Midola's blog

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vendredi 27 janvier 2012

L’Amant / Marguerite Duras

Amant

Depuis le temps qu’il fallait que je le lise, ça y est, c’est fait. De ça, j’en suis très contente. Par contre, j’ai mauvaise conscience de devoir dire que je n’y ai pas vu le grand chef d’œuvre dont tout le monde parle… Autant j’avais été emportée par ma lecture de ''__Barrage contre le Pacifique__'', autant, là, je suis restée en dehors du texte. Ce n’était peut-être pas le bon moment ou j’aurais peut-être dû commencer par celui-ci avant de me lancer dans Barrage contre le Pacifique. On y retrouve pourtant l’étrange ambiance familiale où la communication est totalement absente, la solitude des individus face à leur vie, le besoin des héroïnes de trouver un homme qui leur apporteront un peu de réconfort charnel ou matériel. On retrouve également le personnage du frère qui ne se soucie pas de sa sœur ni de sa mère et place son propre intérêt au-dessus de tout.

Il y a beaucoup de similitudes entre ces deux romans mais L’Amant ne m’aura pas emporté comme Barrage contre le Pacifique.

mardi 24 janvier 2012

La légende de nos pères / Sorj Chalandon

legende de nos peres

La semaine dernière je découvrais (enfin !) l’écriture de Sorj Chalandon avec son roman ''Mon traître'' et je tombais vraiment sous le charme de son écriture. C’est très rare que je lise plusieurs livres d’un même auteur à la suite mais cette fois-ci, j’ai couru à la médiathèque emprunter La légende de nos pères car notre auteur semble varier les sujets ! Eh bien, je ne regrette vraiment pas et je me suis empêchée de me plonger dans un troisième titre, m’obligeant à prendre le temps de savourer les autres textes.

Nous sommes très loin de l’Irlande et de son combat pour son indépendance. Nous voici en France, en plein pendant la canicule de 2003. Le narrateur, sorte d’écrivain public qui prête sa plume aux personnes souhaitant rédiger leurs mémoires, a pour cliente une jeune femme qui souhaite offrir à son père l’occasion de consigner par écrit les actes de résistance de son père pendant la Seconde guerre mondiale. Mais au fil des entretiens, le narrateur émet des doutes sur la véracité des paroles du vieil homme.

Sorj Chalandon nous offre un roman sur le devoir de mémoire, sur l’histoire de ces hommes de l’ombre qui lutté avec leurs propres moyens pour tenter de résister à l’ennemi. Mais c’est également un roman sur le travail d’écrivain. J’ai beaucoup aimé les passages où nous assistons à la rédaction de la biographie du vieil homme. Le narrateur cherche des ambiances, des couleurs, des senteurs, des sons. Opérant comme une mise en abyme du travail de l’auteur lui-même, Sorj Chalandon donne les clefs au lecteur des éléments auxquels il prête une attention toute particulière. Sorj Chalandon a une écriture efficace, épurée qui donne l’essentiel au lecteur sans le perdre dans une multitude de détails ou de digression.

Un roman que j’ai dévoré, ça ne m’était pas arrivé depuis un moment !

vendredi 20 janvier 2012

Des vies d’oiseaux / Véronique Ovaldé aux éditions de l'Olivier

des vies d'oiseaux

Voilà un roman que j’ai mis près de trois semaines à lire faute de temps ou faute d’intérêt pour l’histoire…

L’inspecteur Taïbo enquête sur une drôle d’affaire : des villas sont visitées par des malfaiteurs qui se contentent d’y vivre pendant leur absence sans jamais rien y voler. C’est ainsi que Taïbo va faire la connaissance de Vida, une femme qui a échappé à une vie miséreuse en épousant un homme fortuné mais qui s’ennuie profondément dans cette sphère qui n’es pas la sienne. Ensemble, ils vont tenter de retrouver Paloma, la fille de Vida qui a fugué il y a quelques années, et qu’ils soupçonnent de squatter les villas du quartier.

