Viêtnam, son pays d'origine et celui d'Anna Song.

La double vie d'Anna Song était donc un très joli roman d’amour et de musique à lire sans modération.

La double vie d’Anna Song / Minh Tran Huy aux éditions Actes Sud

dimanche 21 février 2010

Lily et Braine / Christian Gailly

Lily et Braine

Ne sachant pas tellement résister aux romans des éditions de Minuit et encore moins lorsqu’il s’agit de Christian Gailly, je me suis plongé dans son dernier roman : Lily et Braine. Comme le disait Stéphanie dans un de ses derniers billets, ce roman est déroutant car il laisse le lecteur avec de nombreuses questions.

Lily et Braine est l’histoire de Braine, un homme revenu chez lui après deux ans d’absence passés dans l’armée et où il a été très gravement blessé. Il doit alors réapprendre à vivre avec sa femme, Lily, son fils, Louis et la chienne, Lucie. Mais un jour, une femme contact Braine pour lui proposer de remonter son ancien groupe de jazz et de jouer dans la boîte de nuit qu’elle compte ouvrir en ville. La vie de Braine va alors être chambouler pour « le meilleur et pour le pire » (citation empruntée à notre chère Stéphanie ;-)

Ce roman est remarquablement bien écrit, le rythme des phrases parvient à épouser le fil des pensées des personnages, leurs doutes, leurs énervements, leurs incompréhensions.

Mais ce roman n’explique pas tout ce qui se passe. Le lecteur prend en cours de route l’histoire de ses personnages sans expliquer véritablement ce qui a poussé Braine à s’engager dans l’armée et ce qui lui est arrivé là-bas ni pourquoi il avait abandonné la musique alors qu’il semblait particulièrement doué.

Ce qui m’a la plus dérouté c’est la place du chien. On lui a donné un véritable prénom et on la considère comme une enfant, comme la sœur de Louis. On ne peut même pas dire qu’il comble une envie d’un deuxième enfant puisque Lily est enceinte…

Dans l’ensemble j’ai aimé ce roman même si je suis un peu restée sur ma faim. Je voulais savoir comment tout cela allait se terminer, si Braine allait s’en sortir, j’espérais aussi comprendre son histoire. Et puis, je me suis laissée bercer par l’écriture atypique de Christian Gailly. Cet auteur n'a pas son pareil pour parler de musique et de jazz en particulier. Je vous renvoie à son roman Un soir au club. Une belle expérience !

Lily et Braine / Christian Gailly aux éditions de Minuit

samedi 6 février 2010

Les Ames sœurs / Valérie Zénatti

Ames soeurs

Je connaissais déjà Valérie Zénatti en tant qu’excellent auteur de romans pour la jeunesse (Une bouteille dans la mer de Gaza et Quand j’étais soldate). Cette fois-ci, c’est l’auteur adulte que j’ai découvert. Et là encore, j’ai vraiment été séduite !

Tout commence de manière très simple ; une femme, mère de trois enfants et employée d’une entreprise où elle ne se sent pas bien, décide de s’offrir un peu de temps pour elle. Du temps rien que pour elle, du temps pour terminer le roman qu’elle vient d’acheter. L’histoire de ce dernier aussi semble simple : l’histoire d’amour entre une jeune photographe et un jeune homme. Mais au fil des pages, on en apprend plus sur la vie de ces deux femmes. On découvre les épreuves qu’elles ont traversées dans la vie et comment elles les ont dépassées. Ce roman est une belle réflexion sur la vie de femme, sur les lourdes responsabilités d’être mère de famille.

Ce roman m’a beaucoup touché et je pense que beaucoup de mères de famille s’y retrouveront. L’écriture de Valérie Zénatti est comme toujours efficace, belle et précise. J’ai particulièrement aimé les passages où elle parle de la photographie. Je vous en offre du coup un extrait en espérant que l’auteur me pardonnera la longueur de cette citation :

« Une vie se construit pas à pas, jour après jour, mais un portrait, c’est tout le contraire. Lorsque j’appuie sur le déclencheur de mon appareil, je raconte une histoire en commençant par la fin ; je saisis l’instant ultime, j’immobilise une microseconde du présent et ensuite seulement, en découvrant ce que je saisis, je peux deviner ce que racontent les traces fixées sur le papier et tenter de remonter le cours d’une vie. »

Les Ames sœurs / Valérie Zénatti aux éditions de L’Olivier

mercredi 27 janvier 2010

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine

Tom petit homme

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à lire un roman, du coup, je vais le gratifier d’un tag « Coup de cœur ». Rien que ça !

