Midola's blog

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mardi 27 octobre 2009

Marc Cantin

Une petite info au passage pour ceux qui ont lu Une ado en prison (paru en 2008) ou Des barreaux plein les yeux (paru 2000) de Marc Cantin. Il s'agit de la même histoire que l'auteur a retravaillé et édité en faveur d'une association. Je vous renvoie au blog très instructif de Marc Cantin et plus particulièrement au billet qu'il consacre à ''Une ado en prison'' et à ses commentaires où il explique sa démarche.

lundi 8 juin 2009

Au secours Mrs Dalloway / Mary Dollinger

au secours mrs dalloway

Clare vit près de Lyon avec ses deux enfants, son mari souvent absent et Mathilde, l’affreuse gouvernante. Sa vie est plutôt paisible, entre ses parties de tennis avec sa meilleure amie Laure et la culture de ses bégonias. Mais un beau jour, elle décide de s’émanciper et pour gagner son propre argent, elle décide d’écrire un best-seller en s’inspirant du génie de Virginia Woolf. Mais ce projet va être contrarier par la rencontre de Jeffery, un bel homme qui parvient à la séduire et qu’elle repousse à la dernière seconde. Incapable de reprendre une vie normale auprès de sa famille, ni d’avancer dans l’écriture de son roman, Clare sombre peu à peu dans la dépression. Sous prétexte de permettre à Clare de se ressourcer, son mari l’envoie passer un mois à Londres, sa ville natale. Arrivée là-bas, Clare décide de partir sur les traces de Mrs Dalloway.

Jusqu’à ce moment-là du livre, je trouvais le roman intéressant même si on pouvait lui reprocher le manque d’épaisseur des personnages secondaires. Mais on suivait la construction du roman de Clare et toutes les possibilités qui s’offrent à un auteur lorsqu’il entreprend l’écriture d’un livre. Le personnage de Clare était également amusant, femme d’un milieu aisé qui essaie de s’émanciper mais qui hésite à aller jusqu’au bout de ses envies. Et puis, arrivée à Londres, alors que tout commençait bien, que Clare suivait les traces de Mrs Dalloway, tout bascule, à la limite de devenir n’importe quoi. Prise en otage par des jeunes braqueurs, elle les aide à s’en sortir, elle devine que son mari la trompe, retrouve Jeffery avec qui elle rentre en France, annonce son intention de divorcer à son mari, qui accueille le chèque de Jeffery et la nouvelle avec un grand sourire.

J’aurais voulu aimer ce livre jusqu’au bout. Mary Dollinger fait preuve d’une belle écriture, et d’un humour irrésistible. Son idée de départ était excellente, l’auteur aime l’œuvre de Virgina Woolf et parvient à transmettre sa passion et à rendre hommage à cette grande dame de la littérature anglaise de manière originale. Mais à trop vouloir braver les lieux communs, la fin perd toute sa saveur en s’égarant dans des scénarii invraisemblables.

Au secours Mrs Dalloway / Mary Dollinger aux éditions Jacques André Editeur

lundi 5 janvier 2009

La Bibliothèque Rose aujourd’hui

Bibliothèque rose

La création de ce blog est pour moi l'occasion de faire partager les notes que j'avais prises à l'occasion d'une conférence en 2007 aux Champs Libres (Rennes) que j'avais trouvé particulièrement intéressante. Même si les propos datent d'il y a presque deux ans, ils restent tout de même d'actualité... __ Charotte Ruffault__ est directrice de la collection La Bibliothèque rose aux éditions Hachette Conférence organisée à l’occasion des 150 de La Bibliothèque rose.

Spécificités de la collection :

  • reprendre des titres qui ont très bien marché et les « relooker » pour relancer les ventes
  • avoir un auteur phare : la Comtesse de Ségur et aujourd’hui PEF
  • tous les titres sont au même prix
  • A pour objectif de divertir, pas d’éduquer. Visée commerciale.

Aujourd'hui, la collection compte 42 séries, dont une dizaine devraient finir par disparaître.

Début 2000, la directrice de collection (dont je n’ai pas retenu le nom) a voulu introduire au catalogue des auteurs français. Mais ils ne pouvaient pas rivaliser avec les novellisations.

Aujourd’hui, il n’y a plus que des novellisations. La première novellisation remonte au début des années trente avec Minnie et Mickey !

Aujourd’hui 50% de la production jeunesse sont des séries (y compris Harry Potter…), d’origine anglo-saxonne et avec comme but le divertissement, la distraction.

Les novellisations sont donc des œuvres dérivées, déclinées à partir d’une œuvre originale (dessin animé, BD, jeu vidéo). Par cette re-création, on perd évidemment des choses par rapport à l’œuvre originale. Mais d’après Charlotte Ruffaut on en gagne aussi : pour un enfant, c’est un effort d’entrer dans l’univers d’un auteur, c’est l’inconnu, ça fait peur. Ils aiment revenir aux mêmes histoires (C. Ruffault reprenait l’exemple de l’histoire demandée tous les soirs par l’enfant bien qu’il (ou parce qu’il) la connaisse par cœur). La novellisation leur offre des histoires rassurantes car ils les connaissent déjà. Mais l’avantage de ces novellisations est de permettre à l’enfant de les vivre de l’intérieur. C. Ruffault soulignait une question très intéressante : pourquoi les enfants ont peur de s’aventurer dans des livres qu’ils ne connaissent pas ? Lire est une Aventure, pourquoi a-t-on peur de cette Aventure ? Elle-même n’a commencé à lire que très tard, après la lecture des Mémoires d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir, parce que cette lecture a fait écho en elle. Ce roman lui a révélé ce qu’était la lecture.