Je ne sais pas quoi dire au sujet de ce roman. Je n’ai pas détesté mais je n’ai pas aimé non plus. L’histoire ne m’a pas envoûtée mais elle s’est laissée lire. En revanche, je dois avouer que j’ai beaucoup aimé l’écriture de Véronique Ovaldé. Une écriture imagée et rythmée qui donne à voir de manière assez précise ce qui se passe dans ce livre. Alors, je laisserai certainement une autre chance à l’auteur en lisant Ce que je sais de Véra Candida dès que j’en aurai l’occasion.

Le billet de Géraldine qui m'a très gentiment prêté le livre.

mardi 10 janvier 2012

Petites comptines pour grands tableaux / Virginie Aladjidi aux éditions Au Merle moqueur

petites comptines pour grands tableaux

J’avais choisi ce titre lors de l’opération Masse critique de Babelio réservée aux livres jeunesse, mais je n’avais pas fait attention qu’il s’agissait d’un livre-cd. Ce qui m’avait intéressé surtout c’est le principe : une comptine illustrée par un tableau. Et le résultat est plutôt intéressant puisqu’il reprend une vingtaine de comptines ainsi que des tableaux très divers, parcourant les siècles, les genres, les pays, des peintres connus et d’autres moins connus (enfin pas du tout par moi en tout cas). Chaque tableau est bien évidemment accompagné de sa légende.

Le disque est édité par Enfance et Musique et propose des interprétations originales de nos plus belles comptines. « Ainsi font font font » aux accents créoles est plutôt sympa.

Le livre indique que ce livre est conseillé à partir de deux ans. Soit. Mais on fils de quatre mois regarde certains tableaux aux couleurs contrastés, les écritures colorées et semble beaucoup apprécier l’ambiance musical du disque. En tout cas, on s’amuse beaucoup tous les deux avec !

Ce livre était déjà paru aux éditions Palette il y a quelques années mais il n’était pas accompagné du CD, d’où cette nouvelle édition.

Mon traître / Sorj Chalandon aux éditions Grasset

mon traitre

Ca faisait longtemps que je voulais lire Sorj Chalandon et je regrette d’avoir mis aussi longtemps avant de découvrir ses romans car j’ai vraiment beaucoup aimé ce texte.

Mon traître, dont le titre est déjà très prometteur, met en scène un jeune luthier français qui tombe amoureux de l’Irlande un peu par hasard à une époque où l’Irlande du Nord se bat pour obtenir son indépendance. Se liant très vite d’amitié avec quelques habitant de Belfast, il vit la guerre comme s’il s’agissait de celle de son propre pays. C’est ainsi qu’il fera la connaissance de Tyrone Meehan, cet homme qu’il admire et qui défend activement son pays. Seulement, en 2006 le monde entier découvre que Tyrone Meehan est un traître qui renseigne les autorités britanniques depuis vingt-cinq longues années sans que personne autour de lui n’ait pu le soupçonner.

Mon traître est un roman passionnant qui nous parle à la fois de l’Histoire de l’Irlande à travers ce conflit (si proche de nous !) et de la vie de ce luthier le jour où il découvre que l’homme qu’il admirait tant n’était qu’un traître qui avait non seulement trahi son pays mais aussi cette amitié qui lui était si chère.

Outre l’histoire, j’ai beaucoup aimé l’écriture de Sorj Chalandon, très efficace. Il ne se perd pas dans de longues descriptions et parvient à peindre très simplement les deux univers dans lesquels vit le luthier : son atelier parisien dont on finit par connaître tous les recoins et les odeurs de bois et de vernis ; et Belfast, cette ville où il se rend plusieurs fois par ans pour retrouver ses amis et boire des guinness dans les pubs de la ville.

Une très belle découverte qui me donne vraiment envie de découvrir d’autres romans de cet auteur passionnant qui devrait nous faire l’honneur de sa visite lors du Festival Rue des livres à Rennes en mars prochain. Rencontre à ne pas manquer !

vendredi 6 janvier 2012

Joyeuse année

Non, non, je ne vous ai pas abandonné ! J'ai juste profité des beaux paysages de la montagne enneigée. Alors pour me faire pardonner, quelques belles photos (merci au photographe ;-) et surtout tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Qu'elle soit faite de beaucoup de Bonheur et de belles lectures.

