Midola's blog

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Tag - littérature française

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samedi 4 février 2012

La Promesse de l’aube / Romain Gary

Promesse de l'aube

J’avais lu il y a une dizaine d’années La Vie devant soi de Romain Gary que j’avais vraiment beaucoup aimé et dont je garde encore des images très nettes. Et il y a quelques semaines, Audouchoc publiait un billet très élogieux sur la Promesse de l’aube. Le début d’année et les bonnes résolutions aidant, je me suis lancée dans cette lecture.

Je dois avouer que j’ai failli abandonner la lecture de ce roman mais que sa renommée m’a obligé à poursuivre. Et quelle chance ! Car plus j’avançais dans le roman et plus j’étais captivé par cette histoire d’inspiration autobiographique.

La Promesse de l’aube reprend de manière chronologique la vie de Romain Gary et de son attachement pour sa mère. D’origine russe, la mère et le fils vivent quelques années en Pologne avant de gagner la France, terre de rêve et d’espoir pour la mère de Romain Gary qui rêve d’un grand destin pour son fils.

C’est tout la période de l’enfance qui m’a passablement ennuyée. La mère de Romain Gary était à la fois totalement dévouée au bonheur et au bien-être de son fils tout en exigeant beaucoup de lui. Bien des scènes m’ont parues excessives comme les habillages et les exploits que le jeune narrateur essaie d’accomplir pour tenter de se conformer à ce que sa mère attend de lui.

Mais une fois arrivés en France et notre jeune héros un peu indépendant, les choses deviennent beaucoup plus intéressantes, d’autant plus que l’auteur nous offre un témoignage sur la vie pendant la seconde guerre mondiale. Plus on avance dans le récit et plus les anecdotes sonnent justes. J’ai trouvé que le ton changeait à partir du moment où l’on entre dans le monde adulte.

Au final, La Promesse de l’aube est un roman à la fois sur l’amour d’une mère pour son fils. Elle était prête à remuer ciel et terre pour son fils qu’elle voyait plus brillant que tous les autres enfants puis adultes de la Terre. C’est également un roman sur l’amour d’un enfant puis d’un homme pour sa mère et qui tentera le maximum pour atteindre pour s’attirer la fierté de sa mère. Et puis, c’est un témoignage sur la vie pendant la seconde guerre mondiale et toutes les atrocités que ces hommes ont vécues. Romain Gary en profite pour rendre hommage à tous les hommes qu’il a rencontré et qui sont mort pour la France.

Malgré un début difficile, je suis vraiment contente d’avoir découvert ce texte que je garderai longtemps en mémoire.

vendredi 27 janvier 2012

L’Amant / Marguerite Duras

Amant

Depuis le temps qu’il fallait que je le lise, ça y est, c’est fait. De ça, j’en suis très contente. Par contre, j’ai mauvaise conscience de devoir dire que je n’y ai pas vu le grand chef d’œuvre dont tout le monde parle… Autant j’avais été emportée par ma lecture de ''__Barrage contre le Pacifique__'', autant, là, je suis restée en dehors du texte. Ce n’était peut-être pas le bon moment ou j’aurais peut-être dû commencer par celui-ci avant de me lancer dans Barrage contre le Pacifique. On y retrouve pourtant l’étrange ambiance familiale où la communication est totalement absente, la solitude des individus face à leur vie, le besoin des héroïnes de trouver un homme qui leur apporteront un peu de réconfort charnel ou matériel. On retrouve également le personnage du frère qui ne se soucie pas de sa sœur ni de sa mère et place son propre intérêt au-dessus de tout.

Il y a beaucoup de similitudes entre ces deux romans mais L’Amant ne m’aura pas emporté comme Barrage contre le Pacifique.

mardi 24 janvier 2012

La légende de nos pères / Sorj Chalandon

legende de nos peres

La semaine dernière je découvrais (enfin !) l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman ''Mon traître'' et je tombais vraiment sous le charme de son écriture. C’est très rare que je lise plusieurs livres d’un même auteur à la suite mais cette fois-ci, j’ai couru à la médiathèque emprunter La légende de nos pères car notre auteur semble varier les sujets ! Eh bien, je ne regrette vraiment pas et je me suis empêchée de me plonger dans un troisième titre, m’obligeant à prendre le temps de savourer les autres textes.

Nous sommes très loin de l’Irlande et de son combat pour son indépendance. Nous voici en France, en plein pendant la canicule de 2003. Le narrateur, sorte d’écrivain public qui prête sa plume aux personnes souhaitant rédiger leurs mémoires, a pour cliente une jeune femme qui souhaite offrir à son père l’occasion de consigner par écrit les actes de résistance de son père pendant la Seconde guerre mondiale. Mais au fil des entretiens, le narrateur émet des doutes sur la véracité des paroles du vieil homme.

