Midola's blog

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mardi 22 mai 2012

Habibi / Craig Thompson

Habibi

Il y a quelques années (au moment où j’ai commencé à lire des bandes dessinées), je m’étais plongée une après-midi entière dans la précédente BD de Craig Thompson : Blankets. La dernière page tournée, je n’arrivais pas à croire que j’avais été capable de lire une BD de plus de six cents pages, et qui plus est une BD en noir et blanc ! Lorsque Habibi est sorti il y a quelques semaines, pas besoin de vous dire que tous les billets élogieux m’avaient grandement donné envie de la lire ! Et grâce à Gambadou qui me l’a très gentiment prêté, j’ai pu découvrir ce magnifique album. Et comme pour Blankets, j’ai été surprise de lire presque d’une traite ces 700 pages.

Cette fois-ci, Craig Thompson nous emmène dans le monde arabe pour nous faire découvrir toute sa culture à travers une histoire d’amour entre Dodola et Zam. On y lit la religion, la condition des femmes, la pauvreté, l’esclavage, les contes de Mille et une nuits, l’art arabe… Craig Thompson nous offre un travail épatant, qu’il s’agisse des informations transmises à travers cette passionnante histoire ou du travail graphique. Cette bande dessinée est absolument magnifique, mêlant calligraphies et dessins très soignés. C’est incroyable que des illustrations en noir et blanc parviennent à traduire tant de choses (la violence, la sensualité, l’onirisme, l’espoir…)
habibi ill

Habibi est vraiment une bande dessinée magnifique que j’aurai très certainement plaisir à relire d’ici quelques temps et qui m’a vraiment donné envie de lire les Contes des Mille et une nuits !

vendredi 18 mai 2012

Lucas & le Parfum voyageur / Gaël Dubreuil & Julien Tixier aux éditions Vilo

lucas et le parfum voyageur

Lucas est un petit panda roux en manque de nouveauté. Un beau matin, il quitte son arbre pour découvrir le monde et tenter de découvrir l’origine de ce drôle de parfum qu’il perçoit au loin et qui l’attire irrésistiblement…

Le voyage de Lucas va nous emmener tout autour du monde et nous faire rencontrer toutes sortes d’animaux. Julien Tixier nous offre de magnifiques illustrations pleines de douceur, de poésie et de couleur. Le papier du livre est épais et laisse bien apercevoir les motifs de la toile sur laquelle a peint Julien Tixier. On a vraiment l’impression de tenir des petits tableaux entre les mains et on s’étonne de ne pas sentir le côté granuleux de la toile sous nos doigts.

lucas ill1

Je vous avais déjà parlé de cet illustrateur, Julien Tixier, à qui l’on doit les splendides illustrations du Vieux qui avait un grain dans la tête et que j’avais interviewé ici (vous y trouverez notamment un témoignage très intéressant sur le statut d’illustrateur). Dans le précédent album, nous progressions dans un univers très sombre qui nous parlait du sujet très sérieux des sans abris… Ici, Gaël Dubreuil et Julien Tixier nous offrent une belle histoire pleine de légèreté et de couleurs. Une très belle réussite.

lucas ill 3

lundi 14 mai 2012

Trois éclats blancs / Bruno Le Floc’h

trois eclats blancs

Il y a peu de temps, Enna publiait un billet sur cet album. En voyant la couverture, je me suis dit que je l’avais vu quelque part. Et pour cause : elle séjourne dans ma bibliothèque depuis quelques temps, depuis qu’on me l’a offerte en même temps qu’un autre titre de de Bruno Le Floc’h. C’est incroyable comme nos PAL peuvent nous surprendre parfois !

Un ingénieur parisien fraîchement diplômé arrive en Bretagne avec comme projet de construire un phare sur la Pierre Chauve, un rocher découvert par la mer environ une vingtaine de jours par ans. Autant dire que le travail s’annonce laborieux, d’autant plus que dans les années vingt les bretons voyaient d’un mauvais œil ces parisiens venant chambouler leurs habitudes de vie.