A onze ans, Tom est un garçon très débrouillard. Il vit avec sa mère, Joss, qui l’a eu alors qu’elle n’avait que treize ans et qui l’élève comme elle peut en ayant du mal à faire la part des choses entre ses responsabilités de mère et ses envies de jeune fille. Très souvent livré à lui-même, Tom mène sa petite vie entre l’école et la maison de Madeleine. Madeleine est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans que Tom a sauvée alors qu’elle était tombée au fond de son jardin et chez qui il vient jardiner tous les jours. Petit à petit, tous les personnages que Tom rencontrent vont faire connaissance les uns avec les autres, apportant de la sérénité et du bonheur à chacun.

Tom petit Tom, tout petit homme Tom est un roman très agréable à lire, touchant car tous les personnages essaient de faire au mieux avec les moyens qu’ils ont. Certains lecteurs pourront reprocher à l’auteur un trop plein de bons sentiments ; peut-être mais ça a bien fonctionné avec moi. J’ai également aimé l’écriture de Barbara Constantine, simple et piquante. L’humour ne manque pas dans ce texte où Joss n’hésite pas à tourner en ridicule ce qui la blesse.

Bref, un roman que j’ai vraiment pris plaisir à lire !

Tom petit Tom, tout petit homme Tom / Barbara Constantine aux éditions Calmann-lévy

jeudi 21 janvier 2010

Les Monts de l’Eléphant / Jean-François Chabas

Les Monts de l'éléphant

De manière générale, je n’accroche pas plus que ça aux romans de Jean-François Chabas, qui pourtant jouit d’une véritable notoriété dans le domaine de la littérature jeunesse. Mais cette fois-ci, j’ai eu un coup de cœur pour ce petit roman Le Mont de l’Eléphant.

En 150 pages, Henri de Lespagne nous fait le récit de sa vie. Né dans une famille noble extrêmement fortunée et élevée par une mère totalement rongée par le souci de l’apparence et l’égoïsme, Henri va assister à la destruction de sa famille. Petit à petit, il décidera alors de se détacher de ses origines et de sa mère pour mener une vie très médiocre qui s’éclairera enfin avec la rencontre de Promesse

Jean-François Chabas manie avec brio l’humour cinglant. Il n’épargne rien au portrait de la mère sans cœur qui n’a d’autre centre d’intérêt que sa fortune :

- Police ! Ouvrez ! Ouvrez ou on enfonce la porte !

- Ah, non ! Elle est d'époque !

Eh oui ; ainsi en allait-il du cerveau d'Anne de Lespagne née Castries. Elle n'a pas réfléchi plus loin que la sauvegarde de l'huisserie.

On rit beaucoup dans ce roman au ton mordant. Mais l’histoire de Henri, de ses frères et sœurs et de son père n’ont pourtant pas grand chose de drôle. Quatre êtres en souffrances qui subiront à des degrés divers la cruauté et l’indifférence de cette femme.

samedi 16 janvier 2010

La maison Tudaure / Caroline Sers

maison Tudaure

La lecture de ce roman semblait prometteuse, je m’attendais à lire une histoire d’une mystérieuse maison abandonnée. Hélas ! j’ai été plutôt déçue. Certes, nous avons la maison abandonnée, mais elle ne joue pas de rôle crucial dans le roman. Pendant les soixante premières pages, nous découvrons le village et ses habitants tout en sachant qu’il se passe quelque chose d’anormal. Les gendarmes et journalistes enquêtent mais le lecteur reste dans le flou total quant aux faits, ce qui m’a fortement agacé ! Puis, l’énigme est dévoilée et a méfiance des habitants expliqués. Le suspens est si grand au début (il faut attendre la page 69 pour savoir pourquoi les gendarmes enquêtent dans le village !) qu’on ne peut qu’être déçu par la résolution de l’intrigue.