Saint Véran

tour enneigée

vendredi 16 décembre 2011

Rupestres ! / E. Davodeau ; E. Guibert ; M.-A. Mathieu ; D. Prudhomme ; Rabaté ; Troubs aux éditions Futuropolis

rupestres

On ne peut à proprement parler de BD pour cet ouvrage très particulier. Tout d’abord ce livre regroupe le travail de six auteurs de bande-dessinées qui se sont retrouvés pour visiter la grotte de Niaux et étudier les peintures préhistoriques. Chacun nous livre sa manière d’aborder cette visite et la façon dont il perçoit ces peintures faites il y a des millions d’années.

Les points de vue sont très variés, tout comme les dessins et la manière de représenter cette expérience. Tous ensemble, ils nous livrent une réflexion sur l’Homme, l’Histoire, le dessin.

La construction de ce livre est assez proche de ce que peut être ce genre de visite, faite pas un groupe d’amis. Les points de vue et les réflexions fusent de toutes parts, la différence de dessins suffisant à comprendre le changement de personnage. Et en même temps, le lecteur suit la visite comme s’il se trouvait aux côtés de ces six hommes par la reproduction de certaines peintures ou par les impressions plus ou moins effrayantes que l’on peut ressentir lorsque l’on s’enfonce sous Terre.

Le lecteur vit lui aussi une expérience, différente de celle des six auteurs, mais passionnante elle aussi. Entre la BD et le roman, ce livre est d’une très grande richesse tant dans la forme que dans le contenu. Et il y a le plaisir de retrouver le dessin de tel ou tel illustrateur ! Bien que je ne sois pas encore une très grande lectrice de BD, j’ai réussi à reconnaître certains traits. Quel plaisir !!!

On pourrait écrire des pages entières sur cet album mais rien ne remplace l’expérience en elle-même ! Je vous encourage à découvrir ce "Grotte Book" et à prendre le temps de le lire, de le relire et de le savourer !

Sur mon blog, vous retrouverez des billets consacrés à certains de ces explorateurs : Etienne Davodeau avec ''Lulu femme nue'' David Prudhomme avec ''Rébétiko'' Pascal Rabaté avec ''Les petits ruisseaux''

Je vous parlerez bientôt d’Emmanuel Guibert et de sa BD Le Photographe que je devrais lire d’un jour à l’autre.

Il ne me reste plus qu’à découvrir Marc-Antoine Mathieu et Troubs

lundi 12 décembre 2011

Rien ne s’oppose à la nuit / Delphine de Vigan

rien ne s'oppose à la nuit

Grâce à Géraldine qui m’avait donné envie de lire ce roman et qui me l’a très gentiment prêté, j’ai pu me plonger dans l’histoire de famille de Delphine de Vigan. Et quelle histoire…

Les premiers chapitres sont consacrés à l’enfance de la mère de l’auteur. Elle nous présente donc une grande famille où Lucile, la mère de Delphine de Vigan, avait huit frères et sœurs aux personnalités toutes aussi différentes les unes que les autres. La présentation de cette grande fratrie où il est impossible de s’ennuyer un instant ne semble pas présager des tragiques destins que vont connaître bon nombre de ses membres. Delphine de Vigan consacre son livre à l’existence de sa mère, Lucile, qui sombrera petit à petit dans une forme de démence, mettant en danger ses deux filles.

A travers ce récit, Delphine de Vigan utilise l’écriture comme une sorte de thérapie. Elle a mené son enquête pour éclaircir certains événements restés un peu obscurs dans sa mémoire d’enfant ou pour confronter les points de vue et tenter de connaître la vérité. J’espère que cette démarche l’aura aidé à se libérer de ces périodes traumatisantes.