La novellisation peut faire de très bon lecteur au sens technique du terme ! Elle peut être considérée comme un bon moyen de s’entraîner à lire facilement et rapidement.

C. Ruffault soulignait également le manque de partage entre les parents et les enfants. Beaucoup ne tiennent pas leur rôle de passeur, ils ne font pas découvrir les lectures qu’ils ont aimé enfant.

Lorsque des titres anciens sont réédités, ils peuvent subir certains changements (autres que la présentation). Ils sont retraduits à partir de la version originale (ce qui n’avait pas été le cas depuis bien longtemps) et de manière à parler à des enfants du XXIe siècle (le vocabulaire peut alors surprendre). Certains textes ont pu subir des coupes (ex de Fifi Brin d’Acier) ou l’ajout de notes (le club des cinq comporte des propos racistes).

La notion d’auteur n’avait pas d’importance pour Hachette, ce qu’il l’intéressait c’était le titre, l’histoire. Lui-même corrigeait, réécrivait certains textes. Il a été l’un des premiers éditeurs à commander des romans à des auteurs (méthode anglo-saxonne). Il avait une logique de « marketing » avant l’heure, il visait la grande distribution.

On peut remarquer que les titres de la Bibliothèque rose sont présents jusque dans les petites supérettes. On les remarque aussitôt grâce à leur dos rose. Même en bibliothèque on les repère aussitôt car ils sont regroupés par séries alors que les autres livres sont classés par ordre alphabétique d’auteur.

Charlotte Ruffaut notait une invasion du livre de divertissement. Fin 1970, début 1980, il y a eu une explosion de la littérature de jeunesse de création (avec l’école des loisirs entre autre). Mise en avant d’auteurs français (via les différentes collections de poche). Ces auteurs ont beaucoup été relayés par l’école mais on leur a reproché de toujours écrire la même chose : des romans réalistes, des choses du quotidien. Or l’enfant vit maintenant d’autres choses avec l’apparition de la télé, des jeux vidéo, d’Internet. Les enfants ont maintenant une __culture de l’image. __ En ce qui concerne l’écriture d’une novellisation. Un épisode d’une vingtaine de minutes doit donner un livre de 96 (dont plusieurs captures d’écrans). Les auteurs du dessin animé ou de la BD sont très exigeants et suivent de très près la novellisation de leur œuvre. Le cas de Franklin est particulier puisque se sont les auteurs du dessin animé qui ont écrit la novellisation.

vendredi 12 décembre 2008

Rencontre Goncourt aux Champs Libres

Hier soir, en compagnie de Géraldine, j’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre fort intéressante consacrée aux lauréats du Goncourt et du Goncourt des lycéens : Atiq Rahimi et Catherine Cusset.

Le hasard (mais après tout, est-ce un hasard…) a bien fait les choses de récompenser deux écrivains capables d’écrire à la fois dans leur langue maternelle et dans une langue d’adoption. Atiq Rahimi est un auteur d’origine afghane qui avait jusqu’ici publié des textes écrits en persan (Terre et cendres, Les mille maisons du rêve et de la terreur, Le retour imaginaire). Syngué Sabour est son premier roman écrit en français, sa langue d’adoption.

Le cas de Catherine Cusset est pour le moins atypique ! Cette femme, agrégée de lettres classiques, vit depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis, ce qui lui a permis d’acquérir la maîtrise de la langue anglaise. Ce qui est véritablement particulier chez cette romancière, c’est qu’elle utilise l’anglais ou le français suivant les choses qu’elle souhaite exprimer. Selon elle, elle ne peut écrire en français que des événements qui la touche de près ; l’anglais au contraire, est un moyen pour elle de se détacher de ses personnages et d’inventer des destins très loin de sa propre vie. Un brillant avenir a donc d’abord existé dans une version anglaise. Connaissant enfin les destins de ses personnages, Catherine Cusset a alors entrepris la réécriture (et non la traduction !) de son roman.

Ecouter ces auteurs parler de leurs romans, du rapport qu’ils entretiennent avec leurs propres langues, de leur amour pour les mots est vraiment passionnant et on regrette que la rencontre passe à un si grande vitesse !

Deux membres de l’Académie Goncourt étaient présents sur la scène des Champs Libres : Didier Decoin et Edmonde Charles-Roux. Hier soir, ils nous ont parlé de leur amour de la lecture, de la fascination qu’ils éprouvaient face à l’engouement des lycéens qui ont participé au Goncourt des lycéens. Edmonde Charles-Roux a fait preuve d’un immense sens de l’humour et a su nous communiquer sa passion pour la lecture, l’écriture, et sa reconnaissance envers tous les lecteurs du monde entier ! Une véritable bouffée d’oxygène !

Le moment des dédicaces a été évidemment un instant privilégié avec ces deux auteurs plein d’humour et de simplicité !