Mot-clé - roman graphique

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 8 février 2013

Olympe de Gouges / Catel & Bocquet ; collection Ecritures aux éditions Casterman

olympe_de_gouges.jpg Je connaissais vaguement le nom d’Olympe de gouges mais c’était tout. Je n’aurais même pas su la situer dans le temps ! Grâce à ce passionnant roman graphique, j’en connais beaucoup plus sur cette femme hors du commun. Née en 1748, mariée à dix-huit ans et veuve presque aussitôt, elle s’affranchit des lois du mariage pour mener ses aventures amoureuses comme elle l’entend. Refusant le mariage à Jacques Biétrix de Rozières, ce dernier lui accorde tout de même une rente à vie qui lui permettra de mener sa vie comme elle l’entend. C’est d’ailleurs pour accompagner son amant qu’elle quitte Montauban et s’installe à Paris.

S’ouvre alors à elle un impressionnant destin. Elle se prend de passion pour le théâtre si bien que sa présence et son avis sont bien vite réclamés dans les théâtres. Quelques années plus tard, elle prend elle-même la plume pour écrire plusieurs pièces de théâtre engagées (sur l’esclavage, la place des femmes dans la société, etc.) puis des textes clairement politiques. Petite provinciale, elle devient fervente défenseuse de la cause citoyenne et féminine au point de se faire de nombreux ennemis pendant la Révolution française et la conduire à l’échafaud.

J’ai vraiment trouvé ce roman graphique passionnant, je l’ai lu comme s’il s’agissait d’un roman. Le graphisme est agréable et nous fait voyager à travers les modes vestimentaires du XVIIIe siècle, les rues de Paris, les théâtres.

Je n’aime pas lire de biographie mais je deviens une véritable adepte des romans graphiques historique et biographique ! De manière assez ludique, j’ai révisé mon histoire de France et découvert un destin peu commun. Et pour les lecteurs plus férus d’Histoire que moi, toute une série de biographies vous permettent d’en apprendre plus sur les nombreux personnages que nous croisons au fil de notre lecture.

Alors, ne vous laissez pas impressionner par l'épaisseur de ce pavé ! Il se lit très facilement et très vite (comme Habibi ;-)

mardi 27 novembre 2012

Trop n’est pas assez / Ulli Lust

trop n'est pas assez

Trop n’est pas assez raconte deux mois de la vie de Ulli, jeune autrichienne de 17 ans traversant une très sérieuse période punk. Pendant ces deux mois, elle partira pour l’Italie puis en Sicile en compagnie de Edi, tout aussi jeune qu’elle mais encore plus déjantée. Elles prennent alors la route sans rien d’autre sur elle que leurs vêtements et quelques pièces de monnaie. Ensuite, elles vont de rencontres en rencontres et en échange de quelques coucheries trouvent toujours plus ou moins un coin où dormir et de quoi se restaurer.

J’ai lu cet album il y a quelques semaines et j’avoue ne toujours pas trop savoir quoi en penser. D’un côté, je sais que j’ai été accaparée par cette histoire, intriguée de savoir comment ça allait se terminer. Et en même temps, l’inconscience de ces deux jeunes filles m’a exaspérée ; de même que le comportement des italiens dans les années 80, tous plus libidineux les uns que les autres. Mais néanmoins, Ulli apprend de ces expériences plutôt sordides et en ressort blessée mais plus forte ; contrairement à Edi qui aurait plongé dans la drogue et la prostitution de manière irrémédiable si Ulli n’avait pas veillé sur elle.

J’ai donc été envoûtée mais révoltée par ce récit.

samedi 10 novembre 2012

Rosalie Blum / Camille Jourdy aux éditions Actes Sud

rosalie_blum1.jpg rosalie_blum2.jpg rosalie_blum3.jpg

Voilà une trilogie que j’ai dévorée en l’espace de 24 heures. Dans le premier tome, on fait la découverte de Vincent, une trentaine d’années. Il tient un salon de coiffure dans une petite vile de province et vit dans l’appartement sité juste en dessous de celui de sa mère chez qui il se rend quotidiennement pour prendre ses repas et vérifier que tout va bien pour cette drôle de femme un peu loufoque. Et puis un jour, il tombe sous le charme d’une épicière qu’il commence à suivre très régulièrement.