Il m’est très difficile de parler d’un livre dont les protagonistes ne sont pas des héros littéraires mais des êtres de chair et de sang. Ce texte (que je ne peux me résoudre à appeler roman) est remarquablement écrit et très bien construit. On avance petit à petit dans cette terrible descente aux Enfers, on retient son souffle dans les épisodes les plus tragiques et on s’autorise à respirer lorsque les choses semblent aller mieux.

J’évite très souvent ces histoires vécues où j’ai toujours la sensation d’être indiscrète même si l’auteur l’expose sur la place public dans le but d’être justement lu. Mais Delphine de Vigan commente au fur et à mesure son travail. Elle y expose ses doutes, ses craintes, ses objectifs ; essayant de rester le plus neutre possible malgré sa position et ne faisant jamais dans le larmoyant. Bien au contraire.

Cette lecture, bien que pas toujours facile parce que renvoyant quelques fois à sa propre histoire, m’aura beaucoup apporté. Certains passages mettant en avant le courage et la pugnacité des protagonistes sont autant de leçons de vie pour le lecteur. A chacun son histoire et ses handicaps, le tout est d’essayer de s’élever.

samedi 10 décembre 2011

Un autre visage / Benjamin Zephaniah aux éditions Actes Sud Junior

autre visage Pour continuer mes lecture de la collection Actes Sud Junior, je me suis laissée tenter par ce titre au bandeau prometteur : Benjamin Zephaniah Ecrivain et poète Rastafari : plus de 65000 exemplaires vendus au Royaume Uni. Bon, je plaisante, ce n’est pas le bandeau qui m’a donné envie de le lire, au contraire, j’ai plutôt tendance à fuir ce genre de marketing.

Ce roman met en scène un groupe de jeunes adolescents de banlieue qui occupent leurs soirées comme ils peuvent entre « zoner » dans la cité ou aller dans les boîtes de nuit. Mais un soir, deux d’entre eux vont commettre l’erreur de monter dans la voiture de deux types plutôt louches et complètement défoncés. Cette virée en voiture conduira le personnage principal à l’hôpital dans le service des grands brûlés. Martin, qui jouait de son physique avantageux pour se donner en spectacle va devoir apprendre à vivre ave son nouveau visage et affronter le regard des autres.

Les ados se retrouveront assez bien dans ce roman même si nous avons parfois à faire à quelques stéréotypes. L’histoire est assez prenante et le personnage de Martin plutôt attachant. J’ai du mal à juger la manière dont le thème est traité. Le but de l’auteur n’était pas de faire dans le larmoyant mais de montrer que malgré les épreuves que la vie nous réserve, il faut essayer de se relever et de tirer des leçons de ses erreurs. C’est une belle leçon, mais du coup, j’aurais tendance à dire que le roman manque de force. Cela dit, le roman se lit très bien et plaira à de nombreux lecteurs.

jeudi 8 décembre 2011

Le bleu est une couleur chaude / Julie Maroh

Bleu est une couleur chaude

Ca faisait un moment que je voulais lire cette bande dessinée dont on a beaucoup entendu parler sur la blogosphère. Le sujet tout autant que son graphisme avaient attiré mon attention.

Le bleu est une couleur chaude est une belle et tragique histoire d’amour entre deux jeunes femmes. Clémentine est encore lycéenne lorsqu’elle fait la connaissance de Emma, une fascinante étudiante aux cheveux bleus qui l’aidera à comprendre et accepter son homosexualité.

Certes, le thème de l’homosexualité y est abordé sous de nombreux aspects, suivant les préjugés dont sont victimes les deux jeunes femmes. Mais cet album est avant tout l’histoire d’un amour entre deux personnes. Et comme le dit si bien Emma : « Si j’avais été un garçon, Clem serait tombée amoureuse de moi quand même. »

J’ai beaucoup aimé cette histoire mais j’ai aussi été fascinée par les dessins. Ces nuances de gris parsemées de touches de bleu. Beaucoup de grâce et d’énergie découlent de cette très belle bande-dessinée.

Et un coup de cœur de plus !

vendredi 2 décembre 2011

Du domaine des Murmures / Caroles Martinez

Du domaine des murmures

Du domaine des Murmures a remporté le Goncourt des lycéens en novembre dernier. Moi qui suis de près ce prix littéraire, j’ai été déçu de ne pas être vraiment emballée par le roman. Mais ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause mais plutôt le thème qui ne me touche pas.