J’ai suivi toutes les péripéties avec un certain intérêt. On y apprend quand même pas mal de choses sur les lenteurs de l’administration, sur les méthodes de construction en pleine mer. Et puis on s’attache un peu à cet ingénieur qui se prend d’affection pour les habitants du village où il loge. Et puis l’illustration est agréable et les couleurs très douces, donnant un petit côté vieillot qui nous aide à nous replacer dans le temps.

Cela dit, cette lecture ne m’a pas passionnée et j’attendrai encore avant de lire le second titre de Bruno Le Floc’h.

lundi 7 mai 2012

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragon / Jasper Fforde ; traduit par Michel Pagel

J’avais remarqué ce livre sur plusieurs blogs mais quelques critiques m’avaient fait hésiter à l’emprunter à la médiathèque. Mais à force de le voir sur le présentoir des nouveautés, j’ai fini par craquer et j’en suis au final bien contente.

"Depuis que Jennifer Strange, 15 ans, a été choisie pour tuer le dernier dragon, elle est la personnalité la plus célèbre de tout le pays. Armée de son épée Exhorbitus, elle décide d'aller d'abord discuter avec la créature mythique. Car les raisons de sa mission sont bien moins nobles qu'elle ne le pensait..."

moi jennifer strange

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragon nous emmène dans un univers bien particulier où les magiciens côtoient le commun des mortels et où la population peut louer les services de magiciens pour régler des problèmes de la vie courante, comme refaire une installation électrique en un temps record. Aux frontières de cette société, une dragonnerie, sorte de parc naturel où vivaient les dragons, à l’abri des humains grâce à un puissant sortilège qui désintègre aussitôt les éventuels visiteurs.

Mais une rumeur court que le dernier dragon mourra dimanche, à midi. Et cette mort est loin d’être anodine car elle mettra fin au sortilège de protection de la dragonnerie. Les rois veulent annexer ce territoire pour agrandir leur royaume, les particuliers ou les entreprises veulent s’enrichir en s’appropriant des parcelles. Du côté des magiciens, ils notent une intensification de leurs pouvoirs qui laisseraient augurer un phénomène intéressant les concernant.

Et puis, pour Jennifer Strange, cette annonce va bouleverser sa vie car elle va être nommer Tueuse de dragon. La dernière tueuse de dragon ! Elle sait qu’elle est donc censée tuer ce dernier dragon le dimanche mais en ignore encore la raison…

Mon résumé me semble bien réducteur mais je ne veux pas non plus trop en dire. Dans tous les cas, Jasper Fforde nous offre un roman loufoque où la sorcellerie est moquée, où les représentants du pouvoir sont ridiculisés et dénués de conscience morale.

C’est un roman très riche qui mériterait presque que je le relise avec un œil plus critique pour y déceler toutes les parodies du monde de la magie, des financiers, de la royauté, des humains…

Je me suis bien amusée à la lecture de ce roman mais je m’y suis parfois perdue au début car Jasper Fforde nous fait entrer dans un monde qui nous est étranger et qu’il nous faut appréhender. Ce qui n’est pas toujours facile et peut décourager certains lecteurs. Je me rappelle avoir ressenti un peu la même chose à la lecture de L’Affaire Jane Eyre. L’auteur sait créer des sociétés vraiment farfelues, presque basées sur l’absurde et le lecteur doit faire confiance à l’auteur pour plonger lui aussi dans ce drôle de monde.

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragon est au final une bonne lecture, très drôle et qu’il ne faut hésiter à lire en traquant les seconds degrés.

jeudi 3 mai 2012

Elmer / Gerry Alanguilan aux éditions Ca & là

ELmer

Drôle de BD. Elmer est une bande dessinée qui retrace l’histoire de l’émancipation des poulets : d’animaux d‘élevage, ils accèdent après de nombreux combats sanglants au statut d’êtres humains. Mais cette soit disant égalité génère bien des jalousies. Cette lecture nous entraîne donc dans les affres du racisme, de l’exclusion, de la violence et de la cruauté. Le narrateur, Jake, découvre en même temps que nous le journal intime de son père qui vient de décéder. Poulet mal dans sa peau qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société, Jake va réussir à comprendre beaucoup de choses grâce au témoignage de son père et faire la paix avec la vie.