Dans le second tome, nous avons la version de Rosalie Blum qui découvre qu’un jeune, apparemment pas dangereux, la suit très souvent. Elle met sa nièce et ses copine sur le coup pour tenter de découvrir ce qu’il cherche.

Et puis dans le troisième tome, c’est la rencontre entre les deux équipes ! On découvre un peu mieux ces personnages attachants. Mais je ne vous en dis pas plus !

J’ai beaucoup aimé cette série qui met en scène des personnages comme on peut en croiser tous les jours dans la rue. Leurs vies quotidiennes n’ont rien d’extraordinaires et c’est ce qui les rend attachant. Et puis, il y a tout de même un suspens tout au long des trois tomes. Comment ces « filatures » vont-elles se terminer ?

Et puis j’ai beaucoup aimé l’illustration de ces BD. Des couleurs chaudes, des dessins pleins de douceur et d’humour. Et puis, le format des romans graphiques, avec leurs couvertures souples, est vraiment agréable à manipuler. Bref, un coup de coeur tant pour la fond que pour la forme !

jeudi 1 novembre 2012

Dans mes yeux / Bastien Vivès

dans_mes_yeux.jpg

J’ai découvert Bastin Vivès avec ''Polina'' que j’ai vraiment beaucoup aimé. Avec Dans mes yeux, c’est une toute autre expérience que l’on vit. La rencontre entre une étudiante et un jeune homme dont on ne sait rien. On assiste à leurs rendez-vous comme si l’on était le jeune homme. On voit l’étudiante, on l’entend. On a donc la moitié des informations, au lecteur d’interpréter les regards, les poses, les situations. C’est particulier mais très amusant.

Et puis, toute la BD est constituée de vignettes dessinées au crayon de couleur. Technique peu courante en BD et qui nous fait ensuite regarder nos crayons d’un autre œil ;-)

dans_mes_yeux_ill.jpg

jeudi 22 septembre 2011

Chroniques birmanes / Guy Delisle

chroniques birmanes

Après avoir découvert la BD de reportage avec Pyong Yang, j’ai très vite récidivé avec Chroniques birmanes du même auteur.

Sur 250 pages, Guy Delisle nous fait partager son expérience de partir vivre un an en Birmanie pour accompagner sa femme, membre de Médecin sans frontière. L’auteur consacre à chaque fois quelques planches pour nous décrire la vie d’expatrié dans ce pays soumis à une sévère dictature. Guy Deslile essaie de rester neutre tout au long de son album. Comme un reporter, il fait état de ce qu’il vit en évitant de porter de jugement. L’humour y est donc très présent ! Si je me suis beaucoup amusée à cette lecture, j’y ai aussi beaucoup appris à la fois sur la Birmanie mais aussi sur la vie d’expatrié. L’auteur nous montre les difficultés que peuvent avoir les occidentaux à s’acclimater à un pays aussi différent du sien. Cette lecture est une belle leçon de vie, d’autant plus que l’auteur est un homme curieux et qu’il fait l’effort de s’intéresser à ce qui se passe en dehors de son quartier ; il va même jusqu’à laisser femme et enfant pour passer trois jours dans un temps bouddhiste pour découvrir ce qu’est la méditation.

Bref, une bande dessinée passionnante et à la portée de n’importe quel lecteur.

mardi 12 juillet 2011

Cléo / Fred Bernard aux éditions NiL

Cleo

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de Fred Bernard sur ce blog lorsque je vous présentais les albums qu’il conçoit avec son grand ami Roca (Jésus Betz, Le pompier de Lilliputia) . Dans les albums dont je vous parlais, Fred Bernard était l’auteur du texte et Roca était l’illustrateur. Ici, il ne s’agir plus d’album mais d’une BD destinée à un public adulte.

J’avais déjà pu apprécier son travail avec sa précédent BD Lili Love Peacock. Dans chacune de ces bandes dessinées, l’auteur met en scène une jeune femme aux alentours de la trentaine qui s’interroge, cherche un sens à sa vie. Dans un dessin en noir et blanc, on découvre les états d’âme de ces jeunes femmes. Certains lecteurs reprochent aux dessins d’être trop chargés ; moi au contraire, je trouve que ce côté un peu fouillis traduit bien le tourbillon des pensées des jeunes femmes. Au fil des pages, on retrouve tous les thèmes importants traités avec subtilité : l’amour, l’amitié, le sexe, l’enfance, le rêve, le quotidien.