Sorj Chalandon nous offre un roman sur le devoir de mémoire, sur l’histoire de ces hommes de l’ombre qui lutté avec leurs propres moyens pour tenter de résister à l’ennemi. Mais c’est également un roman sur le travail d’écrivain. J’ai beaucoup aimé les passages où nous assistons à la rédaction de la biographie du vieil homme. Le narrateur cherche des ambiances, des couleurs, des senteurs, des sons. Opérant comme une mise en abyme du travail de l’auteur lui-même, Sorj Chalandon donne les clefs au lecteur des éléments auxquels il prête une attention toute particulière. Sorj Chalandon a une écriture efficace, épurée qui donne l’essentiel au lecteur sans le perdre dans une multitude de détails ou de digression.

Un roman que j’ai dévoré, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment !

mardi 10 janvier 2012

Mon traître / Sorj Chalandon aux éditions Grasset

mon traitre

Ca faisait longtemps que je voulais lire Sorj Chalandon et je regrette d’avoir mis aussi longtemps avant de découvrir ses romans car j’ai vraiment beaucoup aimé ce texte.

Mon traître, dont le titre est déjà très prometteur, met en scène un jeune luthier français qui tombe amoureux de l’Irlande un peu par hasard à une époque où l’Irlande du Nord se bat pour obtenir son indépendance. Se liant très vite d’amitié avec quelques habitant de Belfast, il vit la guerre comme s’il s’agissait de celle de son propre pays. C’est ainsi qu’il fera la connaissance de Tyrone Meehan, cet homme qu’il admire et qui défend activement son pays. Seulement, en 2006 le monde entier découvre que Tyrone Meehan est un traître qui renseigne les autorités britanniques depuis vingt-cinq longues années sans que personne autour de lui n’ait pu le soupçonner.

Mon traître est un roman passionnant qui nous parle à la fois de l’Histoire de l’Irlande à travers ce conflit (si proche de nous !) et de la vie de ce luthier le jour où il découvre que l’homme qu’il admirait tant n’était qu’un traître qui avait non seulement trahi son pays mais aussi cette amitié qui lui était si chère.

Outre l’histoire, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Sorj Chalandon, très efficace. Il ne se perd pas dans de longues descriptions et parvient à peindre très simplement les deux univers dans lesquels vit le luthier : son atelier parisien dont on finit par connaître tous les recoins et les odeurs de bois et de vernis ; et Belfast, cette ville où il se rend plusieurs fois par ans pour retrouver ses amis et boire des guinness dans les pubs de la ville.

Une très belle découverte qui me donne vraiment envie de découvrir d’autres romans de cet auteur passionnant qui devrait nous faire l’honneur de sa visite lors du Festival Rue des livres à Rennes en mars prochain. Rencontre à ne pas manquer !

lundi 12 décembre 2011

Rien ne s’oppose à la nuit / Delphine de Vigan

rien ne s'oppose à la nuit

Grâce à Géraldine qui m’avait donné envie de lire ce roman et qui me l’a très gentiment prêté, j’ai pu me plonger dans l’histoire de famille de Delphine de Vigan. Et quelle histoire…

Les premiers chapitres sont consacrés à l’enfance de la mère de l’auteur. Elle nous présente donc une grande famille où Lucile, la mère de Delphine de Vigan, avait huit frères et sœurs aux personnalités toutes aussi différentes les unes que les autres. La présentation de cette grande fratrie où il est impossible de s’ennuyer un instant ne semble pas présager des tragiques destins que vont connaître bon nombre de ses membres. Delphine de Vigan consacre son livre à l’existence de sa mère, Lucile, qui sombrera petit à petit dans une forme de démence, mettant en danger ses deux filles.

A travers ce récit, Delphine de Vigan utilise l’écriture comme une sorte de thérapie. Elle a mené son enquête pour éclaircir certains événements restés un peu obscurs dans sa mémoire d’enfant ou pour confronter les points de vue et tenter de connaître la vérité. J’espère que cette démarche l’aura aidé à se libérer de ces périodes traumatisantes.

Il m’est très difficile de parler d’un livre dont les protagonistes ne sont pas des héros littéraires mais des êtres de chair et de sang. Ce texte (que je ne peux me résoudre à appeler roman) est remarquablement écrit et très bien construit. On avance petit à petit dans cette terrible descente aux Enfers, on retient son souffle dans les épisodes les plus tragiques et on s’autorise à respirer lorsque les choses semblent aller mieux.