Je n’arrive pas à savoir si j’ai aimé ou pas cette lecture. Je crois qu’elle m’a mise plus d’une fois mal à l’aise, me rappelant certains pans de notre Histoire mondiale ou certaines questions de société actuelles. Cette histoire totalement loufoque sonne trop vraie et nous jette au visage la cruauté et la bêtise dont les hommes font encore preuve aujourd’hui.

A lire pour recevoir une piqûre de rappel de la part de ces poulets, au cas où l’on aurait oublié le sens premier du terme « humanité ».

mardi 1 mai 2012

J’aime mon papa ; J’aime ma maman / Marie-Pierre Emorine & Karine Quesada aux éditions Scarabéa

j'aime mon papa j'aime ma maman

Deux très jolis albums consacrés aux relations entre l’enfant et ses parents. Chaque double page est consacrée à une scène quotidienne. Un texte de quelques lignes, très rythmé, décrit un des instants privilégiés comme les câlins, les chatouilles, l’heure de l’histoire avant de se coucher, les jeux, etc. Ces scènes sont accompagnées d’illustrations très colorées représentant des enfants et des parents de toutes les nationalités, des ambiances très variées.

Deux beaux albums, très doux, qui ont su éviter de tomber dans le piège de la niaiserie pour évoquer la beauté de cette relation privilégiée entre parents et enfants du monde entier.

Je vous renvoie au blog de l’auteur Karine Quesada et à celui de l’illustratrice Marie-Pierre Emorine pour découvrir leurs autres albums.

samedi 28 avril 2012

Les passe-murailles / J.-L. Cornette & S. Oiry

passe murailles 1 passe murailles 2

Autant le dire d’emblée, j’ai adoré le premier tome et détesté le second. Dans le premier album, nous découvrons ce que le pouvoir de passer à travers les murs peut avoir d’amusant, qu’il s’agisse de pimentée une soirée un peu ennuyeuse ou se débarrasser de personnes un peu pénibles. Je me suis vraiment amusée en lisant ces petites histoires.

Par contre, le second tome est une accumulation d’histoires glauques où la possibilité de passer au travers des murs, des objets ou des personnes peut se révéler catastrophique. Ce deuxième album est vraiment de trop, je n’y ai rien lu d’intéressant. Certaines histoires sont même tirées par les cheveux. Quelle déception quand en plus on s’attend à s’amuser.

Donc, un conseil, jetez-vous sur le premier tome pour détendre vos zygomatiques mais laisser le deuxième prendre la poussière sur les rayonnages.

lundi 23 avril 2012

Rouler / Christian Oster

rouler

Ah ! quel bonheur de retrouver les romans de Chritian Oster. Jusque-là, tous ceux que j’ai lus se ressemblent fortement et sont en même temps très différents. Ils mettent à chaque fois en scène un homme qui quitte son domicile sans but défini et se laisse porter par les hasards de la vie. Dans Rouler, c’est encore le cas. Un homme part en voyage à bord de sa voiture sans avoir de destination en tête. Il roule au gré de ses envies et de ses rencontres et le lecteur suit tous ses doutes, ses réactions face aux situations qu’il rencontre. Et petit à petit, on en apprend un peu plus sur l’origine de son voyage et son besoin de se retrouver.

Ce qui est incroyable avec les romans de Christian Oster, c’est qu’on s’identifie toujours aux personnages principaux même s’ils nous énervent aussi parfois. On vit les scènes au plus près du personnage en se demandant ce que nous ferions à sa place. Et tout le temps que durent ces lectures, je garde à l’esprit tout au long de la journée ces atmosphères très particulières.

Bref, j’aime beaucoup Christian Oster (tout autant pour ses romans adultes que pour ses romans enfants très très drôles) et ne peut que vous conseiller de vous plonger dedans !

samedi 7 avril 2012

Pause

Beaucoup de fatigue accumulée ces derniers jours, peu le courage de rédiger des billets ni même de lire... Alors, je prends un peu de temps pour faire la sieste sous le cerisier.