Nous sommes au Moyen Age où les jeunes filles sont victimes de mariages arrangés. Sauf qu’au domaine des Murmures, Esclarmonde refuse ce destin. Le jour de ces noces, elle préfère demander à que l’on dresse une Chapelle en l’honneur de Sainte-Agnès et qu’on l’emmure dans le bâtiment plutôt que de ce plier à ce mariage arrangé. Esclarmonde devient alors une sainte vivante, priant jour et nuit jusqu’à ce que sa foi soit mise à rude épreuve…

Il faut avouer que l’histoire est intéressante car l’on suit le destin de plusieurs personnages à travers le récit de notre recluse. Mais les visions d’Esclarmonde ont eu tendance à m’agacer même si je sais que c’est tout à fait en accord avec la littérature du Moyen Age. Et puis, il n’y a rien à faire, même si ça a existé, je n’arrive pas à supporter l’idée que des femmes aient gâché leur vie pour échapper au destin que des questions d’intérêt leur imposaient (je ne supporte pas non plus qu’on décide de l’avenir des personnes à leur place évidemment ;-)

Et il faut que je reconnaisse également que Carole Martinez sait raconter des histoires. On voit tout de suite qu’elle maîtrise son sujet et que le Moyen Age n’a pas de secrets pour elle. Le récit se déroule doucement et de manière très fluide et l’écriture est très agréable.

Bref, un roman plein de qualités qui ne m’a pas laissée indifférente et qui me rend impatiente de rencontrer l’auteur le 8 décembre à Rennes à l’occasion de la soirée consacrée comme chaque année aux Goncourt et Goncourt des lycéens.

lundi 28 novembre 2011

Voie interdite / Anne Vantal aux éditions Actes Sud Junior

voie interdite

C’est la collection Actes Sud Junior qui m’a incité à emprunter ce roman ado. J’avais déjà lu plusieurs romans qui m’avaient plu (Blog et Au rebond de Jean-Philippe Blondel) ou profondément marqué (Orages de Sonia Ristíc). Mais cette fois-ci, je n’ai pas du tout été emballée par ce titre.

En quelques mots : un jeune garçon essaie de se faire oublier de la société en partant (sur)vivre dans un ancien camp de naturistes abandonné depuis de nombreuses années. Au fil des jours, on suit l’installation du jeune homme tel un Robinson Crusoé. Sa solitude ne peut l’empêcher de repenser à ce qui l’a incité à se cacher. On découvre petit à petit la personnalité du narrateur et ce qu’il a commis.

Eh bien, tout au long du roman, j’ai eu une impression de déjà vu/lu. J’ai trouvé l’écriture plutôt laborieuse, notamment en ce qui concerne les descriptions et puis, surtout, on voit venir le drame avec ses gros sabots… Et pourtant, ce roman semble plutôt apprécié...

Espérons que la prochaine fois je sois plus emballée par cette collection dont j’aime beaucoup la maquette !

vendredi 25 novembre 2011

Shenzhen / Guy Delisle

Shenzhen

Cette fois-ci, c’est en Chine que Guy Delisle nous emmène en voyage. Cet album est le premier de la série ; suivrons les Chroniques birmanes et Pyong Yang (je suis en train de m’apercevoir que je les aurais lu dans le sens inverse à leur parution et que je n'ai jamais écrit mon billet sur Pyong Yang...). Je n’ai pas les trois albums sous les yeux pour pouvoir vérifier mais le dessin m’a semblé un peu différent. L’auteur a inséré des dessins, faits au crayon pour décrire la ville et ses bâtiments. (je ne me souviens pas d’en avoir vu dans les autres albums mais je me trompe peut-être).

En tout cas, l’esprit est le même. L’auteur nous fait partager son expérience lors d’une mission de plusieurs mois en Chine avec beaucoup d'humour. On y retrouve (ou découvre) tous les dysfonctionnement de la société et les modes de vie qui différent de celles d’un occidental.