J’évite très souvent ces histoires vécues où j’ai toujours la sensation d’être indiscrète même si l’auteur l’expose sur la place public dans le but d’être justement lu. Mais Delphine de Vigan commente au fur et à mesure son travail. Elle y expose ses doutes, ses craintes, ses objectifs ; essayant de rester le plus neutre possible malgré sa position et ne faisant jamais dans le larmoyant. Bien au contraire.

Cette lecture, bien que pas toujours facile parce que renvoyant quelques fois à sa propre histoire, m’aura beaucoup apporté. Certains passages mettant en avant le courage et la pugnacité des protagonistes sont autant de leçons de vie pour le lecteur. A chacun son histoire et ses handicaps, le tout est d’essayer de s’élever.

vendredi 2 décembre 2011

Du domaine des Murmures / Caroles Martinez

Du domaine des murmures

Du domaine des Murmures a remporté le Goncourt des lycéens en novembre dernier. Moi qui suis de près ce prix littéraire, j’ai été déçu de ne pas être vraiment emballée par le roman. Mais ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause mais plutôt le thème qui ne me touche pas.

Nous sommes au Moyen Age où les jeunes filles sont victimes de mariages arrangés. Sauf qu’au domaine des Murmures, Esclarmonde refuse ce destin. Le jour de ces noces, elle préfère demander à que l’on dresse une Chapelle en l’honneur de Sainte-Agnès et qu’on l’emmure dans le bâtiment plutôt que de ce plier à ce mariage arrangé. Esclarmonde devient alors une sainte vivante, priant jour et nuit jusqu’à ce que sa foi soit mise à rude épreuve…

Il faut avouer que l’histoire est intéressante car l’on suit le destin de plusieurs personnages à travers le récit de notre recluse. Mais les visions d’Esclarmonde ont eu tendance à m’agacer même si je sais que c’est tout à fait en accord avec la littérature du Moyen Age. Et puis, il n’y a rien à faire, même si ça a existé, je n’arrive pas à supporter l’idée que des femmes aient gâché leur vie pour échapper au destin que des questions d’intérêt leur imposaient (je ne supporte pas non plus qu’on décide de l’avenir des personnes à leur place évidemment ;-)

Et il faut que je reconnaisse également que Carole Martinez sait raconter des histoires. On voit tout de suite qu’elle maîtrise son sujet et que le Moyen Age n’a pas de secrets pour elle. Le récit se déroule doucement et de manière très fluide et l’écriture est très agréable.

Bref, un roman plein de qualités qui ne m’a pas laissée indifférente et qui me rend impatiente de rencontrer l’auteur le 8 décembre à Rennes à l’occasion de la soirée consacrée comme chaque année aux Goncourt et Goncourt des lycéens.

vendredi 18 novembre 2011

Le Dos crawlé / Eric Fottorino

dos crawlé Pffff… je viens de découvrir qu’une librairie indépendante s’était ouverte à quelques pas de chez moi. Je n’ai donc pas pu faire autrement que de les soutenir en leur achetant au moins un livre. C’est sur celui de Fottorino que j’ai craqué. En même temps, j’ai du mal à résister à ses livres depuis que j’ai découvert cet auteur.

Le dos crawlé est l’histoire de deux enfants qui passent leur été du côté de Royan. Le narrateur, Marin, est un jeune garçon de treize ans qui prend sous sa protection Lisa, une fillette de dix ans délaissée par ses parents. Chaque jour, ils vont à la piscine ou à la mer pour que Lisa apprenne à nager la brasse et le dos crawlé. Leur rêve est de rejoindre l’Afrique à la nage… et savoir nager le dos crawlé est utile pour regarder les étoiles !

Comme dans beaucoup de roman de Eric Fottorino, l’évocation de l’enfance a une place très importante. On sent toute la nostalgie de l’auteur pour cette période à travers ses mots. Et bien que ce ne soit pas ma génération qui soit décrite ici, je suis touchée par l’évocation de tous ces souvenirs.

Mais ce roman ne s’arrête à l’évocation de l’enfance, il incite à s’interroge sur la vie, à travers les portraits des différents personnages. La mère de Lisa qui passe ses journées et ses nuits à tromper son mari sans se soucier de ce que peut ressentir sa fille qu’elle abandonne à l’oncle de Marin. Abel, l’oncle de Marin, qui a perdu sa femme et qui affronte courageusement la vie. Et puis le personnage de Marin est attachant. Bien qu’il ait déjà treize ans, Marin est un garçon très naïf qui se pose énormément de question sur ce qu’il entend, sur ce qu’il vit, sur ce qu’il ressent, surtout quand il se retrouve face à une femme dévêtue… Et puis Lisa, qui est délaissée par une mère volage et méprisante et par un père absent. Plutôt taciturne, elle se pose de nombreuses questions sur ce qui l’entoure et a souvent un comportement en décalage avec son âge.