A très bientôt !

Cerisier

mardi 3 avril 2012

Enola Game / Christel Diehl aux éditions Dialogues

Enola Game

Je n’ai pas pu résister à la proposition de Noukette lorsqu’elle nous a offert la possibilité de recevoir ce titre en Livre Voyageur (et je l'en remercie une fois de pus !) Elle avait su communiquer son enthousiasme pour cette lecture qui s’avère être un premier roman.

Une jeune femme et sa petite fille de quatre ans sont condamnées à tenter de survivre après un événement extérieur non identifié. Toutes deux parle d’une forte lumière et d’ordres leur interdisant de sortir de chez elles. Des vivres et de l’eau leur sont distribués régulièrement, à cette maman de s’organiser pour que la vie continue. Elle va faire preuve de beaucoup d’astuces pour présenter à sa fille les choses pénibles comme un jeu. Ca sera aussi l’occasion pour elle de revenir sur sa vie et de se rendre compte que le plus important dans la vie n’est pas toujours ce à quoi on attache le plus d’importance.

Je comprends Noukette, Stéphie ou Sylire qui ont été très touchées par cette lecture. Ces deux personnes vivent dans un huis clos où les conditions empirent chaque jour. Mais, je suis restée un peu en dehors de cette histoire car raisonnaient encore en moi la lecture de La Route de Cormac McCarthy. Certes les deux histoires sont un peu différentes mais on y retrouve beaucoup de similitudes : un parent et son enfant devant faire face après une catastrophe planétaire. Cette lecture m’avait hanté très longtemps, et je me rends compte que plusieurs années plus tard, je garde un souvenir très précis de l’atmosphère qui y régnait.

Enola Game reste une lecture captivante que je ne saurais vous déconseillée. Et si vous ne l’avez pas encore lu, plongez-vous également dans La Route !

Petit détail au passage que je voulais souligner, c'est la couverture de ce roman que je trouve particulièrement belle.

mardi 27 mars 2012

La cabane à lire

Une fois n’est pas coutume, je fais un petit coup de pub pour une petite librairie que je viens de découvrir et sous laquelle je suis tombée sous le charme (dommage qu’elle soit un peu loin de chez moi !). Il s’agit d’une librairie spécialisée dans la jeunesse avec un grand espace très sympa pour prendre le thé, le café et le goûter ! La déco est très chaleureuse et les coups de cœurs et dernières parutions ne manquent pas trôner sur les tables de présentation.

Très actives, les deux libraires organisent régulièrement des rencontres avec des auteurs et des illustrateurs sous forme de dédicaces ou d’ateliers. Pour plus d’informations sur la localisation et l’actualité de la librairie, je vous renvoie à leur site. Habitants de Rennes et de sa métropole, n'hésitez pas à faire un tour à La Cabane à lire !

Cabane à lire

samedi 24 mars 2012

Le Clan des poissards / Jeff Sourdin aux éditions La Part Commune

clan des poissards

Dans mon compte rendu de ma visite au __festival Rue des Livres__, je vous disais que Jeff Sourdin, l’auteur de __''Ripeur''__, venait de publier un nouveau texte. Quelle angoisse avant de commencer la lecture. Allais-je être à nouveau charmée par ce roman ? Eh bien oui ! Je suis encore une fois tombée sous le charme de la prose de Jeff Sourdin. Ouf !

Le Clan des poissards nous emmène dans le(s) univers de quatre amis, quatre jeunes hommes comme on en croise tous les jours dans les rues. Alternativement, on va suivre les évolutions de leurs vies, leurs questionnements existentiels. Chaque personnage a sa spécificité : Sam est un doux rêveur, amoureux de la poésie et attirés par les étrangères ; Cid est un passionné d’informatique qui aurait tendance à ne vivre que pour l’entreprise qu’il a créée; Mitch se caractérise comme un vrai tombeur qui éprouve quelques difficultés à se construire une vie stable ; et puis il y a Trotski qui refuse de se plier aux volontés de la société en occupant un vrai travail à plein temps. Il rêve de contrôler le temps en réduisant au maximum les contraintes.