Cléo est constitué de chapitres qui permettent de savourer par petit bout cette très belle bande dessinée qui mine de rien nous entraîne vers une jolie conclusion…

mardi 5 juillet 2011

Corps de rêves / Capucine

cops de reves

Il y a quelques mois sur la blogosphère, j’avais lu de bons billets sur cette BD et je suis tombée nez à nez avec à la bibliothèque la semaine dernière. Particulièrement concernée par le sujet, je me suis beaucoup amusée à lire cet album où l’auteur nous fait part de la manière dont elle a vécu sa grossesse. Elle parvient à trouver le juste milieu entre cette belle expérience qu’est la grossesse et ses multiples effets pénibles... Elle montre bien qu’au fil des mois, tout change et pas seulement le corps de la future maman. Et puis Capucine ne manque pas d’humour ! Par contre, je ne suis pas certaine que cette BD parle à tout le monde… Il faut avoir vécu l’effet « éléphant scotché au canapé » et subi le test O’Sullivan pour savourer tout l’humour de la situation. Et tout de suite, on se sent beaucoup moins seule ;-)

lundi 18 janvier 2010

La Malle Sanderson / Jean-Claude Götting

Malle sanderson

Un très beau roman graphique signé Jean-Claude Götting. En quelques vignettes, nous voilà projeté dans le milieu du spectacle et de l’illusionnisme en particulier. Le grand Sanderson impressionne son public en lisant dans les pensées des spectateurs et en faisant disparaître des personnes. Tous va très bien pour ce grand illusionniste jusqu’au jour où une femme mariée entre dans sa vie…

Encore une fois, c’est le dessin qui m’a donné envie de lire cette BD. Tout en noir et blanc, les dessins de ce roman graphique sont plein de douceur. Un très bel album dont l’histoire nous fait voyager dans un univers envoûtant.

Malle sanderson ill

La Malle Sanderson / Jean-Claude Götting aux éditions Delcourt

vendredi 19 juin 2009

Tout seul / Christophe Chabouté

tout seul couv

Encore une belle découverte ! Ce roman graphique raconte l’histoire d’un homme qui est né et qui a toujours vécu dans un phare. Pas une seule fois il n’a mis le pied à terre, ni ne s’est adressé à d’autres personnes que ses parents, morts maintenant depuis plusieurs années déjà. Il passe ses journées à voyager à travers le dictionnaire, à essayer de se représenter les définitions. Il doit sa survit à un pêcheur qui vient toutes les semaines respecter la promesse qu’il avait faite au père de cet homme, il lui dépose une caisse avec tout ce dont il a besoin pour vivre.

Chabouté nous offre de magnifiques illustrations en noir et blanc qui se suffisent presque toujours à elles-mêmes. Les dessins épurés en noir et blanc donnent au phare une grandeur et un côté très mystérieux, à l’image du personnage que l’on découvre petit à petit.

tout seul ill

J’ai été totalement envoûtée par ce roman graphique, tournant les pages avec avidité pour connaître le mystère de ce phare. Les représentations des définitions du dictionnaires sont à la fois drôle et tristes car totalement décalée par rapport à la vérité. Une histoire originale, triste mais teintée d’optimisme. Je suis à chaque fois étonnée de voir que de « simples » dessins peuvent aborder de multiples sujets et susciter autant de réflexions qu’un texte. Décidément, j’y prends vraiment goût !

Tout seul / Christophe Chabouté aux éditions Vents d’Ouest

vendredi 5 juin 2009

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo

ma maman couv

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est une bande-dessinée très touchante sur l’enfance et sur l’absence d’une mère. La BD commence lorsque Jean entre en maternelle. Par de petite anecdotes assez drôles, on découvre la vie de ce enfants de six à qui on ne dit pas les choses tel qu’elles sont et qui va découvrir la vérité à ses dépends. Bercé par l’illusion que sa mère est en vacances à l’étranger, sa jeune voisine finira par se faire un malin plaisir de lui expliquer que sa mère n’est plus de ce monde.

Cette BD est tout en douceur, tant par ses anecdotes que par ses dessins qui dédramatisent les situations par leur humour et leur douceur. Les dessins d’Emile Bravo me dont un peu penser à ceux de Manu Larcenet, tant par les nuances de couleurs que par le trait. Un joli album sur l’enfance vu avec des yeux d’enfant.

ma maman ill

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill / Jean Regnaud et Emile Bravo aux éditions Gallimard

- page 1 de 2