Encore une fois, Eric Fottorino nous offre un roman très riche et très agréable à lire.

lundi 7 novembre 2011

Galadio / Didier Daeninckx

galadio

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu de roman de Didier Daeninckx et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ses histoires passionnantes qui nous entraînent dans les méandres de l’Histoire et nous en révèlent des pans peu connus (en tout cas de moi !).

Galadio nous entraîne au cœur de l’Allemagne des années 1930, lorsque le nazisme commence à s’étendre et à persécuter les juifs mais aussi les métis. Ulrich est un enfant métis, né d’une mère allemande et d’un père africain engagé dans l’armée française venue occuper l’Allemagne au début des années vingt. Alors qu’il est arrêté pour subir un examen médical par les forces allemandes, il va être repéré par un cinéaste qui a besoin d’acteurs et de figurants noirs pour ses films. Ces tournages vont être pour lui l’occasion de partir sur les traces de son père au cœur de l’Afrique.

Ce roman est passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur cette Allemagne des années trente dont on ne parle pas beaucoup. La difficulté pour les femmes blanches qui ont fréquenté des soldats noirs d’assumer leur grossesse aux yeux de tous quitte à se mettre à dos toute sa propre famille, les rafles d’animaux domestiques appartenant aux juifs, la stérilisation des noirs et des métis… Et comme toujours Didier Daeninckx nous ouvre les yeux sur l’Histoire sans en avoir l’air. Pas une seule fois il ne se permet de couper le récit pour y introduire de longues digressions sur l’Histoire. Il nous donne des clés, à nous de poursuivre notre lecture en ouvrant des livres d’Histoire.

A lire absolument !!!

mardi 16 août 2011

Comment va la douleur ? / Pascal Garnier aux éditions Zulma

comment va la douleur

A la limite du roman policier, cette lecture a été un vrai régal ! Un vieux tueur à gage profite de la naïveté d’un jeune homme pour lui demander de lui servir de chauffeur pendant deux jours, le temps qu’il commette son dernier meurtre avant de prendre sa retraite. Mais on se doute bien que tout ne se passera pas aussi facilement que ça…

Pascal Garnier nous offre une palette de personnages tous aussi attachants qu’énervants les uns que les autres, des situation loufoques, de l’humour, de la noirceur, et en filigrane une réflexion sur le sens de la vie… Bref, tout ce qui fait le charme des romans de Pascal Garnier.

Malgré une histoire loufoque, Pascal Garnier parvient à dresser donner de l’épaisseur à tous les personnages, quelque soit l’importance du rôle qu’ils tiennent dans le roman. L’auteur parvient à mettre le doigt sur les faiblesses des hommes même lorsque ceux-ci semblent imperturbables et à l’inverse, les personnages les plus faibles et les plus naïfs peuvent faire preuve de grandes qualités.

Comment va la douleur est le deuxième roman que je lis de l’auteur. J’avais adoré Lune captive dans un œil mort, celui est différent mais m’a tout autant plu. Il y a de grandes chances que je me laisse à nouveau tenter par un autre titre de cet auteur qui nous a hélas quitté tragiquement cette année.

mardi 19 juillet 2011

Les cœurs déchiquetés / Hervé Le Corre

coeurs dechiquetes

J’ai choisi ce roman, persuadée que plusieurs de mes lecteurs en avaient vanté la qualité de l’intrigue et de l’écriture. Malheureusement, je suis un peu restée en dehors de l’intrigue et de la vie des personnages, je n’ai pas adhéré à l’intrigue. Je crois que ce qui m’a agacé dans ce roman, c’est justement le déroulement de l’intrigue, pourtant très classique. Deux intrigues indépendantes qui finiront par ce rejoindre à un moment donné.

D’un côté, nous avons l’histoire de Victor, jeune garçon de treize ans qui retrouve chez lui sa mère assassinée après avoir été violemment battue. Une mort étrange pour une femme semblant particulièrement discrète et irréprochable… Placé en famille d’accueil, Victor va devoir essayer de reconstruire sa vie mais l’assassin de sa mère rôde près de lui…

De l’autre côté, nous avons Vilar, le policier qui enquête entre autres sur l’affaire de la mère de Victor ainsi que sur une histoire beaucoup plus personnelle. Son petit garçon, Pablo, a été enlevé quelques années auparavant et Vilar espère toujours le retrouver vivant. Son entourage vient justement de trouver une piste de pédophiles. Tous les espoirs sont permis…