Il y a tout de même des choses intéressantes dans ce roman puisqu’il procède à une sorte de peinture de mœurs du village. On découvre petit à petit les habitants et les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Mais je dois ajouter que c’est parfois fait avec maladresse, de manière un peu scolaire avec de longues digressions au moment où on voudrait comprendre ce qui se passe dans ce roman.

Pour finir, je dirai que c’était une lecture étrange. Beaucoup de choses m’ont agacée dans ce texte, mais en même temps, je voulais avancer dans ma lecture pour comprendre ! Quelque part, l’auteur a su susciter la curiosité du lecteur. Un peu trop peut-être car j’attendais beaucoup du dénouement. Il serait certainement bon de découvrir le premier roman de cet auteur, Tombent les avions, qui a obtenu le Prix du Premier roman en 2004...

En tout cas, un grand merci à Bob et son équipe et aux éditions du Livre de Poche.

La maison Tudaure / Caroline Sers aux éditions du Livre de poche

mercredi 6 janvier 2010

Le Club des incorrigibles optimistes / Jean-Michel Guenassia

Club des incorrigibles

Début décembre, Jean-Michel Guenassia a été invité aux Champs Libres à Rennes lors de la rencontre annuel du Goncourt et Goncourt des lycéens. C’est donc en compagnie de Marie N’Diaye, de plusieurs membre de l’Académie Goncourt et de deux lycéennes que l’auteur du Club des incorrigibles optimistes nous a parlé de ce roman. Je vous renvoie au billet de Gambadou qui fait un très bon compte-rendu de cette soirée. Je dois avouer que la prestations de Marie N'Diaye a eu un effet très soporifique sur moi, me demandant beaucoup de concentration pour me réveiller pendant les interventions des autres intervenants... Dommage, car je gardais un excellent souvenir de la rencontre de l'année dernière avec Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

A l’issue de cette rencontre, c’est tout naturellement que je me suis plongée dans ce gros roman. Si l’écriture et le style de Jean-Michel Guenassia n’ont rien d’exceptionnels, l’histoire m’a vite passionnée. Ce roman mêle fiction et vérités historiques. Le personnage de Michel, jeune lycéen, est le fil conducteur du récit. Vers la fin des années 50 il se met à fréquenter un bar où se rassemblent bon nombre de réfugiés politiques. Petit à petit, Michel découvre leurs histoires, toutes aussi dures les unes que les autres. La vie de Michel permettent de donner du souffle au récit et d’éviter l’amoncellement de portraits de réfugiés. Elle permet également d'aborder d'autres thèmes non moins importants comme la guerre d'Algérie, les relations familiales ou amoureuses.

Le Club des incorrigibles optimistes est un roman qui se lit très facilement. J’aurais été tentée de parler de roman léger s’il ne mettait pas en lumière les horreurs du régime russe des années 50. A lire si vous avez l’occasion de l’avoir entre les mains.

samedi 5 décembre 2009

Au Rebond / Jean-Philippe Blondel

Au rebond

Que feriez-vous si votre meilleur ami ne donnait plus signe de vie et ne se rendait plus au lycée ? C’est ce qui arrive à Alexandre. Un beau jour, plus aucune nouvelle de Christian. Après avoir envisagé un départ impromptu aux Bahamas avec son père (comme ça lui arrive de temps en temps), Alexandre commence à s’inquiéter sérieusement. Sur les conseils de sa mère, il va mener une enquête pour tenter de retrouver son meilleur ami.

Au Rebond est un roman social où sont mis en valeur les notions d’amitié et d’entraide. Ce roman met en scène deux adolescents et leurs mères qui tentent de refaire surface après le départ de leur mari. Les notions de volonté et d’estime de soi sont mises en avant de manière intelligente. Même si l’histoire est un peu loufoque, elle fonctionne bien et donne une belle leçon de vie.