J’ai beaucoup aimé la visite de l’auteur chez le dentiste… Réunis dans une salle, plusieurs « dentistes » sévissent sous les yeux de la foule venue assister aux rendez-vous comme s’il s’agissait d’un spectacle. On peut également y observer une hygiène qui fait frémir…

Comme dans Pyong Yang, on retrouve la solitude que peut éprouver un étranger parachuté dans une société très contrôlée. Et c’est en partie cet ennui qui lui a permis de trouver le temps de transcrire son séjour sous forme de BD.

Beaucoup d’anecdotes à savourer bien au chaud au fond de son canapé : ses expériences culinaires, ses séances de sport, ses visites des villes alentours, ses problèmes de clim, ses relations avec ses collègues chinois… Bref un voyage passionnant !

Je vous renvoie au blog de Guy Delisle qui nous présente son travail. Et en me promenant sur son site, j'ai découvert qu'un nouvel album était sorti ce mois-ci : Chroniques de Jérusalem ! Vite, vite, sur la liste du Père Noël !!!

lundi 21 novembre 2011

Et une de plus !

Mince, j'ai laissé passer un grand jour. Hier, Midola's blog a fêté ses 3 ans ! Alors pour la troisième fois je vais m'étonner que mon addiction à la blogosphère continue même si mon rythme de publication a diminué. Et comme tous les ans je vais écrire que je trouve toujours autant de plaisir à publier, à répondre à vos commentaires et à visiter vos blogs (même si je laisse très peu de commentaires). Les deux autres années, j'en avais profité pour faire un point sur mes lectures pour me rendre compte du nombre de romans et de BD que je lisais. Mais cette année, je n'ai pas le temps de le faire. Tant pis, ça sera peut-être pour l'année prochaine.

Mon objectif pour l'année qui arrive est de garder le rythme d'un ou deux billets par semaine. J'ai beaucoup de mal à trouver le temps de lire et encore plus à écrire mes billets... Je vais essayer de rester raisonnable cette année encore ne cédant pas au chant des sirènes des challenges et en ne me mettant aucune contrainte. Seul mot d'ordre : du plaisir !

Alors, je resigne pour une année supplémentaire !

vendredi 18 novembre 2011

Le Dos crawlé / Eric Fottorino

dos crawlé Pffff… je viens de découvrir qu’une librairie indépendante s’était ouverte à quelques pas de chez moi. Je n’ai donc pas pu faire autrement que de les soutenir en leur achetant au moins un livre. C’est sur celui de Fottorino que j’ai craqué. En même temps, j’ai du mal à résister à ses livres depuis que j’ai découvert cet auteur.

Le dos crawlé est l’histoire de deux enfants qui passent leur été du côté de Royan. Le narrateur, Marin, est un jeune garçon de treize ans qui prend sous sa protection Lisa, une fillette de dix ans délaissée par ses parents. Chaque jour, ils vont à la piscine ou à la mer pour que Lisa apprenne à nager la brasse et le dos crawlé. Leur rêve est de rejoindre l’Afrique à la nage… et savoir nager le dos crawlé est utile pour regarder les étoiles !

Comme dans beaucoup de roman de Eric Fottorino, l’évocation de l’enfance a une place très importante. On sent toute la nostalgie de l’auteur pour cette période à travers ses mots. Et bien que ce ne soit pas ma génération qui soit décrite ici, je suis touchée par l’évocation de tous ces souvenirs.

Mais ce roman ne s’arrête à l’évocation de l’enfance, il incite à s’interroge sur la vie, à travers les portraits des différents personnages. La mère de Lisa qui passe ses journées et ses nuits à tromper son mari sans se soucier de ce que peut ressentir sa fille qu’elle abandonne à l’oncle de Marin. Abel, l’oncle de Marin, qui a perdu sa femme et qui affronte courageusement la vie. Et puis le personnage de Marin est attachant. Bien qu’il ait déjà treize ans, Marin est un garçon très naïf qui se pose énormément de question sur ce qu’il entend, sur ce qu’il vit, sur ce qu’il ressent, surtout quand il se retrouve face à une femme dévêtue… Et puis Lisa, qui est délaissée par une mère volage et méprisante et par un père absent. Plutôt taciturne, elle se pose de nombreuses questions sur ce qui l’entoure et a souvent un comportement en décalage avec son âge.