Mais vous devinez bien que ces portraits sont extrêmement réducteurs et que la vie se plaît à faire ployer les hommes, à les faire revenir sur les principes qu’ils s’étaient fixés. Le clan des poissards est en quelque sorte une étude sociologique car Jeff Sourdin a su montrer la complexité de l’existence. Mais c’est également un roman sur une amitié très forte entre quatre hommes. Malgré leurs différences et l’évolution de leurs vies, ils continuent de garder contact et de se soutenir lorsque l’un d’entre eux traverse une phase difficile.

Et puis, je garde le meilleur pour la fin. Le Clan des poissards est remarquablement bien écrit. Jeff Sourdin a un sens très développé du rythme, des jeux de mots, des formules. C’est un livre qu’on a envie de lire à haute voix pour mieux en profiter.

Janvier 2000.Nouveau millénaire. Retour sur terre pour les rêveurs, les illuminés et les prédicateurs. La kyrielle d'attentes les plus folles a rejoint, au fond du placard, les guirlandes et les décorations de fin d'année. Le bug informatique a fait flop, la fin du monde pschitt et le bouchon de champagne le même pop que l'an passé. Le nouveau millénaire démarre avec un tiercé gagnant, métro, boulot, dodo, identique au précédent et le dernier progrès social en date - la semaine des trente-cinq heures - peine à mettre du baume au cœur des travailleurs.

Voici donc une très belle lecture où on ne peut pas s’empêcher de s’attacher aux personnages à la fois si proches et si différents de nous. Le clan des poissards parle tout simplement de la Vie.

Oh, j’allais oublier, le roman se passe à Rennes ! Il nous emmène au Stade Rennais, à Villejean, Beauregard, aux Champs Libres, à la BU, dans les bars de la rue Saint-Michel (rue de la soif pour les touristes ;-)… Ce n’est pas tous les jours que mes lectures m’entraînent au cœur de ma propre ville.

samedi 17 mars 2012

Café givré / Suzanne Selfors ; traduit par Marie Hermet aux éditions Flammarion

café givré

Dernier coup de cœur de ma libraire jeunesse, je n’ai pas pu résister devant ce roman et je l’en remercie car j’ai passé un très bon moment en compagnie de Katrina, Vincent, Elisabeth, Malcom, Anna, etc.

Je peine à résumer ce roman. Je ne veux ni le réduire à une intrigue banale, ni en dévoiler trop… C’est l’histoire d’un café traditionnel norvégien qui peine à faire face à la concurrence d’un nouveau café ouvert juste à côté. C’est l’histoire de Katrina qui travaille depuis toujours dans le café de sa grand-mère se qui se désespère de la défaillance des comptes ces derniers temps. C’est l’histoire de Malcom, un jeune homme, beau comme un ange, tombé pour aider Katrina grâce à une sorte de magie. C’est l’histoire d’une amitié très forte entre trois amis. C’est l’histoire d’adolescents qui se cherchent et d’interrogent sur leur avenir. C’est une belle leçon de vie.

Eh bien, voilà, je n’en dirai pas plus. J’espère vous avoir donné suffisamment de bonnes raisons de lire cette belle histoire.

mercredi 14 mars 2012

Lune de guerre / Hermann & Van Hamme

lune de guerre

Je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque (comme souvent, c’est vrai), je me suis dit, un Van Hamme, c’est une valeur presque sûre. Eh bien, j’ai eu tout à fait raison ! Ces deux auteurs de BD, Hermann et Van Hamme nous offrent une histoire totalement déjantée. Le projet est parti d’une anecdote entendue par Van Hamme. Des tomates farcies de crevettes pas très fraîches sont servie lors d’une repas de noces. Le restaurateur refusant de leur servir une autre entrée, tous les invités se lèvent, près à regagner leurs voitures pour chercher de meilleures tables ailleurs. Mais le restaurateur refuse de renoncer à son chiffre d’affaire et pour être certain de pouvoir négocier, il ne trouve rien de mieux que d’enfermer la mariée dans les toilettes ! Si dans la vraie tout s’arrange pour le mieux, dans la bande dessinée, Van Hamme a décidé de transformer ces noces en un véritable règlement de compte où tout est permis.