Au Rebond / Jean-Philippe Blondel aux éiitions Actes Sud

samedi 28 novembre 2009

Cutter / Yves Ravey

cutter

Voilà, c’est plus fort que moi, je ne peux pas résister aux romans des éditions de Minuit. La semaine dernière, Cutter trônait avec fierté sur le présentoir des nouveautés de la Médiathèque depuis au moins trois minutes. Alors, ni vu ni connu, je l’attrape discrètement et le cache derrière ma tasse de thé que j’étais descendu chercher avant de reprendre mon poste en section jeunesse. Et le soir venu, j’ai enfin pu découvrir ce roman dont je n’avais pas du tout entendu parler. Mes premières minutes de lectures furent étranges. J’avais l’impression que ce qui se passait dans le livre était brouillon, je ne comprenais pas tout. Et pour cause !

Cutter, c’est l’histoire d’un jeune garçon, Lucky, qui est pensionnaire dans un Institut parce que sa mère n’est pas capable d’élever ses enfants. En même temps qu’il suit des cours à l’Institut, il travaille comme jardinier avec son oncle chez les Kaltenmuller. Mais un matin, Lucky retrouve monsieur Kaltenmuller mort dans sa voiture, asphyxié par les gaz d’échappements. L’inspecteur Saul, ancien pilote de rallye, arrive alors pour élucider cette mystérieuse mort. S’agit-il d’un suicide ou d’un meurtre déguisé ?

La lecture de ce court roman policier m’a laissé une drôle d’impression. L’intrigue en elle-même n’est pas particulièrement passionnante, elle n’est pas l’élément capital de ce texte. Ce qui importe, c’est l’atmosphère qui règne, le malaise ressenti par Lucky qui se fait manipuler par son oncle et par l’inspecteur. On ressent comme une sorte d’angoisse pour ce pauvre garçon, qui décidément n’a pas de chance dans la vie (ironie du sort lorsque l’on s’appelle Lucky !) C’est justement cette angoisse qui nous oblige à tourner les pages du livre… pour savoir comment ça va finir ! Pour savoir si Lucky va cette fois pouvoir échapper à l’environnement néfaste dans lequel il évolue depuis sa naissance.

Ce roman a été une étrange expérience qu’il faudra que je renouvelle avec un autre titre !

Cutter / Yves Ravey aux éditions de Minuit

lundi 16 novembre 2009

Fuir / Jean-Philippe Toussaint

Fuir

J’ai découvert Jean-Philippe Toussaint avec son roman La Salle de bain. Cette lecture achevée, je m’étais dit : plus jamais ! Pour moi, ce roman n’avait ni queue ni tête, aucun intérêt. Mais comme il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, je me suis fier à un commentaire enthousiaste de ma chère Stéphanie. C’est donc avec Fuir, paru en 2005 que j’ai tenté cette seconde expérience. Et là… pffff… je suis perplexe… Si le ton est très différent de La Salle de bain, ce roman n’a pas réussi à susciter mon intérêt.

Pendant les trois quarts du roman, le personnage principal se trouve parachuté en Chine, soit disant pour remplir une mission à la demande de son amie, Marie. A son arrivée, il est pris en charge par un type, Zhang Xiangzhi, qui le promène à droite et à gauche sans que le narrateur ait bien compris qui il était et ce qu’il faisait.

Apprenant la mort du père de Marie, il décide de rentrer pour assister aux obsèques. Mais avant cela, il passe une dernière journée à Shangaï qui se termine par une fuit incompréhensible à travers toute la ville, montés à trois sur une moto.

Puis, le dernier quart se passe sur l’île d’Elbe où est enterré le père de Marie. Ils se retrouvent tous les deux là-bas ) jouer au chat et à la souris. Il est question du chagrin de Marie, un peu de leur relation mais absolument pas de son voyage en Chine. Où est le lien ?

Ce roman est certes très bien écrit, mais je suis perplexe quant à son sens… Dommage.

Fuir / Jean-Philippe Toussaint aux éditions de Minuit

mardi 10 novembre 2009

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne

je suis ta nuit

Le jour où l’une des camarades de classe de Tristan met fin à ses jours, son père décide de coucher sur le papier les terribles épreuves qu’il a vécu étant enfant, dans l’espoir de l’aider à accepter le décès de son amie.