Encore une fois, Eric Fottorino nous offre un roman très riche et très agréable à lire.

samedi 12 novembre 2011

Lady S / Jean Van Hamme & Philippe Aymond

lady s 1 lady s 2 lady s 3 lady S 4 lady s 5 lady s 6

J’ai passé un bon moment à lire les six tomes de cette série qui met en scène une drôle de femme. A l’âge de douze ans, elle échappe à une rafle du KGB venu arrêter des parents. Devenue voleuse pendant quelques années, elle décide ensuite de rentrer dans le droit chemin en se faisant adopter par un ambassadeur intérimaire américain dont elle devient l’assistante. Mais à plusieurs reprises, elle va être rattrapée par son passé et mêlée à des affaires géopolitiques.

La série de Lady S. nous fait voyager en Estonie, en France, aux USA…, fait référence aux relations géopolitiques dans le monde et aux manigances qui peuvent avoir lieu.

J’ai trouvé cette série très distrayante même si le premier tome demande un peu de concentration pour tout comprendre car il y a de nombreux flash black. Par contre, certains lecteurs pourront éventuellement être déçus par la diminution des références géopolitiques au fur et à mesure des épisodes (c’est l’avis du technicien de ce blog ;-) En tout cas, je viens de découvrir que le tome 7 est sorti au printemps et qu’il devrait encore être suivi de trois autres !

lundi 7 novembre 2011

Galadio / Didier Daeninckx

galadio

Ca faisait plusieurs années que je n’avais pas lu de roman de Didier Daeninckx et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ses histoires passionnantes qui nous entraînent dans les méandres de l’Histoire et nous en révèlent des pans peu connus (en tout cas de moi !).

Galadio nous entraîne au cœur de l’Allemagne des années 1930, lorsque le nazisme commence à s’étendre et à persécuter les juifs mais aussi les métis. Ulrich est un enfant métis, né d’une mère allemande et d’un père africain engagé dans l’armée française venue occuper l’Allemagne au début des années vingt. Alors qu’il est arrêté pour subir un examen médical par les forces allemandes, il va être repéré par un cinéaste qui a besoin d’acteurs et de figurants noirs pour ses films. Ces tournages vont être pour lui l’occasion de partir sur les traces de son père au cœur de l’Afrique.

Ce roman est passionnant, j’ai appris beaucoup de choses sur cette Allemagne des années trente dont on ne parle pas beaucoup. La difficulté pour les femmes blanches qui ont fréquenté des soldats noirs d’assumer leur grossesse aux yeux de tous quitte à se mettre à dos toute sa propre famille, les rafles d’animaux domestiques appartenant aux juifs, la stérilisation des noirs et des métis… Et comme toujours Didier Daeninckx nous ouvre les yeux sur l’Histoire sans en avoir l’air. Pas une seule fois il ne se permet de couper le récit pour y introduire de longues digressions sur l’Histoire. Il nous donne des clés, à nous de poursuivre notre lecture en ouvrant des livres d’Histoire.

A lire absolument !!!

mercredi 2 novembre 2011

Nic Oumouk / Manu Larcenet

nic oumouk 1 nic oumouk 2

J’avais lu le premier tome de cette bd destinée aux enfants à sa sortie il y a quelques années et je me rappelais avoir bien aimé. Mais c’est en lisant le billet de Lasardine que j’ai eu envie de me rafraîchir la mémoire et de découvrir le second tome. J’avais donc emprunté les deux tomes la veille de la naissance de mon fils et lu le début du premier tome. Est-ce les secousses de mes éclats de rire ou la curiosité de découvrir ce qui me faisait tant rire qui lui ont donné envie de venir sur terre plus tôt que prévu ? Mystère ! En tout cas, ce qui est sûr, c’est que j’ai du attendre que la cicatrice de ma césarienne soit moins douloureuse pour me permettre de me replonger dans cette série et pouvoir rire tout mon soûle ! Excellente thérapie !