Le seul bémol que j'apporterais, c'est le trop grand nombre de personnages. On a parfois du mal à les identifier et on doit se référer aux portraits proposés au début de l'album.

Je ne vous en dit pas plus et vous laisse savourer cette amusante lecture servie par les belles illustrations de Hermann qui sait rendre ses personnages « sympathiques »…

lundi 5 mars 2012

Les années / Annie Ernaux

Années

Ce roman était resté quelques semaines sur ma table de nuit au moment de sa sortie il y deux ou trois ans sans que je réussisse à me plonger dedans. Et puis la semaine dernière, j’ai ouvert le livre, lu les premières pages et je ne me suis plus arrêtée.

Je sens que je vais avoir du mal à parler de ce livre un peu spécial. C’est un roman autobiographique sans totalement être un roman. C’est une histoire tout en étant l’Histoire. En fait, Annie Ernaux nous offre un témoignage sur la société dans laquelle elle vit depuis sa naissance dans les années 40. En nous parlant de sa propre vie sans jamais vraiment entrer dans les détails d’ailleurs, elle ne dit jamais « je ». Le cheminement de sa vie est celui de beaucoup d’autres femmes de son époque.

Pour les personnes qui sont de la génération d’Annie Ernaux, elles retrouveront leur enfance, puis leurs débuts dans la vie active, etc. Pour ceux qui, comme moi, sont nés bien après, ils liront une partie de ce roman comme un témoignage et apprendront beaucoup de choses sur la vie de leurs parents, surtout avant mai 68 ! J’ai encore du mal à imaginer que l’avortement n’était pas légalisé, la pilule non généralisée et la peine de mort encore de vigueur.

J’ai beaucoup aimé lire ce roman et j’espère qu’il me restera beaucoup plus longtemps en mémoire que les autres titres que j’ai lu d’elle mais dont je ne me souviens absolument pas… (J’en connais une qui, si elle vient toujours sur ce blog, doit bondir sur sa chaise en lisant ces dernières lignes ;-)

Festival Rue des Livres à Rennes

Ce dimanche, une bonne partie des « blogueurs de l’Ouest » (expression de Gambadou que nous avons joyeusement adoptée) se sont retrouvés pour échanger, flâner, rigoler mais aussi vider nos portefeuilles, jouer les groupies autour de Sorj Chalandon et assister à une rencontre avec Sorj Chalandon (encore ?!), Patricia Reznikov et Gérard Landrot.


Festival Chalandon

Pour ma part, je retiens deux rencontres intéressantes. La première est bien évidemment celle de Sorj Chalandon dont je vous parlais dans ce billet, dans celui-ci et encore celui-là. Chez cet auteur, lauréat de nombreux prix, on a tous été surpris de découvrir quelqu’un de simple, de drôle, de très facile d’accès. Il nous a parlé de ses deux romans d’inspiration autobiographiques, Mon traître et Retour à Killybegs, en nous expliquant que dans le deuxième roman, il avait dressé le portrait d’un traître aimant, espérant que son ami avait trahi sa patrie et son entourage pour des raisons qu’il pensait favorables à son pays.

Il nous a aussi parlé de la manière dont il écrit selon qu’il endosse la casquette de journaliste ou d’écrivain. Autant un journaliste se doit d’être neutre et de donner à voir sans jamais utiliser le « je », autant le romancier propose un monde totalement subjectif. Il écrit donc ses articles le jour et ses romans la nuit en écoutant toujours le même disque pendant toute la rédaction du livre, ce qui l’aide à se replonger dans son univers romanesque.

La deuxième rencontre et non la moindre fût celle de Jeff Sourdin. J’avais découvert son premier roman, Ripeur, il y a deux ans et j’avais eu un énorme coup de cœur pour ce magnifique texte. Il s’était même prêté au jeu de l’interview (que pouvez retrouver ici). Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir le rencontrer « pour de vrai » et échanger avec lui autour de son nouveau roman, Le clan des poissards, dont je ne manquerai pas de vous parler d’ici peu et de beaucoup d’autres sujets.