Commence alors l’angoissant récit du père de Tristan qui vers l’âge de douze ans a du être confronté à un monstre effrayant : le Bonhomme nuit. Ce monstre, nourri des peurs de Pierre et de ses camarades, s’attaquera à eux de manière violente, tuant certains d’entre eux dans de terribles conditions. Armé de tout son courage, Pierre va tout tenter pour tuer ce dangereux monstre.

Ce roman est palpitant ; les épreuves s’enchaînent, on se demande si Pierre et les quelques survivants s’en sortiront et s’ils parviendront à bout de ce Bonhomme Nuit. Mais derrière cette aventure se cache une bien triste réalité. Le Bonhomme Nuit est en quelque sorte la personnification d’une terrible souffrance que porte l’un de ces enfants.

Je suis ta nuit est paru aux éditions Intervista dans une nouvelle collection « 15-20 ».Or ce titre fait partie de la sélection du Prix Ados d’Ille et Vilaine qui, lui, s’adresse aux jeunes de 13 à 16 ans. Et je dois avouer que je ne suis pas certaine que ce titre s’adresse aux plus jeunes de ces participants. Certaines scènes sont extrêmement violentes et certains sujets sont assez délicats. Par contre, à lire sans hésitations par les plus grands et même les adultes qui retrouveront toute leur jeunesse à l’évocation des années 1980, du Club des cinq et des héros de Star Wars …

Je suis ta nuit / Loïc Le Borgne aux éditions Intervista, coll. 15-20

dimanche 1 novembre 2009

J’irai cracher sur vos tombes / Boris Vian

Blogoclub

Ce mois-ci, le blogoclub s’intéresse à Boris Vian, auteur dont on a beaucoup entendu parler cette année puisqu’on a commémoré le cinquantième anniversaire de sa disparition.

J’avais déjà lu, il y a quelques années le célèbre roman L’écume des jours ; j’ai choisi un autre titre dont j’avais très souvent entendu parler mais sanas savoir exactement de quoi il en retournait : J’irai cracher sur vos tombes. Eh bien, je n’ai pas été déçue du voyage…

Tout d’abord, j’ai découvert à ma grande honte, que je ne connaissais pas grand chose de ce grand écrivain. Ma première découverte a porté sur ce fameux Vernon Sullivan dont Boris Vian se prétendait être le traducteur. Une petite recherche dans mon encyclopédie littéraire (ouf ! j’ai boycotté wikipedia pour une fois) m’a tout de suite révélé que Boris Vian a publié certains de ses romans sous des pseudonymes, dont le fameux Vernon Sullivan. Et pour cause ! J’irai craché sur vos tombes est loin d’être un texte anodin (rien que le titre…)

J'irai cracher sur vos tombes

Les premiers chapitres de ce roman, s’apparente presque à de la simple pornographie (bon, si ce texte a vraiment choqué à sa parution en 1946, il est plutôt soft comparé à du Houllebecq !). Un jeune homme reprend une librairie dans une ville des Etats-Unis et partage son temps libre entre l’alcool et le sexe. Mais plus on avance dans le livre et plus les relations de cet homme avec les femmes deviennent malsaines ; il ira jusqu’à torturer et tuer deux d’entre elles. Mais son comportement n’est pas tout à fait gratuit puisqu’il s’agit d’une vengeance, d'une vengeance à caractère racial. Par petites bribes, on apprend l’histoire de cet homme blanc, né de parents noirs et dont le frère a été tué par lynchage, simplement parce qu’il avait osé tomber amoureux d’une femme blanche.

J’irai cracher sur vos tombes est un roman très violent, tant par les scènes décrites que par les sujets abordés. Il faut bien entendu replacer ce texte dans le contexte américain des années 1940 pour l’appréhender correctement. Cette lecture m’a mise mal à l’aise (notamment une scène de pédophilie qui m’a donné l’impression d’être coupable de lire de telles choses) mais j’avoue ne pas avoir pu le lâcher avant de comprendre de quoi il en retournait. Et on y retrouve l’écriture fluide et propre à Boris Vian, en lisant ce texte ; on entend la voix de l’auteur.

dimanche 4 octobre 2009

La fin du monde / Fabrice Colin

Fin du monde colin

La collection « Autres Mondes » a pour principe de proposer des romans de SF ou d’anticipation. Dans ce roman de Fabrice Colin, le lecteur est confronté à un récit pré-apocalyptique : une guerre nucléaire est déclarée, des bombes explosent aux quatre coins du monde, détruisant de grandes villes (Pékin, New-York, Paris, Le Caire…)

Le lecteur vit cette fin du monde à travers les destins de quatre adolescents vivants sur quatre continents différents. Leur seul espoir pour survivre est de parvenir jusqu’à une base secrète au Groenland.