Les cœurs déchiquetés a tout pour être un bon roman. Il est bien écrit, il est riche en rebondissements et on voyage en France entre Bordeaux et le Médoc (ce n’est pas tous les jours !) Mais, je ne sais pas, je n’ai pas réussi à me laisser vraiment attendrir par l’histoire de Victor ni même par celle de Vilar. Soit il manque à ce roman ce petit quelque chose qui engloutit le lecteur dans l’histoire des personnages, soit je ne suis pas réceptive au malheur des autres en ce moment… Je n’ai plus qu’à tester un autre polar ;-)

lundi 17 janvier 2011

Le jeu du pendu / Aline Kiner aux éditions Liana Lévi

jeu du pendu

Voici un roman policier comme je les aime, c’est-à-dire un roman policier que je ne peux pas lâcher et qui m’apprend des choses ! Et celui-ci a même un petit plus, il se passe dans le pays d’enfance de Monsieur : la Lorraine ;-)

Tout commence par une adolescente retrouvée morte dans une ravine aux alentours de Metz, ravine causée par les effondrements des mines qui ne sont plus entretenues depuis leurs fermetures. Si cette fois-ci l’hypothèse de l’accident est aussitôt écartée puisque le corps de la jeune fille est entourée d’une corde savamment nouée, il n’est pas sans rappeler un cas très ressemblant survenu il y a un peu plus de dix ans… La police, représentée par Simon Dreemer et Jeanne Modover, va alors mener l’enquête…

La lecture du Jeu du pendu m’a permis d’apprendre des choses sur la Lorraine et notamment les problèmes géologiques causés par la fermeture et le manque d’entretien des mines au Nord de Metz. Des parcelles entières s’effondrent lorsque l’eau s’infiltre dans les galeries, et fragilise les sous-sols. Et puis, le roman nous plonge dans l’Histoire de la Lorraine au moment de la Seconde guerre mondiale et de son annexion par les allemands. Période pas si éloignée de nous…

''Le jeu du pendu'' a vraiment été une lecture agréable mêlant intrigue policière, Histoire, personnages captivants et complexes ; le tout servi par une très belle écriture.

dimanche 2 janvier 2011

Mon vieux et moi / Pierre Gagnon

mon vieux et moi

Joli petit roman consacré à l’adoption d’une personne âgée. Si, si ! A force de se rendre à la maison de retraite où séjourne sa tante, le narrateur s’attache à Léo, un vieux monsieur de 99 ans. Si bien que lorsque sa tante décède, il décide d’accueillir chez lui Léo malgré les mises en garde de son entourage.

Après les formulaires administratifs et les mises aux normes de sa maison, le narrateur commence une nouvelle vie en compagnie de Léo. En s’engageant dans cette aventure, il sait que tout ne sera pas facile et il rend compte des bons moments comme des plus difficiles.

Ce roman, fait de cours chapitres, est empli de tendresse et de petites réflexions sur la vie et sur la vieillesse.

Mon vieux et moi / Pierre Gagnon aux éditions Autrement

samedi 13 novembre 2010

Elles vivaient d’espoir / Claudie Hunzinger

elles vivaient d'espoir

Claudie Hunzinger a retrouvé le journal que tenait sa mère dans sa jeunesse et c’est à partir de ces écrits qu’elle nous livre ce beau roman. Elles vivaient d’espoir retrace le destin de deux femmes : Emma, la mère de l’auteur et Thérèse, une amie/amante d’Emma. Ces deux femmes ont été très proches dans les années 30 lorsqu’elles préparaient les concours de l’enseignement jusqu’à ce qu’un homme les sépare et que l’Histoire les rattrape. Emma vivra la seconde guerre mondiale en Alsace, mariée à un allemand lié au parti nazi, tandis que Thérèse rejoindra le parti communiste en Bretagne où elle s’investira dans la Résistance.

Lorsque j’ai commencé ce roman la première fois, il m’est tombé des mains au bout de quelques pages. Mais lorsque je l’ai repris quelques jours plus tard et que j’ai avancé dans le livre, je ne l’ai plus lâché. L’auteur garde une certaine distance tout au long du livre, une distance nécessaire pour nous transmettre le plus objectivement possible le destin de ces deux femmes. Emma a beau être sa mère, elle restera Emma tout au long du roman.

Elles vivaient d’espoir est un impressionnant témoignage de ce qu’à pu être la seconde guerre mondiale, comment deux femmes extrêmement proches ont pu vivre cette période de manière extrêmement différente. Ce roman trace également le portrait de deux femmes qui assument pleinement leurs choix même si elles connaissent des moments difficiles. La vie de Thérèse m’a d’autant plus marqué qu’elle compte parmi les membres les plus actifs de la Résistance en Ile et Vilaine et qu’elle a tristement finit ses jours à la Prison Jacques Cartier de Rennes… Je vous renvoie à deux articles parlant d'elle, Thérèse Pierre, ici et .