De tous les échanges que j’ai pu avoir avec des auteurs ce dimanche, il en ressort toujours une extrême bienveillance à l’égard des blogueurs. Certains ont eu des propos corrosifs à l’égard de la presse et du milieu littéraire parisien. Ils leur reprochent le copinage et de ne pas lire les livres qu’ils critiquent. Alors continuons de lire et de rendre hommage à nos chers auteurs et à passer de bons moments en leur compagnie sur les salons littéraires !

samedi 3 mars 2012

Le chagrin du Roi mort / Jean-Claude Mourlevat

chagrin du roi mort

Le Chagrin du Roi mort est de ce genre de livre que je voulais lire tout en repoussant le moment de m’y mettre par peur d’être déçue. Comme tous les romans de Mourlevat, il a eu beaucoup de succès dès sa sortie en librairie. Mais cette fois-ci, ma bibliothécaire (ça fait bizarre de se retrouver à la place du lecteur…) me l’a mis entre les mains en me disant qu’il fallait l’avoir lu. Sur ces bonnes paroles, je me suis exécutée et je n’ai évidemment pas été déçue !

''Le Chagrin du Roi mort'' est un peu comme ''Le Combat d’hiver''. Une fois qu’on l’a refermé et qu’on a vécu toutes les épreuves des personnages, on se dit qu’il y a des auteurs qui ne prennent pas les ados pour de fragiles créatures effarouchées. Jean-Claude Mourlevat sait dresser des tableaux apocalyptiques et transmettre au lecteur toute une palette de sentiments. On tremble au milieu des champs de bataille, on vibre dans les moments de joie, on vit au plus près des personnages. Et Jean-Claude Mourlevat n’a pas peut de ne pas offrir un véritable happy end, car dans ses romans, subsiste toujours à la fin une ombre avec laquelle les personnages devront continuer à vivre.

En rédigeant ce billet, je me rends compte que j’ai entamé ma lecture du roman sans en connaître l’histoire et que ça a été un plus de se laisser porter par les événements sans avoir la moindre idée de ce qui arriverait. Tout ce que j’en dirai du coup, c’est que c’est l’histoire de deux frères élevés comme des jumeaux mais dont l’un d’eux sera enlevé à l’âge de dix ans. Le reste, à vous de le découvrir lors d’une lecture passionnante.

dimanche 26 février 2012

La disparition d’Esme Lennox / Maggie O’Farrell, traduit par Michèle Valencia

etrange disparition d'esme Lennox

Et voilà, une visite sur le blog de Lilly avant ma virée à la médiathèque et je suis repartie avec La disparition d’Esme Lennox sous le bras. Eh bien, j’ai drôlement bien fait de succomber à la tentation (alors que des dizaines de livres attendent dans ma bibliothèque...) car j’ai passé un très bon moment de lecture. Avalé en moins de 48 heures entre les nombreux pleurs de mon-affreux-bébé-lecteurs-qui-commence-à-faire-ses-dents…

Comment résumer cette histoire un brin compliqué ? Ma flémardise me pousse à faire un petit copier/coller de la présentation de l’éditeur Belfond :

A Édimbourg, l'asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d'enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n'avait jamais entendu parler d'elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ?

Je ne dirais pas que c’est un chef d’œuvre mais simplement que c’est une histoire très distrayante. On navigue entre deux époques entre les souvenirs de Esme et de sa sœur Kitty et le monde actuel dans lequel se débat la Iris. Petit à petit, toute l’histoire se met en place et la terrible vérité finit par éclater.

En creusant un peu, on peut y lire une peinture de la société Ecossaise du début du vingtième siècle et la terrible soumission que doivent subir les femmes à cette époque. Bonnes à faire potiche et à se marier, elles avaient intérêt à bien se tenir. On peut aussi s’effarer de la domination des hommes sur les femmes, pouvant les interner pour des raisons plus que douteuses. En refermant ce roman, on ne peut que se féliciter de vivre en 2012 même si j’ai bien conscience que de nombreuses femmes sont encore mal traitées que ce soit en France ou plus largement dans le monde.