Ce roman est dur. Les adolescents sont confrontés à la mort, la terreur. Ils vivent des instants extrêmement difficiles sans l’aide d’aucun adulte et sans être certains de pouvoir survivre. Certains passages m’ont presque fait penser à ''La Route'' de Cormac McCarthy lorsque tout espoir a quitté l’être humain, lorsqu’il voit sa mort de très près.

Mais si le thème est intéressant, je dois avouer que j’ai été déçue par ce livre. Première fois que Fabrice Colin me déçoit ! Le fait de découvrir la situation dans chaque pays par le biais de quatre ados est bonne, mais on a tout de même tendance à se perdre dans l’histoire. On a quatre destins décrits rapidement, ce qui empêche le lecteur de s’identifier complètement à eux. De plus, certains personnages disparaissent du récit au moment où une bombe explose. On en déduit qu’ils meurent, mais le texte ne le dit pas explicitement, et pour cause… Un dernier paragraphe, plus proche de l’encart publicitaire que de l’épilogue nous apprend que certains personnages ne sont peut-être pas morts et qu’on les retrouvera peut-être dans le second tome ! Eh oui ! Et pour prouver la maladresse de ce texte, je vous livre ce fameux paragraphe :

« Qu’est sur le point de découvrir Xian Phang ? Qu’est-il advenu de Hafsa Abdelazim ? François Verdier est-il bien mort ? Qui est le mystérieux personnage que Jim Thompson a rencontré à l’aéroport ? Toutes les réponses à ces questions – et bien d’autres – dans la suite de La Fin du monde. »

Eh bien moi, ça ne me donne vraiment pas envie de poursuivre. Si l’auteur a besoin de racoler, c’est que son roman est mal construit… Dommage.

La fin du monde / Fabrice Colin aux éditions Mango, coll. Autres Mondes

lundi 28 septembre 2009

Les Cavaliers / Joseph Kessel

Blog o trésor

Les Cavaliers

Troisième roman du Blog-o-trésor et deuxième déception… Si j’avais hâte que Verlaine meure dans O Verlaine de Jean Teulé, ce n’est rien comparé aux Cavaliers. D’ailleurs, je dois avouer que je n’ai même pas eu le courage d’attendre la mort de l’insupportable héros du roman. Eh oui ! J’ai fini par déclarer forfait au bout de trois semaines de lecture laborieuse (363 pages sur… 587 quand même !!!)

Exceptionnellement, je vous livre une copie de la quatrième de couverture car je suis incapable de résumer objectivement ce roman :

« Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu'il nous ait contées: Les personnages atteignent une dimension épique: Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le grand Toursène fidèle à sa légende de Tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms: « Aïeul de tout le monde »... Enfin, Jehol "le Cheval Fou", dont la présence tutélaire et « humaine » plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime et nourrit le roman. »

Je crois que ce qui m’a vraiment insupporté c’est la fierté déplacé du personnage principal. Ouroz s’est cassé la jambe et préfère la laisser pourrir que de se soigner, que d’accepter l’aide des personnes qui l’entourent. Il est odieux, maltraite son cheval et son serviteur. Bref, il fait preuve de tous les sentiments que je déteste. C’est pourquoi, au bout de 360 pages, j’ai saturé.

Je reconnais toutefois qu’il y a de très beaux passages dans ce roman. Joseph Kessel nous fait voyager à travers l’Afghanistan et nous fait découvrir toutes sortes de peuples et de coutumes. Même ses descriptions de combats de béliers sont belles, elles expriment tout le caractère sauvage de ces animaux, leur courage.