Claudie Hunzinger signe ici un premier d'une très grande qualité.

Clara a elle aussi beaucoup aimé ce roman.

Elles vivaient d’espoir / Claudie Hunzinger aux éditions Grasset

dimanche 31 octobre 2010

L’Effet Larsen / Delphine Bertholon

effet larsen

J’ai terminé ce roman il y a quelques jours mais je peine à écrire ce billet. Toutes mes tentatives ne me semblent pas rendre compte de la densité de ce roman que j’ai particulièrement aimé.

Au départ, Nola. Une jeune fille qui l’année de ses dix-huit ans voit sa vie basculer. Six mois plus tôt, elle habitait dans une jolie maison de Montreuil avec ses parents jusqu’au jour où son père est victime d’un fou armé. En attendant la vente du salon de coiffure, Nola et sa mère sont contrainte de déménager dans un affreux immeuble parisien particulièrement bruyant. Même si c’était dur de faire face au décès du père de Nola, les deux femmes avaient affronté la situation avec courage. Et puis, pendant l’été, la mère de Nola a commencé à basculer dans une forte dépression qui se manifeste surtout par une hyperacousie. Nola doit alors tenter de se reconstruire, de retrouver un sens à sa vie tout en veillant sur sa mère comme elle peut et en travaillant comme serveuse dans un bar du quartier.

Malgré les sujets difficiles abordés et les épreuves que traversent ces deux femmes, ce roman est plein d’espoir et plein de vie. Certes, il y a des passages durs, très durs. On traverse les épreuves avec Nola, on retient notre respiration quand les choses encore plus mal, mais Nola est quelqu’un de particulièrement forte qui ne se laisse pas abattre ; et jamais l’auteur ne tombe dans le pathos. L’écriture de Delphine Bertholon est, elle aussi, très vive. Grâce au rythme des phrases et aux onomatopées, elle parvient à transcrire l’ambiance de cet affreux appartement et le tourment de la maman. Mais elle traduit aussi la vivacité de Nola et son envie de s’en sortir.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je n’arrivais pas à lâcher, totalement engloutie dans l’histoire. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Delphine Bertholon, une écriture jeune, une façon de parler plutôt actuelle et mille petits sujets transversaux abordés : l’art, la peinture, la lecture, les sciences, Sant-Malo, les secrets de famille. Ah oui ! les secrets de famille ! Je ne vous en ai pas parlé… Mais c’est pour vous en laisser la surprise à la lecture !

Les avis enthousiastes de Géraldine, Keisha, Aifelle et Clara.

L’Effet Larsen – Delphine Bertholon aux éditions JC Lattès

jeudi 21 octobre 2010

Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet / Antoine Bello

Enquete sur la disparition d'E. B.

Ah ! Quelle agréable lecture ! Une lecture qui ne cesse d’étonner son lecteur, de susciter sa curiosité au point de ne pouvoir s’empêcher d’en parler autour de soi et d’exprimer sa curiosité pour la suite du livre. Un roman ORIGINAL !

Je sens que la rédaction de ce roman va être compliquée tant il y a de choses à dire dessus. Tout d’abord l’intrigue. Non, tout d’abord l’enquêteur ! Achille Dunot, ancien inspecteur qui souffre d’une certaine forme d’amnésie : « Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu’il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. » Mais malgré son amnésie, Achille Dunot va être missionné par l’un de ses amis pour l’aider à démêler l’affaire sur laquelle il travaille, à savoir la disparition d’Emilie Brunet et de son amant. La seule solution pour Achille va être de consigner par écrit tous les soirs les avancées de son enquête pour pouvoir la reprendre le lendemain matin. Et c’est ce journal que nous avons entre les mains.

Il est également important de parler du principal suspect : Claude Brunet, le mari de la victime, éminent spécialiste en neurologie qui souffre lui aussi d’une sorte d’amnésie (réelle ou simulée) liée au traumatisme qu’il aurait subit lors d’un interrogatoire très musclé au poste de police.

Si ces éléments sont déjà savoureux – il faut imaginer le personnage reprendre son journal tous les jours en analysant ses commentaires et doutant parfois de sa capacité à retranscrire tous les événements et discussions de la journée – il faut ajouter que Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet est à la fois un roman policier détourné et une ode à Agatha Christie ! Achille Brunet est fasciné par Hercule Poirot et mène son enquête en se référant aux romans d’Agatha Christie. Et pour aller plus loin, Claude Brunet se passionne à son tour pour tous les romans de cette grande dame du roman policier et ose narguer notre pauvre Achille Dunot en discutant les conclusions des intrigues de l’inspecteur Poirot. (Résultat, j'ai drôlement envie de me replonger dans un roman d'Agatha Christie, ce qui ne m'est pas arrivée depuis le lycée !)