Voilà un livre très agréable à lire entre deux lectures plus exigeantes ou pendant les vacances.

lundi 20 février 2012

Brise-Glace / Jean-Philippe Blondel aux éditions Actes Sud Junior

brise glace

C’est encore avec grand plaisir que j’ai retrouvé la plume de Jean-Philippe Blondel. Je ne connais de lui que ses romans ados pour le moment, mais à chaque fois je suis charmée par sa manière de retranscrire le monde des ados d’aujourd’hui. Certes, je ne suis plus ados depuis quelques temps (enfin, ça dépend de quel point de vue on se place…) mais, j’ai toujours l’impression que ça sonne juste. Il essaie, dans la mesure du possible, de ne pas tomber dans les grands clichés (drogue, alcool, suicide…).

Brise-glace nous entraîne dans la vie d’Adrien, un jeune garçon qui tente par tous les moyens possibles de passer inaperçu dans le nouveau lycée qu’il fréquente. Mais Thibaud va se prendre d’amitié pour lui et tenter de le faire reprendre contact avec la société.

Ce roman est à la fois un roman sur l’amitié et l’adolescence mais aussi sur le mal-être et la culpabilité. Sans vouloir en raconter trop sur l’histoire, on se doute assez vite que quelque chose ne tourne pas rond dans la vie d’Adrien et qu’il cache quelque chose. Au fil des pages et de son amitié pour Thibaud, il va parler de ce qu’il a vécu et du poids des souvenirs qu’il porte.

Philippe-Blondel propose ici un roman fort qu’il traite remarquablement bien. Adrien vit avec un poids très lourd à porter mais l’auteur s’est bien gardé d’en faire un ado dépressif ou se complaisant dans l’autodestruction. Non, son état psychologique est bien plus complexe que ça et du coup, beaucoup plus intéressant.

Les avis enthousiastes de Clara, Saxaoul, Aurelle, InColdBlog et plein d'autres.

jeudi 16 février 2012

Retour à Killybegs / Sorj Chalandon

retour a killybegs

On m’avait prévenu que je ne serai pas déçue par cette lecture et on avait tout à fait raison ! Encore un coup de cœur pour cet auteur que ne cesse de m’émerveiller. Il n’y a pas longtemps, je vous parlais de ''Mon traître'' où un luthier français nous racontait l’histoire d’une trahison, celle de son ami Tyrone Meehan, qui pendant trente ans a menti à tout son entourage et à toute l’Irlande en se disant combattant de l’IRA alors qu’il fournissait aux Anglais des informations capitales sur les actions de l’IRA. Dans Retour à Killybegs, nous avons cette fois-ci la même histoire mais racontée par Tyrone Meehan lui-même. Consignant toute sa vie dans un carnet, il explique comment il a été obligé de trahir son pays et toutes les personnes qu’il aimait. C’est l’occasion pour le lecteur (moi en l’occurrence) de mieux comprendre le combat que l’IRA a mené et les sacrifices que les irlandais étaient près à faire dès leur plus jeune âge. Il y évoque notamment les conditions de vie dans les prisons anglaises où les combattants de l’IRA avaient décrétaient la grève de l’hygiène et des vêtements, le célèbre épisode dit des couvertures.

Le roman est absolument passionnant car on y apprend beaucoup de choses sans même s’en rendre compte. L’auteur nous emmène au cœur des combats, des prisons, des familles et nous fait participer à cette lutte pour l’indépendance. Ce que je trouve admirable chez cet auteur, c’est qu’il sait aller à l’essentiel. Dans un style concis et efficace, il nous emmène au cœur de l’action. Sorj Chalandon a également réussi cet exercice délicat de donner deux versions d’une même histoire sans qu’on ait l’impression de redites. Au contraire, on sent bien à quel point les deux versions sont complémentaires.

Bref, un énorme coup de cœur pour cette lecture d’autant plus passionnant quand on a lu ''Mon traître'' au préalable.

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