C’est donc un étrange roman : avec de nombreuses qualités littéraires mais un héros exécrable !

Heureusement, le dernier titre qu’il me reste à découvrir pour le Blog-o-trésor devrait être plus prometteur : Les Cerfs volants de Kaboul. A suivre…

mardi 22 septembre 2009

Mangez-le si vous voulez / Jean Teulé

Mangez-le si vous voulez

On a beaucoup entendu parler de ce dernier roman de Jean Teulé lors de sa parution il y a quelques mois. Comme à son habitude, l’auteur se fait le romancier de faits historiques méconnus. Cette fois-ci, il nous relate l’abominable journée de torture qu’a vécu un honnête français. Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend au village où il est très apprécié des habitants. Mais sur un malentendu, et surtout sur un véritable coup de folie générale, les villageois le confondent avec un prussien et rivalisent de cruauté pour le faire souffrir. Leur démence ira jusqu’à le brûler vif et le manger.

Si je n’avais pas vu l’émission La Grande librairie où il était invité et où il racontait que tout ce qu’il a écrit dans le roman est vrai, je n’aurais peut-être pas terminé le roman. J’aurais certainement trouvé que ce livre se complaisait dans de la violence gratuite. Maintenant, n’est-ce pas une sorte de curiosité malsaine qui m’a poussé à le lire jusqu’au bout ? Ou alors de l’incrédulité. Comment a-t-on pu faire de telles horreurs ?

Ce court roman est très bien écrit, très vif : Jean Teulé excelle encore une fois dans l’art de raconter l’horreur d’une manière joyeuse. Mais si dans Le magasin des suicides, ça m’a beaucoup amusé, je dois avouer avoir été un peu mal à l’aise en lisant certaines pages… On s’amuse des tortures vécues par un homme qui a existé. Et pour qu’on n’oublie pas ce détail, Jean Teulé place une reproduction d’archives, citant les peines prononcées à l’encontre des tortionnaires…

mercredi 16 septembre 2009

Journal d’un garçon / Colas Gutman

Journal d'un garçon

Malgré une quatrième de couverture un peu racoleuse, Journal d’un garçon se révèle être un roman très amusant.

Paul, élève de seconde, nous fait part de sa vie d’ado à travers son journal intime. Il vit dans une famille recomposée avec son père, sa grande sœur, sa belle-mère et son demi-frère, pendant que sa mère l’appelle de temps en temps des quatre coins du monde.

On suit pas à pas ses tentatives pour séduire la belle Lisa, une Terminale ! Notre narrateur ne manque pas d’humour pour nous parler de ses échecs et n’hésite pas à se tourner en ridicule.

Notre ado ne manque donc pas d’esprit, quelques citations pour le plaisir :

« 1er mai. Fête nationale du travail. Evidemment, j’ai une interro de maths à préparer pour demain. »

« Mon père essaie de me réveiller alors qu’il n’est même pas encore midi. Il me cherche ou quoi ? »

Ah ! La dure vie d’ado ! Ca m’amuse aujourd’hui toutes ces situations, n’empêche qu’à son âge ça m’agaçait aussi drôlement !

dimanche 13 septembre 2009

Speedy Mata / Franca Maï

Speedy Mata

Un roman coup de poing, une véritable descente aux Enfers. Les choses ont mal commencées dans la vie de Mata. Issue d’un milieu défavorisé, son père a quitté le foyer lorsqu’elle avait cinq ans en se contentant de se manifester une fois par an par l’envoi d’une carte postale.

Bien qu’ayant un faible revenu, sa mère tente tout pour permettre à sa fille de s’élever dans la société. Elève dans un lycée des beaux quartiers, elle étudie sérieusement pour que sa mère soit fière d’elle.

Seulement les choses se gâtent lorsque sa mère ne parvient plus à payer les factures. De plus en plus dégoûtée par l’injustice de la société, Mata réagit violemment aux situations qu’elle rencontre. Les hommes tentent de profiter d’elle, les élèves du lycée lui mènent la vie dure à partir du moment où ils apprennent d’où elle vient.