Bref, Antoine Bello nous offre un roman policier vraiment original qui intrigue le lecteur d’un bout à l’autre. Il faudra attendre presque la moitié du roman pour comprendre pourquoi des phrases entières sont barrées et d’autres totalement noircie, rendant la lecture des ces lignes totalement impossibles et qui donne un drôle d’aspect à ce roman. Mais ne comptez pas pour moi pour vous en révéler la raison ! Courrez l’acheter ou l’emprunter !

Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet / Antoine Bello aux éditions Gallimard

samedi 16 octobre 2010

Le plomb dans le cassetin / Jean Bernard-Maugiron aux éditions Buchet Chastel

du plomb dans le cassetin

Drôle de petit roman. Victor, correcteur de nuit dans un journal régional, essaie d’écrire un article sur son métier. Chaque chapitre sera une nouvelle tentative mais une tentative différente de la précédente, nous apportant à chaque fois de nouveaux éléments. Pour ceux qui ont quelques connaissance dans l’édition (de journaux ou de livres) c’est amusant car on y lit toutes les évolutions techniques de ces dernières décennies. Mais plus on avance dans le roman et plus on se pose des questions sur Victor. Qui est-il vraiment ? Si le premier article décrit de manière très scientifique son travail, au fur et à mesure on se rend compte que l’esprit de notre narrateur est un peu… dérangé, jusqu’à atteindre son paroxysme dans les dix dernières pages du roman qui déroutent franchement le lecteur.

Plus je pense à ma lecture et plus je me dis que ce roman est riche. Au départ, on peut prendre ce roman comme l’histoire un peu déjantée d’un homme un peu simple qui travaille dans un journal. Mais en fait, il s’agit aussi d’une réflexion sur le travail de l’édition (journaux ou livres, le principe et le même) et de toutes ses évolutions. Si au départ, des hommes étaient formés pour des tâches manuelles et répétitives, ces tâches ont été supprimées et les hommes replacés à des postes qui ne leur correspondent pas forcément. Ce qui entraîne non seulement un mal être pour certains d’entre eux, mais aussi dégradation du journal avec des publications truffées de fautes.

Et puis, il s’agit aussi d’un roman sur le monde du travail en général. Cet homme vit depuis des années entourées des mêmes collègues qui, d’après les descriptions qu’en fait le narrateur ne semblent pas des plus épanouies. Il ne lie aucun liens avec eux, et eux ne semblent pas non plus noter les changements qui s’opèrent chez Victor. Chacun travaille pour soi, sans se soucier de son voisin.

Moi qui n’aime pas les longs billets, je me force à m’arrêter ici. Mais je suis certaine qu’il y a encore beaucoup à dire sur ce petit roman. Et dire que sans mon blog je n’aurais peut-être pas vu tout ça ! Du plomb dans le cassetin est un roman qui démarre comme une petite lecture amusante (car on rit de bon nombre de situations et réflexions du narrateur) puis, l’atmosphère devient plus lourde, insinuant un certain malaise au fil des pages.

vendredi 1 octobre 2010

Enlèvement avec rançon / Yves Ravey aux éditions de Minuit

enlèvement avec rançon

J’avais découvert avec Yves Ravey l’année dernière avec son roman Cutter dont jamais bien a aimé l’ambiance. Du coup, je me suis ruée sur son dernier roman en espérant y revivre le même type d’expérience. Mais la magie n’a pas tout à fait opéré cette fois-ci.

Deux frères qui ne se sont pas revus depuis vingt ans se retrouvent le temps d’orchestrer un enlèvement et de récupérer une très intéressante rançon. Nous sommes loin d’un thriller américain, mais ça tombe bien car ce n’est absolument pas l’intention de l’auteur. Son ambition est beaucoup plus subtile car il joue avec les intentions des ravisseurs. Le lecteur ne sait jamais exactement jusqu’où les deux frères sont solidaires. Mais certains retournements de situations sont trop complexes pour m’avoir véritablement tenue en haleine. Beaucoup de petits détails donnés au début du roman ne jouent un rôle qu’à la fin, rendant l’attente énervante. On se doute qu’il va se passer des choses, mais elles arrivent lentement !

Cela dit, j’aime beaucoup l’écriture d’Yves Ravey car il parvient à nous faire entrer dans le quotidien des personnages, à nous faire vivre dans la même pièce qu’eux. Peut-être que cette impression vient tout simplement de la capacité de l’auteur à transcrire très simplement les actions des personnages sans se soucier de ce qui se passe en dehors de la pièce.