Manu Larcenet se joue des clichés que l’on entend à longueur d’année sur les banlieues. Il les détourne et les amplifie pour mieux en montrer l’absurdité. A lire et à relire !

vendredi 28 octobre 2011

Léodine l’Africaine / Albert Russo aux éditions Ginkgo

Léodine

Ce livre, proposé par Babélio lors de son opération Masse Critique, avait attisé ma curiosité. Sa quatrième de couverture nous le présentait de cette manière :

"Ce livre raconte l’enfance et l’adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend à son adolescence que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde et l’entraîner dans une traversée des apparences au terme de laquelle elle devra changer de vie. Mais peut-on changer « qui l’on est »" ?

Mon avis un peu mitigé après cette lecture. Deux choses m’ont gêné dans cette lecture. La première est peut-être due à mon manque de connaissance de l’Afrique… L’auteur profite de ce roman pour faire de longs développements sur l’Afrique, ce qui a alourdi ma lecture. Je manquais de références pour me représenter tous les paysages, les ambiances ou pour intégrer toutes les références historiques ou géopolitiques. Mais certainement qu’un lecteur qui connaît mieux l’Afrique que moi appréciera plus ces passages.

Par contre, ma deuxième et véritable critique porte sur le décalage entre l’écriture et l’âge du narrateur. C’est Léodine, une jeune adolescente qui nous raconte son histoire mais les propos et la manière de s’exprimer ne colle pas du tout à son âge. Je ne suis pas certaine qu’à treize ans (l’âge n’est pas précisé), on est une vision aussi claire du pays dans lequel on vit. De plus, je ne suis pas du tout certaine qu’une ado, quelque soit le milieu dans lequel elle puisse vivre, s’exprime de la sorte :

"La métamorphose du jour était ponctuée par le chant des oiseaux. Ils s’en donnaient à cœur joie, dans un orphéon de roucoulades et de pépiements qui rassurait, car le volcan, lui, dont les colonnes de feu s’élevaient à la surface de la marmite, léchant les crêtes un eu trop goulûment comme pour rappeler à qui voudrait l’ignorer…"

C’est un exemple pris au hasard mais qui montre bien le décalage. Certes, on ne peut pas reprocher à l’auteur de bien écrire, mais je pense que le choix du narrateur n’était pas judicieux.

Autrement, en ce qui concerne l’histoire en elle-même je l’ai trouvé intéressante. On suit les états d’âme de cette jeune fille qui s’interroge sur son identité et qui ne sait comment se positionner face à la question du métissage.

mardi 25 octobre 2011

Polina / Batien Vivès

polina

Ca faisait longtemps que je voulais lire cette BD car les libraires avec lesquelles je travaille me l’avaient chaudement recommandé à sa sortie. J’ai eu de la chance de la trouver à la médiathèque hier après-midi. Aussitôt empruntée, aussitôt lue (ou plutôt dévorée) !

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Polina, cette enfant, puis cette jeune femme qui évolue dans le domaine de la danse. Bastien Vivès nous fait découvrir plus que le monde de la danse, il nous décrit un univers de passionnés qui ne ménagent pas leur peine pour servir cet art très exigeant. Le personnage de Polina est attachant. Tout au long de l’album on suit son parcours de danseuse mais aussi de jeune femme.

Et puis le dessin de Bastien Vivès est impressionnant. On attendrait un dessin très fin, très précis, plein de couleurs pour illustrer cette discipline. Or, Bastien Vivès nous offre des dessins en gris, noir et blanc, très flous. Les danseurs ne sont que des silhouettes, les traits des visages plutôt grossiers et pourtant ! Et pourtant, il parvient à traduire toute la beauté de la danse dans les lignes des corps. Peu importe que l’on voie un visage ou le détail d’un muscle, la silhouette suffit.

En résumé, un gros gros coup de cœur pour Polina !

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