« De toute façon, elle peut toujours courir avec ses brillants résultats, elle n’appartiendra jamais à notre monde. L’éducation, ça s’apprend à l’âge du biberon. Soit elle termine entourée de marmots, soit elle trotte sur le macadam. »

Mata participe des réunions où des jeunes cherchent à changer les mentalités. Mais Mata ne voit qu’une seule manière de réagir : la violence.

Franca Maï offre un caractère bien trempé et le verbe haut. Mais en même temps, elle se révèle une fille tendre et douce, inquiète pour sa mère qu’elle tant et qu’elle se plaît à regarder dormir la nuit.

Franca Maï a une plume acérée, presque brutale. Elle décrit la cruauté de la société de manière efficace.

Speedy Mata / Franca Maï aux éditions du Cherche Midi

mercredi 9 septembre 2009

Entre les bruits / Belinda Cannone

Entre les bruits

J’ai lu ce livre cet été mais la rédaction de ce billet s’est avéré plutôt laborieuse. J’ai acheté ce roman pour la simple raison que Belinda Cannone a été l’un de mes professeur de Lettres à la l’université il y a quelques années. Ma curiosité a été piquée au vif, si bien que je suis ressortie de la librairie le livre sous le bras ! Juger le travail de l’un de ses professeurs est une opération bien délicate… Allons-y !

Entre les bruits traite d’un sujet original : l’hyperaccoustie. Jodel a en effet pour particularité de percevoir bien plus de sons que le commun des mortels. C’est vrai que ce don lui est utile dans son métier : il travaille dans la police en écoutant des bandes sons liées à des affaires criminelles pour tenter de trouver LE détail qui parviendra à faire avancer l’enquête. Ce don lui permet également d’apprécier les moindres détails d’une œuvre musicale ou les micros bruits de la nature. Mais cette ultra sensibilité peut très vite se transformer en cauchemar lorsque Jodel se promène en ville ou lorsqu’il cherche le sommeil : la notion de silence n’existe pas pour lui.

Jodel va faire une rencontre inattendue : celle de Jeanne, une fillette de dix ans, hyperacoustique, elle aussi. Il va alors lui apprendre à écouter, l’aider à utiliser ce don. Ces leçons nous sont également utiles : le monde moderne dans lequel nous vivons est un monde bruyant, nous sommes entourés de bruits auxquels nous ne prêtons même plus attention (entendez-vous encore votre frigo ronronner ?)

J’ai beaucoup aimé ces aspects du roman ; on vit avec Jodel et on écoute avec lui tous les sons qu’il perçoit. L’écriture de Belinda Cannone est à la fois poétique et efficace, exprimant ainsi la sensibilité du monde dans lequel évolue Jodel.

Ce qui m’a un peu ennuyé dans ce livre, c’est toute l’histoire parallèle qui mêle Jodel à un groupe de marginaux, d’exilés, de criminels de guerre. Même si ces passages servent au récit pour montrer les transformations de la vie de Jodel, beaucoup de passages m’ont empêché de me plonger de manière constante dans l’univers de ce personnage atypique.

Et pour terminer, une petite citation qui m’a beaucoup plu :

Dans son bureau, il faut avaler rien moins qu’une très grand théière pour se laver de la fatigue, et il met un temps infini à allumer son ordinateur.

Ah ! la magie du thé !

dimanche 6 septembre 2009

Une ado en prison / Marc Cantin

Ado en prison

Un juge pour enfant rend visite à Bahia dans sa cellule, il cherche à comprendre ce qui s’est passé dans la vie de cette jeune fille pour qu’elle se retrouve enfermée en prison.

A tout juste 14 ans, Bahia vivait tranquillement avec sa mère et son jeune frère jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance d’Anthony. Après avoir volé de l’argent à sa mère, ils s’enfuient tous les deux. Par amour pour ce bel ado, Bahia est prête à tout, même à commettre les pires crimes.

A la fin du livre, un court dossier nous informe sur la situation carcérale des ces enfants et s’interroge sur le bien fondé de ces peines dans la mesure où un grand nombre d’entre eux récidivent peu de temps après leur sortie de prison…

Un roman sans prétention mais bien construit, il fait alterner les souvenirs de Bahia et les passages de l’interrogatoire.

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