Qui se dévoue pour le lire et me donner son impression ? Je manque de retours sur cet auteur.

Enlèvement avec rançon / Yves Ravey aux éditions de Minuit

lundi 27 septembre 2010

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants / Mathias Enard

Parle-leur

Le dernier roman de Mathias Enard me fait beaucoup penser à Zorah sur la terrasse dont je vous parlais il y a peu. A la place de Matisse que l’on suivait dans les rues de Tanger, on a Michel-Ange que l’on suit à Constantinople. Il y passera deux ou trois mois, suite à l’invitation du Sultan à venir y construire un pont au-dessus du Bosphore. Cette réalisation serait l'occasion pour Michel-Ange de l’emporter sur Leonard de Vinci dont le projet à été refusé.

Ce roman est lui aussi comme une promenade dans la ville de Constantinople et dans la vie de Michel Ange. On y découvre certains aspects de la personnalité de l’artiste dont je ne savais pas grand chose au début ; et on est dépaysé le temps de cette lecture par la découverte de cette Constantinople au XVe siècle. Mais je me suis un peu ennuyée à cette lecture, peut-être parce que je l’ai lu dans la continuité de Zorah sur la terrasse. Ce genre de roman est une bonne respiration entre des lectures plus rythmées, mais il faut éviter des les enchaîner…

Par contre, je vous renvoie à l’émission de la Grande libraire où Mathias Enard était invité pour parler de ce roman, vraiment intéressante !

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants / Mathias Enard aux éditions Actes Sud

samedi 25 septembre 2010

Wagon – Arnaud Rykner

wagon Entre fiction et documentaire, Wagon nous fait vivre les trois jours et trois nuits d’enfer qu’ont connu les 2166 hommes, entassé dans des wagons comme du vulgaire bétail, pire que du vulgaire bétail. Pendant ces trois interminables jours, ces hommes vont devoir tenter de survivre à une privation d’eau et de nourriture alors que les températures sont étouffantes. Ils vont devoir également faire face aux morts qui ne cessent d’augmenter, aux accès de folie, au désespoir. Ce train est l’un des derniers convois à partir de Compiègne en direction de Dachau. On est pourtant le 2 juillet 1944… Arnaud Rykner a pris le parti de faire parler l’un de ces hommes à la première personne, de suivre ses réflexions au cours de cette terrible épreuve, de tenter de retranscrire une partie de l’horreur qu’ont vécu tous ces hommes. Son écriture est simple, hachée, sèche mais elle m’a gênée dans ma lecture, me tenant peut-être trop à distance. Mais c’est un roman à lire pour ne pas oublier ce qui s’est passé.

Wagon – Arnaud Rykner aux éditions du Rouergue

Merci à Babelio et aux éditions du Rouergue !

lundi 20 septembre 2010

Souviens-toi de la lune – Stéphane Servant

Souviens toi de la lune

Drôle d’expérience que la lecture de ce roman ado ! Nous voici plongé dans un village américain, Carrefour, perdu au fond de la campagne et où l’avenir des jeunes n’a rien de mirobolant. David, lui, se destine à travailler dans un garage alors que la mécanique ne le passionne vraiment pas. Mais à Carrefour, il est mal vu d’aimer les études et encore de rêver devenir un écrivain…

David lit donc en cachette des élèves de sa classe, en cachette de son père qui le prend pour un bon à rien dans ces moments-là. Mais la rencontre avec Lebreton, un écrivain du coin qui a connu un succès planétaire, va totalement bouleverser sa vie. Une chose étrange va petit à petit prendre possession de lui, un peu comme dans la Métamorphose de Kafka (roman souvent cité dans le livre) et l’amenant à commettre des actes plus qu’étranges…

Stéphane Servant nous offre ici un roman qui traite à la fois de la littérature et du pouvoir de l’imagination, et de l’importance de se donner les moyens de réussir dans la vie. Je dois avouer que ce roman m’a parfois un peu dérouté car l’intrigue est assez complexe par moment. On navigue entre le réel et le fantastique en se demandant jusqu'où l'auteur va nous emmener. Mais une chose est sûre, c'est que j'ai été incapable de lâcher le roman avant de l'avoir terminé ! Je pense que ce roman devrait plaire aux ados dans la mesure où il retranscrit bien cet univers à cheval entre l'enfance et le monde adulte. Les nombreuses références musicales et cinématographiques sont d'ailleurs très parlante.

Souviens-toi de la lune – Stéphane Servant aux éditions du Rouergue

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